Avant Propos





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Intérêts de créer un nouvel événement



L’état des lieux réalisé grâce notamment aux études et écrits de professionnels du secteur des musiques du monde, l’inventaire effectué, et les propos recueillis lors des divers entretiens ont permis de confirmer certaines intuitions initiales concernant des faiblesses qu’il serait intéressant de pallier ou des points sur lesquels on peut encore innover. Certaines conclusions jettent une lumière crue sur la réalité du secteur, et en particulier sur les difficultés dans lesquelles se débattent la plupart des porteurs de projet. On constate néanmoins une certaine complémentarité entre les différentes approches (culturelle, animation ou solidaire), les carences de l’une trouvant sa solution dans les atouts de l’autre. Ces différents points recoupent toutes les dimensions d’un événement, allant, entre autres, des choix de programmation à la structure d’organisation en passant par le rapport au public. L’intérêt ici est d’en faire une synthèse pour pouvoir ensuite dégager des propositions qui concilient les avantages de chacun et des solutions pour dépasser les difficultés du secteur.

    1. Synthèse de ce qui manque




      1. Programmation


On la déjà remarqué, l’une des différences les plus remarquables entre deux festivals de musiques du monde réside dans la distinction entre les festivals à vocation généraliste et les festivals spécialisés. Les premiers étant majoritairement représentés sur le territoire, la logique voudrait que soient développés les festivals thématiques du type Les Orientales, et ce sur une aire culturelle ou un style musical particulier, pour une meilleure connaissance du public et une reconnaissance des institutions.

Une autre tendance récurrente dans les festivals culturels est la promotion d’une seule discipline artistique, à savoir principalement la musique. Qu’en est-il alors de tous les autres aspects que peut développer une même culture ? Si d'aucuns s’ouvrent à d’autres disciplines, aucun festival n’a de volonté affichée de pluridisciplinarité. Or qui dit « cultures du monde », ne dit pas seulement musique, danse, mais aussi arts de la parole, art culinaire, pictural, art du maquillage, jeux, etc. Autant de façons de révéler les spécificités d’une culture, et autant de moyens de les rapprocher.

Une autre question qui soulève les regrets est le travail d’ethnoscénographie, c’est à dire de transposition d’un « spectacle » rituel, social sur une scène. Peu de structures peuvent se vanter d’une réelle réflexion sur le sujet. Divers partis pris existent : du très sobre au libre arbitre de l’artiste, jusqu’au choix du lieu en fonction du spectacle présenté, ce sont autant de manières d’appréhender la culture de l’Autre.
Il semble que ceux qui ne le développent pas ressentent néanmoins la nécessité sinon l’envie de s’y attarder un peu plus, et ce, malgré les obstacles financiers. C’est donc un pan sous-développé dans la diffusion des cultures du monde qu’il faut inscrire comme un objectif incontournable de l’événement.

Enfin, créations et rencontres d’artistes sont de plus en plus nombreuses mais la volonté des festivals d’intégrer des créations dans leur programmation se heurte souvent aux difficultés de subventionnement. C’est un paysage contrasté, partagé entre l’enthousiasme et le découragement que l’on découvre. Régler les problèmes de financement et partager les risques permettraient sans doute de pouvoir pallier à ces lacunes, qui sont pour l’heure majoritairement portées par les artistes eux-mêmes…

      1. Aires culturelles non explorées


Concernant les aires culturelles présentées, il s’avère que nombre de régions du Monde et leurs cultures ont pu être diffusées mais pleins de champs restent encore inexplorés. Comme le dit M. Bensignor54, c’est une question historique et sociologique. Parmi les cultures mises en valeur en France, beaucoup sont liées à l’Histoire coloniale de la France et à l’immigration. C’est notamment le cas pour les cultures d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb. Ensuite, on subit également des effets de mode comme l’an passé avec les musiques brésiliennes. Il reste beaucoup de territoires à explorer qui ont sans doute moins de publics que d’autres esthétiques, et qui sont du coup moins mis en valeur. Ici, il est donc très difficile de voir des artistes d’Amérique du Sud comme ceux du Venezuela, de Colombie, etc. Quant aux cultures asiatiques, cela reste au niveau des musiques traditionnelles et très peu autour de musiques plus contemporaines. On pense aussi aux cultures d’Océanie (Aborigènes d’Australie), et parfois même à l’intérieur de notre territoire, les musiques de Guyane, de Polynésie, la Nouvelle-Calédonie. Ce sont plus les réseaux folkloriques qui les proposent. Enfin, les cultures du monde polaire comme celle des Inuits restent une énigme…
      1. Professionnalisation de l’organisation


Dans les postes développés par les festivals culturels, la communication et le marketing occupent une place encore négligeable voire inexistante. Or, d’après les études de cas réalisées, les événements commerciaux ayant pour objectif l’animation ont très bien intégré ces dimensions, et leur fréquentation révèle l’efficacité de ces démarches. Il semble dès lors nécessaire de donner plus de moyens à ces postes pour étendre le rayonnement des festivals. Malheureusement, faute de moyens, les budgets se concentrent sur l’artistique et la technique, négligeant l’administratif et tout particulièrement la prospection des ventes. Les postes de promotion et de communication sont les premiers à subir les coupes drastiques imposées par la faiblesse des financements et la maigreur des résultats de la prospection. Ces impasses grèvent l’ensemble du projet et conduisent à une diffusion réduite qui met en péril l’amortissement financier et décourage d’autant toute nouvelle entreprise. On revient donc au problème récurrent des moyens financiers…


Bien que la grande majorité des événements trouve son public et qu’il en naisse chaque année, leurs équipes ne parviennent pas toujours à dégager les financements nécessaires pour se professionnaliser et disposer d’un environnement efficace. La carence en « ingénierie culturelle » est fréquente, même pour des festivals d’importance. Dans la conception d’un projet, il semble alors primordial de miser sur la création de postes de chargé de production et d’administrateur ayant les compétences requises pour réaliser une recherche de financements efficace et bien les gérer. De ce point découle la possibilité de développer par la suite d’autres pans d’activité. Le professionnalisme des équipes est de plus en plus important.
Par ailleurs, qui dit financements d’un festival ne se réfère pas seulement aux aides publiques. Beaucoup de manifestations dépendent de ces subventions et craignent d’une année sur l’autre l’éventuel retrait d’un des partenaires qui remettrait en cause la pérennité du projet. C’est donc une diversité des ressources qui fait aujourd’hui défaut. Si le mécénat s’est déjà beaucoup développé en France, il reste encore faible ; or c’est la diversité des ressources qui fait la force et l’indépendance d’une structure. Comme nous l’avons plus tôt, le Festival de Martigues a su tirer profit de ce parti en créant un club d’entreprises. Multiplier les sources de financement leur permet d’équilibrer leur budget mais ne remet en cause ni l’intégrité artistique ni la démarche socioculturelle du festival.
Ce besoin de s’ouvrir aux financements croisés est reconnue par tous mais il reste maintenant à la mettre en pratique. Là encore la présence d’un chargé de production se révèle essentielle.

Enfin, un autre aspect qui semble négligé est la notion de travail en réseau, que ce soit pour la diffusion des artistes programmés ou l’information des festivals. Il paraît absolument nécessaire dans un contexte relativement concurrentiel que les festivals se coordonnent, agissent ensemble pour une meilleure diffusion des artistes, notamment par l’organisation de tournées.
Ce devrait être le rôle des réseaux tels que Zone Franche de créer ou développer les conditions d’une meilleure répartition et visibilité des programmations par l’activation de la circulation de l’information

      1. Contexte et positionnement des festivals


Le contexte de la manifestation et son implantation sur un territoire sont essentiels à sa viabilité. L’inventaire des festivals montre notamment des lacunes au niveau répartition géographique sur le territoire français. Ainsi, certains secteurs géographiques français ne sont pas couverts par des festivals c’est le cas notamment des régions de l’Est ou du Nord. Même Paris est en reste.

Dans une autre dimension, la période d’exploitation de l’événement se révèle très importante. On constate une sur-représentation des festivals estivaux, de plein air en sus. En effet, peu de festivals se déroulent en dehors de la période estivale ce qui laisse l’opportunité de développer des projets en automne ou hiver, les musiques du monde ayant la propension à réchauffer les cœurs…

Par ailleurs, la question du positionnement nous amène vers une approche qui se développe mais reste marginale, à savoir la mise en avant du commerce équitable, du développement durable, et de la coopération internationale. Dans un contexte de défense de la diversité culturelle et de respect des cultures, beaucoup de choses peuvent être imaginées pour aller dans ce sens. Reste à le faire dans une démarche de qualité et de travail de fond.
      1. Rapport au public


Si le public prend une part de plus en plus importante dans les problématiques de diffusion des cultures du monde, son accompagnement est restreint chez nombre d’organisateurs d’événements.

Les festivals à vocation socioculturelle ont bien compris l’importance de cette sensibilisation et pédagogie que certains publics réclament. Si l’émotion que procurent l’écoute d’un concert ou la vue d’une danse est irremplaçable, les publics sont en plus avides d’un minimum de connaissances. Ainsi, les activités périphériques peuvent être enrichies.

Mais ce qui semble le plus important c’est la propension des manifestations à poursuivre leurs actions au-delà de l’événement, pendant l’année. Peu d’entre elles peuvent le faire, ce pan d’activité nécessitant un budget de fonctionnement qu’elles n’ont pas forcément à disposition. Mais celles qui en ont les moyens créent une valeur ajoutée à leur action, non négligeable.

Enfin, on remarque que peu de festivals recherchent l’implication des populations locales, ce qui est pourtant un atout pour l’ancrage d’une manifestation sur son territoire. Ainsi, la participation des associations, des communautés locales est source d’enrichissement mutuel et un accès direct au public local qui s’approprie l’événement.

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