Lettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire





télécharger 55.41 Kb.
titreLettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire
date de publication08.11.2017
taille55.41 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > histoire > Documentos
Lettre ouverte aux historiens « rénovateurs » et autres « usagers »
de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire
.

Guillaume Foutrier, blog Médiapart
Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain Ma France (Jean Ferrat).

http://blogs.mediapart.fr/blog/guillaume-foutrier/100214/propos-de-la-gauche-de-lhistoire-et-du-roman-national-1ere-partie
A l’automne dernier, la parution du « blockbuster » historique de Lorant Deutsch, Hexagone[1], a ravivé les flammes d’une étrange polémique entre les partisans d’une histoire nationale « incarnée » et les pourfendeurs du « roman national ». Les premiers, fort bien introduits dans les rédactions, ont le vent en poupe si l’on suit les succès de l’histoire d’Epinal de L. Deutsch, les récits rose-bonbon des passions princières de Stéphane Bern ou encore les grandiloquentes envolées lyriques et gauloises de Franck Ferrand sur la bataille d’Alésia[2] ; dans leur sillage, journalistes et écrivains du Figaro réclament le « retour » d’une histoire de France avec Louis XIV et Napoléon, débarrassée du désormais célébrissime royaume du Monomotapa[3]. Les seconds, issus du monde universitaire, commencent à se faire entendre, notamment depuis la parution au mois d’avril dernier d’un ouvrage collectif Les historiens de garde : de Lorant Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national : les auteurs[4] y dénoncent le retour d’une histoire « traditionnaliste » et « nationaliste » fondée sur l’imaginaire monarchiste (ou républicain) des figures héroïques. Sont renvoyés dos à dos les nostalgies barrésiennes de la France éternelle et le chant républicain de Lavisse, deux versions ennemies mais symétriques du « roman national » français. Le livre reprend de manière circonstanciée les positions générales du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH) [5] et celles du collectif Aggiornamento histoire-géographie, formé en 2011 pour rénover l’enseignement de l’histoire en le sortant des temps obscurs de la mythologie nationale et républicaine…

Dans le contexte politique présent, entre inventaire du sarkozysme et progrès du front national, crispations sur l’islam et stigmatisation des Roms, amour démonstratif de la Marseillaise et proclamations théâtrales de patriotisme, la polémique autour du nouvel opus de L. Deutsch ne pouvait prendre qu’une certaine ampleur, notamment à propos de Charles Martel, artefact mémoriel de l’opposition entre « civilisations » chrétienne et musulmane[6]. Sans surprise, ce genre de joute est perçu par l’opinion comme un épisode supplémentaire de l’affrontement entre « droite » et « gauche » sur des thèmes que N. Sarkozy et l’extrême-droite ont réussi à installer durablement dans le paysage politique.
Pierre Chaunu est mort ? Débattons avec Lorant Deutsch !

Affrontement droite - gauche ? On est pourtant bien loin des querelles homériques qui divisaient l’intelligentsia de l’après-guerre sur la ligne de crête d’une histoire sociale « marxisante ». Il ne s’agit pas non plus de la controverse à la fois « grand public » et « universitaire » qui opposait dans les années 1970-80 l’histoire « jacobine » (largement communiste) d’Albert Soboul et l’histoire « révisionniste » (libérale-conservatrice) de François Furet : deux historiens de rang académique rassemblaient alors derrière leurs positions savantes des franges politisées de l’opinion sur l’interprétation de la Révolution française[7]. Non, la « polémique Deutsch » a ceci de particulier qu’elle semble mettre aux prises l’establishment universitaire au monde du journalisme et de l’édition « grand public » : au premier la dénonciation professionnelle et « vigilante » des rédactions bêtasses de L. Deutsch ; aux seconds la promotion du best-seller d’un historien « amateur ». Aux puissantes controverses d’hier ont ainsi succédé, dans l’atmosphère rance du (post)sarkozysme, des combats asymétriques, des combats de nains et de géants, des combats de foire du Trône sur le thème piégé de l’identité nationale. Quelque vilaine langue pourrait bien laisser entendre qu’il est plus confortable de démonter aujourd'hui les pauvres arguments de Lorant Deutsch que d’affronter hier François Furet ou Pierre Chaunu ; mais on peut estimer aussi, à sa décharge, que le professeur « de gauche » doit bien faire avec ce que l’époque lui propose, faute d’avoir à l’université un adversaire digne de ce nom…
Il reste qu’il est fort délicat pour un universitaire de sortir de son « enclos »[8] pour se jeter dans une controverse où les journalistes en mal de divertissement distribueront les bons points : l’esprit de sérieux dialogue souvent à ses risques et périls avec les comiques de la télévision. D’autant que l’arène publique, bien plus cruelle que les débats universitaires où la science couvre aisément les positions moins « scientifiques », oblige bien vite les acteurs à jouer cartes sur table : Lorant Deutsch a déjà annoncé la couleur, il se dit « royaliste » et « idéologue »[9] ; quant à ses détracteurs de l’Aggiornamento, on attend toujours qu’ils disent selon quelle politique et d’après quel « usage public » de l’histoire ils portent le fer contre le barrésisme et le maurrassisme du Métronome[10]. Dans cette affaire, les historiens critiques ne sont ni socialistes, ni communistes, ni internationalistes, ni progressistes, ni même à-quoi-bonistes ; ils sont scientifiques. En attendant, l’opinion comprend mal leurs critiques érudites, jusqu'à ce qu’un éditorialiste lui livre une clé facile : ces historiens sont des crypto-gauchistes ; et voilà l’universitaire « vigilant » et « scientifique » pris dans la nasse du tartuffe démasqué[11]. Deutsch triomphe tandis que l’intellectuel de gauche s’ébroue piteusement ; à l’un les prospérités du vice médiatique, à l’autre les malheurs de la vertu outragée. Il ne reste ensuite aux critiques déculottés que les jérémiades habituelles sur la manipulation des médias…
Le moustique Deutsch et le marteau-piqueur universitaire.

L’historien « vigilant » émet deux types de critiques à l’encontre de Lorant Deutsch : l’une formelle et factuelle sur les « erreurs » historiques de ses livres ; l’autre sur les implicites idéologiques droitiers de ses récits.
On peut douter d’abord de l’efficacité de la première ligne d’attaque : est-il pertinent de critiquer le best-seller d’un « amateur » célèbre sur le mode vétilleux de l’universitaire redresseur de torts de la « science » historique ? Peut-on en fait miser sur le seul registre de la rigueur scientifique face à des écrivains qui manifestement ne jouent pas sur le même terrain ? A moins de vouloir perdre la guerre, il vaut mieux éviter les batailles rangées lorsqu’on a affaire à une guérilla. Sans peur du ridicule, certaines critiques portent sur l’absence de sources et de notes de bas de page. Signe des temps, malgré toutes les dénégations et précautions d’usage sur l’histoire citoyenne « ouverte à tous », les historiens « vigilants » ont voulu d’abord prendre le masque de la science courroucée devant les amateurismes « grand public », consacrant ainsi implicitement dans le débat public la place à part de l’expertise professionnelle. Sans doute au fond était-il difficile d’imaginer d’autre stratégie en une époque qui, enjoignant au citoyen de quitter la cité pour « cultiver son jardin », aime à renvoyer chacun à ses études, le politique à sa « gouvernance », l’écrivain à ses histoires, le peintre à ses tableaux, l’historien à ses notes de bas de page. Bientôt peut-être de subtils esprits lanceront une pétition pour réclamer que Marx nous livre enfin les fichues sources de son 18 Brumaire…
Ultime maladresse : prétendre protéger des millions de lecteurs crédules ne suffit pas à justifier les ratiocinations des experts de la Sorbonne[12]. Il n’est jamais bon d’expliquer le succès d’un livre par l’ignorance des masses. Pousser plus loin l’argument serait cruel : si les lecteurs du Métronome avalent sans recul la moindre sottise de Lorant Deutsch, est-ce à dire qu’ils n’ont rien appris de leurs professeurs d’histoire… ?
Alain Decaux et la « vague brune » : l’histoire scientiste et la confusion des mémoires politiques.

Le collectif Aggiornamento gagne en crédit lorsqu’il dénonce l’essentiel, à savoir les arrière-pensées idéologiques de L. Deutsch, manifestement inspirées de la tradition barrésienne et maurrassienne. Mais alors que d’approximations et que d’excès ne faut-il pas entendre de la part d’historiens dont on se serait d’abord cru le plus chaud partisan ! Dans une tribune du 27 août 2012[13], trois membres de l’Aggiornamento n’hésitent pas à voir déferler une « vague brune sur l’histoire de France ». Mêlant dans un grand sac nazi (c’est la stricte signification de l’adjectif « brun ») Alain Decaux (!), Lorant Deutsch, Patrick Buisson, Le Pen, Sarkozy, la loi de 2005 sur « le rôle positif de la colonisation » et les complaisances de Bertrand Delanoë à l’égard du Métronome, la tribune ne s’embarrasse guère ici des finasseries de la méthode historique… On s’étonne tout de même qu’un mouvement d’historiens qui brandit sans cesse la vertueuse prudence du ratio studiorum emploie en quelque rare occasion une liberté de ton que l’on croyait réservée aux militants politiques : loin de nous l’envie de leur reprocher un tel « excès » d’engagement, mais c’est à se demander quel grain se cache sous la paille de la chaude invective. On peut douter en effet des recettes d’une telle outrance, a fortiori lorsqu’elle est formulée par les détenteurs du savoir universitaire ; il est fort à craindre en fait que cette accusation bruyante de « vague brune », soi-disant « résurgente », n’ait toutes les caractéristiques de l’enfumage. Ici, les invectives furieuses sonnent faux et tentent de masquer la vraie pusillanimité des experts autorisés.
Il y a ainsi tout lieu de sursauter lorsque par une association aussi improbable que malheureuse, cette tribune fait d’Alain Decaux le lointain parrain de Patrick Buisson[14]. Par là, les auteurs ne font pas qu’insulter avec une grande légèreté l’œuvre d’un conteur humaniste, coupable à leurs yeux d’avoir écrit un article « passéiste » sur l’histoire de France en 1979[15] ; ils infligent aussi une drôle de gifle à la mémoire d’une large partie de la gauche, qui garde le souvenir des plaidoiries robespierristes du conseiller historique de Stellio Lorenzi, réalisateur communiste de l’émission La Caméra explore le temps[16]. Malheureusement, là où l’on serait tenté de ne voir qu’une maladresse sur un point mineur de la tribune, on découvre une position de fond. Dans un entretien à la revue Regards[17], deux auteurs des Historiens de garde s’emploient à figer en une laborieuse doctrine leur critique tous azimuts du « roman national » : pour eux, ce n’est pas seulement le « roman national de droite » qui est condamnable, mais aussi celui « de gauche » ; répondre par celui-ci à celui-là serait la pire des « catastrophes ». Le « récit » jacobin d’Alain Decaux et la mythologie réactionnaire de Jacques Bainville seraient les deux pendants, également condamnables, d’un roman national marqué par la fascination des « grands hommes ».
Pour combattre la droite, torpillons la gauche (radicale) !

Et les mêmes historiens, fastidieux, le nez collé sur leurs sources, de nous expliquer ensuite sur le site web de leur livre qu’il est suspect de « faire des évènements historiques des réservoirs à arguments pour expliquer la situation contemporaine »[18]. La certitude scientiste en bandoulière, armés des arguments aussi neufs que fracassants contre l’ « histoire-bataille » et l’ « histoire des princes », les Marc Bloch aux petits pieds décernent alors un mauvais point aux journalistes du Monde Diplomatique, Thomas Morel et François Ruffin, auteurs de Vive la banqueroute ![19] : l’ouvrage, qui rappelle, contre les évidences fatalistes du discours néolibéral, dix exemples historiques de répudiation de la dette publique, a le malheur, en évoquant les politiques de Philippe Le Bel et de Colbert, de satisfaire la passion stupide et bien française pour « l’homme providentiel ». Pour se prémunir de ce mauvais « récit de gauche », jacobin et nationaliste, on renvoie paresseusement le lecteur aux analyses de Frédéric Lordon sur la crise financière de 2008… Signalons tout de même que Frédéric Lordon a rédigé la postface du livre de François Ruffin : sans doute les deux auteurs apprécieront-ils d’être ainsi opposés l’un à l’autre par le verbe ingénu de l’historien donneur de leçons. On peut se demander aussi comment ce même Frédéric Lordon, qui disait récemment la nécessité pour la gauche de ne pas laisser à la droite les catégories de la nation et de la souveraineté[20], accueillera ce compagnonnage forcé avec les partisans de l’histoire en forme de « post- », « histoire post-nationale » et « post-républicaine », pour lesquels le mot nation, passé à l'amincisseur de la rhétorique lepéniste, est devenu une insulte... Tant qu’à faire, suggérons à ces « dé-constructeurs » un autre article sur les mystifications du candidat Mélenchon qui a poussé l’outrecuidance jusqu’à mobiliser la gauche sur le thème de la prise de la Bastille, autre « mythe » dangereux du « roman national de gauche » qu’il faudrait penser à détruire. Vite, professeur, la vérité !
Eructer n’est pas militer

Face à l’offensive idéologique de la droite, ces universitaires (de gauche ?...) choisissent, contrairement aux apparences, la capitulation en rase campagne. Tandis que les uns répètent haut et fort les valeurs réactionnaires de la France éternelle, les autres crient dans un silence assourdissant leur passion des notes érudites et de la bonne méthode… Comment un tel débat peut-il être perçu dans l’opinion, sinon comme l’opposition entre des amateurs d’histoire (de droite) et l’establishment universitaire (de gauche) soucieux de préserver son monopole sur le discours historique ? La meilleure des réponses à L. Deutsch ne serait-elle pas plutôt de proposer une autre histoire de France « grand public » ? Engoncés dans l’expertise, prisonniers de la paperasserie administrative des universités « autonomes », désaccordés idéologiquement, il faut croire que les professeurs (« de gauche ») en sont bien incapables aujourd’hui… La vogue des ouvrages collectifs est à l’image d’une université éclatée en chapelles : ne voulant prendre aucunement le risque de mettre à plat ses différences tant historiographiques qu’idéologiques, on préfère empiler les contributions et créer cette impression de cohésion et de consensus qui sied tant aux gens qui ont toujours raison[21].
Comme la cavalerie des westerns, ces intellectuels (« de gauche ») ont pris l’habitude depuis quelques années de débouler avec fracas quand tout le monde est mort : toujours en retard d’un métro idéologique, ils aiment pousser des cris indignés après avoir laissé la droite choisir son terrain de jeu. N. Sarkozy se place sous le patronage de Jaurès et voici l’intelligentsia devenue jaurésienne : une pluie de colloques et d’ouvrages collectifs d’experts accrédités se déverse – bien tard – pour rétablir la « vérité » historique. Victor Hugo est l’un des pères du « mythe républicain », objet « construit », donc suspect pour le prudent historien ; ah ! mais voilà que N. Sarkozy s’en empare et – vite ! – il faut, encore une fois, rétablir la vérité historique[22]. On peut voir au succès de l’histoire « réac » et au progrès des thèmes frontistes les fructueux résultats de ces brillantes interventions dans le débat public. Combien de temps encore verra-t-on cette gauche-là courir après les récupérations de la droite et s’égosiller vainement sur le pillage de sa mémoire ? Car enfin pourquoi la droite se priverait-elle de prendre ce qu’une certaine gauche n’assume plus depuis longtemps ?
Face au culte de la France éternelle et barrésienne d’Eric Zemmour, les historiens soi-disant de « gauche » n’offrent qu’un discours éclaté, un scepticisme de spécialistes, un constructivisme de bon aloi, un « pragmatisme » branché (cette passion pyrrhonienne des « usages » et des « représentations »), le tout enrobé d’un amour inconditionnel des notes infrapaginales et d’une dénonciation attendue et lourdingue du « roman national ». Autant dire qu’une telle posture, aussi excellente soit-elle à l’université, fera autant d’émules dans le public qu’une secte d’illuminés. Dans ce catéchisme désespérant et désespéré, l’histoire n’a droit qu’au paradis de la science sophistiquée ou à l’enfer du récit mémoriel : entre les deux, l’histoire engagée n’a pas sa place, qui se conçoit comme un terrain de lutte où s’enchevêtrent des mémoires, se construisent des imaginaires et où s’affrontent des interprétations divergentes de la réalité passée et présente. En se limitant à la seule critique des récupérations « sarkozystes », en ne parlant des « usages publics » de l’histoire que pour mieux faire oublier l’engagement par l’histoire, ces historiens s’arrêtent au milieu du gué et laissent accroire qu’il n’est d’usage qu’apolitique et expert de la discipline… avec le résultat que l’on sait. En attendant, les démentis bruyants et autres protestations de forme sur l’ « histoire citoyenne » ne peuvent en rien changer ce triste constat : l’histoire « réac » a trouvé son public mais l’histoire universitaire « de gauche » est inaudible…
Incapable d’assumer pleinement et positivement le combat politique, le CVUH court à sa perte ou, plus bêtement, risque de faire "pschitt" : sans doute cette impuissance était-elle déjà inscrite dans son ADN. Après l’affaire du Musée de l’Histoire de France – belle occasion pour la profession de s’unir autour d’un beau combat de la « gauche » contre la « droite » – le Comité semble en panne d’inspiration, épousant sans surprise les rythmes consacrés du Parti Socialiste : furibard dans l’opposition, silencieux une fois au pouvoir. Malheureusement, après les belles effervescences médiatiques et universitaires de l’ère Sarkozy, la « polémique Deutsch » nous ramène à la dure réalité du rapport de forces politiques dans ce pays : une droite idéologiquement structurée et une gauche en déshérence, livrée à la débâcle du hollandisme et aux illusions dangereuses du progrès sociétal et de la régression sociale. Dans ce bouillon, les réponses ambiguës de l’historien « vigilant » et lanceur d’alertes « brunes », non seulement ne sont d’aucun secours, mais risquent fort d’être assimilés à cette manière si « hollandiste » d’enfumer et de chauffer l’opinion sur les thèmes sociétaux et mémoriels : agiter le chiffon Lorant Deutsch pour mieux faire oublier les vraies trahisons de la social-démocratie de droite (l’expression est depuis longtemps redondante) qui se vend comme jamais à l’idéologie patronale et néolibérale.
Etrange histoire « vigilante », au fond, qui veut en finir avec l’« histoire nationale » mais ne fait que renforcer les nationalistes en nourrissant une controverse caricaturale et piégée par l’extrême-droite. Etrange histoire « vigilante » qui déploie tant de passion rageuse contre les grands hommes d’hier mais dont l’expertise « objective » est la manière de penser des grands hommes d’aujourd’hui, spécialistes et technocrates autorisés de la science économique, de la science politique et de la science administrative. Etrange histoire « vigilante » qui est passée maîtresse dans la déploration des attaques de la droite mais se garde bien de nous dire à quoi ressemblerait une offensive de la « gauche », quand bien même ce mot au singulier aurait encore un sens. Etrange histoire « vigilante » qui, à l'image de ce gouvernement, voudrait masquer sa faillite idéologique en lançant des alertes « brunes » et en livrant à l'opprobre « fasciste » les figures de la gauche radicale.

Le bon programme scolaire, horizon indépassable de l’histoire « rénovée ».

http://blogs.mediapart.fr/blog/guillaume-foutrier/100214/propos-de-la-gauche-de-lhistoire-et-du-roman-national-2e-partie
La « polémique Lorant Deutsch » et l’étrange débat sur le « roman national » piègent une nouvelle fois l’opinion dans la répétition de querelles stupides : l’histoire de droite serait chronologique et biographique, l’histoire de gauche thématique et collective ; l’histoire de droite se ferait « par le haut », l’histoire de gauche « par le bas » ; pour les uns les « grands hommes », pour les autres les « petites gens ». Autant le dire d’emblée : ces antinomies ne produisent aucune intelligence, mélangent propositions pédagogiques et positions idéologiques, figent plusieurs options de la narration historique en une opposition fausse et bancale. Le plus étonnant ici n’est pas d’entendre braire Le Figaro et Le Point, mais plutôt de voir le collectif Aggiornamento se prendre au jeu d’une polémique stérile en se moulant dans le rôle qu’on lui assigne.
Car, malheureusement, les caricatures et les confusions viennent aussi du camp dont on aimerait être le sympathisant sincère. Dans un entretien vidéo au SNUIPP, Laurence de Cock, l’une des figures de l’Aggiornamento et formatrice à l’INRP de Versailles, déclarait récemment vouloir en finir avec « une vision très traditionnaliste de l’histoire scolaire, c’est-à-dire une grande épopée nationale, une grande épopée républicaine, fondée sur des jalons biographiques, des figures héroïsantes, des repères, des dates, des héros, Vercingétorix, Jules César, Saint Louis (…), une histoire très conservatrice à mon sens qui ne permet pas d’accompagner l’apprentissage d’une citoyenneté critique. Ce qu’on appelle une citoyenneté critique, c’est le fait de considérer que le passé est porteur en fait d’exemples… »[1].
Résumons cet ambitieux programme : il faut d’abord supprimer les dates, les repères et les biographies, anciens stigmates d’une idéologie « nationale » et « républicaine », « conservatrice » par nature (chronologie, biographie, national et républicain sont ici étonnamment fondus en une même dénonciation de bazar). Cette courageuse tabula rasa accouche ensuite d’une souris bien décatie : l’enseignement de l’histoire par l’exemple. Armés de ces nouvelles conceptions, nous voilà partis sur la voie nouvelle et inconnue de l’histoire « critique ». Mais voilà le problème « critique » : de quoi l’histoire serait-elle l’exemple ? Imaginons quelques réponses possibles : à l’école Saint-Joseph, l’histoire serait exemplaire du triomphe édifiant du christianisme ; à l’école Victor-Hugo, l’histoire illustrerait aussi bien la lutte pathétique des pauvres et des marginaux ; et dans une autre classe, l’instituteur montrerait avec de riches exemples les conquêtes de l’Occident… L’histoire sans repère ni date, traitée par les exemples, est, comme on le voit, le plus sûr garant contre l’idéologie… Suffit-il alors d’abolir l’ordre chronologique et l’histoire des « grands hommes » pour supprimer toute mise en scène du passé ? On peut toujours faire de l’histoire « thématique » et « exemplifiée », la narration historique reste le résultat mitigé des choix de l’enseignant et des programmes officiels. Faut-il donc se croire suffisamment au-dessus de la mêlée pour prétendre enseigner une histoire soi-disant « critique » par l’exemple et sans interférence d’un idéal historique ? Dès lors le plus problématique n’est pas tant de prétendre supprimer l’« épopée républicaine » que de ne pas même savoir quelle idéologie nouvelle on instaure à la place. Hormis une invocation bien maladroite à l’histoire des « anonymes » - version incroyablement pauvre et grossière de l’histoire sociale - on voit mal ce que Laurence de Cock propose de nouveau dans cette affaire. Ou plutôt si, on comprend bien pourquoi ces historiens « de gauche » préfèrent depuis des années parler des « anonymes » plutôt que d’évoquer les luttes de classes : cette histoire des « gens d’en bas », qui troque l’analyse des rapports sociaux pour une pittoresque peinture des misères d’antan, a aussi la vertu masquée de ne pas inquiéter les puissants d’aujourd’hui.
Dans une autre tribune, les références aux « problématiques post-nationales » qui – apprend-on – seraient le nec plus ultra de la recherche historique mondiale, voudraient tenir lieu de programme scolaire[2]. Elles ne sont malheureusement qu’une manière pédante et mal digérée de citer des courants de recherches prometteurs et en construction, dont on discute, parmi d’autres thèmes plus « classiques », dans les séminaires de doctorat : l’histoire connectée et l’histoire globale figurent parmi ces chantiers nouveaux[3]. Mais est-ce faire aujourd'hui de l’ « histoire nationale » que de soutenir une thèse ayant pour cadre la France ? Est-ce à l’inverse faire œuvre « post-nationale » que d’écrire une histoire rénovée du « désenclavement du monde »[4] ou de l’arrivée des marchands hollandais à Java[5] ? Que signifient donc ces vaines antinomies historiographiques, sinon une plate complaisance à l’air du temps sur le thème du « déclin des États-nations » ? Pourquoi la réponse de l’Aggiornamento aux reproches infondés du Figaro sur la disparition de l’histoire de France doit-elle se draper dans les nébuleuses convocations du « post- » ?
Parvenue au dernier chapitre de l’esprit du monde, arrivée au stade du « savoir absolu », l’histoire « post-nationale » pense sûrement avoir aboli l’idéologie et n’être que le véhicule de la « vraie » connaissance : ce genre de prétention est la maladie bien connue du sorbonnisme. Caressant le doux rêve d’une recherche experte à portée de main des enfants, peut-être l’Aggiornamento s’imagine-t-il que l’histoire universitaire aura désormais sa traduction libre et « critique » dans l’histoire scolaire, que les savants de l’université s’adresseront au peuple par le truchement avisé d’une Education Nationale sans idéologie ? Institués en constructeurs officieux d’une pédagogie officielle qui se cherche, est-il si étonnant dès lors que les enseignants du collectif n’aient pas la même verve pour dénoncer les entreprises idéologiques de leur employeur ? La myopie de leurs analyses à propos du sujet d’histoire proposé au brevet national de 2013[6] laisse pantois : sûrement faut-il dénoncer avec eux les inepties du « socle commun de compétences » qui débouchent sur la production d’un QCM où il est demandé pêle-mêle à un élève de 3e de situer la bataille d’Alésia et de donner les dates du règne de Louis XIV[7] ; sans doute ont-ils raison de déplorer les circulaires contradictoires et floues des rectorats ainsi que l’isolement bureaucratique de la rue de Grenelle. Mais il reste l’essentiel : on attendrait des promoteurs d’une histoire « critique » une analyse plus décapante d’une épreuve qui demandait aux élèves de paraphraser le dispositif télévisuel du débat présidentiel du second tour en 2012. Plutôt que de s’interroger sur la consécration des mises en scènes présidentialistes et sur l’institution du pouvoir médiatique comme arbitre démocratique[8], ces enseignants préfèrent déplorer que « la thématique des réseaux sociaux » ne soit pas prévue dans les programmes…
On se demande aussi pourquoi les historiens « rénovateurs », si prompts à dénoncer l’ « européocentrisme » et l’ « occidentalo-centrisme » des récits « traditionnels », ne demandent pas clairement le retrait du programme d’histoire de Seconde générale datant de 1995. Nous ne parlons pas ici de la petite et ridicule polémique de 2010 sur la disparition de l’Islam dudit programme qui, comme d’habitude, a mobilisé toute la « vigilance » de certains experts de gauche, toujours prêts à se refaire une santé idéologique à bon compte en surfant bêtement sur les attentes médiatiques[9]. Peu importe effectivement que, dans une énième volte-face, les gardiens du temple de Grenelle aient jugé bon de remplacer l’étude de la « Méditerranée carrefour de trois civilisations » par l’étude des campagnes européennes au Moyen Age : il faut toute la tartufferie habituelle des clercs de la gauche autorisée pour y voir une « résurgence » « réac » de l’Occident chrétien. Penchés sur l’exégèse myope et convenue d’un chapitre du programme, ces bons experts devraient lever la tête et regarder l’ensemble du programme[10]. Le vrai changement ne remonte pas, quoiqu’on en dise, à la réformette de 2010, mais plus simplement à la création de ce programme en 1995 : peut-être cette réforme est-elle déjà trop ancienne pour ceux qui ne voient des « résurgences » que depuis 2005. Rappelons qu’en 1995 le programme d’histoire de Seconde, jusque-là consacré à l’étude chronologiquement resserrée de « l’âge des révolutions » (de la fin de l’Ancien Régime à la IIIe République) a été remplacé par une histoire des « fondements du monde contemporain » qui, en un incertain voyage de 2.500 ans, enseigne aux lycéens les jalons consacrés de l’Occident : la cité gréco-romaine, présentée comme l’origine d’une démocratie doctrinale ; le christianisme, bien sûr ; l’Islam, peut-être, pour faire bonne mesure ; les marchands de la Méditerranée au XIIe siècle, pour les prophètes de « l’économie de marché » ; l’Humanisme et les Lumières, préludes des révolutions (où les causes de la Révolution française, traitées idéologiquement sur le thème de « la montée des idées de liberté », reprennent l’antienne idéaliste « c’est la faute à Rousseau »). Le dernier chapitre, aborde le « mouvement libéral et national » de 1848 et se clôt sur l’abolition de l’esclavage en 1848 : le petit européen peut maintenant pleurer d’émotion… Invité à étudier en thèmes et en vastes sauts spatio-temporels le récit serein de la conscience occidentale, le lycéen apprend ainsi « l’histoire par l’exemple », sûrement celle que Laurence de Cock appelle de ses vœux… Il est vrai que ce programme d’histoire rénovée, conçu pour mettre fin aux « maux » de la chronologie, avait été commandé par Jack Lang à Serge Bernstein, pape de l’histoire « sciences-po », avant d’être avalisé par François Bayrou[11]. Devant tant d’autorité socialiste et démocrate-chrétienne, on ne peut qu’applaudir. Et pour une fois – merci Seigneur ! – Le Figaro n’y trouve rien à redire.
Certes, l’Aggiornamento émet des critiques pertinentes à l’encontre des programmes officiels, mais il s’agit pour l’essentiel de dénoncer (certes fort justement) leur lourdeur, de déplorer l’arbitraire des volte-face ministérielles et d’évoquer l’expérience désabusée d’enseignants face à des programmes touffus, sans queue ni tête[12]. La critique de fond peut bien attendre, et l’on comprend bien pourquoi : dans ce collectif d’enseignants à la recherche d’un consensus pédagogique, il serait bien trop risqué de réveiller le débat politique. Philippe Olivera, peu avant de se joindre à la fondation de l’Aggiornamento, écrivait en 2010 un article salutaire sur le programme d’histoire de Seconde : sur le site de Sauvons l’université, il analysait fort justement la réformette de 2010 comme le prolongement catastrophique du programme de 1995 et critiquait un enseignement de l’histoire par « flashs » où venait se glisser la petite musique de l’idéologie[13]. On espèrerait aujourd'hui qu’il mobilise ses collègues sur les fondements de cette critique et qu’il pousse loin la critique des mystifications des programmes officiels. Pour l’instant, prisonnier des formes de sa mobilisation, l’Aggiornamento reste au milieu du gué et préfère entretenir les mêmes incertitudes de fond.
L’association d’historiens, stade ultime de l’engagement « public.

Il est fort à craindre qu’à travers l’échec du CVUH et de l’Aggiornamento à se faire entendre il ne faille lire l’incapacité d’une gauche universitaire à s’adresser au peuple en dehors des formes du discours académique et de la voie officielle et faussement désidéologisée des programmes scolaires. Entre des médias obnubilés par les succès éditoriaux de Lorant Deutsch et une histoire universitaire frappée du soupçon du mandarinat, il n’est guère sûr que la voie associative choisie par les historiens « rénovateurs » soit le plus pertinent des remèdes.
Le collectif Aggiornamento, tout comme le CVUH, bien loin de la mobilisation citoyenne, ne sont au mieux que les porte-voix d’une profession. Fort justement, le CVUH a récemment proposé une journée sur le thème de la vulgarisation de l’histoire[14] : on pourrait s’en féliciter mais l’intérêt évident des contributions laissait malheureusement en suspens la question pratique des formes de l’engagement. Accueilli par un public d’enseignants, limité par le bon ton de l’exégèse des programmes scolaires et la critique de l’histoire maurrassienne, on cherche en vain dans ces aimables discussions les propositions politiques auxquelles on pourrait s’accrocher : pour l’historien, certes, quel plaisir d’écouter les subtils commentaires des collègues ; mais pour le citoyen de gauche, quelle désespérance !… Hormis le rêve illusoire de créer un parti de l’histoire, où chaque militant, devenu expert, défendrait la « juste » connaissance historique, on voit mal comment une telle pratique publique de l’histoire pourrait mobiliser… le public.
Il eût été de toute façon très vain de chercher trop longtemps les débuts d’un engagement politique dans les productions de collectifs qui prétendent se situer d’emblée au-delà de la mêlée idéologique. Créer un « comité antifasciste » relève aujourd'hui de la plus étrange des transgressions pour les universitaires de gauche ; assumer des options partisanes est la dernière des inélégances ; à la place, on préfère se dire « vigilant » face aux « usages publics » de l’histoire. Formulé avec de telles pincettes, l’engagement citoyen du CVUH ne prend pas trop de risque et s’assure sans trop de mal une tribune douillette où peuvent s’épancher tranquillement les belles remontrances de l’historien. De cette chaire au moins, le savant pourra toujours s’étourdir de fulminantes dénonciations et oublier son déracinement politique.
Historiens, encore un effort…

On n’en finirait pas en fait de décrypter tous les signes de cette conscience malheureuse de l’intelligentsia de gauche, où le moindre mot est un fardeau, la moindre opinion une mascarade d’engagement. Il n’y a qu’à considérer les pompeux euphémismes qui construisent le nom même du « comité de vigilance » pour deviner la nature profonde d’un engagement corporatiste à la fois criard et timide. Pourquoi au fond employer le terme vague d’« usages publics » de l’histoire ? Parce qu’une qualification plus précise de l’adversaire froisserait des esprits peu disposés au choix politique. Pourquoi se contente-t-on par ailleurs d’être « vigilant » alors que la question serait plutôt de savoir selon quoi et contre quoi on est « vigilant » ? La référence appuyée au lexique des mobilisations antifascistes de l’Entre-deux-guerres n’est ici que le paravent facile d’une association dépourvue de but politique et prisonnière d’une idéologie scientiste de substitution. Derrière la fracassante dénonciation de la « vague brune », il y a le vide.
Les débats « publics » sur l’histoire ont ceci de particulier qu’ils sont d’emblée mémoriels, idéologiques, donc intrinsèquement politiques. Il y a deux sortes d’intellectuels engagés dans cette mêlée : l’un, de mauvaise foi, choisit d’intervenir uniquement en tant qu’intellectuel professionnel, au nom de la vérité scientifique et d’une improbable morale publique ; l’autre, authentique, se défait provisoirement du manteau de son métier, oublie la troupe des collègues accrédités et s’engage, seul ou avec d’autres, dans la cité comme citoyen porteur d’une opinion, d’une mémoire et d’une interprétation du monde réfléchies et assumées. De ce point de vue, il est tragique de voir une certaine gauche universitaire se jeter en meute dans la controverse en croyant faire œuvre d’engagement, alors qu’elle ne fait que révéler le triste hébétement des âmes mortes de la cité.
Si enfin pour les historiens de « gauche » il est si néfaste d’écrire une histoire de France engagée, on peut se demander pourquoi la récente disparition d’Howard Zinn, auteur militant (si souvent isolé) d’une Histoire populaire des États-Unis, a reçu un écho si sensible en France[15]. Que nous raconte en effet le livre documenté, instruit et intelligent de l’historien américain sinon une histoire de gauche, qui s’assume comme telle ? A regarder le succès de librairie d’Howard Zinn[16] et l’impuissance du CVUH, on ne peut manquer de poser cette question simple : pourquoi la figure vraie de l’intellectuel engagé fait-elle aujourd’hui si peur à la gauche française ?

similaire:

Lettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire iconLettre ouverte aux honorables membres du comite de l’aern
«ou l’on verra qu’il n’en etait rien !», comme on l’écrivait jadis en tête de chapitre dans les romans pour enfants…

Lettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire iconLettre ouverte a m. Jacques Chirac, Président de la République française

Lettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire iconVérité/Littérature
«Ne craignons pas de dire la vérité.» Simplex sigillum veri «La simplicité est le sceau de la vérité. Vincit omnia veritas «La vérité...

Lettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire iconOrganisée par l’Association des Historiens du Cambodge
«Forum universitaire et historique» ayant pour but de faire connaître le passé du Cambodge, afin de contribuer à la paix, à la prospérité...

Lettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire iconDe la «nouvelle histoire» au post-sionisme
«La guerre de 1948 n’a jamais été un sujet de controverses […] Mais la boite de Pandore s’est ouverte, et les historiens israéliens,...

Lettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire iconLa recherche et l’exploitation d’information sur le produit ou le...
«Métiers de la relation aux clients et aux usagers» intervient dans les activités suivantes

Lettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire iconPrésentation
«La bivalence lettre-histoire, un objet aux contours flous ?» en s’appuyant sur l’histoire de l’enseignement professionnel

Lettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire iconLettre de diffusion N° 73 destinée aux équipes enseignant l'histoire des arts

Lettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire iconÉpitomé de L’histoire de la congrégation au vietnam

Lettre ouverte aux historiens «rénovateurs» et autres «usagers» de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire iconLettre ouverte à monsieur Raphaël Haroche
«Le patriote». Le message que vous y donnez est clair : vous méprisez la France, vous méprisez les Français. En voici quelques extraits...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com