Le personnage du loup dans les fables d’Anouilh





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Le personnage du loup dans les fables d’Anouilh :

  1. Sa place dans les fables, son symbolisme :

Le loup est un des animaux les plus représentés dans le recueil Fables. Il y a 6 fables qui portent le nom du loup et qui en parlent donc. Le loup est le personnage principal de presque toutes ces fables, mis à part dans « Le loup et la vipère ». Dans cette fable, on pourrait dire que le loup et la vipère sont dans un rôle égal. Nous pouvons voir que les agneaux sont indispensables dans les fables du loup. En effet, c’est le « repas » préféré du loup, l’agneau a un rôle plutôt naïf, il se laisse dévorer par le loup. C’est une proie facile. L’agneau symbolise aussi l’innocence. Le loup symbolise quant à lui le mal en France depuis le Moyen Age. Les gens croient qu’il dévore tout homme qui s’approche de lui, ce qui est faux. Il n’arrive d’ailleurs pas à se défaire de cette image de dévoreur sanglant. Anouilh tente de prouver le contraire dans ses fables, notamment dans « La fille et le loup » et, dans un moindre degré, dans « Le loup, la louve et les louveteaux ». Bien que fausse, cette image fascine les populations, ce qui fait qu’un grand nombre de contes ont été écrit à son sujet, le plus connu de tous étant bien sûr… (Les laisser deviner): « Le Petit Chaperon Rouge ». Il est également présent dans « Les Trois Petits Cochons » et bien d’autres contes. Ce qui fait que le loup est peut-être si reconnu aujourd’hui, est que c’est une louve qui a recueilli les frères Remus et Romulus, les créateurs de Rome. Bien qu’excessivement abondant lors du Moyen Age, il est de nos jours une espèce protégée, et vit très peu à l’état sauvage en France. C’est donc tout naturellement qu’Anouilh a repris ce mythe dans ses fables, il fait en quelque sorte écho à Jean De La Fontaine, qui a lui écrit sept fables sur le loup. Les six fables de Jean Anouilh sur le loup sont dispersées dans la deuxième moitié du recueil, de façon aléatoire.

  1. Son caractère et son comportement.

Le loup, peut être contrairement à ce que l’on croit, est intelligent ! Il l’est peut-être même plus à ce que l’on croît. Dans « Le vieux loup », on peut voir que ce dernier avait lu les « Lettres de mon Moulin » d’Alphonse Daudet. Nous avons donc affaire à un loup cultivé. Seulement, dans ce recueil, il y a « La chèvre de M. Seguin ». Cette histoire ne lui a pas plût car elle évoque la fuite d’une chèvre au Paradis, alors qu’elle aurait normalement dû se faire manger par le loup. Il se désole alors que la littérature traite de bons sentiments. Il annonce ensuite : « Je préfère qu’ils lisent Sade ». Le marquis de Sade a vécu de 1740 à 1814. On dit qu'il est l'écrivain le plus infâme de la littérature française. Il a publié des œuvres érotiques. Le mot « Sadisme » vient de ce Marquis de Sade. Ses œuvres montrent l'exploration de la liberté sexuelle et politique. D'autre part, il a été un violeur, un tortureur et un meurtrier. (Mais ne nous attardons pas trop longtemps là-dessus, vous allez faire des cauchemars). Le loup veut que les enfants lisent l’œuvre du Marquis de Sade pour qu’ils réalisent que la vie n'est pas un rêve. Le loup peut être représenté comme un philosophe dans cette fable. C’est une réflexion sur la condition humaine. Est-il préférable d’être habitué au pire pour apprécier le bien ? Le loup se comporte donc de façon humaine (c’est le but d’une fable) mais il est soit le héros, soit le méchant. Il est le héros dans « Le loup, la louve et les louveteaux », « Le loup et la vipère » et dans « La fille et le loup ». Il est par contre le méchant dans « Le loup attendri » et « Le loup blanc ». En revanche, dans « Le vieux loup », il ne peut être considéré ni comme le héros, ni comme le méchant. C’est le narrateur, il exprime son point de vue sur un sujet, il est plutôt neutre. 

  1. Analyse de quelques fables.

« Le loup, la louve et les louveteaux » :

Cette fable raconte l’histoire d’un loup qui ramène chaque soir un agneau encore vivant pour sa louve et ses louveteaux. On peut voir qu’il prend bien soin de ses petits, leur demande comment ils vont, s’ils ont été sages. Ils les laissent ensuite dévorer l’agneau entier. Cette famille vit dans le bonheur le plus total jusqu’au jour où un garde (forestier sans doute), extermine la jolie petite famille. Et voilà que le loup se retrouve à la place de l’agneau. Le loup passe du statut de tueur à celui de tué. Nous n’allons pas nous attarder trop longtemps sur cette fable car une lecture analytique sera faite un peu plus tard. L’essentiel est de savoir que le loup ne tue que pour sa survie tandis que les humains tuent car le loup est toujours apparu comme un animal dangereux. Anouilh insinue que la mort est devenue banale et que l’action de tuer n’affecte plus personne. L’écrivain identifie également Pierre Lazareff à la fin de la fable « Pour Monsieur Lazareff, rien à mettre à la une Dans son journal ». Lazareff est le producteur d’un grand reportage télévisé de 1959 à 1968, très en vogue à l’époque. Dans cette émission, tous les sujets étaient traités, à commencer par les plus sensibles de l’époque, comme la guerre d’Algérie. La morale de cette fable est donc que la cruauté ordinaire du monde est devenue si banale qu'elle n'étonne plus personne à commencer par les journalistes.

« Le loup et la vipère » :

Cette fable met en scène le loup et la vipère. Ils sont tous deux sur le point de mourir, ils attendent tranquillement leur dernier souffle couchés sous un arbre. On apprend là que le loup va perdre la vie à cause de la vipère, cette dernière l’ayant mordu. On ne sait en revanche pas la raison de la mort de la vipère. Etant sur le point de mourir, la vipère se confesse au loup : elle se désole d’avoir fait le mal durant sa vie. Elle nous explique sa raison : « J’ai tant souffert n’être pas aimée ! ». Son plus gros problème est qu’elle est née vipère et qu’un jour, un petit garçon l’a blessé en lui jetant une pierre et l’a traité de « Sale vipère ! ». Elle ne s’en est jamais remise, et a donc commencé à faire le mal. Le loup, quant à lui, se laisse duper par cette belle histoire et commence à pardonner à la vipère de l’avoir mordu. Anouilh résume très bien ce paradoxe dans une phrase au début de la morale : « Dominant la règle de fer Le fort est parfois charitable. » Lorsque l’on est proche de la mort, on devient beaucoup plus tolérant. Il nous amène donc à penser que les juifs, au moment de rendre la vie dans les chambres à gaz, ont peut-être pardonné à Hitler de les avoir exterminés. Il fait le même constat pour les hommes guillotinés par Robespierre.

« La fille et le loup » :

Voici la dernière fable du recueil, elle traite du mariage d’une jeune fille sans biens. Le premier vers du texte nous met d’emblée dans le vif du sujet : « Une fille tomba amoureuse d’un loup ». C’était le loup d’un montreur d’animaux, et malgré sa captivité, il demeurait farouche. Les noces sont ensuite longuement décrites, puis vient l’heure du festin et des réjouissances. Pendant la nuit, la jeune mariée s’enfuit alors avec le loup dans la forêt où elle passera la nuit. Malheureusement pour elle, les villageois la découvrent le lendemain dans les bras du loup, comme elle aurait pu l’être dans les bras d’un autre homme. Le loup est donc égorgé (s’il avait été un homme, il aurait certainement été pendu), et la fille est jugée. On l’interroge donc sur les raisons de son acte qu’on considère comme fou. Elle répond par : « J’aime les hommes. Et seul le loup en était un. » Toute la morale est donc condensé dans cette réplique sanglante. La fable se termine d’ailleurs là, nous laissant réfléchir sur l’universalité de cette phrase. Anouilh insinue que les hommes ne sont ni braves, ni courageux.

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