Discours de nicolas sarkozy à MÎmes, 27 novembre 2014





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DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY À MÎMES, 27 NOVEMBRE 2014

Mes Chers Amis,

Je vous retrouve comme après une longue absence le voyageur retrouve sa maison, sa famille, ses amis.

Un souvenir me revient en mémoire.

C’était au printemps 2006 j’étais venu à Nîmes pour la première réunion publique de la campagne présidentielle.

A un an de l’échéance, nous nous étions retrouvés des milliers.

Je vous avais parlé de la France et certains d’entre vous étaient venus me voir pour me dire «Merci d’avoir parlé de nous».

J’ai encore cette phrase gravée dans ma mémoire car dans ce «nous», il y avait toute l’émotion que ressent toujours celui qui est fier d’être Français lorsqu’on lui parle de son pays et de ce qu’il est capable d’accomplir.

Ce «nous» qui vient à l’esprit lorsque l’on prononce le mot France, Ce «nous» qui est un «nous» de fraternité,

Ce «nous» qui exclut le dénigrement systématique par la repentance de tout ce que nos aïeux ont accompli,

Ce «nous» qui exprime le refus obstiné de la guerre des mémoires.

Ce «nous» dont vous savez ce qu’il signifie d’amour de la France, ici où sont restés si longtemps béantes les plaies de la Croisade des Albigeois, des persécutions contre les Protestants et des révoltes Cévenoles et où tant de rapatriés et de Harkis ont trouvé refuge gardant dans leur cœur des blessures inguérissables.

Ce «nous» qui récuse le délitement de la Nation en communautés, en minorités agissantes, en catégories sociales, qui se comparent, se jugent, se jalousent, réclamant pour chacune plus de droits que pour les autres, et finissant par s’affronter.

Ce «nous» qui rejette la lutte des classes et qui se reconnait dans le mérite, dans la réussite par l’effort, qui se reconnait dans une République de citoyens égaux en droits et en devoirs.

Ce «nous» dit ce que nous avons en partage.

Ce «nous», mes chers amis, c’est le mot qui résume aussi notre histoire commune et qui annonce l’histoire que nous allons écrire parce que nous croyons que la Nation française est une grande Nation, que la civilisation française est une grande civilisation, que le peuple français est un grand peuple, capable d’accomplir de grandes choses quand on lui propose un grand dessein, quand on croit en lui, en son courage, en son génie, en sa capacité à étonner le monde lorsqu’on le pense à bout de souffle.

Ce soir s’achève cette campagne au terme de laquelle vous allez désigner un nouveau Président pour notre famille politique.

On s’est étonné que je sois candidat.

On m’a dit que lorsque l’on avait été le Président de tous les Français on ne pouvait pas redevenir le chef d’un parti.

Avant de prendre ma décision, j’ai beaucoup réfléchi.

L’argument des Institutions, du symbole d’unité que doit incarner la fonction de Chef de l’Etat n’était pas médiocre.

L’exercice de la fonction présidentielle crée des obligations pour la vie.

Lorsqu’on a eu l’insigne honneur de représenter la France aux yeux du monde, de parler en son nom, on n’a aucun droit particulier, mais on a des devoirs.

J’ai pensé aux Institutions, et je me suis demandé où était mon devoir.

J’ai pensé à ma famille politique, à ses divisions inutiles et indignes des deux dernières années et je me suis demandé où était mon devoir.

J’ai pensé à vous et je me suis demandé où était mon devoir.

J’ai pensé à l’état de notre République et à ce qu’elles deviendraient si la ruine de notre famille politique laissait vide tout l’espace entre le Parti socialiste et le Front National. Et je me suis dit que mon devoir était d’être à vos côtés pour que cela ne se produise pas.

Je savais que ce serait difficile.

Mais, je savais aussi que ma conscience ne me laisserait pas en paix si je me tenais à l’écart.

Il y avait toutes les bonnes raisons de laisser faire.

Mais quel sens aurait eu, dès lors, l’engagement de toute une vie, si je vous avais abandonnés, si j’avais choisi de me protéger au lieu de m’exposer à la rudesse du combat politique.

Rester en retrait quand tout va si mal aurait été une lâcheté.

Cela aurait été le contraire de ma conception de l’engagement politique. Aurais-je fait honneur à la fonction que j’ai occupée en demeurant à l’abri?

Dans la tourmente qui emporte aujourd’hui nos institutions, notre économie, notre société, dans ce naufrage moral et politique qui menace notre République, rien ne m’a semblé pire que le renoncement.

A ce renoncement, je n’ai trouvé au fond de moi-même aucune excuse.

On m’a dit: dans ce malaise profond qui étreint la France, il sera difficile de faire partager aux Français une espérance.

Mais, que faire sinon chercher quand même à convaincre qu’il existe une voie, qu’il existe un salut, qu’il existe un espoir parce qu’il ne faut jamais désespérer de la France?

Cela m’a paru ce qu’il y avait de plus digne à faire.

Que faire de plus digne que d’essayer de convaincre chaque Français qu’il peut reprendre en main son destin, qu’il peut reprendre en main sa vie alors qu’il a le sentiment qu’il en a perdu la maîtrise.

Convaincre, parce que c’est l’essence même de la politique.

Aller à la rencontre de ceux qui ne sont pas convaincus, de ceux qui ne sont pas d’accord, comme de ceux qui, à force de déceptions, n’ont plus confiance dans la politique.

Voilà comment m’est apparu mon devoir!

Un responsable politique, ça n’a pas peur de la contradiction, ça n’a pas peur du débat, ça n’a pas peur de se confronter aux idées des autres.

Si vous m’accordez votre confiance j’irai partout où je penserai pouvoir convaincre un seul Français découragé de croire à nouveau dans la France.

J’irai partout où j’aurai décidé d’aller, quelles que soient les oppositions, quels que soient les risques, quand je jugerai que c’est utile aux idées que nous défendons.

J’irai parce qu’il nous faut rassembler, parce qu’il nous faut élargir, parce que les partis qui sont repliés sur eux-mêmes, qui sont enfermés dans leurs habitudes, qui ressemblent à des casernes ou à des sectes, c’est fini!

Ce genre de parti appartient à une époque révolue,

Les partis qui ne servent que des clientèles,

Les partis qui ne sont que des machines à distribuer des investitures,

Les partis de notables de la politique qui font leurs petites affaires entre eux en tenant soigneusement le peuple à l’écart,

Ces partis, les Français ne leur font plus confiance, ne les supportent plus, n’en veulent plus.

Ils veulent des partis où ils ont leur mot à dire, des partis qui les représentent parce qu’ils leur ressemblent, parce qu’ils comprennent leurs difficultés, parce qu’ils partagent leurs aspirations.

Des partis où on est libre de penser et de dire!

Ils veulent des partis qui rassemblent, non des partis qui divisent pour faire croire qu’ils règnent.

Ils veulent des partis qui sont capables de les écouter et qui ont quelque chose à leur dire. Ils veulent de la sincérité.

Ils veulent de l’énergie.

Ils veulent de la droiture.

Ils veulent de l’autorité!

Ils n’en peuvent plus de voir la France abîmée, de voir attaquées, une à une, les raisons qu’ils ont d’être fiers de leur pays.

Ils n’en peuvent plus de voir partir en lambeaux leur cadre de vie et tout ce qui faisait que la France était prospère, était grande, était aimée, était admirée.

Ils n’en peuvent plus de ce rétrécissement de la France dont ils sentent bien qu’il a pour conséquence que chacun se trouve de moins en moins capable de maîtriser sa propre vie.

Ils n’en peuvent plus de la médiocrité!

Car lorsque la Nation s’affaiblit, c’est chacun qui se trouve à la merci des tempêtes et des violences qui secouent le monde.

Lorsque la République se défait, c’est chacun qui devient plus vulnérable aux accidents de la vie.

Sur la scène du monde les Français mortifiés voient la France abaissée, réduite au silence et à l’impuissance.

Ils assistent effarés à une entreprise sans précédent de démolition de la Nation, de la République, de l’Etat, de la famille, de la société, de l’économie.

Ils voient partir leurs enfants en se demandant s’ils auront jamais envie de revenir. Ils n’en peuvent plus qu’on leur confisque le fruit de leur travail.

Ils n’en peuvent plus des impôts.

Ils n’en peuvent plus de l’égalitarisme.

Ils n’en peuvent plus des normes.

Ils n’en peuvent plus de la bureaucratie.

Ils n’en peuvent plus de l’insécurité.

Ils n’en peuvent plus des concurrences déloyales.

Ils n’en peuvent plus de voir la République et la laïcité attaquées dans leur propre pays.

Ils n’en peuvent plus d’une Europe qui prétend régenter leur vie quotidienne.

Ils n’en peuvent plus du mensonge.

Les Français n’ont plus confiance.

Ils n’ont plus confiance dans ceux qui les gouvernent.

Ils n’ont plus confiance dans l’avenir.

Les Français sont en colère.

Et la colère est aveugle.

La colère est dangereuse.

Pour un pays qui a connu tant de guerres civiles, tant de guerres de religion, qui a fait tant d’efforts pour pardonner la division est dangereuse.

Ceux qui attisent la colère.

Ceux qui nourrissent les divisions par clientélisme. Ceux-là sont des irresponsables.

On ne gouverne pas la France en divisant les Français.

On ne gouverne pas la France en méprisant un million de manifestants que l’on a heurté dans leur conscience et qui ne cassent rien tout en cédant, le lendemain, à la violence déchainée de quelques centaines de casseurs.

On ne gouverne pas la France en abaissant l’Etat.

Tout au long de cette campagne, j’ai senti cette colère, j’ai perçu la profondeur de ces divisions et j’ai mesuré les risques qu’elles faisaient courir à notre pays.

Une France si démoralisée, comment pourra-t-elle défendre ses intérêts, sa liberté, sa civilisation dans les désordres du monde, face à cette sorte de sauvagerie qui au milieu de tant de progrès dans les sciences et dans les techniques, semble devenir la caractéristique de notre époque et qui nous rappelle que l’histoire est tragique?

Sauvages! Comment qualifier autrement les guerres économiques qui ravagent la planète, les compétitions impitoyables qui opposent les continents?

Sauvages! Comment qualifier autrement les crises financières qui menacent d’emporter des continents entiers comme on l’a vu, depuis 20 ans, en Asie, et en Amérique Latine, comme on l’a vu en 2008, comme on l’a vu avec les crises grecque, irlandaise, espagnole, portugaise, …?

Sauvage! Comment qualifier autrement ce qui se passe au Mali, en Centrafrique, en Libye, en Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Ukraine?

Sauvages! Comment qualifier autrement les guerres civiles, les guerres de religion, le terrorisme qui font couler tant de larmes et tant de sang dans le monde?

Sauvages! Comment qualifier autrement les bouleversements climatiques qui nous attendent, les catastrophes écologiques qui nous menacent?

Sauvages! Comment qualifier autrement les conflits que pourraient provoquer dans l’avenir des déplacements massifs de populations engendrés par la misère, les famines et les guerres?

Sauvages! Comment qualifier autrement les chocs de civilisation qui viendront si l’on continue à faire la politique de la table rase qui ne tient aucun compte de l’histoire, de la géographie, de la culture?

Le monde est dangereux et dans ce monde dangereux, une France affaiblie est une proie offerte au malheur.

Nous avons voulu l’Europe après tant de massacres et de folies qui avaient failli anéantir la civilisation européenne, pour que notre civilisation continue de vivre.

Nous la voulons parce que nous savons que dans une époque où se redistribuent les cartes de la puissance, nous ne pourrons qu’être plus forts ensemble.

Mais, nous n’avons pas voulu l’Europe pour effacer les Nations et les identités, parce que nous savons que c’est le meilleur moyen de nourrir le nationalisme, cette maladie de l’âme qui transforme l’amour des siens en haine des autres.

Nous n’avons pas voulu l’Europe pour déposséder les peuples du droit de choisir leur façon de vivre.

Nous avons voulu l’Europe pour que les Européens travaillent ensemble à trouver des solutions à des problèmes qu’ils ne pourraient pas résoudre séparément.

Nous n’avons pas voulu l’Europe pour qu’elle se mêle de tout, ni pour soumettre tout le continent à la seule loi de la concurrence.

Nous avons voulu l’Europe pour nous donner les moyens de nous protéger ensemble sur nos frontières extérieures pas pour en faire le seul continent au monde ouvert à tous les vents de l’immigration clandestine et des concurrences déloyales.

Nous avons voulu l’Europe pour être plus forts, non pour être plus faibles, pour être moins vulnérables, non pour l’être davantage, pour avoir plus de croissance et non pour plonger tout le continent dans la dépression et la déflation.

Toute ma vie politique, j’ai fait le choix de l’Europe, mais je le dis avec force, l’Union européenne s’est attribuée trop de compétences.

L’Europe n’a rien à faire dans un projet de retenue d’eau qui ne concerne aucun de nos partenaires.

L’Europe n’est pas faite pour affaiblir l’autorité de l’Etat face à des manifestants qui recherchent toutes les occasions pour la contester en faisant usage de la violence.

L’Europe n’est pas là pour permettre à tous ceux qui veulent bloquer tous les projets de parvenir à leurs fins.

L’Europe n’est pas là pour décider si nos agriculteurs ont besoin d’eau ou non.

Réaliser n’importe quel projet est déjà assez compliqué comme ça.

Nos précautions sont souvent déjà excessives au point de rendre à nos agriculteurs, à nos industriels, à nos collectivités, la vie impossible avec des procédures qui n’en finissent pas et multiplient à l’infini les occasions de contentieux.

Je connais un maire qui a mis onze ans pour parvenir à créer sa zone d’aménagement concertée.

Il faut alléger plutôt qu’alourdir.

On n’a pas besoin que l’Europe vienne davantage compliquer les choses.

Il faut revenir à une application plus stricte de la subsidiarité: l’Union ne doit faire que ce que les Etats ne peuvent pas faire.

Toute ma vie, j’ai fait le choix de l’Europe, mais, je le dis, certaines choses ne peuvent pas demeurer en l’état: on ne peut pas continuer ainsi avec Schengen qui est une passoire, avec la libre circulation qui est sans limite, avec les marchés publics qui sont ouverts aux entreprises de pays qui ne pratiquent pas la réciprocité.

On négocie dans le secret un traité de commerce transatlantique. Il ne doit pas nous conduire à brader notre agriculture, ni aucun de nos intérêts vitaux quand toutes les Nations du monde défendent les leurs avec tant d’acharnement.

Il n’est pas question que nous renoncions à protéger nos origines géographiques.

Il n’est pas question que nous renoncions à nos appellations d’origines contrôlées.

On ne produira pas de la Clairette de Bellegarde, des Costières de Nîmes, des Côtes du Rhône, des Coteaux du Languedoc, des Lirac ou des Tavel en Californie.

On ne produira pas des olives de Nîmes ailleurs que dans la région de Nîmes ou du riz de Camargue ailleurs qu’en Camargue.

Le libre-échange: oui!

Mais la France n’a délégué à personne le droit de négocier la mort de ses terroirs. Il y a des choses qui pour la France ne sont pas négociables. Le sort de nos terroirs n’est pas négociable!

Oui, toute ma vie, j’ai fait le choix de l’Europe.

Je crois à sa nécessité vitale, comme je crois à la nécessité vitale de l’amitié franco- allemande.

Mais, je ne veux pas de n’importe quelle Europe.

Je ne veux pas d’une Europe où la concurrence dicte sa loi aux Etats.

Je veux une Europe qui respecte les peuples et les Nations, leurs intérêts vitaux, leur identité, leurs choix démocratiques.

Si vous me choisissez pour diriger notre famille politique, je serai un opposant irréductible à l’entreprise de démolition que conduisent le gouvernement et la majorité.

Mais je serai toujours du côté de mon pays lorsque l’on s’adressera à lui avec condescendance ou avec arrogance.

Le procès du gouvernement français, c’est à l’opposition, c’est au peuple français de l’instruire.

Mais, il n’appartient à aucune commission, à aucun commissaire, ni à aucun de nos partenaires d’instruire le procès de la France.

On s’adresse à la France avec respect même lorsque l’on est en désaccord avec elle.

Nous ne réussirons pas l’Europe si une partie de l’Europe méprise l’autre, si une partie de l’Europe traite l’autre avec condescendance.

Il a pu arriver que l’Europe de l’Est se sente méprisée par celle de l’Ouest.

Ce fut une faute d’avoir nourri ce sentiment.

Il arrive que l’Europe du Sud ne se sente pas comprise et pas respectée par l’Europe du Nord.

Ce serait une erreur fatale de continuer à nourrir involontairement cette impression.

Car il n’y a pas d’Europe sans l’Espagne, sans l’Italie, comme il n’y a pas d’Europe sans la France.

Nous avons voulu l’Europe pour qu’elle soit, dans le monde, un facteur de paix. Nous n’avons pas voulu l’Europe pour qu’elle ressuscite la guerre froide.

Vouloir la confrontation entre l’Europe et la Russie est une folie. Ce qui ne vaut naturellement pas acceptation de toutes les prétentions de cette dernière.

Comment a-t-on pu espérer résoudre la crise ukrainienne sans discuter avec la Russie?

Et qui peut croire un instant que la France pourra jouer un rôle pour trouver une issue à cette crise en n’honorant pas le contrat qu’elle a signé avec la Russie?

Qui peut croire un instant que cette parole non tenue renforcera son influence et sa crédibilité dans le monde?

Comment a-t-on pu croire que l’on ne provoquerait pas de crise en voulant faire entrer l’Ukraine dans l’Europe et dans l’OTAN?

Comment a-t-on pu croire que l’on ne susciterait pas de réaction de la part de la Russie en lui donnant le sentiment que l’on cherche à l’encercler?

Comment a-t-on pu à ce point nier l’histoire, la géographie et la culture?

Le Général de Gaulle disait que la politique devait se faire à partir des réalités.

Qui peut croire à la réussite d’un projet qui ramènerait l’Europe à sa situation d’avant les Etats Nations, au temps des principautés du moyen-âge?

Qui peut croire à la réussite d’une entreprise qui sans se préoccuper de l’histoire, de la géographie et de la culture étendrait ses frontières jusqu’à celles de la Russie et engloberait la Turquie?

Et qui peut croire que la France sera plus grande et plus forte en mettant en œuvre une réforme territoriale qui exprime cette même pensée, qui commet cette même faute, qui procède de ce même aveuglement.

On ne joue pas impunément avec les territoires d’un vieux pays, ni avec l’unité de la République. Surtout pour faire des économies que personne ne verra jamais parce qu’il n’y en aura aucune.

Pourquoi cette détestation de l’Etat, de la Nation, de la République?

Pourquoi cette obstination à imposer aux populations ce qui est contraire à leurs aspirations les plus profondes?

Les féodalités, disait le Général de Gaulle, «n’aiment rien moins qu’un Etat qui fait réellement son métier et qui, par conséquent, les domine».

Ces féodalités ne sont plus dans les donjons, mais dans certains corps intermédiaires qui veulent confisquer le pouvoir et qui hurlent au populisme à chaque fois qu’on leur parle du peuple.

Nous voulons l’Europe des peuples et nous voulons la souveraineté du peuple français, C’est-à-dire la République!

Nous n’avons pas voulu l’Europe pour y dissoudre la République!

Nous n’avons pas voulu l’Europe pour que la France cesse de jouer le rôle si particulier qu’elle a toujours joué dans le monde.

Nous ne voulons pas l’Europe pour en finir avec l’universalisme français.

Nous ne voulons pas d’une Europe qui servirait seulement d’alibi à tous nos renoncements.

Si, aujourd’hui, plus personne n’entend la voix de la France, si la position de la France semble si peu décisive dans le concert des Nations sur tous les grands sujets qui concernent l’avenir de l’Humanité, ce n’est pas parce que l’Europe l’empêche de parler mais parce que la France se tait, parce que la France appauvrie et désarmée n’a plus la volonté, n’a plus la force, n’a plus les moyens pour peser.

La dévalorisation de la parole de la France et de son crédit est peut-être ce qui doit nous inquiéter le plus et nous inciter le plus à réagir.

Il y a des milliards d’hommes et de femmes dans le monde qui ne peuvent pas faire entendre leur voix.

C’est à la France de parler pour eux. Qui le fera sinon?

C’est à la France de parler pour les Chrétiens d’Orient persécutés. Qui le fera sinon?

C’est à la France de parler pour la Méditerranée. Qui le fera sinon?

C’est à la France de plaider pour que la loi du commerce ne soit pas la seule loi du monde. Qui le fera sinon?

C’est à la France de plaider pour un droit mondial de l’environnement, du travail, de la santé. Qui le fera sinon?

C’est à la France de convaincre de la nécessité de réformer l’ONU pour que les grandes puissances émergentes trouvent leur place au Conseil de Sécurité et, pour qu’à travers elles, trois milliards d’hommes et de femmes aient leur mot à dire dans les grandes décisions qui concernent les affaires du monde.

Qui le fera sinon?

C’est à la France, travaillant main dans la main avec l’Allemagne, de prendre ses responsabilités dans la réforme de la conduite des affaires européennes.

Personne ne le fera à sa place!

Encore faut-il pour donner des leçons au monde, se les appliquer d’abord à soi-même.

La France ne peut s’imposer, sur la scène du monde, ni par la puissance matérielle, ni par le nombre.

Elle ne peut le faire que par sa grandeur et son prestige.

Qu’attend le monde de la France sinon qu’elle oppose aux désordres et à la sauvagerie du monde un projet de civilisation?

Mais comment peut-elle le porter pour les autres si elle n’est pas capable de le porter pour elle-même?

Comment la langue française pourrait-elle devenir la langue de l’émancipation, de la liberté de l’esprit et de la culture si la France, elle-même, abîme sa langue, ignore sa littérature, dénigre sa culture, si nos enfants n’apprennent plus à l’aimer, si nos Institutions ne la respectent plus et même ne la parlent plus.

La France a deux atouts maîtres dans le monde d’aujourd’hui:

Son immense domaine maritime grâce à la France d’Outre-mer quand l’humanité se tourne à nouveau vers les océans et le grand large.

L’autre atout est le Français, quand l’aplatissement du monde créé chez l’homme la nécessité de trouver dans les mots un refuge à ce besoin de clarté, de sens, de beauté, et de tendresse auquel répond si bien le génie de notre langue.

Prenons garde à ne pas dilapider ce patrimoine exceptionnel que nous devons à l’histoire et à la nature.

Prenons garde qu’en décourageant ceux qui entreprennent et ceux qui travaillent, qu’en réduisant l’investissement, qu’en étouffant financièrement les collectivités, en accablant de toujours plus de contraintes nos agriculteurs, nos artisans, nos petites entreprises, nous n’installions un chômage de masse qui mine la société, détruit des familles et des vies.

Prenons garde qu’à ne plus offrir à une bonne partie de la jeunesse que la perspective du chômage, d’un petit boulot précaire ou d’un emploi aidé ne débouchant sur rien, nous devenions incapables de faire aimer la République à cette jeunesse qui a tant besoin d’espoir et pour laquelle la récompense du mérite et la promotion sociale ne seraient plus que des formules creuses.

Prenons garde qu’en affaiblissant la famille et en laissant l’école de la République aller à vau- l’eau, nous ne soyons plus capables de donner à une bonne partie de la jeunesse française l’armature intellectuelle et morale qui permet de faire des enfants des adultes civilisés.

Prenons garde à ne pas laisser s’installer, dans notre société, cette sauvagerie que nous voulons combattre parce qu’elle est le contraire de l’idée de l’Homme que la France a toujours défendue.

Comment ne pas voir dans le visage sombre de ces jeunes Français – combien sont-ils vraiment? – convertis du jour au lendemain au fondamentalisme, qui partent combattre dans les rangs d’une organisation terroriste, oui comment ne pas voir dans leur visage l’inquiétant reflet de la France que nous risquons de laisser à nos enfants.

Quelque chose s’est rompu dans la transmission, et, de cette rupture sont nées l’inculture et l’ignorance qui, à l’heure des réseaux sociaux et de l’information en continu, mettent tant d’adolescents à la merci de toutes les manipulations, de tous les mensonges et de tous les préjugés.

Quand on donne à une partie de la jeunesse toutes les raisons de haïr le monde et de haïr les autres, parce que l’on n’a pas su lui inculquer l’estime de soi,

Quand on répète, sans arrêt, qu’il est interdit d’interdire et qu’on laisse une jeunesse désemparée avec cette pseudo liberté dont elle ne sait que faire, parce qu’on ne lui a pas enseigné la notion de limites, parce qu’on ne lui a pas appris que tout ne se vaut pas, alors dans le désarroi de cette jeunesse, le poison des fondamentalismes et des fanatismes peut s’écouler en passant pour un illusoire remède.

C’est une vraie guerre que livre la sauvagerie à notre idée de la civilisation.

C’est une guerre que nous perdrons si nous cédons devant la montée des communautarismes ethniques et religieux.

C’est une guerre que nous perdrons si la République, une et indivisible, recule devant le multiculturalisme.

C’est une guerre que nous perdrons si la République devient trop faible pour empêcher que s’installent, au cœur même de notre société, toutes les guerres de religion, qui déchirent le monde.

C’est ce que veulent les fanatiques.

C’est ce que veulent les fondamentalistes. C’est ce que veulent les terroristes.

C’est ce que permettent le reniement de l’égalité de l’homme et de la femme, de la distinction du spirituel et du temporel, de la laïcité, d’une forme élevée de civilité et de politesse, d’une foi inébranlable dans la raison et la science corrigée par la certitude qu’il y a dans le monde une part de sacré mettant des bornes à la toute puissance de l’homme.

En tournant le dos à la raison et au progrès nous commettrions une faute. En désacralisant tout nous en commettrions une tout aussi grave.

«J’en ai assez avait dit Camus à Sartre de recevoir des leçons de ceux qui ne mettent que leur fauteuil dans le sens de l’Histoire».

Il n’y a pas de sens de l’histoire pas plus que la lutte des classes ne fait l’histoire.

Il n’y a que la liberté que nous avons en tant que peuple et en tant qu’homme de rester dans l’histoire ou d’en sortir, de continuer d’écrire notre propre histoire ou de la laisser écrire par d’autres.

C’est le choix que je vous propose.

Ensemble, nous construirons le parti de la France,

je veux dire le parti qui veut que la France continue de choisir elle-même son destin,

de la France qui veut rester la France,

de la France qui ne veut pas disparaître,

de la France qui a toujours quelque chose à dire à l’Humanité,

de la France qui continue d’incarner un idéal humain, un idéal de civilisation et de culture comme elle l’a toujours fait dans son Histoire.

de la France qui veut incarner une espérance pour tous les hommes.

Ensemble, nous allons construire le parti de l’espérance dont la France a besoin.

J’ai besoin de vous tel que vous êtes.

Je veux autour de moi une équipe différente, mobilisée, et qui aurait compris que les différences deviennent une richesse quand on accepte de les additionner.

Samedi, nous allons montrer à la France ce que c’est que la mobilisation, des hommes et des femmes qui veulent construire le parti de l’espérance au service de la France.

Vive la République

Vive la France.


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