Originum Cisterciensium





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Originum Cisterciensium

P. Leopoldus JANAUSCHEK

Notice de : LXXIV - Stamedium, Tamié

 

Encore : Stamedius, Mons Stamedii, Stamedieni (Stamedienis) Monasterium, Stamedeum (dans les chartres très anciennes), Stiamedium (Ve). Stagmedium, Stagmedeum, Scamedium, Squamdedium, Stamedum (Div), Santamedium (ap. Brittum 533) ; in codd. tax. : Squame Dei, Stame Dei. Sequama Dei ; Same del Signore (Bl) ; Stamedy, Thamié, Thamye, Tamièz, Tamied, le Tamis, Tamier, Tamiers.

 

Le nom de cette grande abbaye,située sur le torrent du Bar, en Savoie et au diocèse de Tarentaise (aujourd’hui région de Savoie) ne vient pas d’une contraction des mots « Saint Amédée » mais d’un sommet ou passage, en français « col de Tamié », en latin Stamedium » parce que situé au milieu de la province de Vienne et de Tarentaise, au milieu des territoires de la Savoie et du Genevois et entre les trois toparchies (chef lieux) des marquisats de Faverges, du comté de Tournon et de la baronnie de chevron. Son origine ne doit pas être attribuée à Amédée III comte de Savoie et de Maurienne, mais plutôt à Pierre, qui, d’abbé de la Ferté, devenu archevêque de Tarentaise, désirait avoir des confrères dans son diocèse. Dès lors, il demanda aux propriétaires du lieu qui s’appelait Stamedium de lui céder cette terre apte à un établissement de l’Ordre cistercien. C’était les Frères Petro, Willelmo, Aynardo  [Pierre, Guillaume et Aynard] de Cabreduno [Chevron] et ils le lui donnèrent. Cette donation augmenta ensuite grâce à d’autres donations surtout celle du comte Amédée, mais l’honneur de la fondation revient aux frères susdits.

Comme la charte solennelle de cette donation porte la date de 1132, il est clair que Augustin Deléglise, Manrique, Mabillon et les autres qui ont suivi témérairement leur autorité se sont trompés en plaçant la fondation en 1126 ou 1128. Bien plus, Tamié n’a pas été abbaye en 1132 comme les auteurs de la Gallia Christiana et d’autres (Guichenon, Besson, Burnier) le croient, car dans la charte susdite il s’agit d’un monastère à fonder et du lieu donné à cette fin à Jean, abbé de Bonnevaux (de la filiation de Cîteaux). Aussi sont-ce les moines de Bonnevaux qui construisirent les bâtiments du nouveau monastère où Pierre abbé, avec toute une communauté s’établirent le 14 des calendes de mars 1133, c’est-à-dire le 16 février 1134 (Pa) (M.V. Du. He [XIII Cal. Mart.] Vi. W. Bl. J. JC. JO. Bo. St, Robertus ; 1132 : A. R. E. EM. L. La. SC. N).

Il est manifeste que les Stamédiens cisterciens de cette époque ont été imprégnés de l’esprit de Pierre seul. Celui-ci, après avoir joui quelques années de l’honneur d’être le premier abbé (de Tamié), sur le conseil de saint Bernard et l’ordre du Chapitre général, monta sur le siège de Tarentaise d’om Isdraël, archevêque depuis 1138, avait été « éjecté ». Consacré en septembre 1141, humble, plein de sollicitude pastorale dans une vie difficile, plein de charité, de force (il le montra en défendant [le pape] Alexandre III contre [l’empereur] Frédéric I) de constance, devenu célèbre par des faits merveilleux, il s’envola au ciel le 8 mai 1174.

Tamié est aujourd’hui un monastère de Trappistes.

Bibliographie

- Manr. 1128. V.1.7 ; 1133. IV.2

- Jong. VII. 93. N. 3 ; ej Origg.

- Douschou.

- Miraei Chron. 117

- Robertus 649

- Mabillon Ann. VI. 170

- Samm. IV. 842

- Gallia Chr. XII. 724

- Chronica latina Sabaud. in Monum. Taurin. SS. III 602. 671

- Guichenon I. 224

- Ab Ecclesia 317. 319

- Epistola Alphonsi Delbene ap. Cibrario 147

- Besson, Mém. de Genève 236

Voici les précisions concernant les références données par Leopoldus JANAUSCHEK :

MANRIQUE Angelus - Cisterciensium seu verius ecclesiasticorum annalium a condito Cistercio tomi IV. Lugduni, sumpt. haered. G. Boissat et Laurent. Anisson 1642-59. fol.

Id. - Laurea evangelica hecha de varios discursos predicables con tabla para todos los santos y dominicas de entre año. En Barcelona por Sebast. de Cormellas. 1608. 8.

Id. - Sanctoral Cisterciense, hecho de varios discursos predicables en todas las fiestas de nuestra Señora y ostros Santos. En Barcelona por Hieronymo Margarit. 1613. 8 - 1128. V. 1. 7 ; 1133. IV. 2.

JONGELINUS Gaspar - Origines ac progressus ordinis Cisterciensis abbatiarum et equestrium militarium de Calatrava, Alcantara, Avisy, Montesa, de Christo, et SS. Mauritii et Lazari. In off. Birckmanniana a. 1641. fol. - VII. 93. N. 3.

DOUSCHON [inconnu]

MIRÆUS Aubertus : Chronicon Cisterciensis ordinis. Coloniæ Agrippinæ, sumt. Bernardi Guatheri 1614. 8. - 117.

ROBERTUS Claudius : Gallia Christiana,  in qua regni Franciæ ditionumque vicinarum dioceses et in iis præsules describuntur. Lut. Paris. sumt. Seb. Cramoisy 1626. fol. - 649.

MABILLON Johannes : Annales ordinis S. Benedicit. V T. Lutetiæ Parisiorum sumt. Caroli Robustel 1713. (Tom. VI. absolvit Edm. Martène ib. 1739). fol. - Ann. VI. 170.

SAMMARTHANI Petrus Abelius et Nicolaus : Gallia Christiana. Opus fratrum gemellorum Scævolæ et Ludovici Sammarthanorum auctum et primo in lucem editum a Petro etc. IV. T. Lutetiæ Paris. apud viduam Edm. Pepingué 1656. fol. - IV. 842.

Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. I. Lutetiæ-Parisiorum excud. Joh. Bapt. Coignard 1715-XVI. ib. ap. Firmin Didot fratres 1865. fol. - XII. 724.

Chronica latina Sabaud. in Monum. Taurin. SS. III. 602. 671

GUICHENON Samuel : Histoire généalogique de la royale maison de Savoye. tt. V. A Turin, chez Jean-Michel Briolo, 1778-80. fol. - I. 224.

ECCLESIA, Franciscus Augustinus ab : S. R. E. Cardinalium, archiepiscoporum, episcoporum et abbatum Pedemontanæ regionis chronologica historia. Augustæ Taurinorum 1645. typ. H.H. Jo. Dominici Tarini. 4. - 317. 319.

CIBRARIO L. : Storia e descrizione della R. badia d’Altacomba, antico sepolcro dei principi di Savoia, fundata da Amadeo III, rinnovata da Carlo Felice e Maria Cristina. Torino, tip. Chirio e Mino 1845. gr. fol. (Epistgola Alphonsi Delbene ap.) - 147.

BESSON L. : Mémoires pour l’histoire ecclésiastique des diocèses de Genève, Tarantaise, Aoste et Maurienne et du décanat de Savoye. Moutiers, Marc Cane. 1871. 8. - 236. 

Commentaires : 1133 ou 1134

La fondation de 1132 est économique : constitution d’un domaine dont l’exploitation et les revenus serviraient à couvrir les besoins de la communauté et de ses œuvres.

La mention : Pierre abbé, avec toute une communauté s’établirent le 14 des calendes de mars 1133 fut relevée, en 1727, dans un ancien martyrologe à Tamié.

L’auteur interprète le 14 des calendes de mars comme étant le 16 février. Ceci ne prête pas à confusion.

Par contre 1133 OU 1134 ?

Selon le Guide des Archives de la Haute-Savoie ; Annecy, 1976 ; p. 14.

* Avant 1200 environ, une charte a de grandes chances d’être datée selon le « style de la Nativité » : l’année débute à Noël.

* Au XIIIème siècle, le « style de Pâques » paraît l’emporter, il est presque de règle à partir de 1276. Lorsqu’une pièce est datée d’un quantième compris entre le 25 décembre et la fête de Pâques (entre le 22 mars et le 24 avril) il est nécessaire de rajouter une unité au millésime.

* A partir de 1305 la chancellerie épiscopale revient officiellement au « style de la Nativité ».

* Le 1er janvier est adopté comme origine, en France en 1563 et à Genève en 1575.

 

Concrètement, la pièce datée du 14 des calendes de mars 1133, se situant avant l’année 1200, il y a donc de grandes chances quelle soit datée selon le style de la Nativité, donc l’année commençant au 25 décembre et non à Pâques, le millésime est 1133.

Un problème semblable s’est présenté pour la date de fondation de Cîteaux. L’Exordium Magnum narre l’événement : L’an 1098 de l’Incarnation du Seigneur, dom Robert [...] et avec lui les religieux [...] sortirent de Molesme et se dirigèrent vers le lieu qu’ils avaient jugé convenable. [...] C’était un désert du nom de Cîteaux. [...] Ainsi le douzième jour avant les calendes d’avril [21 mars] prit naissance le monastère de Cîteaux [...] On célébrait en ce jour la fête de notre Père saint Benoît et le dimanche des Rameaux.

Le 21 mars tombait un dimanche en 1098. C’est bien en 1098 et non en 1099. L’année était donc comptée à partir de Noël et non de Pâques.

 

Janauschek a classé les monastères cisterciens selon leur ordre chronologique de fondation. Au 16 février 1134, Tamié occupe donc le rang LXXIV, entre La Charité et Himmerod. Par contre si la date de fondation est le 16 février 1133, Tamié se situe après Vaux en Ornois fondé 4 janvier 1133, rang LXIV et avant St-Sulpice fondé le 21 avril 1133, de rang LXV. Les notices de Janauschek ont l’avantage d’exister et depuis leur publication en 1877, les études historiques ont progressé...








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