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kumiss à Everard qui en absorba une gorgée avec autant de bruit que l’exigeait l’étiquette, et passa le gobelet à son voisin. Il avait bu des liquides plus détestables encore que le lait de jument fermenté, mais il ne fut pas fâché de voir chacun se mettre au thé après cette cérémonie rituelle.

Le chef mongol prit la parole. Il ne parvenait pas à garder un ton uni, comme le faisait son secrétaire chinois. On le sentait se hérisser instinctivement : quels étaient ces étrangers qui osaient approcher autrement qu’en rampant l’homme de confiance du Khan des Khans ? Mais ses paroles restaient courtoises :

— Que nos hôtes veuillent bien nous dire maintenant ce que désire leur roi. Voudraient-ils d’abord nous le nommer ?

— Son nom ne doit pas être prononcé, dit Everard. De son royaume, tu n’as entendu que les rumeurs les plus vagues. Tu peux juger de sa puissance, noyon, par le fait qu’il n’a eu besoin que de nous deux pour une mission si lointaine et que nous ne sommes partis qu’avec une monture chacun.

Toktai grogna.

— Vous montez de beaux animaux, bien que je me demande comment ils se comporteraient dans la steppe. Vous a-t-il fallu longtemps pour venir jusqu’ici ?

— Pas plus d’une journée, noyon. Nous avons des ressources...

Everard fouilla dans sa veste de chasse et en tira deux petits paquets dans un emballage de cadeau de Noël.

— Notre seigneur nous a chargés de remettre aux chefs du Cathay ces témoignages de son estime.

Tandis que les deux asiatiques déballaient leur paquet, Sandoval se pencha vers Everard et lui glissa à l’oreille, en anglais :

— Surveillez leur expression, Manse. Nous avons gaffé.

— Comment cela ?

— Cette cellophane et ce cadeau clinquant font impression sur un barbare comme Toktai. Mais observez Li. Sa civilisation avait porté la calligraphie à la hauteur d’un art quand nos ancêtres se barbouillaient encore de peinture. Pour ce qui est de notre goût, nous venons de dégringoler sérieusement dans son estime.

Everard eut un haussement d’épaules imperceptible.

— Ma foi, on ne peut lui donner tort, n’est-ce pas ?

Leur colloque n’avait pas échappé aux autres. Toktai leur lança un froid regard, mais reporta son attention à son cadeau, une torche électrique, dont le fonctionnement dut lui être expliqué et qui lui tira des exclamations. Il en eut un peu peur pour commencer, et murmura même des paroles magiques, puis il se souvint qu’un Mongol ne doit rien craindre si ce n’est le tonnerre. Il se domina alors et fut bientôt aussi heureux qu’un enfant avec un nouveau jouet. Le meilleur choix pour un savant disciple de Confucius, comme Li, avait semblé être un livre, de la collection La Famille Humaine, dont la diversité et la technique d’illustration avaient des chances de le surprendre. Il se confondit en remerciements, mais Everard se demanda s’il était vraiment émerveillé. Un Patrouilleur apprenait vite que les goûts sophistiqués existent à tous les niveaux de civilisation.

Des présents devaient être offerts en retour : une belle épée chinoise et un ballot de peaux d’outres marines provenant de la côte. Ce n’est qu’au bout d’un moment qu’ils se remirent à parler affaires. Alors Sandoval s’arrangea pour obtenir des renseignements des autres avant d’en donner lui-même.

— Puisque vous en savez tant, commença Toktai, vous devez aussi savoir que notre invasion du Japon a échoué il y a quelques années.

— Le ciel en a voulu autrement, dit Li avec son affabilité de courtisan.

— Balivernes ! grommela Toktai. La stupidité des hommes en a voulu autrement, voilà ce que tu veux dire. Nous étions trop peu nombreux, trop ignorants, et venus trop loin par une mer trop agitée. Mais quoi ? Nous y retournerons un jour.

Everard savait qu’ils y retourneraient, et il songeait non sans une certaine tristesse qu’une tempête détruirait leur flotte, causant la mort d’on ne saurait jamais combien de jeunes hommes. Mais il laissa Toktai poursuivre :

— Le Khan des Khans a compris que nous devions en apprendre davantage sur les îles. Peut-être nous faudrait-il essayer d’établir une base quelque part au nord d’Hokkaïdo. Et puis, aussi, il y avait longtemps que nous entendions parler de terres plus loin à l’ouest. Des pêcheurs poussés par les vents hors de leur route ont eu parfois le temps de les apercevoir ; des marchands sibériens parlaient d’un détroit et d’un pays au-delà. Le Khan des Khans a rassemblé quatre vaisseaux avec des équipages chinois et m’a chargé de prendre avec moi cent guerriers mongols et de partir à la découverte.

Everard acquiesça de la tête, sans surprise. Les Chinois avaient des jonques depuis des centaines d’années, bateaux tenant bien la mer, manœuvrables, et pouvant contenir, certains, jusqu’à mille passagers. Ils devaient avoir quelque connaissance des Kouriles, au moins, même si les froides eaux septentrionales ne les avaient jamais beaucoup attirés.

— Nous avons longé successivement deux chaînes d’îles, dit Toktai. Elles étaient assez inhospitalières, mais nous avons pu faire escale çà et là, laisser sortir les chevaux, et apprendre quelque chose des indigènes. Et le Tengri m’est témoin que cela est difficile, quand on doit parfois interpréter à travers six langues ! Finalement, nous sommes parvenus sur la terre ferme, un grand pays, des forêts, beaucoup de gibier et de phoques. Trop pluvieux cependant. Nos vaisseaux ne demandaient qu’à continuer, alors nous avons suivi la côte, plus ou moins.

Everard s’imagina une carte. En longeant d’abord les Kouriles, puis les Aléoutiennes, on ne s’éloigne jamais beaucoup du continent. Avec leur quille de dérive, les jonques pouvaient trouver à jeter l’ancre même sur les côtes rocheuses de ces îles ; et en été, le temps n’est pas vraiment mauvais. D’autre part, le Kouro-Sivo vous pousse doucement et l’on navigue ainsi selon un immense arc de cercle. Toktai avait découvert l’Alaska avant de s’en être tout à fait rendu compte. Et puisque le pays devenait de plus en plus hospitalier à mesure qu’il progressait vers le sud, il avait poussé jusqu’à l’embouchure de la Columbia.

— Nous avons établi notre camp au déclin de l’année, dit le Mongol. Les tribus, par-là, sont arriérées et timides, mais assez accueillantes. On nous offrit toute la nourriture, les femmes et l’assistance que nous demandâmes. En retour, nos marins chinois enseignèrent aux indigènes quelques méthodes de pêche et de construction de bateaux. Nous passâmes l’hiver là-bas, apprîmes quelques idiomes et fîmes quelques reconnaissances à cheval à l’intérieur des terres. Partout, on nous parlait d’immenses forêts et de plaines où les troupeaux de bêtes sauvages sont si denses qu’on ne voit plus le sol. Nous en avons vu assez pour croire ces récits. Je n’ai jamais foulé une terre si riche. (Ses yeux brillaient comme ceux d’un fauve.) Et si peu d’habitants, qui ne connaissent même pas l’usage du fer !

— Noyon, murmura Li en guise d’avertissement.

Il fit un geste imperceptible de la tête pour désigner les Patrouilleurs et Toktai se tint coi.

Li se tourna vers Everard et dit alors :

— Nous avons également entendu parler d’un royaume doré loin dans le sud. Nous nous sommes fait un devoir d’aller nous en assurer, tout en explorant le territoire en chemin. Nous ne nous attendions pas à avoir l’honneur de rencontrer vos éminentes personnes.

— Tout l’honneur est pour nous, ronronna Everard. (Puis, prenant son visage le plus grave :) Mon seigneur de l’Empire d’Or, dont le nom ne doit pas être prononcé, nous a envoyés dans un esprit amical. Il serait désolé s’il devait vous arriver malheur. Nous venons vous avertir.

— Quoi ? s’écria Toktai en dressant le buste. (Sa main musclée fit un mouvement pour saisir l’épée que, par courtoisie, il avait enlevée.) Par l’enfer ! Qu’est-ce que cela veut dire ?

— Par l’enfer en vérité, noyon. Pour agréable que ce pays paraisse, il est sous le coup de la malédiction. Dis-le-lui, mon frère.

Doué d’une voix plus persuasive, Sandoval prit le relais. Il avait préparé son récit de manière à exploiter la superstition qui s’attardait encore dans l’esprit de ces Mongols à demi civilisés, sans pour cela éveiller par trop le scepticisme chinois. Il y avait en réalité deux grands royaumes dans le sud, expliqua-t-il. Le leur était le plus éloigné ; son rival était plus proche, et un peu plus à l’est, avec une citadelle dans la plaine. Les deux états avaient des pouvoirs immenses, qu’on les appelle sorcellerie ou technique subtile. L’empire le moins méridional, celui des Mauvais Hommes, considérait tout ce territoire comme lui appartenant et ne tolérait pas une expédition étrangère. Ses éclaireurs étaient certains de découvrir les Mongols avant peu et ils les anéantiraient en déchaînant la foudre sur eux. Le pays bienveillant des Braves Hommes, au sud, ne pourrait les protéger ; il n’avait pu qu’envoyer des émissaires chargés de conseiller instamment aux Mongols de rentrer chez eux.

— Pourquoi les indigènes ne nous ont-ils pas parlé de ces suzerains ? demanda Li avec finesse.

— Est-ce que tous les membres des plus petites tribus qui peuplent les jungles de Birmanie ont entendu parler du Khan des Khans ? rétorqua Sandoval.

— Je suis un étranger et un ignorant, dit Li. Pardonnez-moi si je ne comprends pas quelles sont ces armes irrésistibles que vous venez de mentionner.

Voilà si je ne me trompe, la façon la plus polie dont on m’ait jamais traité de menteur, pensa Everard.

— Je puis vous offrir une petite démonstration, dit-il tout haut. Si le noyon a un animal qu’on puisse tuer.

Toktai réfléchit. Son visage ridé aurait pu être de pierre, mais la sueur le recouvrait d’une pellicule luisante. Il frappa dans ses mains et aboya des ordres au garde qui se présenta. Puis la conversation tomba et le silence s’épaissit.

Au bout d’un temps qui parut interminable, un guerrier fit son apparition. Il annonça que deux cavaliers avaient pris un daim au lasso. Cet animal conviendrait-il au noyon ? Oui. Toktai sortit de la tente le premier et se fraya un passage au milieu d’une masse compacte et murmurante de guerriers. Everard le suivit, regrettant d’avoir à fournir cette démonstration. Il ajusta la crosse de fusil à son Mauser.

— Vous voulez vous en charger ? demanda-t-il à Sandoval.

— Grands dieux, non !

Le daim avait été forcé à peu de distance du camp. C’était une femelle, qui se tenait tremblante près de la rivière, sa crinière collée par la sueur sur son encolure. Le soleil, qui effleurait la cime des montagnes à l’ouest lui faisait un pelage couleur de bronze. Elle tourna vers Everard un regard chargé de douceur et d’innocence. Il fit signe aux hommes qui l’entouraient de s’écarter et ajusta son arme. La première balle tua la bête sur le coup, mais il continua de la mitrailler jusqu’à ce que sa carcasse ne fût plus qu’un amas sanglant.

Quand il abaissa son arme, il lui sembla que l’air s’était figé autour de lui. Il regarda tous ces corps épais sur leurs jambes torses, ces faces plates qui faisaient de farouches efforts pour rester impassibles. Leur odeur caractéristique assaillait ses narines ; c’était une odeur forte, de sueur, de chevaux et de fumée. Il se sentait aussi peu humain qu’il devait le paraître à leurs yeux.

— C’est la moins meurtrière des armes que nous utilisons, dit-il. Une âme ainsi arrachée à son corps ne trouverait pas le chemin du ciel.

Il fit demi-tour. Sandoval le suivit. Leurs chevaux avaient été attachés à un pieu, leur attirail empilé à proximité. Sans dire un mot, ils sellèrent les deux bêtes, les enfourchèrent lestement et s’enfoncèrent dans la forêt.
Le feu flamboya sous l’effet d’un brusque coup de vent. Préparé avec la parcimonie et l’habileté d’un coureur des bois, il dissipa un instant l’ombre où étaient plongés les deux hommes, laissant entrevoir leur front, leur nez, leurs pommettes tirant un reflet de leurs yeux. Puis il retomba en crachotant, rouge et bleu au-dessus des braises ardentes, et l’obscurité les engloutit de nouveau.

Everard aimait autant cela. Il porta à sa bouche la pipe qu’il tripotait depuis un moment, en mordit fermement le tuyau et aspira une profonde bouffée de fumée qui ne lui apporta qu’un faible réconfort. Quand il parlait, la plainte du vent dans les arbres, haut dans le ciel nocturne, couvrait presque sa voix, ce qu’il ne regrettait pas non plus.

Non loin d’eux se trouvaient leurs sacs de couchage, leurs chevaux, la machine – chariot antigravité combiné à un saute-temps – qui les avait amenés. Hormis cela, la contrée alentour était vide sur des kilomètres et des kilomètres, seulement parsemée de feux humains comme le leur, aussi minuscules et solitaires que les étoiles dans l’univers. Au loin, un loup poussa un long hurlement.

— J’imagine, dit Everard, que tout flic doit se sentir parfois une âme vile. Vous n’avez été qu’observateur jusqu’ici, John. Des tâches actives comme celles qu’on m’assigne sont souvent difficiles à accepter.

— Oui. (Sandoval avait été encore plus silencieux que son ami. Depuis le dîner, il avait à peine remué.)

— Et maintenant ceci. Quoi que vous ayez à faire, pour annuler une intervention temporelle, vous pouvez du moins penser que vous rétablissez la ligne originale d’évolution des événements. (Everard tira sur sa pipe.) Ne me rappelez pas que « originale » est sans importance dans ce contexte. C’est un mot qui console.

— Oui, bien sûr.

— Mais quand nos patrons, nos chers surhommes daneeliens, nous disent à nous d’intervenir... Nous savons que les gens de Toktai ne sont jamais rentrés au Cathay. Pourquoi devrions-nous, vous et moi, nous en mêler ? S’ils tombaient sur des Indiens hostiles ou je ne sais qui et étaient exterminés, cela m’importerait peu. Pas plus du moins que ne m’importe tout incident similaire dans ce bon Dieu d’abattoir qu’on appelle l’histoire humaine.

— Nous n’avons pas besoin de les tuer, vous savez. Il suffit de leur faire rebrousser chemin. Il se peut que votre démonstration de cet après-midi soit suffisante.

— Oui. Rebrousser chemin... et puis quoi ? Probablement périr en mer. Leur retour ne sera pas facile ; tempêtes, brouillard, courants, récifs. Et nous les aurons mis en route précisément à ce moment-là ! Si nous n’intervenions pas, ils repartiraient plus tard ; les circonstances du voyage seraient différentes... Pourquoi charger notre conscience de cette responsabilité ?

— Ils pourraient même rentrer à bon port, murmura Sandoval.

— Quoi ? fit Everard en sursaut.

— Il est évident qu’ils ont de bons capitaines et de bons équipages. Je pense que leurs chances seraient excellentes. Surtout s’ils se dirigent droit à travers l’océan, en passant par les Hawaii, la Micronésie et les Philippines... et j’imagine que les Chinois sont assez forts en géographie pour envisager cette voie. Manse, je crains qu’il ne soit pas suffisant de leur faire simplement peur.

— Mais ils ne rentreront pas dans leur pays ! Nous le savons !

— Supposons qu’ils y parviennent. (Sandoval se mit à parler un peu plus fort et beaucoup plus vite. Le vent de la nuit grondait autour de ses paroles.) Réfléchissons un instant. Supposons que Toktai continue d’avancer en direction du sud-est. On voit difficilement ce qui pourrait l’arrêter. Ses hommes peuvent vivre sur le pays, même dans les déserts, beaucoup plus commodément que Coronado ou aucun de ces explorateurs. Il n’a pas à aller bien loin avant d’arriver chez des peuples du néolithique supérieur, les tribus agricoles Pueblos. Cela l’encouragera encore. Il atteindra le Mexique avant le mois d’août. Le Mexique est aussi éblouissant maintenant qu’il l’était – qu’il le sera, plutôt – au temps de Cortès. Et il y a plus tentant encore : les Aztèques et les Toltèques continuent de lutter pour la suprématie, cependant qu’un grand nombre d’autres tribus sont toutes disposées à aider contre eux un nouvel arrivant. Les canons espagnols n’y ont rien changé, n’y changeront rien, comme vous vous le rappellerez si vous avez lu Diaz. Individuellement, la supériorité des Mongols est égale à celle des Espagnols... Non pas que j’imagine que Toktai passerait immédiatement à l’attaque. Il se montrerait sans doute très poli, passerait l’hiver sur place, rassemblerait tous les renseignements qu’il pourrait. L’année prochaine, il pourrait remonter vers le nord, s’embarquer pour son voyage de retour et rapporter à Koublaï que certains territoires parmi les plus riches, les plus gorgés d’or de la terre n’attendent que leur conquérant !

— Et les autres Indiens ? demanda Everard. Je n’ai sur eux que des données vagues.

— Le Nouvel Empire maya est à son apogée. Un gros morceau à avaler, mais avec une récompense en conséquence. J’incline à penser qu’une fois les Mongols établis au Mexique, rien ne les arrêterait. Le Pérou a une culture encore plus développée en ce moment, et beaucoup moins d’organisation que n’en a affronté Pizarro ; les Quichuas-Aymaras, la race dénommée inca, ne forment encore qu’une seule puissance parmi d’autres, nombreuses, là-bas.

« Et puis le terrain ! Vous imaginez-vous ce qu’une tribu mongole ferait des Grandes Plaines ?

— Je ne les vois pas émigrant en hordes, dit Everard. (Il y avait dans la voix de Sandoval une intonation qui l’indisposait et le mettait sur la défensive.) Trop de Sibérie et d’Alaska sur leur chemin.

— Des obstacles pires ont été surmontés. Je ne veux pas dire qu’ils se répandraient sur le pays tout d’un coup. Il leur faudrait peut-être quelques siècles pour commencer une immigration en masse, comme il en faudra aux Européens. J’imagine une série de clans et de tribus s’établissant en l’espace de quelques années tout le long de la côte occidentale de l’Amérique du Nord. Le Mexique et le Yucatan sont absorbés, ou, plus vraisemblablement, deviennent des khanats. Les tribus de pasteurs se déplacent vers l’est à mesure que croît leur population et qu’arrivent de nouveaux immigrants. Rappelez-vous que la dynastie des Yuan doit être renversée en moins d’un siècle, ce qui contraindra encore davantage les Mongols à quitter l’Asie. Et les Chinois viendront ici aussi, pour cultiver la terre et se partager l’or.

— Permettez-moi de vous dire que je me serais attendu à ce que vous soyez le dernier à vouloir hâter la conquête de l’Amérique, interrompit doucement Everard.

— Ce serait une conquête différente, dit Sandoval. Je me soucie peu des Aztèques. Si vous les étudiez, vous conviendrez que Cortès a fait une faveur au Mexique. Ce serait dur également pour d’autres tribus plus inoffensives, pendant quelque temps. Et cependant les Mongols ne sont pas des barbares à ce point. Qu’en pensez-vous ? Notre éducation occidentale nous inspire des préventions à leur égard. Nous oublions combien de tortures et de massacres les Européens ont connus à la même époque.

« Les Mongols sont assez comparables aux anciens Romains. Même méthode consistant à dépeupler les régions qui résistent, mais à respecter les droits de celles qui font leur soumission. Même protection armée et même compétence gouvernementale. Même caractère national prosaïque et peu novateur. Mais la même crainte et la même envie d’une vraie civilisation. La
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