L’histoire de l’école





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titreL’histoire de l’école
date de publication20.05.2017
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L’histoire de l’école :

le tournant néo-libéral

Retracer l’histoire de « L’école en France, de 1945 à nos jours *… » tel est le challenge que s’est donné André Robert dans un livre passionnant qui, presque au jour le jour, reprend ces cinquante ans d’évolution de l’école. Un ouvrage précis et très documenté qui fait comprendre pourquoi cette institution de la république, minée de l’intérieur, offre le spectacle d’une succession ininterrompue de crises. Face à une démocratisation qui passe mal et qui se confond souvent avec le libéralisme, l’école est victime de son succès, mettant aux prises des idéologies contradictoires émanant de toutes catégories : des politiques, des agents économiques, des enseignants, des parents et aujourd’hui, de plus en plus souvent, des élèves. L’opinion sur l’école : un champ permanent de polémiques.

S’il est difficile ici de suggérer les moments les plus marquants et nécessairement les plus personnels de cette histoire, c’est parce que cette histoire d’aujourd’hui s’inscrit dans une logique d’élucidation et de compréhension des événements, des plus importants aux plus insignifiants en apparence. Au-delà des moments fondateurs – les grandes décisions entre 1959 et 1970 – des moments de grâce – le ministère Savary et l’effervescence innovatrice entre 1981 et 1984 – au-delà même des rencontres heureuses de l’histoire – l’élitisme républicain de Chevènement suscitant les 80% au Bac et la rénovation des baccalauréats. professionnels, il y a la trame politique du quotidien, celle sur laquelle vont émerger les événements, les faits de société et même parfois les décisions maladroites ou malencontreuses qui peuvent, aux dépens de la volonté de leurs auteurs, s’inscrire contre le cours de l’histoire. Par exemple Claude Allègre qui devient le premier obstacle de ses projets (p. 217). Ou François Bayrou empêtré dans le bricolage la loi Falloux, condamné à battre en retraite face aux démons de la laïcité qu’il a lui-même réveillés.

Ce que révèle le livre d’André Robert, c’est que l’on ne peut pas réformer sans tenir compte de cette trame historique qui est constitutive de l’institution elle-même. Cette trame comporte des équilibres extrêmement complexes et fragiles entre un vieux fond d’idéaux républicains, des attachements à la modernité démocratique et des tabous qui participent des origines de l’école (l’élitisme, la liberté de l’enseignement, la discipline…) . C’est pourquoi les consensus sont introuvables et instables. Cela explique aussi pourquoi la réforme est laborieuse, très souvent contestée et finalement appliquée à la marge. On est frappé par exemple par le nombre vertigineux de débats, de « grands débats », de commissions et de hauts conseils qu’il a fallu réunir avant d’engager des pistes de changements. Depuis le plan Langevin-Wallon jusqu’au « super » débat de Claude Thélot en passant par les commissions Legrand, Prost, Fauroux, Lesourne, l’enquête Meirieu, on n’a pas cessé de réunir et d’interroger les intéressés, sans que cela suffise pour mettre en jeu un projet réforme.

Dans ce contexte conservateur et contestataire, l’activisme devient suspect. Les ministres volontaristes ne s’avèrent pas les plus efficaces. Pour faire bouger l’institution, il faut des hommes prudents comme Olivier Guichard, René Monory, Christian Beullac, Jean-Pierre Chevènement, Jack Lang et même François Fillon (loi de 2005) des hommes qui excellent à s’engager dans la modernisation tout en n’hésitant pas à « réinvestir des mythologies nostalgiques  et des schémas scolaires datés » (p. 245). Dans le dernier chapitre et dans l’importante conclusion de l’ouvrage, André Robert montre comment notre institution semble « durablement saisie par l’influence néolibérale » qui est à la fois celle des décisions politiques - de droite comme de gauche (C. Allègre) - mais aussi celle des usagers parents et élèves (p.275). Cette connivence entre l’offre et la demande pose un problème difficile, l’éducation et l’instruction étant des « biens en soi » ne pouvant pas ignorer la question du bien commun et de l’intérêt général (p. 280). Dès lors, comment faire sans s’inscrire dans une philosophie de « rupture » qui doit refonder les finalités, les objectifs et les méthodes de l’institution scolaire ?

Grâce à cet éclairage historique, chacun pourra se situer et probablement élucider ses pratiques d’éducateur avant de les mettre d’emblée au service d’individus privés ne reconnaissant plus la dette sur laquelle s’appuie pourtant leur identité.
* André Robert, L’école en France de 1945 à nos jours, Presses universitaires de Grenoble, 312 p., 2010, 19 €

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