Rencontre avec les œuvres – ce2 cm1-cm2 – Collège – Lycée – Université Durée 1h15





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Rencontre avec les œuvres – CE2 - CM1-CM2 – Collège – Lycée – Université - Durée 1h15

Robinson, ou la force des choses
Exposition temporaire au 1er étage du musée

28 Janvier au 27 Mai 2012

Cette exposition met en avant la filiation des acteurs principaux du mouvement Supports/Surfaces, Daniel DezeuzePatrick SaytourClaude Viallat, avec le mythe de Robinson. On retrouve dans la pratique de ces trois artistes un intérêt commun pour un retour aux sources, les choses les plus pauvres en rapprochement avec le vécu de Robinson vu par Michel Tournier.

Patrick Saytour - Filets, 2003 ; Trophées, 2004 (2 éléments)

Claude Viallat - Sans titre (OB007), 1995 ; Sans titre (T153), 2011 ;Sans titre (T145), 2011

Daniel Dezeuze - Réceptacle, 2011 ; Objets de cueillettes, 2011 (2 éléments)

Photo Muriel Anssens - © Adagp, Paris, 2012 / MAMAC, Nice, 2012

Objectifs


  • faire découvrir les enjeux et les intérêts du mouvement artistique Supports/Surfaces

  • Explorer l’univers des trois artistes présentés Daniel DezeuzePatrick SaytourClaude Viallat

  • Montrer une démarche artistique originale constituant une volonté commune de faire de l’art autrement en utilisant de nouveaux moyens picturaux

Supports / Surfaces
Le groupe Supports/Surfaces apparait dans un contexte où ce n’est plus seulement le sujet de la peinture qui est remis en cause mais également les éléments constitutifs de la peinture (supports, méthodes et techniques de réalisation). C’est dans cette mouvance de revendications que se développent en France, de nouveaux questionnements sur le statut même de la peinture. Le but est ainsi d’essayer de faire de la peinture autrement en utilisant de nouveaux moyens picturaux.

Les fondateurs de ce groupe résident essentiellement dans le sud de la France, Claude Viallat (Nîmes,1936), Daniel Dezeuze (Alès, 1942) et Patrick Saytour (Nice,1935). Dès 1966, ils organisent des manifestations, le plus souvent en extérieur et dans le sud de la France.

Le groupe Supports/Surfaces est officiellement fondé en 1970, avec d’autres personnalités telles que Noël Dolla, Bernard Pagès, Marc Devade, André Valensi, Vincent Bioulès qui participent également à ce mouvement. Cette volonté commune de revendication finit par diviser ses acteurs, créant un conflit d’opinion politique.

Ainsi le groupe commence à se dissoudre dès 1971, laissant cependant une empreinte qui a contribuée à de nouvelles approches artistiques que les nouvelles générations continuent d’explorer.
Le processus de déconstruction

Caractérisés par une démarche commune, les artistes du mouvement Supports/Surfaces revisitent les composantes du tableau : châssis, toile, sujet, titre, geste, mode de représentation.
La Surface et le Support

Dès lors, la toile et le châssis acquièrent une certaine liberté. Viallat et Saytour privilégient une toile non tendue sur châssis et non apprêtée. La toile est rapidement remplacée par des tissus ordinaires (bâches, drap, stores, parasols, tentes), souvent de grands formats, présentés au sol ou en suspension, se déployant dans l’espace. La surface peut être travaillée sur les deux faces par un processus d’imprégnation de couleur, de solarisation ou de pliage…

Dezeuze s’attaque dès 1967 à la structure du tableau : le châssis est libéré de la toile, présenté de manière indépendante. Dès lors, le châssis est présent à part entière, visible, il ne garantit plus la planéité, la verticalité et le cadre de la peinture ; il se déploie dans l’espace ou s’enroule sur lui-même. La toile et le châssis sont utilisés pour leurs qualités propres : pour leur texture, leur matérialité et leur rapport à l’espace, ils ne sont plus considérés seulement comme support de l’œuvre, mais comme œuvre elle-même. Dès le début des années 70, la toile et le châssis sont évincés au profit d’objets triviaux : bois flottés, cordes, filets, objets de bazar ou de décoration…
Le geste

En adéquation avec la dissolution de la surface et du support, le pinceau (indissociable du statut du peintre) est à son tour écarté au profit de gestes élémentaires : imprégnation, pliage, découpage, assemblage, collage, solarisation…
Le sujet

Chez les acteurs du mouvement Supports/Surfaces, on constate une éviction du sujet de la peinture.

Nous ne sommes plus devant une représentation expressive ou sentimentale, mais devant une représentation du travail, du « fait-main » : seul le processus de fabrication est mis en avant, l’action sur un matériau, la réaction d’une matière.

Les œuvres de Supports/Surfaces ne véhiculent aucun symbolisme, aucun message, elles ne renvoient qu’à elles-mêmes.
Le titre

Chez Dezeuze et Saytour, le titre explicite la démarche artistique pour la rendre compréhensible et permet une lecture immédiate de l’œuvre. Chez Dezeuze, le titre fait référence à ce que l’on voit, tandis que chez Saytour le titre donne à l’œuvre une valeur académique, parfois avec l’aide de jeux de mots. Viallat se restreint au « sans titre » et annule tout commentaire.
Présentation et conservation

Le mode d’accrochage chez ces artistes est sans cesse revisité. Présentées simplement suspendues au mur, dans l’espace ou au sol, ces dispositions empêchent une vision globale des œuvres. Les présentations proposées sortent des circuits conventionnels, les œuvres sont disposées en plein air, dans l’espace, posant ainsi un nouveau regard sur la production artistique, sans volonté de glorification. Dans les méthodes de conservation, le cadre et le verre protecteur sont bannis. Chez Viallat, les œuvres sont le plus couramment pliées et rangées dans de simples cantines.


De haut en bas :

Claude Viallat - Sans titre, 2011 - 2 cercles, bois flotté, ficelle et anneau de bois, 100 x 73 cm

Patrick Saytour - Trophées, 2004, - Formes découpées, matériaux divers (Isorel, balatum, etc.), 97 x 65 x 2 cm

Daniel Dezeuze - Objets de cueillette, 2011 - Objets divers, métal, plastique, tissu, 94 x 36 x 37 cm

Photo Muriel Anssens - © Adagp, Paris, 2011/ MAMAC, Nice, 2011

Contexte

La radicalité de ces systèmes et de cette idéologie culturelle prend ses sources dans un contexte historique particulier qui constitue une période et une césure marquantes de l’histoire contemporaine française. Cette période se caractérise par une imposante révolte, à l’initiative de la jeunesse étudiante parisienne de la fin des années 60, de nature culturelle, mais aussi sociale et politique. Cette révolte sera largement suivie par toutes les catégories de population sur l’ensemble du territoire.

C’est au sein de cet important mouvement social de l’histoire de France que se constitue ce mouvement artistique qui lutte contre une conception romantique de l’artiste et de sa fonction. Les artistes ne visent pas la production d’un chef d’œuvre, évite la virtuosité, recherche une lecture immédiate, visant une économie de moyens par la simplicité des techniques et des matériaux mis en jeu. Volonté pérenne de démystification de l’œuvre sans projection sentimentale, sans réflexion méditative ou intellectuelle de la part du spectateur.
Ancrage dans le primitivisme

Les œuvres des artistes de Supports/Surfaces puisent dans une esthétique « pauvre », où les usages les plus simples sont préconisés. En évitant la virtuosité de l’artiste peintre, ces artistes privilégient les démarches les plus simples en mimant les pratiques artisanales. Ce type de « primitivisme » est en adéquation avec l’émergence d’un anti-académisme. Tel que le revendiquaient Gauguin, Matisse ou encore Picasso, Dezeuze, Saytour et Viallat favorisent un renouvellement artistique par un retour aux gestes primaires en symbiose avec une époque favorisant un certain engouement pour le primitif (recherches ethnologiques et préhistoriques). Claude Viallat est fortement marqué par la découverte de l’art indien lors d’un séjour aux Etats-Unis en 1972, Daniel Dezeuze se nourrit de ses multiples voyages notamment en Amérique du Nord et en Extrême-Orient, Patrick Saytour joue sur les notions de bon goût et de mauvais goût.

Dezeuze, Villat et Saytour abolissent les oppositions identitaires et culturelles par une série de questionnements sur ce qu’est l’art en regard de toute l’histoire et de toutes les cultures. Derrière un esprit ludique et léger, ces artistes dénoncent le caractère illusionniste et sacralisateur de l’art.
Robinson, ou la force des choses
Le mythe de Robinson s’est construit sur un fait divers du début du XVIIIème siècle, racontant l’aventure d’un marin écossais qui décide de se retirer volontairement du monde sur une île déserte. A travers cette histoire, est conté la vie d’un homme seul qui doit survivre, organiser son existence, tout recommencer à zéro comme le premier homme. C’est aussi l’histoire du rapport à autrui et aux différentes cultures et civilisations. Chez Michel Tournier, l’introduction dans son roman d’un sauvage indien (Vendredi) modèle le personnage de Robinson et lui permet de concevoir un autre rapport au monde que celui prôné par la civilisation occidentale tournée vers le progrès et la modernité.
La relation exercée entre les acteurs de Supports/Surfaces et le mythe de Robinson se tisse dans une volonté commune de la part de ces artistes de s’approprier des objets désuets (cordes, bois, tissus, filets de pêche…) et des techniques ancestrales. Ainsi, on peut lire à travers ces œuvres un vocabulaire propre à la chasse, la cueillette, au braconnage, à la confection d’objets de piégeage, de treillage, des méthodes artisanales comme l’empreinte, le raboutage, le piège, l’arc, le fil à plomb, le garrot, le levier, le nœud, par le biais d’assemblages. Chacun de ces artistes a mis en place un mode de collecte et de prélèvement d’objets ordinaires qu’ils réinvestissent au sein de leur atelier. Trouvés dans des bazars, sur les bords du Rhône et dans leur environnement naturel immédiat, ces matériaux, objets et techniques employés demeurent rustiques et décrivent un monde sans machine ou électricité, loin des techniques industrielles et modernes.

Ainsi, à l’image de Robinson, une véritable dialectique du faire est mise en place.

Présentation des artistes
Daniel Dezeuze est né à Alès en 1942, il vit et travaille à Sète. Il passe son enfance à Montpellier où il fait ses études à la faculté des Lettres et à l’école des beaux-arts. Après plusieurs voyages à l’étranger (EU, Mexique, Canada), il s’installe en 1967 à Paris ou il jette les bases du mouvement Supports/Surfaces avec Patrick Saytour et Claude Viallat. Dès cette année il met en question l’illusionnisme pictural, présentant des châssis privés de leur toile. Il expose, parfois en plein air, des échelles de lattes de bois souples. Peu de temps après, s’ouvre une période de récupération d’objets divers, il exécute des assemblages d’objets hétéroclites, et réalise des objets tenant à la fois du piège, du filet à papillons, du panier à provisions, intitulés Objets de Cueillette. A travers cette exposition, Dezeuze met en scène des échelles souples, des quadrillages et colombages (manières de détourner le châssis traditionnel en le rapprochant d’un monde agraire et tellurique) ; mais également des Objets de cueillette, des Réceptacles, collection d’outillages mimant les activités de cueillette et de braconnage d’un monde rural en voie de disparition.



Sans titre, 1975

Echelle de bois souple teintée, 590 x 135 cm

Inv. : 990.10.1 - Coll. MAMAC, Nice

Photo Muriel Anssens - © ADAGP, Paris, 2012
Patrick Saytour est né à Nice en 1935, il vit et travaille à Aubais. Il suit une double formation en théâtre et en arts décoratifs, puis après des études à l’école nationale des arts décoratifs de Nice, il monte à Paris. Il est considéré comme le membre fondateur du groupe Supports/Surfaces. Son travail peut se définir comme une entreprise de déconstruction de la forme, de la couleur, du format, du cadre. Il utilise un vocabulaire pauvre à l’aide d’une technologie primaire : pliages et dépliages, brûlages, trempages, solarisations, etc. A la fin des années 70 il propose des assemblages d’objets de bazar : lampes, drapeaux, photos, tapisseries, biches, princesses… Les matériaux utilisés sont le plus souvent parmi les plus vulgaires, « kitsch » ou de mauvais goût : tissus, fourrures plastiques, synthétiques.

Durant cette exposition, Saytour présente différentes séries d’œuvres réalisées à partir de chutes de matériaux et d’objets utilitaires ou décoratifs des plus triviaux aux plus kitsch : Trophées (réunion d’éléments hétéroclites suspendus à un clou), les Epaves et les Pliants (regroupement de chutes d’isorel ou de mètre, pliés et disposés en composition murale), les Filets (sortes d’attrapes rêves, réalisés à partir de bois, métal, filet de pêche, cercles) et enfin les Attenances (peinture divisée en deux parties avec rebut et « mise en peinture »).



Trophées, Vue de l’atelier de l’artiste, Aubais, 2011

Photo Yves Bresson - _ Patrick Saytour
Claude Viallat est né à Nîmes en 1936, où il vit et travaille encore aujourd’hui. Il étudie à l’école des beaux-arts de Montpellier où il rencontre Daniel Dezeuze. De retour de son service militaire, il poursuit ses études à l’école des beaux-arts de Paris. Il s’installe à Nice de 1964 à 1967 où il enseigne à l’école nationale des arts décoratifs, c’est à ce moment là qu’il rencontre Patrick Saytour. Dès 1966, Viallat développe une critique analytique du tableau traditionnel, réalise ses premières toiles sans châssis et adopte la pratique de la peinture au sol. C’est à cette période qu’apparait « sa forme », l’empreinte de l’éponge toujours de même format et identique, celle-ci deviendra sa signature, sa marque de fabrication. Son empreinte est marquée sur des stores, parasols, tentes, bâches, souvent polychrome. Sans jamais remettre en cause le procédé fondateur, Viallat ne cesse, depuis plus de 40 ans, de travailler sa variation. En 1972, lors d’un séjour aux Etats-Unis, l’artiste découvre l’art des Indiens qui va marquer son œuvre d’un certain primitivisme. Ainsi, parallèlement à son travail de « peinture », il réalise à partir de bois flottés, de morceaux de tissus, de cordes ou de filets, des « objets » et des « cercles » par assemblage jouant sur les principes de précarité et de tension.



Sans titre, 1993

Acrylique sur bâche recto-verso, échelle

centrale 352 x 362 cm

Atelier de l’artiste

Droits réservés - © ADAGP, Paris, 2012

. Durée
La visite dure entre 1h et 1h30 selon le niveau de classe.

. Ressources


  • Site internet


. MAMAC Nice

http://www.mamac-nice.org
. Galerie Bernard Ceysson

http://www.bernardceysson.com/


  • Bibliographie


. Questions/Peinture - Daniel Dezeuze, Patrick Saytour, Claude Viallat. - Paris : Somogy, 2005. (cat.)

. Le moment Supports/Surfaces. - Saint-Etienne : Ceysson, 2010.

. Tournier (Michel), Vendredi ou les limbes du Pacifique [postface de Gilles Deleuze] - Paris : Gallimard,

1981. (livre consultable à la BMVR de Nice)


. Thématiques
Histoire de l’art :


  • Support / Surface

  • Déconstruction des codes de la peinture moderne

  • Nouveaux moyens de faire de l’art

  • Primitivisme

  • Claude Viallat – Daniel Dezeuze – Patrick Saytour


Littérature :


  • Defoe (Daniel), Robinson Crusoe

  • Tournier (Michel), Vendredi ou les limbes du Pacifique - Paris : Gallimard, 1981



Histoire :


  • Révolte culturelle, sociale et politique, 1968

  • Société de consommation

  • Engouement pour le primitivisme







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