Un acquis de l’histoire au temps des colonies qui dérange toujours : l’histoire du statut de l’indigène





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date de publication16.10.2016
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Coquery-Vidrovitch C., Enjeux politiques de l’histoire coloniale, Marseille, 2009
Introduction : La prise de conscience de la question coloniale
Problème du débat sur colonisation et ses conséquences est que mal posé. Prise de conscience par opinion publique d’importance du fait colonial liée à deux scandales : l’article 4 de loi du 23 février 2005 imposant enseignement du rôle positif de présence française outre-mer et discours N. Sarkozy à Dakar en juillet 2007 où il affirmait que « l’homme africain n’était pas rentré dans l’histoire ». Demeure malgré tout qu’historiens connaissent beaucoup de choses, mais qu’elles sont redécouvertes actuellement. Dans années 60 pensée sur colonisation profondément renouvelée par historiens marxistes, mais aussi d’autres courants, provenant des anciens colonisateurs ou colonisés. Entre 1975 et 1990 histoire de colonisation mise de côté par historiens au profit histoires des métropoles. En même développement d’une historiographie centrée sur aires culturelles étrangères (Afrique, Asie, Antilles, Amérique latine etc…). Actuellement courants en train de rentrer en conflit. Exigences de prise en compte du postcolonial ainsi que revendications des enfants de colonisés font que mémoire et savoir se télescopent et se transforment en enjeux politiques. Pour C. Coquery-Vidrovitch, faux procès que chercher à distinguer « positif » ou « négatif » de colonisation. De même elle veut revenir sur l’enseignement, ou pas dans certains cas, de l’histoire coloniale et l’esclavage. Enfin, pour elle il s’agit de mettre en avant en quoi « l’identité nationale » inclut les évènements coloniaux.

I. Le solide héritage d’une longue historiographie

Pour certains historiens, dont J.F. Bayart, et ensemble de la société, colonisation est un sujet passé dont il ne faut plus parler car inadéquate avec la réalité du présent. Pour C. Coquery-Vidrovitch le sujet demeure important. A l’époque de colonisation, entre 1830 et 1960, écriture du processus a été menée à terme, mais de façon hagiographique. Contestations sont peu nombreuses et faibles. Bouleversement a lieu avec Deuxième Guerre Mondiale puisque Charte des Nations Unies reconnait comme légitime le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Si Anglais et Néerlandais ont rapidement mis en place ce principe, en France on a dû attendre des guerres de libération (Indochine, Algérie) et la fin des années 1960.
Un acquis de l’histoire au temps des colonies qui dérange toujours : l’histoire du statut de l’indigène

Selon C. Coquery-Vidrovitch le plus gênant pour la société actuelle est le fossé légal qui existait entre « l’indigène » et le « citoyen ». Le premier statut, théorisé par des codes de l’indigénat, fait que l’immense majorité des membres des populations des sociétés coloniales sont des « sujets ». Code de l’indigénat entre en vigueur en Algérie en 1881 pour l’ensemble des Algériens musulmans. Code de l’indigénat permet à administrateur de prononcer peines de prison et amendes sans passage par justice. Après Algérie extension du code de l’indigénat au Sénégal et en Nouvelle-Calédonie en 1887, en Indochine en 1890, puis supprimé en Cochinchine en 1903, et en Afrique subsaharienne au début XXème siècle. Modifications successives du texte jusqu’à son remplacement par la notion de « Français musulman » en 1923. De fait en Algérie IIIème République a exclu les indigènes d’accès à la citoyenneté par législation foncière et fiscale, régime forestier et code de l’indigénat. Durant l’entre-deux guerres statut d’ancien combattant délivre des obligations de l’indigénat, mais abrogation par gouverneur général Boisson, proche Pétain, en 1940 pour l’AOF. Suppression définitive des codes de l’indigénat en 1946 pour l’Afrique subsaharienne et Madagascar. Entre citoyens et sujets existence de la classe des « évolués », mais celle-ci se développe surtout après 1945. En 1946 vote d’une loi qui fait de tous les colonisés des citoyens français. Toutefois, reconnue valable qu’en 1955 et entre temps application très diverse selon les colonies. De même contradiction de cette loi avec deuxième constitution de IVème République qui fait des colonisés des citoyens de « l’Union française » ce qui conserve les statuts personnels de chacun et leur soumissions aux juridictions des tribunaux indigènes et de l’impôt par capitation. Par ailleurs même fin de l’indigénat en Algérie et passage au statut de « Français musulman » implique la conservation du statut personnel musulman, que l’individu soit musulman ou non. Que ce soit en Algérie ou dans l’AOF très peu de naturalisations. Droits civils attachés à prise de nationalité et citoyenneté française, hormis pour St Louis, Gorée, Rufisque et Dakar au Sénégal puisque habitants ont nationalité et citoyenneté françaises mais statut civil musulman).

Electoralement, expression politique des colonisés est limitée puisque dans chaque colonie existence de deux collèges (1 Français et universel et 1 indigène et censitaire). Ce n’est qu’en 1956 qu’Afrique subsaharienne obtient suffrage universel pour élections des assemblées territoriales ainsi qu’un député par territoire au Parlement.
La première génération des historiens post-coloniaux : les années 1960

Au moment de décolonisations importance des intellectuels anti-coloniaux marxistes tels Sartre, Fannon ou Césaire. Toutefois, en histoire Julien, Brunschwig et Gonidec cherchent à ouvrir perspectives d’histoire coloniale non instrumentale. De fait dès 1960 Brunschwig démontre qu’en France colonisation est liée à revanche nationaliste après défaite de 1870 et non voulue par entreprises ou pouvoir parlementaire. De même en Angleterre, à travers l’exemple de l’Egyptien, Robinson et Gallagher mirent en évidence le peu de rentabilité de l’Egypte sous domination anglaise. Par ailleurs, démonstration de caractère caduc du discours d’exploitation du pays comme rétribution de l’homme blanc pour l’élévation de celui-ci vers « civilisation » puisque mise en évidence de faible coût d’entretien des colonies avant Deuxième Guerre Mondiale. Importance de la grande mixité politique et idéologique des historiens de ce sujet. De même démonstration que faible rentabilité des aventures coloniales.
Les aires culturelles : l’histoire des colonisés « vue d’en bas »

Perception par les historiens actuels qu’histoire coloniale n’a jamais été traité d’après le point de vue des colonisés par les prédécesseurs, ce qui est faux. Dès les années 60 existence de travaux d’historiens ou anthropologues pour restituer, par exemple, vie des fellahs (Lucette Valensi) ou révéler richesse de Madagascar (Gérard Althabe). Dans les années 1970-90 importance des historiens africains francophones pour continuation des études africanistes, notamment la colonisation, du fait de désintérêt des jeunes historiens français pour ce sujet. Grand intérêt de ceux-ci pour point de vue des populations rurales vis-à-vis de conquête coloniale et des résistances, passives ou actives, qui se sont mises en place. De même intérêt pour les réactions des élites africaines à propos de l’instruction dans les écoles françaises. Par la suite études sur l’urbanisation, la condition féminine et les violences (urbaines, de guerre etc…). Toutefois, selon C. Coquery-Vidrovitch problème d’une non-communication entre histoire des colonisés et histoire des colonisateurs.
Histoire des colonisateurs, histoire des colonisés : un hiatus à combler

Histoire des colonisés peu connue en France car elle revient à adopter une vision postcoloniale qui n’est pas bien vue pour l’instant. Toutefois, elle permettrait d’alimenter réflexion pour l’histoire coloniale plus classique. Par exemple, dans cas des déplacements de population elle permet de relativiser l’importance des déplacements colonies/métropole par rapport aux déplacements intracolonies. Historiographie sociale et postcoloniale du Vietnam et du Cambodge moins importante, mais existante. Pour Coquery-Vidrovitch problème d’une historiographie européo-centrée qui veut faire de l’histoire coloniale sans parler de la masse des colonisés.
III. Le postcolonial à la française

Recherches postcoloniales sont nées des subaltern studies, lancées par des chercheurs indiens dans les années 70.
Qu’est-ce que le postcolonial ?

Etudes postcoloniales proposent nouvelle grille de lecture en se détachant des clichés hérités du temps des colonisateurs et dépasser les oppositions domination/soumission, colonisateurs/colonisés. De même études postcoloniales s’intéressent aux phénomènes d’échanges, de rencontres, d’accomodemments et de résistances entre colonisateurs et colonisés. Etudes postcoloniales tendent à « penser pluriel » et tenir compte de tous les points de vue. En somme études postcoloniales veulent « relire le passé à la lumière de la critique menée aujourd’hui » sur l’histoire et l’historiographie coloniale.

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