Avant Propos





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Commentaires sur le Festival Les Suds à Arles



Suivant la typologie établie précédemment, le Festival Les Suds à Arles s’inscrit logiquement dans la catégorie des festivals « socioculturels ». En effet, au-delà de la simple définition d’une programmation, l’association participe aussi activement dans l’année au développement social et culturel arlésien. Cela révèle aussitôt ses deux atouts principaux, à savoir son rapport au public et son implantation forte sur le territoire, tous deux intimement liés. Mais il ne faut pas oublier leur politique de programmation, qui, forte d’une triple exigence, garantit la reconnaissance et la légitimité du festival de la part du public mais également du réseau. Si le bilan est dans l’ensemble très positif pour ce festival créé il y a à peine dix ans, il rencontre pourtant des difficultés concernant notamment sa logique d’organisation. Budget serré, personnel permanent limité, et période de festival fortement contrainte en sont les principaux objets.
Son rapport au public : entre proximité, échange et partage

Comme le dit justement Marie-José Justamond, « un festival a pour but de créer du lien avec le public car un musicien a besoin du public »43. Cela résume assez bien sa démarche qui consiste à « travailler le public », et ce, non seulement pendant la durée du festival mais également tout au long de l’année dans le cadre de la Politique de la ville, à travers les différents ateliers de pratiques artistiques proposés aux arlésiens des quartiers et des villages. Danses berbères, percussions orientales, fabrication et pratique d’instruments en roseau mais aussi résidence de création, sont autant de moments qui permettent d’impliquer le public et d’avoir sur lui un impact culturel et social fort. Ajoutez à cela les multiples rendez-vous du festival tels que les apéros-dédicaces ou les siestes musicales et vous obtenez le secret de sa réussite dans un contexte festivalier difficile : la proximité, l’échange et le partage. Convivialité serait le mot juste pour définir l’éthique professionnelle des Suds à Arles. L’importante fréquentation qui ne fait que croître (+ 13% entre 2004 et 2005) en a la preuve tangible. L’association a la chance de vivre avec le public et de l’entendre, elle peut ainsi répondre plus facilement à ses attentes, gage de complicité et de fidélité.

Cette excellente image auprès du public n’est pas isolée pour autant puisqu’en dix ans d’existence le festival a aussi acquis une certaine légitimité au sein des réseaux professionnels et des médias.
Cette reconnaissance du milieu lui permet du coup de pouvoir accompagner le développement de certains groupes et artistes qui n’aurait peut être pas pu percer autrement.
Un ancrage fort sur le territoire

L’objectif premier à la création du festival, sur l’initiative politique du Maire d’Arles, était d’occuper tous les lieux de la ville qui se prêtaient très bien aux musiques du monde. Ont été pressentis automatiquement le Théâtre antique et la Cour de l’Archevêché, mais très vite les magnifiques places et ruelles de la ville se sont révélées idéales pour des rendez-vous plus intimistes. Ce qui fait la force du festival c’est donc aussi son territoire : il devient un « mélange subtil entre des musiques très riches et une ville très belle »44. Il a également un impact notable sur l’économie de la ville, les commerçants du centre bénéficiant largement des festivaliers amenés, même si ce travail reconnu par les institutions n’est pas vraiment soutenu à sa juste valeur. Cela montre finalement l’importance de la donnée « lieu / territoire » dans la politique de programmation à adopter.
Une ligne éditoriale exigeante

Un autre point fort de ce festival est sans conteste sa ligne éditoriale pointue. Marie-José Justamond sait allier l’exigence artistique à une vocation populaire affirmée. Sa politique de programmation est dès lors régie par une triple exigence. Une exigence artistique d’abord par l’envie de mettre en avant des gens de talents, qui aient la propension à provoquer des moments d’émotion intense puisque c’est ça que recherche avant tout le public : l’émotion musicale. Une exigence de découverte ensuite à travers ses coups de cœur. L’objectif ici est un objectif d’appel, le spectateur venant voir quelque chose de connu et ayant la possibilité par la même d’en découvre un autre. Et toujours cet engagement vers des publics toujours plus nombreux et diversifiés qui se reflète dans la pluralité des cultures et des expressions artistiques abordées.

Enfin, cette idée de démocratisation se retrouve dans la politique tarifaire volontairement peu onéreuse, avec un passeport tous concerts très intéressant à 80€ mais aussi une majorité de spectacles gratuits.


Pour résumer, l’atout de ce festival c’est l’alliance d’une qualité artistique à une convivialité hors pair. Mais comme nous l’annoncions plus tôt, il a beau avoir les faveurs du public, il n’en est pas moins confronté aux difficultés récurrentes du milieu et devrait porter une attention plus importante à la présentation scénique de ses artistes.
Une logique d’organisation contrainte

Le festival est organisé par l’association du festival. Comme nous l’avons vu dans la fiche de cas, l’équipe se compose de quatre permanents à l’année, et est renforcée pendant six mois par cinq stagiaires qui se révèlent indispensables à la mise en œuvre du festival. Cela reste une équipe très restreinte au vue de l’ampleur de l’événement, et le fait que chaque année de nouveaux stagiaires soient engagés ne permet pas à la structure de se professionnaliser. Le point positif vient de ce que les intermittents sont toujours les mêmes d’une année sur l’autre, ils connaissent donc très bien les spécificités de ce genre de musique et également les contraintes techniques liées à l’établissement du festival dans la ville d’Arles.

La période choisie, l’été, n’est pas un choix stratégique. C’est juste la résultante d’une contrainte, à savoir l’inexistence d’un lieu de spectacle de grande capacité pour organiser le festival pendant la saison d’hiver. Le festival est donc dépendant des scènes d’extérieur malgré l’envie prononcée de la directrice de changer de saisonnalité. De plus, le Théâtre antique, lieu monumental rassembleur de foule, ne se révèle pas toujours adapté à des créations qui demandent un cadre plus intimiste. Il y aurait donc la nécessité d’implanter une scène intermédiaire, à taille humaine, ce qui malheureusement ne peut être réalisé au vu des financements actuels.

Cela nous amène à un aspect non développé par le festival mais qui me semble pourtant important dans la diffusion des musiques du monde : la réflexion sur la présentation scénique. D’après la directrice, un peu de bon sens et un bon directeur technique suffisent, considérant que le travail de scénographie est plus un problème du producteur du spectacle que du programmateur. Il semble néanmoins nécessaire pour le respect de l’expression artistique présentée que le programmateur ait une réflexion préalable avec les artistes, et éventuellement un ethnoscénographe afin de programmer les spectacles dans des lieux choisis en fonction de la nature même du spectacle proposé. Ce, afin d’éviter la décontextualisation du spectacle.

Un budget serré

Avec 600000€ à 700000€ de financement, le festival n’a pas un gros budget en comparaison avec d’autres festivals. Il réussit notamment à avoir une part d’autofinancement de 30%, grâce en partie à un mécène d’Arles. Mais malgré tout, la recherche de financements occupe encore près de 90% du temps de travail de la directrice qui avoue qu’en dix ans d’existence, celle-ci s’avère toujours aussi difficile. C’est donc avec un budget limité que le festival s’organise chaque année privilégiant l’artistique sur les frais de fonctionnement. Consciente de la nécessité de diversifier les sources de financements (vingt-cinq différentes en 2005 contre une quinzaine en 2004) pour pouvoir développer la manifestation, l’équipe reste néanmoins attachée à la défense d’une action culturelle majoritairement financée par des fonds publics. Si la part relative des financements privés atteint 15% du budget global, il est indispensable de continuer dans ce sens et d’augmenter les recettes propres. Il semble que l’indépendance artistique défendue par l’association dépend de cela, et pâtirait plus d’un financement majoritairement public qui augmenterait l’ingérence du politique dans le culturel. De plus, une année difficile comme fut celle de 2004 n’a pu être achevée que grâce à un soutien financier réaffirmé de la Région, ce qui prouve qu’il est encore économiquement fragile et dépendant du politique.
En définitive, il ressort de ce cas une chose essentielle à la réussite d’un festival des cultures du monde, la prise en compte du public, car « on programme pour un public »45. De plus, une programmation se fait dans un contexte donné, en fonction de l’espace et du temps ; ce n’est qu’en prenant en compte ces paramètres qu’elle a alors une chance d’avoir du sens, et ainsi de prendre racine. Mais ce qui est avant tout nécessaire à sa pérennisation c’est un vrai budget, comme dans les autres secteurs de la musique.


Festival de l’Imaginaire
« Ce sont les arts traditionnels des cinq continents qui prouvent, de façon soudaine et spontanée, que la modernité a plusieurs visages »
Date de création : 1997, 9ème édition en 2006

Lieu : Maison des Cultures du Monde (75), Ile de France, France

Réseau d’appartenance : Aucun

Equipe :

  • Directeur et assistante du directeur

  • Direction de programmation (2 pers.)

  • Secrétaire générale

  • Directrice de la communication et RP

  • Service comptable (2 pers.)

  • Régisseur général + 1 technicien


Scènes :

  • Théâtre de l’Alliance / MCM

  • Théâtre Equestre Zingaro

  • Institut du Monde Arabe

  • Auditorium du Louvre

  • Jardins de Bagatelle

  • Cirque d’Hiver


Ouverture :

    • Période : rentrée vacances de février – départ vacances de Pâques (5 à 7 semaines)

    • Régularité : annuel

    • Rayonnement géographique : Régional et national à travers les tournées

    • Nombre de représentations par an : 45 représentations


Programmation :

    • Genre de festival : Cultures du Monde

    • Type de programmation: formes d’expression artistiques vivantes les moins connues ou les plus rares des cultures du monde

    • Responsables de programmation : M. Khaznadar et Mme Esber

    • Plateau artistique : 180 artistes


Activités périphériques :

Colloques, tables rondes, conférences-démonstration, sur des thèmes culturels ou des faits de société.
Fréquentation :

    • Nombre par an : 17 000 spectateurs - taux moyen de remplissage de 74%

    • Prix moyen : 12.5€

    • Politique de prix : 10€ tarif réduit – 14€ abonnés et CT – 20€ tarif plein


Budget :

      1. Commentaires sur le Festival de l’Imaginaire



Comme nous l’avons vu dans la partie précédente, ce festival se définit lui-même comme un « défricheur d’artistes professionnels méconnus en Europe ». C’est sans conteste sa vocation de découverte qui en fait sa particularité. Son principe : aller à la recherche de nouveaux artistes, de nouvelles formes d’expressions là où ils naissent. C’est alors un travail de prospection complètement différent des sources de programmation développées par le festival des Suds à Arles, et c’est ce qui en fait sa spécificité. Ses atouts ? La confiance d’un public fidèle, l’authenticité des spectacles présentés et une réelle réflexion sur un dispositif de présentation de ces spectacles. Ses faiblesses ? Les formes d’expression elles-mêmes, puisque menacées continuellement de disparition, et un manque d’échange avec son public.
De la découverte à la représentation

« Authenticité, sincérité, loyauté »46 sont les termes énoncés par l’administratrice de la Maison des Cultures du Monde pour identifier les qualités du Festival de l’Imaginaire. En effet, cela caractérise assez bien cette programmation qui s’attache à l'exploration, la découverte et la révélation de peuples et de leurs formes d'expression les moins connus ou les plus rares. « Authenticité » par le fait que le festival « essaye de montrer des choses qui sont bien vivantes et qui existent quelque part dans le monde. » ; « sincérité » car chaque spectacle est le fruit d’une soigneuse prospection sur le terrain ; « loyauté » par le respect des canons esthétiques propres à la culture dont le spectacle est originaire, et des risques que peut lui faire encourir sa transplantation sur une scène parisienne. C’est cela qui fait que le public lui fait confiance et reste fidèle.

Une autre caractéristique vient du renouvellement de ce public qui a été sensibilisé notamment à travers le développement de la World Music, et décide d’aller un peu plus loin, vers les sources de ces musiques.

Comme on l’a déjà dit, le véritable atout de ce festival c’est l’énorme travail effectué sur l’ethnoscénologie – discipline nouvelle qui englobe l'anthropologie du théâtre, l'ethnologie, la musicologie et la sociologie. Elle permet une remise en contexte du spectacle présenté, lui gardant ainsi son sens initial. C’est primordial lorsque l’on programme des cultures qui nous sont étrangères.
Enfin, le fait que le festival soit implanté en région parisienne valorise fortement les formes présentées, ce qui donne aux artistes l'occasion de débuter une carrière internationale ou de conforter dans leur pays la pérennité d'un art souvent menacé.
Menacées…

Si la découverte de formes d’expression méconnues est la raison d’être de ce festival, ses difficultés sont elles-mêmes liées à celles-ci car elles sont la plupart du temps menacées de disparition. C’est parfois compliqué car ils se retrouvent face à des gens qui sont très âgés et qui n’ont pas pu transmettre leur patrimoine oral. Il est parfois sur le point de disparaître.

Par ailleurs, il leur faut également convaincre les pouvoirs locaux pour des questions d’ordre politique ou artistique. Lorsqu’ils souhaitent programmer des formes d’une culture dissidente, ou moins représentative d’un Etat, ils se heurtent à l’administration en question, qui leur met souvent des bâtons dans les roues pendant des mois…La même question revient souvent : « Pourquoi choisissez-vous cette forme qui n’est développée que par une très petite communauté alors qu’il y a tant de choses magnifiques représentatives d’une culture nationale ? »
Un public bien à lui

Si la Maison des Cultures du Monde n’a pas vraiment de public cible, elle part simplement du principe que la diversité culturelle, que les formes culturelles du monde entier peuvent toucher, intéresser tout le monde. Malgré tout, on se rend compte que le public du festival reste un public d’initiés sinon d’amateurs éclairés, ce qui donne à la manifestation un caractère relativement élitiste. Caractère accentué par le fait qu’il n’y ait aucune démarche pédagogique ni de prospection de public. Le parti pris : « l’émotion, la découverte et des petits programmes de salle pour donner des clés de lecture aux spectateurs. ». Dès lors, chacun fait ce qu’il veut : rester au stade d’émerveillement ou approfondir ses connaissances. Il est néanmoins dommage de ne pas accompagner le spectateur dans sa découverte au-delà du simple programme papier. Les tentatives d’explication de la part d’ethnomusicologues lors de concerts sont encore malheureusement trop rares. Il est vrai cependant que l’échange n’est pas toujours facile avec des artistes qui sortent parfois pour la première fois de leur territoire.


Sur le site parisien, l’aspect médiation n’est pas traité. C’est en revanche une des activités qui est beaucoup développée à Vitré, où il y a une personne qui travaille à plein temps là-dessus, une médiatrice culturelle, qui réalise des mallettes pédagogiques sur les cultures du monde, les thématiques de l’Autre, etc. Là, c’est un travail sur du long terme.
Reprogrammer ?

« L’objet de la Maison c’est de ne pas reprogrammer »47. Or, pendant les quinze années où la Maison a programmé sur une saison entière, beaucoup de choses ont été montrées. Le problème qui se pose aujourd’hui c’est que toute une génération (25-30 ans) n’a pu accéder à ces spectacles dans les années 80 et est en demande actuellement. Ce qui remettrait en question ce principe, mais permettrait de renouveler le public et également de donner la chance aux générations qui ont pu y assister de voir l’évolution de ces formes artistiques.
Le cas présent confirme l’impression selon laquelle il est indispensable de développer une relation de confiance avec son public mais aussi avec les artistes que l’on diffuse, c’est de cette sincérité que naît la légitimité d’une manifestation autour des cultures du monde. Par ailleurs, le contraste constaté entre le public populaire des Suds à Arles et le public disons « cultureux » du Festival de l’Imaginaire laisse penser qu’il n’y a pas un public des cultures du monde mais bien des publics. Il est pour cela nécessaire avant de développer tout projet de bien définir à quel type de public on s’adresse. Ces deux premiers festivals ont trouvé leur « créneau » à leur manière, en tenant compte de leur environnement.


Les Orientales

« Le temps est un océan, mais il s’arrête au rivage »
« Entre campement nomade, salon oriental, messe œcuménique, fête échevelée, souk et voyage exotique… » - Le Figaro.

« Aux Orientales, le mystère mystique devient émotion et rêve » - Libération.
Date de création : 1998, 8ème édition en 2006

Lieu : St Florent le vieil (49), pays de la Loire, France

Réseau d’appartenance : Aucun

Scènes :

  • L’Abbatiale

  • Le Café Oriental

  • Palais Briau

  • Auditorium Julien Gracq (Abbaye)

  • Salle du chapitre (Abbaye)

  • Le parvis

  • Le marché


Ouverture :

  • Période : du 23 juin au 2 juillet 2006, sur deux week-ends

  • Régularité : annuel

  • Rayonnement géographique : Régional, National et un tout petit peu International

  • Nombre de représentations par an : 22 en 2006


Programmation :

  • Genre de festival : Musiques du monde

  • Type de programmation: Musiques traditionnelles vivantes d’Orient et d’Asie (55 pays invités)

  • Responsable de programmation : M. Alain Weber

  • Nombre d’artistes invités : 250 artistes (20-25 groupes de 7-8 musiciens)


Activités périphériques :

  • projections vidéo et cinéma

  • expositions

  • conférences

  • lectures

  • salon de musique

  • café oriental

  • marché


Fréquentation :

  • Nombre par an : 12 000-14 000 spectateurs payants qui représentent 90% du public

  • Prix moyen : 10€

  • Politique de prix : de 4 à 16€

90% payant et même les activités périphériques deviennent payantes (somme modique) pour rentabiliser un peu.
Budget : 420 000€

      1. Commentaires sur le Festival Les Orientales



Thématique, ce festival, comme le dit le directeur lui-même, est le seul à proposer ce type de programmation tournée vers une aire culturelle particulière, avec un positionnement très spécifique sur le genre de musique abordé : les musiques traditionnelles vivantes d’Orient et d’Asie. Avec ce terme de « musique vivante » il se rapproche du Festival de l’Imaginaire qui souhaite promouvoir, je cite une nouvelle fois, « des choses qui sont bien vivantes et qui existent quelque part dans le monde ». Sa spécificité vient alors du fait qu’il programme « des traditions qui correspondent toujours à un environnement social, un rituel, à la vie au quotidien, et qui n’ont pas encore basculé dans les musiques à orientation spectacle où elle perdent leur sens initial, pour devenir simplement une représentation d’une culture, démarquées de leur contexte »48. C’est véritablement son engagement pour la défense de ces expressions qui rend son action crédible et reconnue. Dès lors, un environnement propice, une programmation originale, un public ; rien ne fait défaut, si ce n’est encore une fois un vrai budget et un développement de la sensibilisation du public.

 

Un environnement propice

Ce festival est le seul à programmer ce type de programmation en milieu rural, et il est également le seul à revendiquer son caractère intimiste. Sa situation dans un beau site, avec des lieux tous plus bucoliques les uns que les autres, permet de créer un environnement propice à ces musiques pour sortir de la salle classique. C’est un avantage indéniable pour des musiques qui sortent du carcan du concert occidental. S’il tire parti de cet environnement, il ne se limite pas à cela et engage une réelle réflexion pour adapter les lieux à l’acoustique voulue, afin de faciliter l’écoute de ces musiques. Grâce au système D la plupart du temps, les lieux sont aménagés pour recréer une ambiance. C’est le cas notamment du café oriental sous chapiteau aménagé avec coussins pour donner une atmosphère particulièrement intimiste.
Une programmation engagée, pointue et cohérente

L’un des points forts de la programmation des Orientales est sont authenticité musicale forte. C’est en effet, l’un des derniers bastions des musiques traditionnelles non métissées.

En atteste la motivation première de la création du festival : « valoriser et rendre hommage à toutes ces grandes traditions populaires qui sont le ferment des musiques du monde d’aujourd’hui  ». Cette authenticité se révèle par le fait de présenter des artistes qu’on ne voit pas ailleurs, et ce grâce au repérage du directeur artistique. C’est une activité constante d’être toujours à l’affût, dans le travail de repérage. Le problème quotidien est alors celui du renouvellement, un « jeu constant contre l’usure ». Et pour cela, comme le dit M. Weber, il faut se forcer à voyager, à découvrir de nouvelles choses. Le public reconnaît cet effort. En outre, l’engagement pour la défense de ces cultures, souvent menacées, passe également dans ce festival par le travail auprès des enfants. Avec l’idée continue qu’ils sont l’avenir de leur culture et que leur participation encourage la transmission et la sauvegarde de ces traditions. C’est un aspect très intéressant qui permet de développer toute une activité pédagogique auprès des publics scolaires, plus sensibles lorsqu’ils se retrouvent face d’autres enfants.
Un rapport au public partagé

Le gage de réussite du festival c’est un public fidèle, en augmentation, qui existe aujourd’hui et ne fait qu’augmenter chaque année. Sa caractéristique principale n’est autre que sa mixité. En effet, on constate un mélange de publics local, régional (Nantais principalement) et même national avec des spectateurs parisiens, mineurs mais présents. C’est une belle récompense lorsque l’on sait que le festival qui existait précédemment était critiqué pour être trop élitiste. Pari gagné alors ? Prouver qu’en présentant des musiques un peu difficiles on peut toucher un public local. Il semble que oui puisque le public fidèle est essentiellement composé de bénévoles locaux. Car, le festival fonctionne principalement au bénévolat, ne recrutant que trois personnes en intermittence sur sept mois de l’année, plus le personnel technique pendant la durée du festival. On peut quand même se poser la question du réel impact sur le public local puisqu’en dehors des bénévoles et de leur cercle proche, le festival semble rentrer en conflit avec les intérêts d’autres personnalités du village… L’impression d’un festival implanté une fois dans l’année sur un territoire qu’il ne maîtrise pas est sous-jacente. Cela révèle le problème d’une équipe qui n’est pas sur les lieux toute l’année et ne peut du coup développer une relation plus approfondie avec la population, comme c’est le cas par exemple pour le festival des Suds à Arles.

Malgré cela, ce festival renvoie l’image d’une manifestation qui connaît bien le milieu des musiques du monde et de ses artistes, fruit de la longue expérience de son directeur artistique.

Il sait bien créer cette convivialité qui est le principe des musiques du monde. Enfin, la répartition des concerts sur deux week-ends apporte une dynamique particulière intéressante.
Un fonctionnement lourd

En plein essor, et en renouvellement permanent, le festival Les Orientales rencontre cependant de nombreuses difficultés d’ordre financier ou logistique. Avec un budget modeste de 420 000 €, l’association ne peut soutenir des frais de structure à l’année. Tout le budget est concentré sur le festival et les frais artistiques. Ne pouvant pas créer de poste permanent, le festival a du mal à se professionnaliser et à développer ses sources de financement. Le manque de budget se répercute alors sur l’équipement et la communication, c’est donc le système qui prévaut. Ces petits bricolages ont malgré tout l’avantage de créer une magie qui est quand même aussi celle qu’on retrouve dans les pays des cultures présentées où tout est bricolé. Avoir les moyens de développer un réel travail scénographique représenterait une belle ouverture pour ce festival qui travaille depuis le début sur cet aspect.
Entre émotion et connaissance

Aucune activité pédagogique n’est élaborée dans le cadre du festival, mis à part le travail avec les scolaires. Cela part du principe que l’émotion est première et universelle. D’après M. Weber, on veut à tout prix lier « émotion et connaissance ». Ne faut-il pas simplement se poser la question de ce que le public recherche en venant voir un spectacle de cultures du monde ? Beaucoup justement ne cherchent que l’émotion procurée par ces musiques sans avoir vraiment d’intérêt pour l’artiste qui les joue. Un paradoxe apparaît entre le fait que trop de gens ne comprennent pas le contenu, et que la connaissance peut être une « pure prise de tête ». Pourtant, d’une extrême à l’autre il y a une marge qu’il semble intéressant d’exploiter pour que justement ces musiques ne restent pas une simple émotion mais prennent un sens et une réalité pour le public, afin de le sensibiliser. C’est je pense nécessaire surtout en ce qui concerne ces musiques qui transmettent une histoire.
Finalement, « la recette de tout bon festival c’est de toucher la population locale, le monde rural, pour qu’il puisse durer »49. C’est la première condition.

Par ailleurs, il faut cultiver un discours intellectuel, une spécificité de programmation, et défendre une idée artistique pour être crédible et reconnu.

Un intérêt tout particulier doit être porté à la manière de présenter ces musiques à travers le travail d’ethnoscénographie. Et bien sûr l’incontournable budget sans lequel toute ambition peut rester vaine.
Festival de Martigues

« A Martigues, les minorités sont la majorité »

« Martigues c’est l’alchimie entre de grandes machines de spectacles et des petits qui apportent la vérité, l’authenticité »
Date de création : 4 août 1989 – 18ème édition en 2006

Lieu : Martigues, Bouches du Rhône (13), France

Réseau d’appartenance : Aucun

Equipe : 2 permanents à l’année + 300 bénévoles

Scènes :

  • Eglise Saint Genest

  • Ferrières - Place Jean Jaurès

  • quartier de Jonquières

  • L'Eglise de la Madeleine

  • Canal St Sébastien (2 600 places)

  • La Place Comtale (Siestes du bout du Monde)

  • La Place Mirabeau

  • Le Village du Festival

  • Salle du Grès (stages de danse)


Ouverture :

  • Période : 24 juillet – 1er août

  • Régularité : annuel

  • Rayonnement géographique : Régional

  • Nombre de représentations par an : 100 rendez-vous sur 9 jours


Programmation :

  • Genre de festival : Cultures du Monde

  • Type de programmation: Musiques et danses traditionnelles, musiques actuelles

  • Responsables de programmation : M. Jean-François Guéganno

  • Plateau artistique : 400 à 500 artistes


Activités périphériques :

Stages de danse, Siestes du bout du Monde, rencontres avec les artistes en amont du concert, restauration au Village, Escales de Nuit (cabaret)
Fréquentation :

  • Nombre par an : 100 000 sur l’ensemble du Festival dont 16 000 spectateurs au Canal St Sébastien.

  • Politique de prix : différents abonnements et prix moyen de 17€


Budget : environ 700 000€

      1. Commentaires sur le Festival de Martigues



Le Festival de Martigues entre tout bonnement dans la catégorie des festivals tenus à bout de bras par des indépendants associatifs passionnés. Et il est en même temps un festival de folklore, le pionnier à inviter des minorités, notamment d’Europe de l’Est. Festival des cultures du monde, ses invités sont non seulement les grands ensembles nationaux mais aussi des ensembles représentant une toute petite culture dans le globe : c’est ce qui fait sa particularité et lui a permis de se démarquer d’autres festivals de folklore traditionnel comme Gannat ou Confolan qui ressemblent plus à des festivals des Etats-Nations. Avec l’évolution des nouvelles musiques traditionnelles et musiques métissées, ils ont du élargir leur programmation sur un éventail qui va de la danse traditionnelle académique aux musiques actuelles. Enfin, il se distingue également par le fait de mélanger les statuts des artistes en programmant autant d’ensembles « amateurs éclairés » que de professionnels. A une dimension sociale et citoyenne forte, il allie, chose inhabituelle, une force économique impressionnante. Malgré tout, c’est son positionnement en tant que festival de folklore qui lui fait défaut.
Une initiative citoyenne et populaire

Ce qui fait la force du festival c’est qu’il est né d’une initiative citoyenne, populaire, et non de la volonté d’une structure politique. Comme le souligne M. Guéganno, fondateur du festival, c’est l’Assemblée Générale de l’association qui porte le festival, sa population. Ainsi depuis la première édition en 1989, la plupart des artistes sont accueillis par les familles, ce qui fait que la population de Martigues s’est vraiment appropriée le festival. C’est donc avant tout « le festival des habitants de Martigues », preuve de la bonne prise en compte par les organisateurs du festival de l’environnement et de ses atouts. Par ailleurs, c’est une véritable association composée principalement de bénévoles militants (environ 300 à l’heure actuelle), ce qui créé un lien permanent avec la population, chose essentielle pour l’implantation de la manifestation sur son territoire. Il semble que cette gestion collective soit un atout comparée à l’initiative d’une personnalité unique comme c’est le cas du festival Les Orientales.

Son autre atout : la diversité de ses ressources

Cette force économique que détient le Festival de Martigues se révèle en premier lieu par sa part d’autofinancement qui représente 70% de son budget. Il la doit notamment à un club de partenaires privés qui apporte une contribution non négligeable au festival, exemple d’une manifestation qui a su tirer profit du développement du mécénat culturel. C’est donc cette diversité des ressources, publiques par les subventions et privées par le club d’entreprises qui permet au festival d’équilibrer son budget, sans que l’éventuel retrait de l’un des partenaires ne remette en cause de manière décisive sa viabilité. Ils ont donc réussi le pari de multiplier les sources de financement tout en réussissant à garder leur intégrité artistique et leur dimension socioculturelle, piliers du festival.
Un mur porteur : l’alliance programmation / public

Si les ressources du Festival de Martigues ne représentent pas son talon d’Achille, il a en revanche vraiment besoin de son public. C’est en effet lui qui fait son émulation, et s’il n’est pas au rendez-vous une année cela peut alors poser de réels problèmes économiques. Pour dynamiser son offre et amener justement le public à revenir, les organisateurs travaillent sur l’effet d’appel de groupes connus pour ensuite faire découvrir au public des artistes moins exposés. Là est la clé de leur programmation.

Enfin, un autre atout de ce festival c’est la pluralité : au-delà des simples musiques et danses, c’est la langue, les costumes, la coiffure, la cuisine qui sont mis en avant. C’est une richesse que l’on ne retrouve pas dans beaucoup de festivals à l’heure actuelle…
Un obstacle : le positionnement du folklore en France

Le public, atout, représente donc également une faiblesse. Mais au-delà de cela, une représentation du folklore persiste, empêchant le festival d’acquérir la reconnaissance institutionnelle. En effet, le folklore en France demeure quelque chose de « ringard, passéiste, poussiéreux », tels sont les termes employés par le fondateur du Festival de Martigues. Ceci fait que, malgré le travail du festival depuis plusieurs années, le Ministère de la Culture, en particulier, n’accorde pas de légitimité à cette partie des musiques du monde qui pourtant les représente largement. Le problème vient peut être aussi du fait que le festival n’a pas su communiquer efficacement sur son évolution et ses atouts. Une professionnalisation de l’équipe au niveau communication aurait peut être permis de pallier ce problème.
Enfin, un regret exprimé par le fondateur du Festival de Martigues est à noter : celui de ne pas avoir encore développé des aspects tels que le commerce équitable ou la coopération internationale qui rentreraient pourtant complètement dans leurs missions. Car comme il le dit lui-même : « notre mission n’est pas seulement celle de programmateur mais aussi de dialogue avec l’Autre et d’accueil de l’Autre ». Ce qui résume bien aussi la philosophie sous-jacente à tout événement autour des cultures du monde.
Ce festival est donc un bel exemple de ce que peut être un festival pluridisciplinaire porté par des passionnés et une population investie. Ce que l’on retient principalement c’est que pour pérenniser un festival la condition sine qua non c’est d’en avoir envie. De plus, la multiplication des sources de financement se révèle être un défi lourd structurellement mais payant car permettant à la manifestation de rester indépendante.
Festival des Villes des Musiques du Monde

Date de création : 1997 – 10ème édition en 2006

Lieux : 15 villes en Seine Saint-Denis (93)

Réseau d’appartenance : Aucun

Equipe : Petite unité de travail, de « mercenaires » de 4 à 5 permanents et 7 à 10 personnes pendant le Festival

  • Directeur - programmateur

  • Chargée de projet

  • Coordinateur général des actions et programmateur-adjoint

  • Administrateur

  • Chargé de communication


Scènes : Salle de concerts, théâtres, café, etc.
Ouverture :

  • Période : 20 octobre - 20 novembre (vacances de la Toussaint + Semaine Solidarité Internationale)

  • Régularité : annuel

  • Rayonnement géographique : Intercommunal

  • Nombre de représentations par an : 30 spectacles

  • Clôture programme : fin juin


Programmation :

  • Genre de festival : Musiques du Monde

  • Type de programmation : Musiques traditionnelles et remise en jeu dans production contemporaine, et un petit peu danses.

  • Responsable de programmation : M. Kamel Dafri


Activités périphériques :

Ateliers-résidences, activités pédagogiques à l’année autour de projets éditoriaux, radio, vidéo et presse écrite
Fréquentation :

  • Nombre par an : 15 000 spectateurs en 2005 (jauge de 10 000)

  • Politique de prix : tarif unique de 10€ et tarif réduit pour les locaux


Budget : 479 000€
      1. Commentaires sur le Festival des Villes des Musiques du Monde



Ce festival est intéressant à traiter car c’est un festival jeune qui est en train de se structurer et occupe un positionnement particulier qui fait sa spécificité, à savoir « démarrer à partir de l’existant et travailler sur un ancrage local »50. C’est donc cette logique inversée, partant du terrain, qui distingue principalement ce festival de toutes les autres manifestations analysées. Par ailleurs, plus qu’un festival, le réseau développé sur le territoire transforme cet événement ponctuel en une véritable saison culturelle. Comme nous le verrons aussi avec le cas du festival Nuit Métis, un projet novateur de coopération internationale apporte une valeur ajoutée à cet événement. Reste que comme toute structure en développement et travaillant en réseau public comme privé, le festival est confronté à différentes difficultés qui n’aident pas à sortir d’une certaine précarité.
Une logique de terrain 

Le principe du festival c’est une coopérative de projets, une collégialité de programmateurs, un gros projet de mutualisation de moyens, d’actions, de compétences autour des musiques du monde. L’intérêt ici c’est prendre le schéma habituel à l’envers : au lieu de penser un projet artistique et ensuite de mobiliser les acteurs autour de celui-ci, ils ont voulu « profiter de l’aubaine de l’effet festival pour donner de la visibilité aux acteurs » locaux qui déployaient déjà leur énergie pour la promotion des musiques du monde. « Le projet est né de la base, ce n’est pas une émanation politique ». Dès lors, cela crée un ancrage sur le territoire, fort, qui tire parti de toutes les forces en présence et permet une reconnaissance progressive par les villes, une sorte de coalition politico-culturelle. L’implication des structures locales est immédiate et plus importante que pour un projet porté par une seule personne ou une volonté politique qui arriverait « comme un cheveu sur la soupe ».

De plus, comme nous l’avons déjà vu pour le festival Musiques Vivantes, un atout majeur de ce projet est la multiplicité des personnes concourant à la programmation garantissant la diversité et la qualité des artistes invités.

Enfin, un des objectifs fixés par l’équipe du festival fait de ce projet une action socioculturelle essentielle dans un territoire comme celui de Seine-St Denis, c’est à dire la volonté de travailler sur la valorisation des cultures représentées dans les villes-partenaires pour faire de la diversité des populations une richesse.
Plus qu’un festival, une saison musicale

Les activités périphériques aux concerts du festival est un axe important que l’équipe souhaite développer non seulement sur la période du festival mais également sur l’année en créant des passerelles avec d’autres festivals du département comme Africolor ou Banlieues Bleues qui se déroulent sur d’autres moments de l’année. Comme le souligne Kamel Dafri, « l’idée c’est de capitaliser cette dynamique à l’année, à charge pour nous de créer des liens avec ces autres festivals. » Ces liens permettent de répéter ces restitutions sur l’année. Le festival qui déjà par sa durée sort du simple cadre de festival devient du coup une très grande saison musicale, et l’expression « festival » va devenir à terme désuet. C’est à un véritable réseau de diffusion des musiques du monde que l’on a à faire : « la notion de festival est déjà galvaudée car on n’est pas sur une unité d’espace ni de temps mais sur un festival multi-site complètement protéiforme qui ressemble plus à une saison musicale. »51
Coopération internationale

Un autre atout de cet événement vient de la dimension internationale que l’équipe souhaite donner à leurs actions. C’est un pan d’activité qu’ils sont en train de construire, par la définition de programmes de coopération avec des pays, afin de créer des plates-formes d’échange artistique mais aussi pédagogique, et de formation aux métiers du spectacle.

L’intérêt est de valoriser les savoirs-faire et donner de la visibilité à ces actions, surtout dans les valeurs d’échange avec les autres cultures, de pouvoir se confronter à des situations qui sont complètement nouvelles notamment sur les différences de mise en place d’un festival entre la France et les autres pays.

Instauré au mois de novembre pour pouvoir se dérouler en même temps que la semaine de la solidarité internationale, cette activité est la gageure d’un discours fort et engagé qui sera d’autant plus légitimé.
De petits points faibles

Si le festival se structure et que l’équipe qui le porte se constitue professionnellement, il reste encore dans la gestion de la précarité. Un manque de moyens financiers cuisant se fait sentir alors même que la structure ne demande pas des moyens surdimensionnés…

Et comme le relève justement le directeur du festival, « les musiques actuelles sont le secteur qui en terme de fréquentation publique touche le plus de gens mais qui est le parent pauvre en terme de subventions, les musiques du monde n’en sont en plus qu’un segment. ». Problème récurrent donc.

Un autre aspect qu’il mériterait de travailler concerne les publics du festival. « L’ancrage local recherché doit permettre d’atteindre un public local et familial. » et c’est le cas, compte tenu des résultats d’une récente étude. Mais on se rend compte qu’il y a une très faible circulation du public d’une ville à l’autre, chaque population se cantonnant à son périmètre habituel. Même si le festival est intercommunal et a donc vocation à dépasser les barrières géographiques et sociologiques, il ne faut pas être dans l’illusion de la circulation du public pour autant. C’est pour ça que l’accompagnement des initiatives locales est important. Faire se rencontrer des populations voisines mais qui ne se mélangent pas est sans doute un gros défi à relever, et qui ne peut passer que par les activités périphériques mises en place pour générer des collaborations, des échanges.

Enfin, une autre contrainte liée spécifiquement à ce projet vient de ce que l’équipe organisatrice doit se mettre au tempo des structures avec lesquelles elle travaille, publiques comme privées, car chaque acteur n’a pas le même rythme de travail. Par exemple, pour ceux qui programment à l’année, ils doivent être en mesure au mois de janvier de caler leur programmation pour l’automne. S’ensuit alors des problématiques de coordination et de réactivité que seule une structure associative peut assurer.
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