Littérature (roman, poésie, théâtre, essai) en rapport avec





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Classe de terminale : Identité et diversité : Pourquoi transmettre son histoire, son passé, sa culture ?
Séquence centrée sur la lecture d’un groupement de textes autour de la mémoire transmise par les grands-parents


  1. Incipit de « Jusqu’à la mer » de Jacques Mazeau pour faire émerger la problématique

  2. Entretiens 1 et 2 d’Aimé Césaire accordés à France Culture en 1976 (http://www.potomitan.info/cesaire/entretien_1976.php), « Noël » dans le Cahier du retour au pays natal d’Aimé Césaire,: sa grand-mère et la négritude

  3. La résistance expliquée à mes petits enfants  de Lucie Aubrac

  4. «  A nos aïeux » de Sylvie Tanette pour quelques témoignages si nécessaire




Capacités

Connaissances

Attitudes

Analyser les modalités et les enjeux de la présentation de l'autre dans un écrit ou dans une image.
Dans un débat oral, confronter ses valeurs aux valeurs de l’autre, aux valeurs collectives : présenter son opinion, entrer en contradiction avec autrui, s’impliquer dans son propos.
Rédiger une argumentation de type délibératif (thèse, antithèse, choix personnel).
Comprendre comment une œuvre met en tension les expériences individuelles et les questions collectives.
Situer les œuvres du genre biographique dans leur contexte historique et

sociologique.


Champ littéraire :

Période : XXe siècle.
Littérature (roman, poésie, théâtre, essai) en rapport avec :

- la colonisation et la décolonisation ;

- les récits de voyage ;

- les récits de filiation.
Champ linguistique :

Lexique : individuel/collectif/singulier.

Lexique du comportement, du jugement et des valeurs.
La phrase complexe.
Connecteurs d’opposition.

Procédés de la concession.
Modalisation du jugement, valeurs du « je ».
Histoire des arts :

Période : XXe siècle.

Thématiques : « Arts, sociétés, cultures », « Arts, mémoires, témoignages, engagements ».

Exprimer les singularités de son héritage culturel dans le respect de l'autre et de sa culture.
Être sensible aux échos et aux interférences entre soi et les autres.
S’intéresser à l’expérience d’autrui comme élément de

l’expérience universelle.










Problématique : Pourquoi transmettre son histoire, son passé, sa culture ?

Séance 1 : Qui me tient la main ?





lancement - Séance à dominante orale

Lecture orale du début de roman de Jacques Mazeau.

Echange oral autour de l’importance de la transmission et du rôle des grands-parents.

Réflexion sur documents en annexe : mise en place de la problématique


Echanges avec la classe.

Les accrocher pour les faire réagir et réfléchir

Mise en place d’un tableau récapitulant comment l’aïeul transmet Ce qui est transmis - Comment l’enfant reçoit- Ce qu’il retient de ce qui lui est transmis.

Séance 2. : Césaire nous raconte

http://poezibao.typepad.com/poezibao/images/18_cesaire_portrait.jpg

- Séance à dominante lecture

confronter un témoignage et un exemple d’écriture

I)Quelle mémoire de son enfance et de sa grand-mère  ?

Lecture analytique du document 1 : entretien avec Aimé Césaire des 26 et 27 janvier 1976

II) Quelle écriture de cette mémoire ?

Lecture analytique du document 2 : « Noël », texte littéraire  Extrait du Cahier d’un retour au pays natal




Poursuite du travail sur le tableau récapitulatif

Séance 3 : Lucie Aubrac,

une grand-mère pour nous

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Lecture de l’œuvre chez soi.

Parcours de lecture dans une œuvre : reprise d’extraits du livre de Lucie Aubrac (qui a été intégralement lu à la maison) pour enrichir le tableau récapitulatif.


L’œuvre est courte et peut donc être lue rapidement
La lecture de l’ouvrage sera évaluée par la réalisation d’un document écrit qui servira de support à l’élève pour une restitution orale

Poursuite du travail sur le tableau récapitulatif

Séance 4 : lexique
(à intégrer pendant le travail de lecture sur Lucie Aubrac)

Le lexique du comportement, du jugement et des valeurs dans le texte autobiographique

(possibilité de travailler sur «  A nos aïeux » de Sylvie Tanette

Séance 5 : A vous …

Séance à dominante écriture.


Rédaction de deux paragraphes argumentés (retour réflexif sur son écriture) :
Dans quelques années, vous êtes devenu grand-père (ou grand-mère). Que souhaitez vous transmettre aux générations futures de votre histoire, de votre passé, de votre culture ?

Rédigez une lettre ouverte aux futures générations ;

puis, dans un deuxième texte, expliquez la manière dont vous avez conçu cette lettre (choix d’écriture, choix des éléments retenus).



Séance 1 : Qui me tient la main ?… Lancement de la séquence Séance à dominante orale
Objectif : Faire émerger la problématique : pourquoi transmettre son histoire, son passé, sa culture ?

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- Jusqu'à la mer. De Jacques Mazeau- Seuil, 2000 (PRIX CHRONOS 2001)


  1. De quoi s’agit-il ?



Partir des réponses des élèves et de ce qu’ils ont retenu pour gérer le tableau en deux temps

  • Comment ce début de roman est il composé ?

  • Pourquoi l’est-il ainsi ? comment l’auteur crée t’il de l’émotion ?

….



Le point de vue de l’enfant

Celui de la grand-mère



Impression de devenir un adulte (entrée en 6ème)

Une grand-mère toujours là pour lui tenir la main

Réconfort, lui a tout appris, sévère, exigeante, injuste parfois : il l’aime !
Complicité : espiègle, il fait semblant de dormir pour profiter d’elle et de sa tendresse



Sa raison de vivre ; sa fierté.

Miracle qu’il aille en sixième

C’est une revanche sur les coups du sort

Veut le mener à sa majorité pour en faire un homme libre


Reçoit de l’amour, une leçon de courage et de vie. Héritage singulier pour l’enfant que celui du combat de sa grand-mère contre le cancer pour l’élever car il est orphelin de père et de mère




  1. Emergence de la problématique 


Hypothèses de lecture par // au contenu de l’ouvrage ?





Confronter les premiers constats / remarques élèves avec soit les documents en annexe et / ou la restitution d’une lecture:

(un groupe peut se voir proposer de lire le livre et d’en faire une restitution à la classe) ce travail en plus sera valorisé (j’ai aimé pas aimé ce livre : pourquoi ? je vous le conseille ou non : pourquoi ?)










http://www.lekinorama.com/photos_celebrites/4370_1.jpg


Résumé :

"Orphelin complet" comme il l'écrira lui-même à son professeur, Paul vit avec sa grand-mère Anna dans un petit appartement du 18e arrondissement parisien. Anna lui procure toute l'affection et la protection dont l'absence de ses parents l'a privé. A son entrée en sixième, Paul découvre que sa grand-mère est malade. Atteinte d'un cancer, les médecins lui annoncent une mort prochaine. Alors qu'Anna doit se résoudre à partir, Paul doit trouver le courage de se battre et apprendre à vivre. Vibrant et bouleversant, le texte de Jacques Mazeau aux résonances autobiographiques raconte l'histoire de cet amour fou et les derniers instants de complicité de Paul et Anna.



Né à Paris en 1949, et devenu très vite orphelin de père et mère, Jacques Mazeau apprend les rudiments essentiels de la vie auprès de sa grand-mère qui, elle aussi, disparaît très tôt.
Fort de cet héritage, il va alors se lancer dans l'existence, toujours soucieux de préserver son indépendance. De familles d'accueil en pensions, d'amitiés en amours, il va bourlinguer en France et à l'étranger, travailler et étudier jusqu'à devenir journaliste.
Puis, à l'âge de trente-six ans, encouragé par l'éditeur André Balland, il entreprend de terminer un roman, ébauché à l'adolescence, La Ferme d'en bas, devenu aujourd'hui un classique en littérature populaire. Depuis, il n'a cessé d'écrire, abordant des thèmes toujours différents au fil d'une inspiration renouvelée. Convaincu qu'écrire n'est pas un métier, mais d'abord un plaisir, il continue à travailler histoire de garder les pieds sur terre ! comme il le dit lui-même.

Site du prix Chronos

En quoi ce que je viens de lire m’éclaire sur ce début de roman : l’histoire racontée ici est celle du propre parcours de Jacques Mazeau. Par l’écriture il transmet son histoire mais dans quel but ?



Emergence de la problématique : Pourquoi transmettre son histoire, son passé, sa culture ?








  1. TD : mise en place d’un tableau synthèse : à remplir au fil des lectures ou études de documents




textes

1 Jacques Mazeau

Paul et Anna (extrait)

2 Aimé Césaire

(témoignage)

3 Lucie Aubrac

(livre complet)

Comment l’aïeul transmet, raconte

Réconfort apprentissage sévérité, exigence







Ce qui est transmis

De l’affection, du courage, de l’éducation…







Comment l’enfant reçoit

Visiblement avec bonheur puisqu’il est espiègle avec elle pour profiter encore plus de sa tendresse







Ce qu’il retient de ce qui lui est transmis

La tendresse, le bonheur, une certaine leçon de dignité et de courage







Pourquoi transmettre son histoire, son passé, sa culture ?

Pour rendre hommage, se souvenir des valeurs et conseils

Revendication Homme libre Valeur d’exemple

Laisser une trace de sa vie (héritage)








Ecriture en classe ou à la maison:

«Après la lecture de ces trois documents, nous pouvons dire que dans son roman «Jusqu’à la mer» Jacques Mazeau transmet son histoire parce que…/…pour…………………………………………………………………………………………………………………..»

ex élève






Séance 2: Aimé Césaire ….nous raconte
Objectif : confronter un témoignage et un exemple d’écriture

Lecture analytique. Confrontation des entretiens de Césaire avec « Noël », texte littéraire :
Connaissances:

  • Lexique du comportement, du jugement et des valeurs.

  • Modalisation du jugement, valeurs du «je».




  1. Quelle mémoire de son enfance et de sa grand-mère  ?

Lecture analytique du document 1 : entretien avec Aimé Césaire des 26 et 27 janvier 1976
Echange oral avec la classe :

Revenons ensemble sur ce document: de quoi s’agit-il?

Relance à partir des réactions élèves : que ressentons nous ?que remarquons-nous ?comment apparait l’enfance de Césaire et le personnage de sa grand-mère ?


  1. Quelle écriture de cette mémoire ?

Lecture d’un extrait du «Cahier d’un retour au pays natal» de Césaire (Noël)

Objectifs: Comment lire Césaire ? (amener les élèves à s’interroger sur leur lecture)
Connaissances:


  • Lexique du comportement, du jugement et des valeurs.

  • La phrase complexe.


Lecture analytique du document 2 : « Noël », texte littéraire  Extrait du Cahier d’un retour au pays natal
Consigne: A quels aspects de l’écriture de Césaire avez-vous été sensible ?

Mutualisation et TE commune

aimé césaire

Fort-de-France, novembre 2001. Photo © Susan Wilcox

France Culture Les 26 et 27 janvier 1976

Entretiens 1&2 avec Aimé Césaire

Il accorda un entretien en cinq parties au poète mauricien Édouard J. Maunick sur la radio française France Culture.

Ceci est la transcription brute – pas d’améliorations stylistiques – des deux premiers d’entre eux.
Document 1 :








Et tu parles je crois quelque part de la maison natale, de ta maison avec tes frères et de tes sœurs, je crois. Alors raconte-nous ça?

Off : je ne suis pas très expansif sur ce chapitre-là. J’ai à peu près tout dit dans Cahier d’un retour au pays natal. C’est très exactement ça.

« Aussi loin que je remonte, je retrouve chez moi… Je crois que j’ai mêlé plusieurs choses à vrai dire. Y a une sorte de contamination qui s’est faite entre plusieurs images. C’est d’une très grande vérité, mais pas d’une vérité photographique. »

Extrait du Cahier d’un retour au pays natal lu par Édouard J. Maunick.

Au bout du petit matin, une autre petite maison qui sent très mauvais dans une rue très étroite, une maison minuscule qui abrite en ses entrailles de bois pourri des dizaines de rats et la turbulence de mes six frères et sœurs, une petite maison cruelle dont l’intransigeance affole nos fins de mois et mon père fantasque grignoté d’une seule misère, je n’ai jamais su laquelle, qu’une imprévisible sorcellerie assoupit en mélancolique tendresse ou exalte en hautes flammes de colère; et ma mère dont les jambes pour notre faim inlassable pédalent, pédalent de jour, de nuit, je suis même réveillé la nuit par ces jambes inlassables qui pédalent la nuit et la morsure âpre dans la chair molle de la nuit d’une Singer que ma mère pédale, pédale pour notre faim et de jour et de nuit.

Au bout du petit matin, au-delà de mon père, de ma mère, la case gerçant d’ampoules, comme un pêcher tourmenté de la cloque, et le toit aminci, rapiécé de morceaux de bidon de pétrole, et ça fait des marais de rouillure dans la pâte grise sordide empuantie de la paille, et quand le vent siffle, ces disparates font bizarre le bruit, comme un crépitement de friture d’abord, puis comme un tison que l’on plonge dans l’eau avec la fumée des brindilles qui s’envole… Et le lit de planches d’où s’est levée ma race, tout entière ma race de ce lit de planches, avec ses pattes de caisses de Kérosine, comme s’il avait l’éléphantiasis le lit, et sa peau de cabri, et ses feuilles de banane séchées, et ses haillons, une nostalgie de matelas le lit de ma grand-mère (au-dessus du lit, dans un pot plein d’huile un lumignon dont la flamme danse comme un gros ravet… sur le pot en lettres d’or: MERCI).

« Au fond j’ai mêlé plusieurs maisons qui toutes sont miennes. Et peut-être que celle que j’ai décrite c’est plus celle de ma grand-mère que ma propre maison natale. Parce que j’ai un souvenir très très fort de ma grand-mère. Et c’était une tradition chez mon père, dans notre famille, les enfants à l’âge où ils devaient aller à l’école et apprendre à lire – il n’y avait pas d’école maternelle – on les envoyait chez notre grand-mère. Et ça m’a beaucoup marqué. Ma grand-mère était une petite femme absolument étonnante et lorsque j’ai été au Sénégal plus exactement en Casamance que j’ai vu une femme absolument extraordinaire qu’on appelle la reine Sebet et Malraux disait en la voyant j’ai vu beaucoup de reines celle-là n’est pas la moins reine de celles que j’ai vues et bien la reine Sebet était une petite femme, une femme de petite race. C’était pas le grand nègre, c’était la race guinéenne très certainement, de petite race, une paysanne pieds nus avec une majesté extraordinaire, des yeux d’intelligence prodigieuse. Mais vraiment, je me suis cru vraiment devant ma grand-mère. Ma grand-mère était une femme comme ça. C’était une femme noire, vraisemblablement venant d’Afrique peut-être sa mère ou sa grand-mère venait d’Afrique j’en sais rien, enfin c’était vraiment un spécimen de la race noire, la petite race guinéenne, et cette femme avait très peu d’instruction enfin, cependant elle avait été à l’école et ce qu’elle avait appris elle l’avait bien appris. Elle avait été à l’école des sœurs à cette époque-là l’instruction religieuse de son temps était donné dans les villages par les Frères du Saint Esprit et par les sœurs je ne sais plus de quel ordre et elle parlait fort bien le français, elle l’écrivait fort bien. Elle ne faisait pas une seule faute d’orthographe. Et c’est elle qui nous a appris à lire. Tout cela s’est un peu contaminé chez moi et cette maison que je décris c’est un petit peu celle-là.

Alors par conséquent, une maison villageoise, sur une côte perdue de la Martinique et aussi loin que je remonte toujours beaucoup d’enfants, piaillant, enfin quelque chose d’extrêmement chaleureux et d’extrêmement survolté en même temps. »

Quand tu dis c’est-elle qui – en parlant de ta grand-mère – c’est elle qui nous a enseigné à lire et à écrire, ce nous, cette pluralité...? Je voudrais que tu nous parles de ta petite famille.

« Je pense à mes frères et sœurs et dès qu’on avait cinq ou six ans à peu près et bien on nous envoyait chez Manman Nini qui était ma grand-mère. »

Manman Nini…

« Oui! et qui habitait un village qui s’appelle la Grand-Anse. C’est là que nous faisions, si tu veux, notre initiation. »

Très bien! Alors sorti si tu veux – pas sorti de cette maison parce que tu ne l’as jamais quittée, tu ne l’as jamais quittée puisque tu en parles encore avec autant d’émotion aujourd’hui avec exactitude en cherchant bien dans ta mémoire – sorti de cette maison que devient le jeune Aimé Césaire?

« Et bien c’est comme tout le monde. Je vais à l’école primaire d’abord… »


  1. Quelle mémoire de son enfance et de sa grand-mère  ?

Lecture analytique du document 1 : entretien avec Aimé Césaire des 26 et 27 janvier 1976
(Lecture à plusieurs voix s’il y a de bons lecteurs sinon belle lecture du prof pour faire sens)
Revenons ensemble sur ce document : de quoi s’agit-il ?

Relance à partir des réactions élèves : que ressentons nous, remarquons-nous, comment apparait l’enfance de Césaire et le personnage de sa grand-mère


Quelle mémoire de son enfance ?


petite maison qui sent très mauvais, friture, kérosine (Sent/pourri/empuantie)


Mémoire au niveau de l’odorat (olfactive)


Siffle/bruit/crépitement, aussi loin que je remonte toujours beaucoup d’enfants, piaillant,

Mémoire sonore 


Gerçant

Mémoire du toucher ( tactile)


Rouillure/grise/lumignon/flamme/or/grise/brunis

Mémoire visuelle


s’est faite entre plusieurs images. C’est d’une très grande vérité, mais pas d’une vérité photographique. »


Pas une Mémoire visuelle : photographique : (c’est flou), vagues succesives du souvenir

Mémoire reconstituée


Vagues successives du souvenir qui revient par accumulation de détails sur-imprimés



Quelle mémoire de sa grand-mère ?


une femme noire, vraisemblablement venant d’Afrique peut-être sa mère ou sa grand-mère venait d’Afrique j’en sais rien, enfin c’était vraiment un spécimen de la race noire, la petite race guinéenne


Portrait physique négritude

un souvenir très très fort de ma grand-mère, ça m’a beaucoup marqué, une petite femme absolument étonnante,

cette femme avait très peu d’instruction enfin, cependant elle avait été à l’école et ce qu’elle avait appris elle l’avait bien appris. Elle avait été à l’école des sœurs à cette époque-là l’instruction religieuse de son temps était donné dans les villages par les Frères du Saint Esprit et par les sœurs je ne sais plus de quel ordre et elle parlait fort bien le français, elle l’écrivait fort bien. Elle ne faisait pas une seule faute d’orthographe. Et c’est elle qui nous a appris à lire.

Portrait moral / intellectuel


Mutualisation : Quelle mémoire de son enfance et de sa grand-mère ? + évoquer ce qui suit car cela apparait fortement dans l’entretien (+ préparation au travail sur le lexique à venir …)


j’ai mêlé plusieurs maisons qui toutes sont miennes ; aussi loin que je remonte ; vraisemblablement, j’en sais rien
Y a une sorte de contamination

Césaire cherche à se souvenir : difficulté du travail de mémoire



  1. Quelle écriture de cette mémoire ?


Document 2 : « Noël », texte littéraire  Extrait du Cahier d’un retour au pays natal

Noël

Et le temps passait vite, très vite.
Passés Août où les manguiers pavoisent de toutes leurs lunules, septembre l’accoucheur de cyclones, octobre le flambeur de cannes, novembre qui ronronne aux distilleries, c’était Noël qui commençait.


Il s’était annoncé d’abord Noël par un picotement de désirs, une soif de tendresses neuves, un bourgeonnement de rêves imprécis, puis il s’était envolé tout à coup dans le froufrou violet de ses grandes ailes de joie, et alors c’était parmi le bourg sa vertigineuse retombée qui éclatait la vie des cases comme une grenade trop mûre.
Noël n’était pas comme toutes les fêtes. Il n’aimait pas à courir les rues, à danser sur les places publiques, à s’installer sur les chevaux de bois, à profiter de la cohue pour pincer les femmes, à lancer des feux d’artifice au front des tamariniers. Il avait l’agoraphobie, Noël. Ce qu’il lui fallait c’était toute une journée d’affairement, d’apprêts, de cuisinages, de nettoyages, d’inquiétudes, 
de-peur-que-ça-ne-suffise-pas
de-peur-que-ça-ne-manque,
de-peur-qu’on-ne-s’embète, 

puis le soir une petite église pas intimidante , qui se laissât emplir bienveillamment par les rires, les chuchotis, les confidences, les déclarations amoureuses, les médisances et la cacophonie gutturale d’un chantre bien d’attaque et aussi de gais copains et de franches luronnes et des cases aux entrailles riches en succulences, et pas regardantes, et l’on s’y parque une vingtaine, et la rue est déserte, et le bourg n’est plus qu’un bouquet de chants, et l’on est bien à l’intérieur, et l’on mange du bon, et l’on en boit du réjouissant, il y a du boudin, celui étroit de deux doigts qui s’enroule en volubile, celui large et trapu, le bénin à goût de serpolet, le violent à incandescence pimentée, et du café brûlant et de l’anis sucré et du punch au lait, et le soleil liquide des rhums, et toutes sortes de bonnes choses qui vous imposent autoritairement les muqueuses ou vous les distillent en ravissement, ou vous les tissent en fragrances, et l’on rit, et l’on chante, et les refrains fusent à perte de vue comme les cocotiers : 

ALLELUIA
KYRIE ELEISON … LEISON … LEISON,
CHRISTE ELEISON… LEISON… LEISON.



Et ce ne sont pas seulement les bouches qui chantent, mais les mains, mais les pieds, et la créature toute entière qui se liquéfie en sons, voix et rythme.


Arrivée au sommet de son ascension, la joie crève comme un nuage. Les chants ne s’arrêtent pas, mais ils roulent maintenant inquiets et lourds par les vallées de la peur, les tunnels de l’angoisse et les feux de l’enfer.


Et chacun se met à tirer par la queue le diable le plus proche, jusqu’à ce que la peur s’abolisse insensiblement dans les fines sablures du rêve, et l’on vit comme dans un rêve véritablement, et l’on boit et l’on crie et l’on chante comme dans un rêve, et l’on somnole aussi comme dans un rêve avec les paupières en pétales de rose, et le jour vient velouté comme une sapotille, et l’odeur du purin des cacaoyers, et les dindons qui égrènent leurs pustules rouges au soleil, et l’obsession des cloches, et la pluie,
Les cloches… la pluie…
Qui tintent, tintent, tintent…[…]

Extrait de Cahier d’un retour au pays natal, Aimé Césaire,
Présence Africaine, 1983.

Doc Annexe :

« Passage qui évoque une tradition qui s’est perpétuée au cours des siècles : celle des cantiques de Noël. Chants d’amour et d’espoir, célébrant la venue du Christ, ces cantiques sont entonnés en principe à partir du premier dimanche de l’Avent. On doit rappeler que dans le calendrier catholique, les trois semaines de l’Avent sont consacrées à la préparation des cérémonies célébrant la naissance du Christ.
Aussi, autrefois, dans les cases les plus humbles, comme dans les plus belles maisons, on se réunissait, dès le coucher du soleil autour d’une table éclairée par une lampe à pétrole, un " lampion ", une bougie ou sous la lumière crue des ampoules électriques pour chanter en chœur, ces cantiques entre parents, amis ou voisins.
Ces cantiques étaient consignés (ils le sont encore) dans un petit recueil, écorné, jauni, que chacun se devait de posséder et qui se transmettait parfois de génération en génération. Mélange de profane et de sacré, ces cantiques, anciennes chansons populaires françaises de Noël, dont on retrouve les traces dans des recueils du 18ème siècle, ont gardé intacts les textes, mais ont pris ici des rythmes de biguine, de mazurka et de valses créoles ; en plus la société antillaise les a modelés à sa façon par des improvisations créoles, aux mots très audacieux (à faire pâlir la Sainte Vierge) qui s’interposent entre les refrains.
En principe, en Martinique, tout regroupement de personnes dans une maison, mené lors de veillées mortuaires, est synonyme de convivialité autour du " boire et du manger ". »


Lyne-Rose Beuze - Extrait des cahiers du Patrimoine N°6 - Décembre 1989 Fort de France

Objectifs : Comment lire Césaire ? (amener les élèves à s’interroger sur leur lecture :
Cf doc eduscol  Il y a dans toute production un langage à comprendre :


  • Comment l’œuvre est elle composée ?

  • Pourquoi l’est-elle ainsi ? comment l’artiste crée t’il de l’émotion ?

  • Comment s’inscrit il ou se démarque t’il du contexte de son époque ?

  • Quels choix esthétiques mettent particulièrement en valeur le sens qu’il a voulu donner à son œuvre ?

  • A quels effets d’écriture le lecteur est il aujourd’hui sensible ? )




  • Mise au travail élève par petits groupe et restitution + mutualisation = rédaction commune d’un tableau « synthèse finale » qui pourrait ressembler à :

Quelle écriture de cette mémoire ?

Consigne possible : A quels aspects de l'écriture de Césaire avez-vous été sensible ?


Le lexique est :


étonnant, voire choquant... « odeur du purin », « pustules »

riche et difficile à comprendre : pavoisent, bourgeonnement, agoraphobie…cacophonie gutturale

termes qui renvoient à la flore ou la faune de la Martinique : manguier, grenade, tamariniers…dindons…

notion d’exubérance +énumération, accumulation : et, et

La phrase

Ponctuation,

longue…complexe

oralité et musicalité du texte

ALLELUIA KYRIE ELEISON … LEISON … LEISON, CHRISTE ELEISON… rires, chuchotis, confidences…

figures de rhétorique fréquentes

….qui se combinent savamment


personnification : il n’aimait pas à courir les rues..

répétition : dans un rêve…

connotations sensorielles : goût, odorat, vue, ouïe toucher…

anaphore : de peur que…

les allitérations et les assonances tissent au fil du passage tout un réseau sonore qui contribue au lyrisme du texte et nous envoûte : rires, chuchotis, confidences… ; ils roulent maintenant inquiets et lourds …

La fin de l’extrait = appel au sursaut, appel à la prise de conscience

Césaire dénonce leur passivité, cherche à réveiller leur sentiment de révolte…

l’on vit comme dans un rêve véritablement, et l’on boit et l’on crie et l’on chante comme dans un rêve, et l’on somnole aussi comme dans un rêve

L'œuvre de Césaire est avant tout un cri de ralliement du peuple noir et un appel à la révolte contre une culture et un passé misérable que la France a imposé aux Africains.

originalité de cette écriture


C’est ici probablement des souvenirs d’enfance qu’il évoque avec précision

Les détails relatifs aux préparatifs sont donnés avec minutie (cuisinage, nettoyage, etc.) ; ensuite la petite église ; l’office marqué de rires … etc.

Ce n'est pas une poésie d'agrément mais bel et bien une poésie engagée


A l’issue de ce temps de travail revenir sur le tableau de synthèse …

textes

1 Paul et Anna

(extrait)

2 aimé Césaire

(témoignage)

Comment l’aïeul transmet, raconte




Malgré son manque d’instruction la grand-mère s’occupe de ses petits enfants qu’on lui envoie et leur enseigne la lecture

Ce qui est transmis




Elle ne faisait pas une seule faute d’orthographe. Et c’est elle qui nous a appris à lire.

Comment l’enfant reçoit




L’école maternelle n’existant pas il va chez sa grand-mère : initiation avant l’école primaire

Ambiance chaleureuse, survoltée (beaucoup d’enfants piaillent)

Ce qu’il retient de ce qui lui est transmis




celle que j’ai décrite c’est plus celle de ma grand-mère que ma propre maison natale. Parce que j’ai un souvenir très très fort de ma grand-mère.

NB : contamination

Pourquoi transmettre son histoire, son passé, sa culture ?





Défendre ses racines et revendiquer sa négritude

Valeur d’exemple

L’auteur veut témoigner de son expérience : celle-ci est assez importante pour apprendre quelque chose aux autres hommes. Il veut dénoncer


Puis proposer aux élèves un travail d’écriture (synthèse personnelle) qui leur permettrait de reformuler, structurer ce qui vient d’être étudié.
Proposition 1 : Ecriture en classe(ou à la maison):


«Dans son long poème « cahier d’un retour au pays natal » Aimé Césaire nous transmet son passé, son histoire, sa culture. En effet il lui revient par vagues

de souvenirs, il nous parle des lieux de son enfance ou il a vécu dans des conditions difficiles et qu’il fallait souffrir pour pouvoir vivre.

Il nous parle aussi des gens surtout de sa grand-mère qui était une femme étonnante, une femme qui pour lui était une reine qu’il a aimé et qui lui a apprit à lire et à écrire le français.

Il était très admiratif de cette femme noire
«Après la lecture de l’entretien radiophonique et des deux extraits du «cahier d’un retour au pays natal», nous pouvons dire que Césaire nous transmet son histoire, son passé, sa culture.

En effet…………………»
Ex élève réalisé en salle pupitre


Texte amorce :

Noël (ou toute autre fête de votre choix)

Et le temps passait vite , très vite …

Noël n’était pas ….

De peur que….

De peur que…

De peur qu’on …

Puis le soir…..

Et chacun se ….


Proposition 2 : Prolongement possible : Ecriture d’invention:
«A la manière de Césaire»……

Vous et la tradition d’une fête familiale ? Racontez

Dire «je»

Mettre l’accent sur le collectif (la famille, les amis) /le singulier (moi, je)

Réinvestir le lexique du comportement de soi et des autres dans les préparatifs…



Ex élève 1 :



Ex élève 2 :






Ex élève 3 :






Séance 3 : Lucie Aubrac une grand-mère pour nous Lecture de l’œuvre chez soi.


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La Résistance expliquée à mes petits-enfants Lucie Aubrac Actualités/Essais/Documents / Essais Date de publication : 07/01/2000






Connaissances:

Champ linguistique :

Lexique : individuel/collectif/singulier.

Lexique du comportement, du jugement et des valeurs.

Modalisation du jugement, valeurs du « je ».
Capacités : Comprendre comment une œuvre met en tension les expériences individuelles et les questions collectives

Comment faire lire un essai ? (amener les élèves à s’interroger sur leur lecture :
Cf doc eduscol : Il y a dans toute production un langage à comprendre :


  • Comment l’œuvre est elle composée ?

  • Pourquoi l’est-elle ainsi ? comment l’artiste crée t’il de l’émotion ?

  • Comment s’inscrit il ou se démarque t’il du contexte de son époque ?

  • Quels choix esthétiques mettent particulièrement en valeur le sens qu’il a voulu donner à son œuvre ?

  • A quels effets d’écriture le lecteur est il aujourd’hui sensible ? )

Procéder dans un premier temps à une lecture « lancement » des premières pages ou d'un court extrait significatif de l'essai doit aider l’élève à lire la totalité de l'ouvrage en mettant en place les premières hypothèses de lecture 

  1. Lecture lancement des pages 7 et 8 + lecture analytique



Bilan de cette première lecture + Présentation du travail à faire chez soi

  1. Lecture des premières pages en classe

Mise en place des hypothèses de lecture

Il s’agit d’aider l’élève à lire la totalité de l’ouvrage.

Présentation rapide de l’ouvrage et de l’auteur

Quelques informations entre l’œuvre et l’Histoire

Le plan de l’ouvrage et ses articulations logiques

Contrôle de lecture possible : à rendre dans un premier temps à l’écrit (noté) puis à restituer oralement à la classe + confrontation possible des points de vue (mutualisation)

  1. Travail écrit à faire chez soi : L'élève devra remettre une copie composée :

  1. D’une présentation rapide de l’œuvre 

  • rappel du titre, de l'identité de l'auteur et résumé de l’ouvrage

  • Quelques informations sur les rapports entre l'œuvre et l’Histoire.

  1. Le plan de l'ouvrage et ses articulations logiques (ou les questions abordées)

  • le repérage des grandes idées. Quelques exemples développés

  1. D’une présentation d'un passage conséquent de l’œuvre.

  • Expliquer la raison de son intérêt pour ce passage-là.

  1. Présentation de son opinion et son expérience de lecture

  • L’idée que l’élève se faisait du sujet avant la lecture, ses attentes.

  • Son opinion finale justifiée (les difficultés éprouvées durant la lecture)

  1. Conseils de lecture

  • Si j’avais un conseil à formuler ce serait de …



  1. Travail à l’oral :

L’élève devra préparer chez soi ce travail (pour des raisons pratiques instaurer une rotation de passage sur l’année par rapport à la progression annuelle et aux lectures d’ouvrages proposés afin que chaque élève puisse être confronté à ce genre d’exercice)

1. lire à haute voix «son» extrait,

2. l’expliquer,

3. le contextualiser

4. le commenter (il devra anticiper les éventuelles difficultés de compréhension par rapport à certains faits, mots de vocabulaire…)
L’élève aura à préparer un jugement de goût et un jugement de valeur: il remettra au préalable une fiche guidance qu’il aura renseigné chez lui


Mon jugement

de goût

J'ai beaucoup, modérément, peu apprécié, pas du tout.

Pourquoi? Causes 1 et 2

Mon jugement

de valeur

Présentation du jgt de valeur émis par un tiers faisant autorité

« Je suis d'accord, Je suis partiellement d'accord, je ne suis pas d'accord»
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