Au nom et sous les auspices de la grande loge de France





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A la Gloire du grand architecte de l’univers.

Au nom et sous les auspices de la grande loge de France.

Franc-maçons du Rite écossais ancien et accepté

Liberté – égalité – fraternité.

La loge La France équinoxiale

Bien penser. bien dire. bien faire.

Orient de Cayenne le 06 novembre 2014.

Vénérable maître en chaire, Dignitaires qui décorez l’Orient et vous tous mes frères en vos grades et qualités,

J’ai la faveur de vous présenter une planche qui s'intitule :

"Les mythes en général et les mythes dans la F.°.M.°."

Bien souvent, je suis abordé par des profanes qui souhaitant frapper à nos portes , me posent cette question : "Faut-il avoir des connaissances particulières pour être un F.°.M.°.?"

Il arrive aussi que des FF fassent le reproche en aparté que certaines planches sont trop "philosophiques" et que parfois qu'ils ont quelques difficultés à garder leur attention en éveil lors de leur lecture.

Aussi, pour tenter d'apporter une réponse aussi bien aux uns qu'aux autres je dirai que la F.M. accepte tout le monde, mais tout en me posant cette question : Ne faut-il pas avoir des pré-requis pour entrer dans le monde de la maçonnerie?

Le principal pré-requis n'est-il pas d'avoir un esprit ouvert et curieux? Car en effet, comment comprendre les mythes sur lesquels la F.M s'est inspirée pour se bâtir si nous voulons aborder ces notions par la raison? Et comment se faire une idée du mythe si on ne l'aborde pas en nous aidant de la philosophie?

Ce midi, j'ai l'insigne honneur de vous parler des mythes. Je n'ai pas la prétention d'être exhaustif. Beaucoup de chercheurs et notamment des FF s'y sont essayé et vous n'avez qu'à taper le mot "Mythe" pour constater la profusion de livres écrits sur ce thème.

Ce que je souhaite au travers de ma planche c'est inciter un grand nombre de FF à se pencher sur la richesse des mythes de voir comment ils ont apporté la FM surtout au rite REAA qui est celui auquel nous travaillons.

La difficulté de tracer une telle planche au 1er degré, c'est de ne pas sauter les frontières et surtout de rester abordable afin d'éviter les décrochements.

Qu'est-ce qu'un Mythe?

Qu’est-ce qu’un mythe ? Il y a cinquante ans, Mircea Eliade a proposé une définition simple, très souvent citée : « Le mythe raconte une histoire sacrée ; il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des commencements. [...] C'est toujours le récit d'une création : on rapporte comment quelque chose a été produit, a commencé à être ».

Un mythe est d’abord un récit mettant en scène des êtres surnaturels et des actions imaginaires dans lesquelles sont transposés des évènements historiques, réels ou imaginés. Il faut insister sur le fait que le mythe concerne des êtres surnaturels, ou en tous cas sortant de l’ordinaire, car c’est cela qui va conduire à la sacralisation du récit. Il faut entendre ici sacralisation au sens où sacré renvoie à la notion de séparation. Il s’agit en effet pour que le mythe soit constitué, qu'il indique une séparation entre ce qui est des humains ordinaires et ce qui est d’êtres d’exception, précisément et au sens étymologique : surnaturels.

Les mythes ont longtemps été en relation avec la religion, ne serait-ce que parce que la notion de sacré ne pouvait se concevoir en dehors du cadre religieux. Or notre société contemporaine semble avoir voulu rejeter totalement le cadre issu du modèle traditionnel, longtemps porté par les religions, qualifiées de carcans archaïques. L’homme contemporain s’est ainsi désacralisé, comme il a désacralisé le monde qui l’entoure. Cela s'est déroulé progressivement pour arriver à la situation actuelle.

C’est, pour nombre de sociologues aujourd’hui, la raison pour laquelle l’homme contemporain, faute de repères, de modèles pertinents, n’arrive pas à se construire complètement. Par modèles pertinents, il ne faut pas entendre ici références immédiates, ni même historiques. Il semble bien que nous ayons besoin d’archétypes, de modèles mythiques, précisément inscrits dans une conscience collective porteuse de sacré. Celle-ci s’est effritée, dissoute, sapée par un individualisme forcené et un scepticisme mêlé de cynisme autant que de pessimisme. Et sans sacralité, il arrive fréquemment que l’homme d’aujourd’hui, bien plus que celui d’hier, doute du sens de l’existence.

Ainsi, le mythe est-il nécessaire à la construction de chaque homme en particulier et de la société humaine en général. Le mythe est un élément structurant de l’ordre social en ce qu’il va servir de support à l’élaboration du cadre moral de la société, de son éthique, de son système de valeurs, en un mot des éléments qui fondent la possibilité d’un vivre ensemble harmonieux ou en tous cas supportable.

Quoi qu’il en soit, le mythe est porté par des allégories, des symboles, et se développe sous une forme poétique dans laquelle se mêlent rêve et fantaisie. Lorsque le rituel évoque un mythe, il recrée pour les participants le cadre de ce mythe, un espace et un temps sacrés. Et c'est Pierre Pelle le Croisa qui, dans la revue "Le maillon" hors-série traitant des Mythes et légendes en F.M dit : "Les rites se comprennent mieux à travers les mythes qui les expliquent."

Cette réactualisation du temps sacré lors d’une cérémonie d’initiation vaut pour les initiés comme pour les initiants. Ce vécu partagé est l’un des ressorts mystérieux mais ô combien puissants de la fraternité véritable qui unit d‘emblée les uns et les autres.

Fondamentalement en effet, la fonction du mythe est de donner une signification au monde et à l'existence humaine.

Mircea Eliade a pu écrire que grâce au mythe, le monde se laisse saisir en tant que cosmos parfaitement intelligible

En fait, on constate que les mythes sont nécessaires car c’est à partir d’eux que s’élaborent les croyances qui vont fonder une Ethique de l’Action.

Les mythes sont le moyen pour l’esprit humain d’exprimer ses interrogations et ses conflits. Et de même que Sisyphe était condamné - si l’on en croit le mythe, bien sûr ! - à remonter inlassablement en haut de sa montagne, enchaîné à son rocher, l’homme est lui aussi condamné perpétuellement à trouver de nouveaux mythes, parce qu’à travers eux il a besoin de créer de nouveaux rêves, de nouveaux objectifs, une nouvelle espérance.

Surtout, le mythe délivre des enseignements qui ont pour finalité de guider les hommes dans leur action quotidienne ; c’est donc un récit auquel on a cherché à donner du Sens, un récit symbolique porteur de vérités sous-jacentes qu’il a vocation à transmettre.

Les Mythes dans la F.M

La Franc-Maçonnerie de Rite Ecossais Ancien et Accepté telle que nous l’entendons en Grande Loge de France est assurément une démarche de spiritualité. Ce qui la caractérise à cet égard c’est qu’elle n’est ni religieuse ni anti-religieuse. Et la question se pose dès lors de son rapport au mythe, en tant que fondement et tremplin majeur.

Pour l’homme religieux se conformer à l’enseignement des mythes, à l’imitation du divin, est essentiel à sa réalisation en tant qu’homme. Les mythes, et les attitudes et comportements qu’ils enseignent, relient l’homme religieux aux sources primordiales, au sacré et au divin d’où émanent sa vie même, et le sens de cette vie.

Lorsque le modèle religieux devient moins prégnant, voire est aboli, que la conscience s’en est affranchie, libérée, les rituels figés par la pratique religieuse perdent leur capacité à donner du sens.

En se structurant autour de mythes empruntés aux archétypes de l’humanité, et en s’organisant autour de pratiques rituelles issues de la Tradition, la Franc-Maçonnerie crée sa propre sacralité.

Dès lors, il n’est pas nécessaire de s'identifier au divin, et singulièrement au divin exprimé par une révélation particulière, pour s’inscrire dans le monde du sacré et tendre vers l’absolu et la transcendance.

Nous avons dit préalablement que le mythe exprime une pensée archaïque, pré-rationnelle. Cela ne signifie nullement que le mythe est incohérent. Au contraire, il ne peut fonctionner que s’il offre à considérer une construction logique, une vraisemblance telle qu’il sera possible d’y adhérer. Mais il ne faut pas confondre vraisemblance et vérité, logique et cohérence intrinsèque et vérité historique.

On pense ici par exemple au mythe cosmogonique qui a comme tout mythe une fonction de modèle et de justification des actions humaines, mais qui de plus est un archétype servant de base à tout un ensemble de mythes et de systèmes rituels. De l’idée fondamentale de « création cosmique émane celle de naissance puis celle de re-naissance ou de re-commencement ».

Dans notre modèle initiatique, le Grand Architecte de l’Univers est présenté comme le principe créateur, à l’origine de toute chose. Il y a donc une origine, une naissance. S’engager dans les voies tracées par le Grand Architecte, c’est travailler à sa propre renaissance, mais aussi au re- commencement du monde et, peut-être, à son ré-enchantement.

Du mythe du retour à l’Ordre de la Création découle pour le Franc-Maçon celui de sa propre perfectibilité, au travers d’une ascèse initiatique.

Celle-ci, comme dans tout processus de ce type, est fondée sur un processus mythique immémorial, celui de la mort symbolique de l’initié suivi de sa renaissance, à un état nouveau, en quelque sorte transmuté. Il n’y a pas d’initiation sans mort symbolique, car il faut mourir à sa condition actuelle pour renaître à une vie supérieure.

Il faut ici souligner un point qui pourrait sembler paradoxal à des non-initiés : pour autant que tous les Francs-Maçons savent parfaitement que les mythes dont nous nous réclamons sont de pures fictions, nous n’en retenons que le caractère symbolique et nous acceptons, comme tels, de le tenir pour vrai. C’est à ce compte que nous pouvons les partager et qu’ils peuvent nous aider à assurer la cohésion de notre groupe. Nous sommes en fait en présence d’une fiction reconnue comme telle mais dont nous choisissons ensemble de faire une vérité sacrée

La science va désenchanter le monde en proposant des explications plus ou moins étayées de démonstrations en lieu et places des mythes fondateurs et de leurs récits sacralisés.

On a pu dire aussi qu’en passant de la tradition essentiellement orale à la communication essentiellement écrite, le pouvoir de transmission du mythe s’était irrémédiablement dégradé.

Il fallut attendre Nietzsche, au 19ème siècle, pour remettre quelque peu le mythe à l’honneur. Dans « Ainsi parlait Zarathoustra », le mythe de la tragédie est bien celui d’un homme perdu, sans repères et sans espérance, qui en faisant revivre le mythe pourra travailler à sa renaissance en recherchant la sagesse, sagesse qui peut se raconter, mais qui ne s’explique pas.

C’est dire en tous cas l’importance de la transmission orale, de ce mode particulier de transmission qui aux mots ajoute des signes et des attouchements, tel que la Franc-Maçonnerie le perpétue.

Par ailleurs, nous vivons dans une société de "dé-liances". Il s'agit en effet d'une société de raison, sur ce qu'elle croit être rationnel et ou raisonnable. Peut-on qualifier notre société de raisonnable, lorsque dès notre plus jeune âge on nous inculque , sous forme de norme culturelle prégnante : "Diviser pour maîtriser, pour dominer." Diviser pour comprendre nous a enseigné Descartes , faisant écho au "Diviser pour régner conseillé par Machiavel à son prince. Mais que l'on ne s'y trompe pas : Diviser, c'est délier, détruire les liens. C'est créer de la Dé-liance.

Toutefois, en réaction à ces dérives la franc maçonnerie ne permet-elle pas la naissance de nouvelles aspirations de reliance. De reliance cognitive : La volonté de substituer, comme nous y invite Edgard Morin, au paradigme de simplification un paradigme de compléxité nourri des ambivalences, paradoxes, contradictions et incertitudes. Ce paradigme de complexité est bien l'un des fondements de la pensée et de l'initiation maçonniques.

De reliance existentielles, de reliance psychologique (à soi : identité), de reliance sociale (aux autres : Fraternité), de reliance culturelle, écologique et civique (au monde : citoyenneté), de réliance philosophique (à l'univers : spiritualité)

Alors, ne peut-on pas qualifier la F.M comme étant un laboratoire de reliance?

Je ne pourrai clore ma planche sans parler des mythes dans notre société créole. Je cite ce poète canadien Gaston Miron qui parlant du peuple québécois disait : " Voilà un peuple qui ne finit pas de ne pas naître." Alors il m'est venu à l'esprit cette question : Pourquoi un pays tel que le Canada, qui fait partie des pays les plus industrialisés et des plus riches avait le sentiment de n'être pas une vraie nation. D'ailleurs des votes ont eu lieu pour la sécession de certaines provinces. Est-ce le fait que ce pays n'est pas né d'un mythe créateur mais que son histoire a commencé comme la notre (je veux parler des Antilles et de la Guyane) sur un bateau? A la différence c'est que la notre prend naissance dans les cales d'un bateau négrier et que la leur sur les ponts supérieurs.

Cependant, nos futures générations auront l'ardente obligation d'exhumer de notre histoire un mythe qui pourrait rallier tout ce peuple descendant d'esclave ou "rendre mythique" symboliquement les bateaux qui nous déversaient sur ces côtes.

Vous tous mes Fr. en vos grades et qualité, Dignitaires à l'Orient et Vénérable Maître,

J'ai dit.

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