La france libre et la resistance





télécharger 136.25 Kb.
titreLa france libre et la resistance
page2/4
date de publication13.05.2017
taille136.25 Kb.
typeMémoires
h.20-bal.com > histoire > Mémoires
1   2   3   4

Les résistantes



Claire Andrieu

Professeur des universités – IEP - Paris

Une historiographie d’inégale qualité
Les publications relatives aux résistantes n’ont pas encore atteint le niveau de qualité qui est le leur pour les femmes de la Révolution française ou les militantes féministes du XIX° siècle et du début du XX° siècle. De nombreux travaux existent sur Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Flora Tristan, Louise Michel ou Madeleine Pelletier, tandis qu’aucune résistante n’a été étudiée sur un mode universitaire. Le cas de Germaine Tillion (1907-2008) fait, dans une certaine mesure, exception, et cela tient en partie à sa qualité d’ethnologue.
Plusieurs raisons peuvent rendre compte de la pauvreté de l’historiographie. La première tient à la relative brièveté de l’intervalle chronologique–moins de cinq années- qui rend l’entreprise biographique difficile, à moins que la résistante ait des états de service particuliers antérieurs ou postérieurs à l’événement. La rareté des sources crée une autre difficulté. Elles sont déjà clairsemées pour la Résistance en son ensemble, mais si l’on veut travailler sur le sujet des femmes, on se heurte en outre au barrage opposé par les rôles sociaux de genre. Les femmes leaders d’organisation ont été rares, or, comme on sait, les fantassins laissent moins de traces que les généraux. Un facteur d’un autre ordre a pu jouer un rôle également : le fait que les résistantes n’aient pas été, globalement parlant, des féministes au sens actuel, a détourné l’attention des premières historiennes des femmes, dans les années 1970-1980, vers les féministes de la Révolution et du grand XIX° siècle.
L’année 1995 marque l’entrée des résistantes dans l’historiographie, avec deux publications. La revue Clio. Histoire, femmes, sociétés et Les Cahiers de l’IHTP publient, chacun de leur côté, un numéro spécial1. Depuis, des articles, des contributions et des colloques ont paru, sans qu’on dispose encore d’un ouvrage approfondi. Ils ont souvent pour auteurs, dans l’ordre alphabétique, Claire Andrieu, Catherine Astol, Hélène Chaubin, Laurent Douzou, Christine Levisse-Touzé, Paula Schwartz, Dominique Veillon. Jean-Marie Guillon et Danielle Tartakowsky ont étudié les manifestations de femmes sous l’Occupation.
Ce n’est pas que la bibliographie soit mince sur le sujet des résistantes. Il existe de nombreux témoignages et des ouvrages d’amateurs éclairés. Mais l’analyse y cède souvent le pas à la narration, voire à l’anecdote. Même Les combattantes de l’ombre, le très utile ouvrage de Margaret Collins Weitz, professeure à Harvard, demeure dans le domaine de la description 2. L’une des difficultés de l’entreprise réside dans le décalage entre les représentations de la femme à l’époque, et le phénomène résistant au féminin. Le fait social s’est développé indépendamment, et presque à l’encontre des conceptions dominantes.
Qu’est-ce qu’une « résistante » ?
La définition d’une résistante demande de connaître à la fois la Résistance et la femme des années 1940.
Il se trouve que la Seconde Guerre mondiale est survenue en plein « âge d’or de la famille », selon l’expression d’Antoine Prost qui situe cette période entre 1938 et 19583. L’idéal féminin de l’époque était l’épouse mère au foyer. Les statistiques appuient ce constat. Du début du XX° siècle jusqu’en 1968, le taux d’activité féminine ne cesse de baisser, à proportion de l’élévation du niveau de vie. En 1936, la proportion de femmes de 15 à 64 ans exerçant une activité rémunérée est de 47 %, quand le même taux d’activité pour les hommes est de 98 %. Politiquement, les femmes n’ont accès ni au vote ni au service national. Elles ne réunissent que 0,1% des membres du Parti radical, et 3 % de ceux de la SFIO. En termes de catégories socio-professionnelles, les « actives » les plus nombreuses sont les agricultrices, puis les ouvrières, puis les employées. Chez les hommes, ce sont les ouvriers les plus nombreux, puis les agriculteurs, puis les employés. Si l’on regarde du côté des élites, c’est la catégorie « cadres supérieurs et professions libérales » qui fait la plus forte différence, avec treize fois plus d’hommes que de femmes. Les élites politiques, économiques et sociales sont donc masculines de manière écrasante. Et quand les hommes ne sont pas dans cette élite, ils sont plus souvent ouvriers, position qui, par la concentration de main d’œuvre qu’elle suppose, facilite les contacts et les communications, donc la mobilisation.
La propension à résister de la femme est-elle minée par sa situation souvent isolée, au foyer ou à la ferme, par la privation du droit de citoyenneté et par son éloignement des partis politiques ? Est-elle également entravée par les obligations du mariage et de la maternité ?
A côté de ces paramètres féminins relativement bien établis, la définition de la Résistance apparaît comme moins stable. Depuis la Libération, elle varie selon que l’on privilégie un aspect ou un autre : Résistance organisée ou spontanée, collective ou individuelle, militaire ou civile. On voit déjà comment la place des femmes peut se trouver affectée par le choix de la définition. Jusque dans les années 1980, une autre distinction tendait à réduire la place des femmes dans la Résistance : la résistance de sauvetage, celle que François Bédarida a appelée « humanitaire » dans un article en 1986, était assez peu étudiée à l’Université4. Paru en 2006, le Dictionnaire historique de la Résistance française a entériné l’évolution récente, et définitivement intégré ce mode de résistance dans la Résistance5. Une dernière dichotomie a joué un rôle, dans les années 1990, qui aurait pu opposer la Résistance, avec un grand « R », faite d’actions destinées à nuire à l’ennemi, à la « résistance civile », selon l’expression mise en avant par Jacques Sémelin, qui désigne une myriade de petits actes oppositionnels par lesquels une société tend à se rendre imperméable aux valeurs de l’ennemi sans pour autant le combattre directement. La place des femmes dans la Résistance varie selon que l’on y inclut ou non la résistance civile (« civil » désignant ici la société par opposition à l’Etat, et non par rapport au fait militaire). Ces diverses subdivisions sont nécessaires à l’analyse mais elles sont fragiles. Elles laissent de côté le paramètre représenté par l’occupant et sa politique de répression. Si celle-ci est féroce pour les actions violentes, elle peut être sévère, aussi, pour des actes relevant de la résistance civile. Par exemple, l’exclamation « Sales Boches ! » a pu mener en prison ses auteurs -qui étaient souvent des femmes. Autre exemple frappant, l’hébergement pacifique d’aviateurs alliés, impliquant les femmes au premier chef, était considéré comme un acte de guerre et réprimé comme tel (souvent exécution pour les hommes, déportation pour les femmes). C’est donc aussi dans l’interaction avec l’occupant que se définit la Résistance. Comme ce système d’interaction comportait une part d’imprévisibilité, il est prudent d’adopter une définition large de la Résistance. Les femmes y gagnent certainement.

La Résistance, une mobilisation sans précédent chez les femmes6 ?
En termes quantitatifs, il semble bien que l’engagement des femmes dans la Résistance représente une mobilisation sans pareille dans leur histoire. Pour en être tout à fait sûr, il faudrait comparer la Résistance de 1940-1944 à celle de 1914-1918 dans les territoires occupés du Nord de la France, et, même, à celle de l’occupation prussienne de 1870. Les études disponibles pour 1914-1918 n’ont pas encore le degré de précision souhaité sur ce point. Quant à 1870, nos connaissances ne reposent, à ce jour, que sur les nouvelles de Maupassant (Boule de suif, Mademoiselle Fifi), d’ailleurs frappantes, non seulement en raison du talent de l’écrivain, mais parce que la figure de la résistante y est incarnée par des prostituées.
Peut-on recenser après coup un mouvement social comme la Résistance, clandestin, mobile et évolutif ? Les chiffres dont nous disposons reposent sur les procédures de reconnaissance mises en place après la guerre. Une ordonnance de mars 1945, puis une loi de 1949 et son décret d’application de 1951 ont fixé le statut de « combattant volontaire de la Résistance » (CVR). Ces textes incluent les actes isolés et l’aide aux pourchassés dans la définition de la Résistance. Ils ne pénalisent donc pas, a priori, les femmes. Cependant, l’initiative même de la demande de reconnaissance suppose une détermination particulière si elle est fondée sur une action menée individuellement ou sur des actes quotidiens de la vie domestique tels que ceux liés à l’hébergement. Il faut affronter la complexité de démarches administratives pour lesquelles les organisés ont l’avantage de pouvoir se reposer sur leurs organisations ; il faut aussi juger son action passée –fût-elle de l’ordre des gestes ordinaires- comme de l’ordre de l’exceptionnel. L’autocensure des femmes dans ce domaine est certaine. Les travaux de Jean Quellien et la thèse en cours de Catherine Astol le montrent.
Les chiffres tirés des recensements d’après-guerre convergent : environ 12 % de femmes dans les CVR, 11 % parmi les médaillés de la Résistance, entre 10 et 25 % dans les réseaux et mouvements, 8 % dans les Comités départementaux de la Libération (CDL). Ces données ne mesurent pas la participation des femmes dans la Résistance, elles expriment le regard d’une époque sur l’engagement civique des femmes : un regard qui reconnaît, mais qui peine à se traduire par des titres honorifiques ou des statuts sociaux, jusque là globalement réservés aux hommes. Les femmes elles-mêmes ne voient pas autrement que les hommes. Même lorsqu’elles ont joué un rôle pionnier dans la Résistance, elles se sont souvent effacées dans les organigrammes résistants au profit des hommes qu’elles avaient recrutés. Cette minorité assumée, on la rencontre, par exemple dans le témoignage d’Hélène Viannay ou celui d’Edith Thomas.
D’autres chiffres relatifs à la représentation des femmes dans la Résistance sont très inférieurs : 6 sur 1036 décorés de l’ordre de la Libération entre 1940 et 1946 ; aucune femme dans le Comité national français du général de Gaulle, ni au Comité français de la Libération nationale (CFLN), ni au Conseil national de la Résistance. Là, les préjugés de l’époque sont entrés en phase avec des choix de catégories socio-professionnelles, pour aboutir à la quasi-exclusion des femmes. Les compagnons de la Libération sont des militaires pour 43 % d’entre eux, et des membres de professions libérales pour 25 %.
Mis à part ces cas extrêmes, les quelque 12 % recensés de femmes dans la Résistance représentent déjà un bond considérable par rapport à leur place dans les partis politiques, par exemple. Le saut serait sans doute moins important si on l’évaluait par rapport à la proportion de femmes dans le mouvement associatif d’avant-guerre. Malheureusement le taux de féminisation des associations n’est pas connu pour cette époque. D’un point de vue qualitatif, cependant, la comparaison avec les organisations d’avant-guerre, partisanes ou associatives, présente une sérieuse limite : le personnel actif sur la scène publique d’un pays libre et démocratique n’est pas le même, sauf exceptions, que celui qui s’engage, dans un contexte dictatorial, dans une action civique clandestine.

Une culture politique spécifique ?
Il existe une spécificité de l’engagement résistant féminin. Les courbes des âges des CVR, masculine et féminine, l’illustrent à leur façon : l’engagement masculin connaît un pic vers 20-25 ans, tandis que celui des femmes présente un plateau continu de 20 à 45 ans. Ce dernier profil montre, au passage, que le portrait répandu de la résistante comme jeune fille à bicyclette, s’il est typique, n’est pas représentatif.
En fait, on peut inverser l’analyse traditionnelle des facteurs de dépendance de la femme. Si elle est au foyer, elle est relativement libre de son temps, et, surtout, libre des compromis quotidiens avec le siècle que génère une profession. Elle n’a pas de patrons, de collègues, de camarades de travail, de clients ou de fournisseurs à ménager. Sa vision de la société en est peut-être plus simple, mais pas nécessairement moins juste. Elle a été à l’école et a acquis la culture patriotique de son temps. Les Huns, les Prussiens, les Boches, elle connaît. Si elle n’a pas la compétence pour débattre de manière technique de la politique gouvernementale, elle est capable de voir, dès l’automne 1940 par exemple, que l’occupation allemande coïncide avec le rationnement, et, de constater quelques mois plus tard que la croissance de ses enfants est menacée par les pénuries. Ne pouvant répondre aux questions relative à la Cité qu’en termes plus moraux que politiques, elle est, de ce fait, plus à même de juger sévèrement l’occupant et le gouvernement de Vichy. Sa culture religieuse, plus développée que celle des hommes, peut jouer en faveur de la Résistance. Avec 24 % de femmes, Témoignage chrétien est peut-être le mouvement le plus féminisé de tous. Enfin, le mariage et les enfants, loin d’avoir pour effet de lui fermer les yeux sur le monde extérieur, les lui ouvre au contraire, comme cela été montré dans une étude d’après-guerre : la participation politique des femmes augmente avec le mariage et avec le nombre d’enfants. Le fait se constate aussi chez les maris, mais à un moindre degré. Il ne s’agit pas, ici, de procéder à une idéalisation rétrospective d’un système de valeurs daté, mais de souligner les potentialités insurrectionnelles du peuple féminin.
Car la Résistance est un cas particulier de guerre, celui dans lequel l’arrière et le front se confondent presque. Le foyer concentre une bonne partie du « Home Front » et du Front réunis. Il abrite les combattants et leurs armes, qu’il s’agisse d’armement ou de documents clandestins. Directement impliqué, le peuple des femmes assure l’intendance. La Résistance au foyer comporte l’hébergement des adultes pourchassés absorbent un temps et une énergie notables dans le contexte de l’appauvrissement accéléré du pays. La recherche de nourriture, et celle de vêtements civils pour les soldats et aviateurs alliés, sont devenus un parcours du combattant. Les femmes sont aussi particulièrement sollicitées par le sauvetage des familles et des enfants juifs. Comme assistantes sociales, elles s’efforcent de faire sortir les enfants des camps d’internement de zone sud ou de zone occupée. Comme militantes de réseaux juifs, elles abritent les enfants dans des foyers collectifs ou servent d’agents de liaison entre le centre et les familles rurales qui accueillent les enfants.

La Résistance captive
En France comme en Allemagne, l’historiographie de la Résistance et celle de la captivité se sont développées séparément7. Seuls les témoins ont raconté leur périple depuis la Résistance jusque dans les prisons et les camps. Les sources sont en effet très différentes et les univers concernés radicalement autres. Le régime de dictature régnant en France occupée reste bénin en comparaison du système de terreur des camps de concentration. Pourtant la Résistance n’a pas pris fin à la porte des prisons.
Le répertoire des actes de résistance en camp ne peut être identique à celui de la Résistance en territoire occupé. La différence essentielle réside dans l’importance prise par la résistance de survie, jour après jour, quelquefois heure après heure. « Survivre, notre ultime sabotage » écrivit Germaine Tillion au retour de Ravensbrück8. Mais d’autres actions rappellent la Résistance « en liberté », comme le refus de travail camouflé, le sabotage dans les usines de guerre, et même, la grève de la faim, fait à peine concevable, lorsque des détenues de Ravensbrück refusent les primes de nourriture que les SS leur offrent dans le but d’élever le rendement dans les ateliers de munitions. « L’indiscipline » des femmes, repérée à l’échelle de l’Office central SS pour l’économique et l’administration (WVHA), cause des frictions et des délais dans la gestion de l’industrie de guerre.
En raison de la rareté des travaux sur la Résistance captive, il est trop tôt pour généraliser. On peut cependant noter la dichotomie frappante qui sépare les modalités de la résistance des Françaises à Ravensbrück de celles des Français à Buchenwald. Ces différences tiennent autant aux rôles sociaux de genre qu’aux modalités spécifiques de l’organisation de la terreur dans les deux camps. A Buchenwald, les chefs de Block –des droits communs allemands- exercent une terreur particulière sur les détenus, qui oblige ceux-ci à s’organiser pour mener « la lutte contre les coups ». Les Françaises sont moins souvent confrontées à cette brutalité systématique à l’intérieur des Blocks. Chez elles, la Résistance est spontanée, compassionnelle, inorganisée et a-partisane, tandis qu’elle est organisée, hiérarchisée et traversée de rivalités politiques partisanes chez leurs homologues masculins.
*
L’histoire des résistantes est un chantier ouvert. Pour acquérir du relief et sortir de la narration descriptive, il faudrait recourir aux apports de la sociologie et de la science politique, et, aussi, mener de front l’étude des hommes et des femmes, puisque la part de la spécificité féminine ne peut ressortir que de la comparaison.
1   2   3   4

similaire:

La france libre et la resistance iconConcours national de la resistance et de la deportation 2008
«L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la Seconde Guerre mondiale : une forme de résistance» (bo n°17...

La france libre et la resistance iconAmis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation
«Résistance et monde rural»; l’occasion d’évoquer cette résistance de la ruralité française sous Vichy et l’occupation nazie souvent...

La france libre et la resistance icon«France Bloch – Frédo Sérazin, un couple en résistance»
«grande curiosité pour comprendre les motivations des individus dans les actions qu’ils peuvent entreprendre notamment lorsque celles...

La france libre et la resistance iconLe chant des partisans
«Marseillaise de la Résistance», est devenu l’hymne de la Résistance durant la Seconde Guerre Mondiale

La france libre et la resistance iconRésumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours...
«Résistance, résilience et opinion dans la France des années noires», oai: hal archives-ouvertes fr: hal-00325928 v2

La france libre et la resistance iconRésumé Les historiens de la Seconde Guerre mondiale ont toujours...
«Résistance, résilience et opinion dans la France des années noires», oai: hal archives-ouvertes fr: hal-00325928 v1, 2008-09-30...

La france libre et la resistance iconDes grands personnages du xxème siècle
«une résistance». IL suffit d’observer la multiplication des appels à «entrer en résistance» contre telle ou telle loi, phénomène...

La france libre et la resistance iconCours de l’application De Gaulle et la France Libre Dossiers «Histoire»

La france libre et la resistance iconHistoire économique de la France du xviiième siècle à nos jours (tome 1)
«témoignant d’une très forte résistance au changement que l’on peut qualifier de stabilité sciale ou rigidité» (p193)

La france libre et la resistance iconDe la France libre à l’action patronale et entrepreneuriale
Élites économiques C’est d’ailleurs une relative obsession (légitime) que de s’interroger sur la capacité, l’intensité et le rythme...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com