La trace écrite en histoire





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date de publication08.11.2017
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La trace écrite en histoire  nicole.fraga@ac-nancy-metz.fr

L’organisation du cahier en histoire, tout comme l’enseignement de cette discipline, pose divers problèmes aux enseignants du cycle 3 :

  • que faut-il y faire figurer ? quelle place pour l’image ?

  • comment le structurer ?

  • quelles articulations prévoir entre le cahier et le manuel de l’élève ?

  • comment se mettre d’accord dans le cycle pour opérationnaliser des décisions pendant au moins 3 ans, alors qu’encore peu d’écoles affichent une progression partagée ?

  • comment trouver une économie de travail qui permette aux séances courtes de construire les apprentissages visés et de respecter la progression du cycle ?

  • une même organisation peut-elle être suffisamment souple pour correspondre à des démarches diversifiées ?

  • comment articuler enseignement de l’histoire et histoire des arts ?

  • etc.



La réflexion sur la forme du cahier n’est pas indépendante du fond : au travers des choix opérés, toutes les questions pédagogiques sont sous-jacentes et en fait, viennent nourrir les propositions d’organisation du cahier.
D’abord, il convient de réfléchir aux différentes fonctions que l’on peut assigner à cet outil de l’élève :

Cet outil de l’élève l’aide  à :

  • mémoriser les savoirs historiques construits en référence aux IO

  • rendre compte du chemin des apprentissages disciplinaires, mais aussi plus transversaux qu’ils soient méthodologiques (lire et interpréter un document) ou cognitifs (utiliser des outils comparatifs…)

  • initier à l’écriture et la lecture documentaires



Le premier objectif implique une organisation claire, une explicitation des mots de vocabulaire historique, une syntaxe accessible à l’élève où une phrase correspond le plus souvent à une idée essentielle, une synthèse qui mette en exergue les idées principales et leur articulation, une représentation du temps facile à mémoriser.

Fournir à l’élève un support clair de mémorisation des savoirs travaillés, c’est aussi garantir l’adhésion des parents au travail de la classe et leur reconnaître la possibilité d’un contrôle démocratique de la mise en œuvre des programmes nationaux.
Le second objectif renvoie à la nécessité de souligner, de valoriser l’activité intellectuelle de l’élève dans toutes ses formes : elle se présente sous la forme de tous ces écrits dits intermédiaires qui portent la trace de son activité cognitive. (essais de résumés, de lectures d’images, de textes, d’interprétation d’un schéma, d’un graphique, de lecture d’un tableau de données, d’écriture de listes, de conceptions de frises, etc.). Ces écrits que l’on trouve le plus souvent sur le bloc-notes de l’élève (ou son cahier de brouillon) ne sont pas à négliger : le fait de leur laisser une place dans le cahier montre à l’élève que l’attention est aussi portée à son cheminement intellectuel et pas seulement à l’aboutissement du travail. Ces écrits sont aussi pour l’enseignant le lieu d’un commentaire plus personnalisé sur les efforts réalisés, et surtout une formidable fenêtre sur la boîte noire de chaque élève, sur l’interface enseignement/apprentissage.
Leur accorder une place dans le cahier d’histoire, cela exige de bien les différencier des écrits-synthèses qui seront à mémoriser.

Au niveau de la lisibilité de l’école par les parents, on donne à voir les activités réalisées par les élèves dans leur diversité, le travail personnel d’appropriation des savoirs travaillés.
Le troisième objectif se fonde sur l’articulation, l’interaction lecture/écriture : on sait maintenant qu’écrire en respectant les codes d’un type d’écrit aide à mieux le lire ; et que la lecture attentive d’un type d’écrit aide à maîtriser les codes de son écriture.

Parvenir à une lecture efficace du manuel est un réel enjeu démocratique : dans de nombreuses familles, il y a peu ou pas de livres pour exercer une lecture intellectuelle, celle qui permet de construire des connaissances. Seuls les manuels sont à la disposition des enfants. Initier les élèves du cycle 3 à leur fonctionnement est donc une excellente propédeutique à la réussite de la scolarité en collège.

La lecture d’un manuel n’est pas chose aisée et recèle divers obstacles :

  • le paratexte qui comprend table des matières, chapitres, glossaire, références iconographiques, indications de fonctionnement du manuel, fonds de cartes historiques… exige une capacité de manipulation, de circulation particulière.

  • l’organisation de la double-page propose une structure souvent récurrente à laquelle il faut avoir été initié.

  • les textes sont de nature très diverses (documents, questions, légendes, leçon, lexique, titre et sous-titres…) et l’identification de l’auteur, de la fonction de chaque texte n’est pas chose aisée.

  • le tri entre documents-sources et reconstitutions pose problème aux élèves. A cela se rajoute pour les documents-sources, la concomitance ou non de la prise de vue avec l’événement.

  • les renvois sont nombreux entre les différents éléments de la double page, ou encore à d’autres pages du manuel

  • des codages divers (par exemple de difficulté des questions posées) rajoutent encore de la complexité à l’ensemble.



Quelques propositions d’organisation du cahier :

  • la page de garde porte quelques images emblématiques du programme d’histoire : l’objectif est de commencer à construire une approche de la discipline. (on pourra utiliser de vieux manuels pour découper des images intéressantes)

  • la double-page suivante est réservée au sommaire qui regroupe l’ensemble des leçons numérotées. Il est construit par avance par l’équipe des maîtres du cycle selon la programmation adoptée (linéaire, spiralaire ou mixte). Cette double-page peut faire l’objet d’un traitement en début de période pour annoncer les 5 ou 6 leçons d’histoire et d’histoire des arts prévues et mettre en parallèle les pages correspondantes du manuel de la classe.

  • la double-page suivante présente l’ensemble des cinq grandes périodes : elle présente une frise chronologique dite généraliste réalisée en début d’année. A chaque période, on pourra associer une image emblématique.

  • A chaque nouvelle période, une double-page sera réservée pour sa présentation

  • A la fin du cahier, on pourra prévoir quelques pages métacognitives : comment apprendre sa leçon ? Quelques règles pour construire une frise historique. Un document, qu’est-ce que c’est ? Comment lire une image ? Je vois, j’interprète, etc.


La double-page cahier grand format pour une séquence d’enseignement paraît être la bonne unité :


  • parce qu’elle renvoie à la configuration des livres documentaires dont les manuels font partie. Tout fonctionne sur la double page dans ces écrits.




  • parce qu’elle permet de rassembler différents types d’écrits, au statut très divers :

  1. Des frises : une générale en haut, une plus précise sur la période

  2. Une question initiale. Ex : que veulent les français en 1789 ?

  3. Une image emblématique de la période : un sans-culotte

  4. Un résumé du récit magistral quand l’enseignant l’a utilisé

  5. 3 documents maximum qui seront légendés, annotés, surlignés selon les demandes de l’enseignant.

  6. Des écrits intermédiaires sur papier jaune par exemple (listes, schémas, tableaux de comparaison, essais de lecture d’image (je vois, j’en déduis que…), des essais de définition, des questions avec les essais de réponse, un essai de synthèse intermédiaire…. Tout ce qui porte trace de l’activité des élèves

  7. Un glossaire des mots importants à retenir

  8. Une carte historique au besoin (la France de 1793)

  9. La synthèse de la séquence à retenir

  10. Une bibliographie proposée par l’enseignant pour inciter à lire les ouvrages de la BCD, de la médiathèque sur le sujet traité



  • parce qu’elle permet de déployer un certain nombre de codes facilitant l’accès à la lecture documentaire et organisant une présentation récurrente :

  1. l’habitude de construire un sommaire et donc de numéroter les leçons

  2. l’habitude des renvois grâce à l’astérisque et la note de bas de page (renvois au lexique, aux documents numérotés, à d’autres leçons, au cahier d’histoire des arts…)

  3. l’habitude de trier les documents proposés grâce à la couleur d’encadrement

  • en vert trait doublé , les documents –sources dont la prise de vue est contemporaine de l’événement

  • en vert, les documents-sources photographiés postérieurement

  • en rouge les documents reconstitutions.

  1. l’habitude de légender les documents : titre, nature de l’image, date, auteur, lieu où on peut voir le document source

  2. l’habitude de présenter la leçon avec une architecture particulière (titre et sous-titres, mots importants surlignés)

  3. l’habitude de produire des fiches-synthèses périodiquement car les concepts abordés serviront pour d’autres leçons


Exemple de fiche-synthèse : à l’issue de l’étude de la Révolution française :

FICHE-SYNTHESE :

après la révolution, des mots nouveaux pour parler d’un pays

Des régimes politiques


  • La monarchie absolue de droit divin : exemple Louis XIV. Le Roi, le Monarque, le Souverain a tous les pouvoirs. On pense que c’est dieu qui l’a choisi. L’aîné de ses enfants lui succèdera. Cette monarchie de droit divin correspond à ce qu’on appelle l’Ancien Régime.

  • La monarchie constitutionnelle : les pouvoirs du Roi sont limités par une constitution (grand texte qui organise les pouvoirs dans une société et précise les droits fondamentaux des citoyens). Le roi est le représentant de la Nation.

  • La République : c’est le contraire de la Monarchie. Les pouvoirs sont partagés, la fonction de chef ne se transmet pas aux enfants.



  • Des mots nouveaux pour désigner la France :


La Patrie : le patriote milite pour la reconnaissance de la Nation, il veut que tous les citoyens se mobilisent quand elle est en danger.

La Nation :

  • une communauté d’hommes de même langue, de même culture, de même histoire souhaitant vivre ensemble

  • une assemblée de citoyens : la somme de leurs volontés individuelles constitue la volonté nationale souveraine

Deux façons de changer les choses


  • faire des réformes : changer les choses par la loi

  • faire une révolution : changer les choses par la révolte


Voir documents 1 & 2 : «  organisation de la double-page »

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