Note pour le cabinet





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P.S : si on ne lui trouve place à Paris, ce qui me semble difficile, on pourrait l’envoyer au musée de Besançon, sa ville natale.

L’homonymie de deux artistes contemporains à l’origine d’une bévue journalistique (1904)

En 1904, décédait le peintre paysagiste Jan Monchablon de Châtillon-sur-Saône. La revue illustrée « Lorraine artiste » annonçait cette nouvelle en lui donnant le prénom de son homonyme, Alphonse Monchablon, alors beaucoup plus âgé que le décédé. Un rectificatif fut donc nécessaire :

« Un de nos amis nous fait observer que la note nécrologique que nous avons consacrée au peintre paysagiste Jan Monchablon est erronée, et qu’elle pourrait faire croire qu’il s’agit de Mr Alphonse Monchablon, qui est heureusement en pleine santé. Nous nous étions fiés aux indications d’un journal artistique de Paris, et c’est à lui qu’il faut attribuer les erreurs que la note en question contient. Nous reparlerons du peintre Jan Monchablon »

La vraie mort d’Alphonse Monchablon, trois ans plus tard, entraîna une nouvelle notice nécrologique, exacte celles-là….

Requiescant in Pace, les deux Monchablon ont bien mérité du monde des Arts..

BIOGRAPHIE ET OEUVRES PRINCIPALES D’ALPHONSE-XAVIER MONCHABLON

1835 : naissance à Avillers, près de Mirecourt. Fils de Jean-Nicolas Monchablon, instituteur, et de Victoire Monchablon, née Français. son épouse, Passe son enfance à Vincey puis Portieux.

Vers 1845 : placé comme apprenti, puis comme ouvrier, chez le lithographe et imprimeur Humbert de Mirecourt. Réalise ses premiers dessins et lithographies

1855 : part à Paris, entre à l’Ecole des Beaux Arts, en bénéficiant d’un pécule du Conseil Général et de la Société d’Emulation des Vosges, et de l’appui de Marin Malgras. Elève des peintres d’histoire Gleyre et Cornu.

1857-1859 : son père, Jean-Nicolas, a de sérieux démêlés avec les maires des communes où il enseigne (Vincey, Portieux), avec le Sous Préfet de Mirecourt et avec l’Inspecteur d’Académie.

1860 : reçoit le prix de la tête d’expression décerné par l’Académie des Beaux Arts pour « la Terreur » (Caïn entend la voix de Dieu).

1862 : portrait du sculpteur Hiolle.

1863 : après avoir réalisé de nombreuses études et toiles (« la punition de Jonas », « la découverte du tombeau de Théocrite » entre autres), présente son grand tableau « Joseph reconnu par ses frères », ce qui lui vaut le deuxième grand prix de Rome, et son départ pour la Villa Médicis.

1863-1868 : séjour à Rome, où il reçoit un premier prix et où il perfectionne son art (« Vision d’Ezechiel »), et d’où il envoie « la mort de Moïse ». Cette toile est la première du peintre à être accrochée au Salon des artistes de Paris (1869).

1870 : chute du IIe Empire. «Monchablon est enlevé à ses pinceaux par la guerre » (participe à la Défense Nationale sous l’uniforme).

1870-1876 : avènement de la IIIe République et période « d’ordre moral » (1873-1876). Monchablon s’adonne à la peinture religieuse (« la Sainte Famille » pour l’église Saint-Nicolas des champs », « Salvator Mundi » en 1875, tableau acheté par l’Etat, « Jeanne d’Arc à Orléans », actuellement au musée de Chalons en Champagne) etc.. Ce genre lui vaut de nombreuses critiques. A alors son atelier à côté de l’église Saint Germain des Prés.

1874 : portrait de Boulay de la Meurthe, ami de Marin Malgras.

1880 : expose au Salon son « Victor Hugo à Guernesey » (actuellement au musée d’Epinal).

1882 : « Odalisque turque ».

1880-i887 : réalise des grandes fresques historiques, œuvres de commande (« les Saints de la Vôge », pour la chapelle de la Hutte, avec le patronage des Vosgiens de Paris, actuellement au musée d’Hennezel, « les hommes illustres de la Lorraine », pour l’hémicycle de l’Université de Nancy, actuellement dans une cave, « les hommes illustres des Vosges », actuellement dans les réserves du musée d’Epinal).

1889 : médaille aux Etats-Unis.

1882-1900 : se perfectionne et se spécialise dans l’art du portrait (« Louis Buffet », « François-Théodore Legras », « Corrine Malgras », « Jules Méline », « Savorgnan de Brazza », « le Père Balme » etc.), soit d’après nature, soit sur photo ou gravure. Donne aussi dans le genre coquin avec « Jeunes femmes au chaton ». Tableau du Christ triomphant du paganisme, actuellement au musée Charles de Bruyères de Remiremont (1893).

1896 : grand et célèbre tableau « Monseigneur Turinaz prêchant à Saint-Privat pour le 25e anniversaire de la bataille » (propriété de l’évêché de Nancy). Alphonse Monchablon utilise désormais, et très souvent, le thème revanchard ( Alliance franco-russe, provinces perdues).

1897 : chevalier de la Légion d’Honneur. Habite alors rue Pergolèse à Paris.

1900 : médaille d’argent au Salon (faisant suite aux médailles de 1869, 1874, etc.). En 1903, décès de l’épouse du peintre.

1900-1907 : le peintre est inspiré par d’autres formes artistiques (paysages, gravures), et marqué par le symbolisme (Aimé Morot, Gustave Moreau).

1907 : décès à Paris. Inhumé au cimetière de Montparnasse.

EDOUARD MONCHABLON (1879-1914), LE DIGNE FILS DE SON PERE

Formé dans l’atelier paternel, et sans doute collaborateur de son père, Edouard ne pouvait que suivre la voie suggérée, voire tracée. Peintre de très grand talent, il ne donne

XAVIER-ALPHONSE MONCHABLON (1835-1907), UN PEINTRE PROFONDEMENT ENRACINE DANS SON EPOQUE

Le destin de ce fils d’instituteur vosgien fut celle d’un fils du Second Empire moulé dans la IIIe République, et teinté d’un académisme très conservateur. Peintre de fresques historiques à personnages, il utilisa son séjour à Rome pour se perfectionner dans ce genre, ce qui ne lui valut pas que des éloges : critiques et sarcasmes jalonnèrent sa période de « peintre d’histoire ». Mais, à l’instar de Léon Bonnat, il donna le meilleur de lui-même dans les portraits, pleins de finesse et de véracité. Le grand barbu, à allure de prophète, fut marqué par son temps, mais le fixa tout autant. Pourquoi une exposition Monchablon au musée d’Hennezel ? Pour réaliser une « première » pour ce « vosgien apparemment célèbre » : cette très modeste rétrospective est en même temps une petite somme, jusqu’à présent unique, sur un homme finalement peu connu. Mais aussi parce que Saône lorraine, qui a en dépôt la grande toile « les Saints de la Vosge » (classée M.H. et exposée au deuxième étage), entend bien la faire restaurer dans les années à venir, avec le concours d’admirateurs, d’intervenants institutionnels et de donateurs.

HENRI POIRIER

CHERCHEUR ET PREMIER BIOGRAPHE DE MONCHABLON

Beaucoup de documents présentés ici sont dus aux patientes recherches d’Henri Poirier : les feuilles manuscrites sont marquées de son écriture élégante, et les éléments sur la famille de Xavier-Alphonse (généalogiques, pédagogiques) découlent de ses rigoureuses investigations menées à la demande de Saône lorraine il y a plus de dix ans.

Natif d’Hennezel, retiré à Rupt-sur-Moselle, cet enseignant de grande valeur, participa activement aux projets et publications de nombreuses associations culturelles auxquelles il était attaché (Société d’histoire de Remiremont, Saône lorraine). En collaboration, il réalisa et signa une belle brochure sur « Legras, maître verrier des Vosges », fruit de nombreuses recherches menées à Epinal, Saint-Denis et Paris, et prélude au grand livre sur le même Legras édité par Saône lorraine en 2003.

Chercheur, auteur, érudit, Henri Poirier fut un homme de rigueur et de discrétion. Sa disparition fut une perte pour le monde culturel vosgien.

Cette exposition n’aurait pu être réalisée sans le concours, sous forme d’aide, de prêts ou de dons de tableaux, ou de subventions de :

-la municipalité d’Hennezel

-du musée Maurice Noël de Saint-Dié des Vosges

-la Commune d’Affracourt, avec autorisation de Mademoiselle Malgras de Nancy

-Monsieur Gérard Monchablon et son épouse

-Monsieur Bernard Puton

-des bénévoles de l’association Saône lorraine- recherches et écrits : J.F. Michel (avec appui partiel sur les recherches d’Henri Poirier). Merci à tous, qui par leur générosité contribuent à faire connaître et apprécier le nom et le talent de Xavier-Alphonse Monchablon

LOUIS BUFFET

(Mirecourt 1818-Paris 1898)

Avocat, fils d’un ancien officier devenu maire de Mirecourt, il se lança rapidement dans la politique, tentant de faire prévaloir ses idées conservatrices, voire réactionnaires. Député à la constituante en avril 1848, il se rallia sans enthousiasme au Président Louis-Napoléon, dont il devint un éphémère ministre. Hostile au coup d’Etat du 2 décembre 1851, et brièvement emprisonné à cause de cela, il manifesta toujours son hostilité viscérale au IIe Empire et aux Bonaparte. Elu député de l’opposition en 1864, et réélu en 1869, il fut (brièvement toujours) ministre des finances dans le cabinet Emile Ollivier. Il démissionna par hostilité au dernier plébiscite de Napoléon III. Député à la constituante en 1871, président de l’assemblée (1873-1875), il fut ministre de l’intérieur et bras droit du président de la République Patrice de Mac-Mahon, qu’il seconda dans la présidence du conseil (vice-président du conseil de 1875 à février 1876) et dans sa politique « d’ordre moral ». Sévèrement battu aux élections législatives de 1876, il fut nommé sénateur inamovible, et s’effaça progressivement de la vie politique.

LE TABLEAU DE LOUIS BUFFET PAR ALPHONSE MONCHABLON

Musée de Versailles

Ce tableau de 1887 a été peint au soir de la vie du sénateur inamovible. Assis sur un fauteuil de bureau, avec son noble visage faisant penser à celui de Richard Wagner, Louis Buffet pose de trois quarts, l’index derrière l’oreille, dans une attitude d’écoute et de réflexion. Ce portrait plein de vérité et de simplicité peut être considéré comme « du grand Monchablon ».

Conservateur, naviguant entre le royalisme légitimiste et orléaniste, Louis Buffet fut un compatriote du peintre à tous les sens du terme. Les deux hommes étaient nés, à dix-sept ans d’intervalle, dans le même terroir (Mirecourt est à faible distance d’Avillers).

Alphonse Monchablon partageait-il les idées de Louis Buffet ? On pourrait répondre par l’affirmative, mais aussi ajouter que la politique n’était pas son problème ni sa carrière. Il faut toutefois rappeler qu’il reçut beaucoup de commandes officielles sous la période « d’ordre moral » (1873-1876), donc certainement avec l’appui de Louis Buffet, « vice-président du conseil des ministres » et ami du peintre.

FRANCOIS-THEODORE LEGRAS

(Claudon 1839 - Paris 1916)

Un vosgien célèbre dans le Parnasse des verriers d’art et des industriels lorrains

Est-il besoin de présenter ou de rappeler les jalons de la carrière éblouissante de cet enfant du peuple devenu « l’Empereur » de St. Denis et du verre peint ou gravé, des bouteilles à sujet et des vases aux formes et couleurs si originales ? Saône lorraine a fait du musée d’Hennezel-Clairey le conservatoire de son nom et de ses œuvres . Henri Poirier d’abord, dans une brochure écrite des recherches très fouillées, un groupe de passionnés ensuite (J.F. et M.F. Michel, J. et D. Vitrat, N. Fouchet, B. Delemontey) dans une superbe publication aujourd’hui épuisée, ont offert au public et aux amateurs un beau panorama de sa vie et de ses œuvres. Ce grand livre sur F.T. Legras va être prochainement refondu et réédité (souscription possible auprès du responsable de cette salle avec chèque à Saône lorraine à déposer). Si le sérieux de ces recherches et synthèses fait maintenant autorité, il faut déplorer que des publications dites sérieuses sur le verre lorrain font encore actuellement état du prénom erroné « d’Auguste » Legras.

MONCHABLON ET LEGRAS

Des talents vosgiens dans la capitale

Ce beau tableau date de 1892, année encore féconde pour la palette du portraitiste. Le maître de Saint-Denis a alors 53 ans, quatre de moins que le peintre. Avec ses favoris clairs et ses cheveux toujours foncés, l’industriel regarde avec fierté et bonhomie son vis-à vis : tout respire le notable satisfait de sa réussite, le « self-made-men » de la IIIe République parvenu, à la force du poignet et du travail, à l’âge serein et mur.

On peut imaginer que François-Théodore vint poser dans l’atelier de Xavier-Alphonse, rue Copernic. Mais il faut surtout penser que les deux hommes devaient souvent se retrouver dans les réunions et les banquets de l’association des Vosgiens de Paris, présidée alors par Paul Rodier, le maître de forges légitimiste de la Hutte. La Grande Catherine, La Hutte, le pays de Mirecourt, les réseaux d’amis et de familles : les conversations devant et derrière le chevalet ne devaient pas manquer…

LIANE DE POUGY

(La Flèche 1869-Lausanne 1950)

La deuxième Eve lavallière

A la fois danseuse, actrice, auteur, mais surtout courtisane, Anne-Marie Chassaigne prit le pseudonyme de Liane de Pougy à l’aube de ses 20 ans.

Après une éducation religieuse stricte, elle épousa J.A.H .Pourpe, lieutenant de vaisseau, qui se révéla un mari violent : le mariage finit par un divorce. Collectionnant alors les amants des deux sexes, elle fut engagée aux Folies Bergères, et monta épisodiquement sur les planches. Sa rivalité avec la belle Otéro défraya les chroniques, de même que sa liaison amoureuse avec l’écrivain Natalie Barney, qui avait fait l’apologie du saphisme. Elle épousa finalement le prince roumain Ghika, mais le couple connut un destin orageux et des relations difficiles. Devenue veuve en 1945, la « princesse Ghika » se convertit à une vie d’austérité, entra dans le Tiers-Ordre de Saint-Dominique, et finit sa vie dans la prière à Lausanne. La similitude avec la vie d’Eve Lavallière (1866-1929) est frappante : une courtisane scandaleuse devenue ange repentant…

LIANE DE POUGY SUR LA SCENE

Alphonse Monchablon « à son ami Pougy »

Qui, quoi, pourquoi, comment ?

Par cette énigmatique dédicace « à son ami Pougy », Xavier-Alphonse veut sans aucun doute faire de cette (relativement) petite toile de 1891, une allusion, un souvenir. A cette époque, Liane a 22 ans et laisse quelquefois les Folies Bergères pour monter sur scène et jouer un rôle. Sur le tableau, elle n’est pas cette femme couronnée, mais elle joue un rôle masculin, couchée au côté de cette reine de tragi-comédie, dans un costume Renaissance de page. Ainsi donc, par un clin d’œil complice, Monchablon voulut immortaliser un moment marquant l’ayant impliqué de même que son « ami » au féminin. Pourquoi cette peinture insolite ? A force de questions, on peut même se demander si le peintre n’entretenait avec Liane de Pougy que des relations « d’amitié » ou si, à l’instar d’Henri Meilhac (ou de certains peintres qu’elle eus pour amants épisodiques), « il ne courtisa pas la courtisane ». Officiellement, le peintre semblait bon époux et bon père de famille.

PIERRE SAVORGNAN DE BRAZZA
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