Être le premier n’est pas toujours une bonne chose





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date de publication16.10.2016
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Être le premier n’est pas toujours une bonne chose.
Bientôt nous allons commémorer le centenaire d’une guerre qui à tué un million trois cent cinquante sept mille soldats français !

Mais qui est donc le premier mort de cette Der des Ders ?
Il naît le 11 juin 1893 à Etupes (Doubs) et veut être instituteur. La mobilisation générale du 1ier août 1914 ne l’envoie pas sous les drapeaux, il y est déjà pour ses trois ans de service militaire. Il a 21 ans, et sert au 44ième RI de Lons le Saunier déployé depuis quelques jours sur la frontière.

Le 2 août, le caporal Jules Peugeot est avec son escouade à la ferme Docourt située prés de Joncherey (Territoire de Belfort). Sa mission : surveiller la route qui mène en Alsace, région redevenue allemande après la défaite de 1870. Une sentinelle est en place à 50m de là et au bourg stationne un escadron du 11ième Dragons de Belfort.
Tout est calme, la guerre n’est pas encore déclarée, il fait beau, Peugeot est à la ferme quand soudain la fille du fermier surgit et se précipite pour l’informer qu’elle a vu des cavaliers «  Prussiens » à la source toute proche. Peugeot prend deux hommes et s’en va à la rencontre des intrus car ils ont violé la frontière. Il trouve sa sentinelle à terre, blessée, et tombe nez à nez avec les allemands.
Le matin même le sous-lieutenant alsacien Camille Mayer, 20 ans, né à Illfurth à coté de Mulhouse avait reçu l’ordre d’effectuer une reconnaissance au delà de la frontière pour localiser les lignes françaises. Il quitte le quartier du 5ième Régiment de Chasseurs à Cheval avec sept hommes. La patrouille montée parcoure 10km, Mayer s’étonne car les français étaient plus prés il y a encore deux jours. Il ne sait pas qu’ils ont reculé depuis le 30 juillet afin d’apaiser Berlin. Il est loin de sa base mais ce vide l’inquiète, il ne veut pas rentrer sans renseignements. Le village de Joncherey est devant lui, il décide d’approcher par les couverts et c’est à ce moment qu’il surprend une sentinelle française. Un coup de sabre frappe le soldat qui s’effondre. Ce dernier, à peine touché, fait le mort. Une minute plus tard surgissent les trois fantassins.

Le caporal Peugeot met les allemands en joue et fait des sommations mais Mayer, un pistolet à la main tire trois fois. Le second projectile frappe Peugeot à la poitrine mais il a le temps d’appuyer sur la détente, un de ses homme tire à son tour.

L’officier, touché au ventre par la première balle et à la tête par la seconde, tombe au sol, les cavaliers tournent bride et s’enfuient. Retournant sur ses pas le caporal s’affaisse devant la ferme et meurt, il est 10h07. Alerté par les coups de feu un peloton de Dragons se lance à la poursuite des « Prussiens » et en capture trois.
Le corps du caporal est rendu à sa famille le lundi 3 août 1914, le jour où l’Allemagne déclare la guerre à la France. Le lendemain il est inhumé dans son village natal à 15km de Joncherey en présence d’une foule considérable qui pleure, sans le savoir, le premier mort de la Grande Guerre.

Le sous-lieutenant Camille Mayer premier tué allemand du front occidental a été enterré la veille aux frais des officiers du 44ième RI qui se sont cotisés.

Que reste t’il aujourd’hui de cet évènement ?

Le casque troué du lieutenant Mayer est au musée de l’Armée. Un monument à Joncherey inauguré en 1922 par le président Poincaré a été détruit en 1940 par l’Occupant. Un autre est reconstruit en 1959.
Mais alors on connait peut-être le premier tué de la guerre de 1870 bien connue des coloniaux ?


Oui ! Et l’on va voir que le récit de 1914 ressemble un peu à celui de 1870 comme un hasard de l’Histoire.
Tout commence le 24 juillet 1870, 5 jours après la déclaration de guerre, par une patrouille allemande de 13 cavaliers, comprenant 5 officiers et 8 hommes des Dragons de la Garde. Le chef de patrouille est le comte Von Zeppelin. Ils franchissent la frontière bien au nord de Strasbourg et entrent de 37 km en territoire français à la recherche de présence militaire. Ils vont chevaucher plus de 24h sans rencontrer d’opposition sérieuse et détruiront toutes les lignes télégraphiques rencontrées. Fatigués, affamés, ils s’arrêtent alors dans une auberge à Schirlenhof au sud-est de Reichshoffen et commandent des repas.
Toutefois ils ont été repérés et l’information parvient au 12ième Régiment de Chasseurs à Cheval cantonné à Niederbronn. Un peloton du 5ième escadron commandé par le lieutenant de Chabot se lance à la recherche des « Prussiens ». L’auberge n’est qu’à 5 km, les français ne surprennent pas la sentinelle qui fait feu en premier sur un sous-officier. L’alerte est donnée, encore à table les officiers allemands se mettent aux fenêtres et tirent au pistolet, leurs hommes restés dans la cour se battent au sabre. La mêlée est furieuse mais brève. Les Chasseurs plus nombreux ont le dessus. Toute la patrouille ennemie est capturée ou tuée, seul le baron Von Zeppelin parvient à s’enfuir sur un cheval français et à rejoindre l’Allemagne.

Le sous-officier tué au fusil par la sentinelle est le maréchal des logis Claude Ferréol Pagnier, c’est le premier mort français de la guerre de 1870. Il est enterré à Niederbronn et sa tombe porte aujourd’hui les impacts de balles des combats de 1944.
Le comte Von Zeppelin quittera l’armée en 1890 pour se lancer dans la fabrication des célèbres dirigeables du même nom. Le cheval sur lequel il avait réussi à s’échapper en 1870 était celui de Pagnier.

Le lieutenant de Chabot terminera sa carrière comme général de division.

Le général Bernis qui commandait la brigade à laquelle appartenait le 12ième Chasseurs chevauchera lors des combats de Sedan une monture allemande de la patrouille de Von Zeppelin.

L’aubergiste de Schirlenhof caché dans la cave avec sa famille pendant la fusillade ira réclamer des dédommagements financiers au général Bernis et les obtiendra.
Aujourd’hui l’ex-auberge de Schirlenhof est une maison particulière habitée par une vieille dame. Sur la façade il y a deux plaques qui rappellent la mort du Mdl Pagnier.
L’anecdote de 1870 résumée ici et les photos m’ont été fournies par M. Bernard Schmitt, technicien dans un bureau d’études à Reichshoffen mais aussi « fouineur de l’Histoire » comme il se défini lui-même. Je l’en remercie et tout particulièrement pour s’être déplacé au village concerné afin de faire des photos.

Je vous invite à visiter son site sur cette partie de l’Alsace riche en évènements historiques sur canton67110.org.
Et nous autres parachutistes coloniaux comme nous ne sommes pas sectaires, un jour prochain je vous raconterai la charge des cuirassiers de Reichshoffen, qui n’a pas eu lieu à Reichshoffen d’ailleurs mais toujours lors de cette guerre de 1870.

Le 8 y était ! Le 8ième Cuirassiers bien sur, mais le 9ième aussi…………
ADC ® Jacques ANTOINE

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