O. Golliard Lycée J. Ferry





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O.Golliard

Lycée J.Ferry

Conflans ste Honorine


Guy Môquet, la Résistance, les mémoires
1° Les programmes officiels et la circulaire pour la lecture de la lettre de G.Moquet.

L’enseignant  ne part pas « de rien » avec les élèves de seconde et peut se référer aux programmes de troisième :

- La Seconde Guerre mondiale : « les phases militaires de la guerre sont analysées à partir de cartes. L'étude de l'Europe sous la domination nazie conduit à décrire les formes de l'occupation, la politique d'extermination des Juifs et des Tziganes et à définir collaborations et résistances. Une place particulière est faite à l'histoire de la France : analyse du régime de Vichy, rôle de la France libre et de la Résistance. Le bilan de la guerre conduit enfin à en évaluer les conséquences politiques, matérielles et morales et à expliquer la naissance de l'ONU ».
Il est indispensable d’intégrer la lecture de la lettre dans les programmes de lycée.

1ère ES/L/S- Guerres, démocraties et totalitarismes (1914-1945) :

« La France dans la Seconde Guerre mondiale L'étude de la France, de l'armistice à la Libération, permet d'analyser le rôle du régime de Vichy, les différentes formes de collaboration, les composantes et l'action de la Résistance intérieure et de la France libre ».

Terminales ES/L : Bilan et mémoires de la Seconde Guerre mondiale

« Après avoir étudié les conséquences du conflit dans l'immédiat après-guerre - sans se limiter aux pertes humaines et aux destructions matérielles -, on présente l'émergence de différentes mémoires de la période de la guerre au sein de la société française ».

Premières STG en tant que sujet d’étude : l’année 1940.

« Au-delà de l’armistice, le choix entre acceptation, collaboration et résistance, met en jeu les valeurs qui fondent la démocratie »
2° La circulaire et le dossier pédagogique proposé par le ministère de l’Education nationale
3° La lettre et les pistes pédagogiques proposées par les académies

4° Les circonstances de l’arrestation de G.Moquet à Paris
5° Le témoignage pendant le cours d’histoire. Quelques principes doivent accompagner le témoignage d’anciens résistants ou combattants devant les élèves : le témoin témoigne, le professeur fait de l’histoire avec les élèves : les rôles sont ainsi distribués.

Dans le prolongement des réflexions de Dominique Borne sur l’enseignement du génocide, l’enseignant ne peut se contenter du seul témoignage. Un accord sur la durée, le contenu, la tonalité de l’intervention doit au préalable guider ce moment, qui ne peut se refermer dès le témoignage terminé. Un témoin peut être aussi contredit.

Un travail en amont et en aval sur le témoignage en histoire est indispensable. A.Wieviorka écrivait ainsi dans le cadre de l’APHG de Caen en 1998 « Les historiens s’intéressent aux hommes mais l’histoire ne peut jamais se réduire aux témoins.
Il faut qu’il y ait un cours pédagogique, quelque chose qui donne une explication historique que le témoin ne possède pas en dehors de son propre vécu. (…) Mais jamais il ne doit y avoir de substitution du  témoin et de l’historien
 ».

Car en réalité, c’est bien l’historien qui « fait mémoire », dans le sens où c’est lui qui interroge la « mémoire vive » du passé et qui ouvre des « fichiers temporels » qui ont des épaisseurs variées. Il n’est pas donc inutile de « mettre à distance » les impératifs de mémoire, les commémorations et le « devoir de mémoire » pour s’attacher au « devoir d’histoire ».

La lecture de la lettre de G.Môquet est l’occasion de faire mesurer aux élèves, non le poids de son « sacrifice », qu’il ne pouvait deviner en octobre 1940, mais le poids de la responsabilité qui pèse sur chaque citoyen : responsabilité que P.Ricoeur situe dans une éthique et qui constitue la seule « dette » des générations présentes à l’égard des générations passées. G.Môquet témoigne ainsi d’une « expérience individuelle d’un destin collectif » (D.Borne), la Résistance, dont les caractères épique et légendaire, soulignés par L.Douzou, sont compatibles avec le travail de l’historien.
6° Brève chronologie des mémoires de la Résistance :


  1. Le mythe pour reconstruire la France

A la Libération, le régime de « l’Etat français » est délégitimé par le général de Gaulle qui proclame l'identification de la nation et de la Résistance. Est alors véhiculée une lecture résistancialiste de la période de la guerre, une « histoire pieuse » (Azéma), épique dans une « phase de deuil » mais aussi, qui construit une phase « lumineuse » pour retrouver une unité nationale perdue.

Les deux grands acteurs de la libération et les pôles principaux de la mémoire du moment, les gaullistes et le Parti communiste, s’unissent pour imposer l’image d’une France majoritairement résistante irriguant une sorte d’amnésie de la mémoire officielle et collective. Dans cette construction, il fallait que les Résistants « s’y reconnaissent » selon l’expression de Lucie Aubrac.


  1. L’éclatement des mémoires (1947- 1954)

La période marque la fin de l’unité résistancialiste. On assiste en effet à ce phénomène que des « batailles pour la mémoires » dans le contexte de guerre froide. C’est à ce moment, selon P.Buton, qu’apparaît la légende noire de l'épuration sauvage apparaît. La rupture est alors consommée entre la mémoire résistante gaulliste incarnée par un chef charismatique (de Gaulle) et la mémoire du « parti des 75000 fusillés » (le PCF). Cette bipolarisation mémorielle permet le retour de la droite discréditée et de la mémoire vichyssoise. Le PCF interdit toute évocation du Traité germano-soviétique et met en valeur les persécutions dont il a fait l’objet dès 1939. Son appel du 10 juillet 1940, rédigé par M.Thorez et J.Duclos, est présenté par le parti comme le début de la Résistance des communistes.


  1. Le triomphe d’une mémoire gaullienne (1955- 1969)

La troisième période est une phase d’émergence d’une mémoire officielle gaullienne (1955- 1969). La France rentre alors dans un résistancialisme qui minore le poids de l’Etat Français et le général De Gaulle impose alors selon Robert Frank l'hégémonie unifiante de la « mémoire gaullienne » d’une France entièrement résistante.

Le moment fort de cette mémoire officielle gaullienne est la « panthéonisation » de Jean Moulin le 19 décembre 1964, où, dans son discours, André Malraux glorifiant tout à la fois de Gaulle et Jean Moulin, béatifie l’unité résistante. Le mythe gaullien selon H.Rousso « rachète une faute collective ».


  1. La fin des mythes (1969 à nos jours)

La dernière phase, selon la formule de Robert Franck, correspond « au retour du passé refoulé » (1969 à nos jours). Les historiens analyse cette période en empruntant aux catégories de la psychanalyse. En 1971, le film de Marcel Orphuls, Le chagrin et la pitié, (J.P Bresson, ORTF dira que « le film détruit les mythes dont les Français ont encore besoin ») qui ne sera diffusé à la TV qu’en 1981 (film médiocre selon H.Michel) brise le miroir tendu AUX Français depuis 1945. D’autres œuvres contribuent à la fin des mythes tandis que le « moment Paxton » marque, du point de vue scientifique, cette déconstruction.

Les années 1980-1990 voient de nombreuses polémiques et règlements de compte à distance se produire et connaît un moment fort où les rapports histoire/mémoire se télescopent avec la Table ronde autour des époux Aubrac en 1997.

Après une longue période de gestation, à partir de 1995, les gouvernements successifs de droite comme de gauche, reconnaissent la responsabilité et la complicité de l'Etat français dans la mise en œuvre du génocide par les nazis.

À partir de 1995, Jacques Chirac rompt avec la tradition gaulliste et se rapproche de la vérité historique en reconnaissant progressivement la responsabilité française. Ce n’est pas seulement mémoire des victimes mais aussi celle de l’Etat, de l’administration, de toute une société qui est sous les projecteurs et intéressent les historiens. Le discours de 1995 suscite par ailleurs de vifs débats au sein des résistants.
Tout ceci altère quelque peu la vision irénique et idyllique d’une Résistance unie et héroïque que la mémoire nationale a pieusement entretenue et rappelle que cette résistance a été non seulement plurielle, mais aussi divisée, parfois violemment, remettant au premier plan les anciennes rivalités entre mouvements de résistance et résistance intérieure et extérieure. La dimension « résistante » de G.Môquet est toujours l’objet d’usages politiques de cette mémoire.

Du passé non assumé à la reconnaissance des crimes de Vichy, la France malade de son passé a peu à peu, depuis 1945, réalisé une thérapie de sa mémoire.

Mais, d’autres enjeux ressurgissent démontrant selon les termes de l’historien R. Frank que la« France à encore mal à sa seconde Guerre Mondiale ».

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