Avant propos aux Neuvièmes Rencontres de La Durance





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III. La ségrégation dans la ville




  1. A Sydney, une ségrégation multiscalaire

a. Discrimination et racisme à Sydney

Le racisme est une des principales sources de discrimination et donc de ségrégation en Australie et plus encore à Sydney. Même si le racisme est une évidence moins concrète qu’il y a une trentaine d’années, il n’en demeure pas moins réel. Le sentiment anti-musulman est très important, et il existe une persistance de l’intolérance des populations juives, asiatiques et aborigènes, bref tout ce qui n’est pas Blanc chrétien.

La majorité des Australiens reconnaît ce problème de racisme, et presque la moitié d’entre eux, reconnaît les privilèges culturels que le racisme a toujours accordé – et accorde toujours – aux Blancs106.

De nombreux chercheurs sur la question du racisme ont montré que l’idéologie du nationalisme – du sentiment d’appartenir à une nation – est très importante pour comprendre le racisme107. (Hage 1998, Goodall et al. 1994).

Le racisme est à mettre en lien avec le discours dominant sur ce qu’est la nation, et qui est considéré comme appartenant à cette nation, et revient à poser la question « Qu’est-ce qu’un Australien ? »

45 % des Australiens pensent, à ce titre, que la nation australienne est affaiblie par les populations d’origines ethniques différentes. De même, il est communément admis, qu’il existe un privilège du Blanc perceptible dans le style de vie et la manière d’ « habiter » l’espace.

La majorité de la population australienne est convaincue que l’humanité est divisée en plusieurs races, seulement 12 % d’entre eux estiment qu’il existe une hiérarchie entre les différentes races.

Le simple fait de reconnaître qu’il existe plusieurs races concrétise la différenciation entre les Blancs et les Autres, et la discrimination raciale et spatiale qui en découle.

Selon Barbara Glowkzewski108, l’Australie est redevenue une société raciste. Prenons par exemple Ten Canoes, un film au casting entièrement aborigène, dont le narrateur est David Gulpilil qui vient de la Terre d’Arnhem. Acteur très célèbre qui a joué à Hollywood et dans de grands films, il vit aujourd’hui souvent dans la rue, et va régulièrement en prison pour ivresse. Son fils, Jamie Gulpilil, est le jeune héros de Ten Canoes qui a reçu un prix à Cannes et en Australie, mais il a été tabassé par trois Blancs à Darwin.

« Quoi que vous fassiez, surtout si vous êtes foncé de peau, vous serez traité, en Australie, sous un régime d’apartheid. Vous n’êtes jamais à l’abri. Pendant dix ans, le discours portait une sorte de culpabilité ambiante, et d’empathie que certains ressentaient à l’égard des Aborigènes, en essayant de définir en miroir vis-à-vis d’eux leur propre identité d’Australiens.Tout cela est fini. Il n’y a pas qu’en Australie que cela se passe. Mais en Australie c’est particulièrement dur en ce moment : on revient à une espèce de populisme hostile à toute altérité. »109

Alors que le racisme existe de partout, il est de partout différent. Cette variété des formes de racisme est à mettre en relation avec la construction culturelle de chaque territoire d’Australie, avec les différents besoins et ressources des groupes culturels dans chaque lieu, et avec les diverses tensions existant dans chaque localité.

Il existe alors une opposition simple mais réelle entre le milieu urbain et rural, ce qui renvoie à la traditionnelle dichotomie australienne « Ville / Bush » souvent mise en avant dans les médias et les débats politiques. Cependant, de nombreuses zones rurales sont moins racistes que certaines parties des centres des métropoles. Aussi, les espaces considérés comme les plus racistes sont situés dans le centre de Sydney. Ceci est à mettre en relation avec la forte concentration de divers groupes ethniques dans la principale métropole australienne.

b. Western Sydney contre « Sydney la Blanche »

Les projecteurs ont été fixés pendant – et depuis – les J.O de 2000 sur Sydney mais surtout sur son pont, le Harbour Bridge, son port, son opéra, son CBD (« downtown ») et ses plages (Bondi beach). Les télévisions du monde entier ont ainsi montré des images d’une métropole magnifique et en pleine réussite : c’est le Sydney des plages, les quartiers résidentiels de l’Est et le CBD autour du port. Cette focalisation sur ces espaces de loisirs comme d’affaires (pôles de Sydney) est légitime et donne à Sydney une véritable beauté physique, celle d’une ville idéale. Cependant, une clé de compréhension essentielle de la métropole est omise : les gens qui l’habitent.

Sydney a été la porte d’entrée de l’immigration internationale en Australie. Les populations issues des différentes vagues d’immigration se sont installées à l’Ouest et au sud de la métropole. Pour cette raison, il existe un autre Sydney, « western Sydney » - ou plus précisément l’ouest et le sud-ouest de Sydney – qui abrite la majorité de la population de Sydney.

Cette zone occidentale peut être considérée comme un ailleurs par rapport à l’hypercentre de la métropole, et ses habitants comme les Autres, c’est-à-dire, les plus pauvres, les plus marginalisés110.

De fait, Sydney a très tôt tourné le dos à cet ouest – synonyme de bush – pour regarder vers l’océan et développer son interface maritime autour du port.

La banlieue ouest a été construite le long de la ligne de chemin de fer, per des ouvriers et des familles issues des différentes vagues d’immigration.

Plus tard, alors que la métropole s’étalait vers les Blue Mountains à l’Ouest, les enfants de ces familles d’ouvriers, devenus des cols blancs, peuplaient cette lointaine périphérie pavillonnaire.

Aujourd’hui, une des grandes caractéristiques de ce grand Ouest, est sa grande diversité sociale et culturelle. Cependant, cette congruence entraîne diversité ethnique et diversité sociale (des chômeurs aux cols blancs) et dessine un territoire complexe et cosmopolite, en opposition à un centre et une façade Est, vitrines de la métropole.

Pays de naissance Nombre d’habitants (en 2005)

Australie

2 454 424 (dont Aborigènes = 20 000)


Royaume Uni

183 991


Chine

82 029


Nouvelle-Zélande

81 963


Viet Nam

61 423


Liban

52 008


Italie

48 900


Hong Kong

36 039


Indie

34 503


Grèce

33 688


Sydney (pop 4 millions) a le 7e taux le plus élevé de population née à l’étranger du monde.
La métropole de Sydney, port d’entrée de l’Australie a vu se créer de nombreux « ethnoburbs »111 au cours des différentes vagues de migration internationale. Ce statut, cette position fait de Sydney une métropole très diversifiée au niveau de sa composition sociale et ethnique. Dans sa majorité, la population issue de l’immigration réside dans le Western Sydney, il s’agit cependant d’un phénomène très complexe :

Par exemple, la Communauté chinoise de Sydney se caractérise par une grande diversité en termes de classe sociale, de niveau d’étude, ainsi qu’au niveau du type d’immigration (permanente ou temporaire).

Un migrant chinois arrivant à Sydney peut être un millionnaire en provenance de Hong Kong ou Taïwan, un ouvrier qualifié de la Chine de l’intérieur, de Malaisie ou de Singapour, un étudiant, ou encore un migrant non qualifié qui va être employé dans un restaurant chinois pour faire la plonge. Ils vont, chacun d’entre eux, gagner des sommes très différentes, vivre dans des territoires aux quatre coins de Sydney et « habiter » aussi différemment la métropole.

Une grande partie de la population ouvrière de Sydney vit à l’ouest, la plupart des personnes sans emploi également, ce qui explique qu’une grande part de la pauvreté de Sydney est dans ces quartiers. Les minorités aborigènes – Eora et Dharug – comme les minorités immigrées peuplent ce grand ouest et pose la question de la ghettoïsation ethnique.

Selon Jock Collins, il n’existe pas de ghettos ethniques à Sydney puisque cette périphérie abrite une grande diversité de groupes culturels plutôt qu’un groupe dominant. En revanche certains espaces semblent s’être « spécialisés », et sont de même associés à un ou deux groupes ethniques :

- little Italy à Leichhardt

- Little Korea à Campsie

- Little Saïgon à Bankstown

- minorité turque essentiellement regroupée à Auburn et à Lidcombe

- minorité libanaise vers Lakemba et Punchbowl

Cette grande diversité culturelle est pourtant simplifiée à l’extrême dans les représentations qu’ont les citadins de cet espace occidental. Des stéréotypes (quartiers à problèmes, pénétration des trafics de drogue, insécurité, racisme anti-blanc, chômage…) sont appuyés par l’image que peuvent en donner les médias lors des reportages réalisés sur ces territoires. Tout ceci contribue à la marginalisation et à une mise à distance mentale des habitants de cet espace. Par exemple, Parramatta est un quartier situé à 5 km à l’ouest du CBD, mais les méthodes d’évitement utilisées pour ce quartier qui jouit d’une mauvaise image – notamment du fait de la concentration d’une minorité aborigène – en font un quartier lointain.

Nous sommes donc ici en présence d’une ségrégation de l’espace du fait de la discrimination et de la distanciation sociale et mentale qui existe, tandis que la distance spatiale n’est pas ici une clé de compréhension.

Western Sydney et peuplé par de nombreux Aborigènes. Certains venaient de quartiers plus centraux comme Redfern, d'autres fuyaient la misère et le racisme du Bush plus rural, grossissant ainsi l'exode rural des années 60 et 70 pour participer à l'explosion de la métropole et son extension spatiale vers l'ouest.

Très tôt s'est posé le problème du logement. Les Aborigènes s'entassaient dans des logements en voie de précarisation (3 fois plus d'Aborigènes par pièce que le reste de la population).

Devant l'afflux croissant de ces populations indigènes vers Sydney, les autorités du New South Wales firent construire des lotissements (des îlots) pour les accueillir, surtout après 1969, date de mise en place du « Plan de logement pour les Aborigènes ». Ainsi plusieurs quartiers mono-ethniques sortirent de terre dans la périphérie occidentale de Sydney:

Mont Druitt, Parramatta oust, Green Valley, Liverpool, Campbelltown ou encore Blacktown.

Il restait cependant très difficile de se loger à Sydney quand on était Aborigène. Les plus chanceux, ceux qui arrivaient à obtenir les rares logements réservés, ne se sentaient pas pour autant libérés des pressions et des contrôles qu'ils avaient fuit. Certains avaient déjà alors déjà vécu dans des réserves aborigènes passées entre les mains des autorités fédérales en 1969. Le contrôle et la surveillance se poursuivaient ainsi dans ces nouveaux lotissements sous autorité blanche. De plus, les appartements étaient proposés pour des couples avec enfants, selon le modèle de la famille nucléaire européenne. Il fallait donc remplir cette condition pour être éligible à cette forme de HLM ethnique.

Cette forme d'habiter entrait en contradiction avec les pratiques aborigènes, et participaient d'une forme ambigüe d'assimilation. Il s'agissait pour les indigènes de rompre avec leurs habitudes communautaires qui reposaient sur des réseaux élargis (la famille atteint en moyenne une centaine de personnes) et sur le mode de vie clanique.

Certains ont réussi à adopter ce nouveau style de vie, au risque de rompre les liens avec leur communauté d'origine, d'autres furent incapables de réaliser ces sacrifices culturels qu'on leur imposait.

Cependant, la demande de logement aborigène à Sydney était très importante, car la tendance était à l'urbanisation de cette population (pour diverses raisons: fuite de la misère, dépossession de terres, perte de repères, générations volées, d'autres rejoignaient les membres de leur clan déjà installés en ville).

En 1966, 27 % de la population indigène vivait en milieu urbain, 30 ans plus tard, la tendance s'était inversée avec seulement 27 % d'aborigènes vivant ailleurs qu'en ville. D'après le dernier recensement de 2006 ce chiffre reste stable. Il faut manipuler ces pourcentages avec précaution, car ces chiffres prennent en compte les résidents et non les « squatteurs », ou les occupations « claniques » de logements.

Les politiques de logement pour Aborigènes menées par la municipalité de Sydney et les gouvernements successifs du NSW112 dans le Western Sydney, ainsi que les liens de solidarité créés à l'intérieur de ces quartiers ethniques, ont accentué la coupure Est/Ouest qui existait entre une Sydney blanche à l'Est et une Sydney multiculturelle et plus pauvre à l'Ouest. De fait, Western Sydney a une concentration d'Aborigènes deux fois plus importante que dans le reste de la métropole. Le dernier recensement révélait que 1,25 % de la population du Grand Ouest est aborigène contre 0,6 % ailleurs dans Sydney – dont une concentration importante à Redfern, dans le Block.

Les concentrations les plus importantes sont à Blacktown et Campbelltown avec 2,2 % chacun. Ces chiffres peuvent paraître faibles, mais il ne faut pas oublier deux points :

- La faible population aborigène australienne totale à peine supérieure à 300 000 habitants en 2006, la population totale indigène du Grand Ouest était de 19 809 personnes.

- La forte concentration de ces populations : ces quartiers sont exclusivement peuplés d'indigènes, au voisinage des ethnoburbs chinois, vietnamiens ou libanais. On peut parler de ghettos indigènes en proie à de nombreux maux que les médias s'empressent de mettre en avant.

De plus ces pourcentages ne prennent pas en compte les résidents « illicites », c'est-à-dire ceux qui squattent des logements inoccupés ou non : les Aborigènes n'ayant nulle part où se loger se rendent dans les zones où ils ont de la famille ou des relations (originaires de la même communauté) et s'installent chez eux ou dans des centres sociaux saturés. On peut ainsi dénombrer jusque 15 aborigènes par pièce dans certains logements.

  1. La Paz, un cas unique de ségrégation verticale

La Paz, comme la plupart des villes d’Amérique Latine est faite de nombreux héritages, « lieux d’intenses métissages biologiques, culturels et architecturaux » (Baby-Collin 2003)113.

Le gouvernement bolivien s’y installe en 1899 quittant la ville de Sucre. La Paz est une ville de montagne au climat rigoureux, installée dans une vallée étroite (du Rio Chukiyauru), elle s’étage de 3 200 mètres à 4 100 mètres d’altitude, soit près de 1 000 mètres. Localisée au cœur de l’Altiplano, région la plus peuplée du pays, au cœur du monde aymaras.

La ville s’organise au centre par le carré colonial en damier, autour de la place, la plaza majore qui regroupe l’église, le palais et le marché. C’était la cité espagnole, elle était occupée par les colons. A la Paz, le centre historique colonial se localise autour de la place Murillo.



La Paz, la Plaza Murillo et le quartier colonial. Source : F.Platania 2007

Plus au sud, le long de l’avenue du Prado se sont construits les immeubles du quartier des affaires.

Le vieux centre indien jouxte le centre historique (à l’est). C’est une zone très commerciale, très densément peuplée, les habitations sont dégradées, les rez-de-chaussée ainsi que les cours intérieures sont occupées par des commerçants, les rues et les quartiers sont spécialisés, il y a par exemple la rue des fleurs, des vêtements, des légumes…



La Paz, les immeubles du centre des affaires. Source : F.Platania 2007

Les populations les plus aisées sont installées, au sud vers le bas de la vallée. Le climat du bas de la vallée est plus clément (5 à 10°C d’écart), d’altitude inférieure, 3 200 mètres environ, cette zone est ainsi à l’abri des vents violents et froids qui descendent de l’altiplano.

L’habitat est pavillonnaire, plus on descend en altitude plus les quartiers sont riches, c’est au plus bas que l’on rencontre les premiers quartiers sécurisés de la ville.

Les propriétaires se sont regroupés pour engager des vigiles qui surveillent les rues (quartier de Calacoto et Achumani). Et depuis peu, certains ressemblent aux quartiers fermés des Etats-Unis, il y a des murs entourant les résidences.

A l’ouest et au nord se trouvent les quartiers populaires, tout le flanc ouest qui rejoint l’altiplano est couvert de maisons ocres construites en adobes et abritent les populations indiennes les plus pauvres. Plus loin, sur l’Altiplano, elle forme le quartier pauvre d’El Alto à plus de 4 000 m d’altitude.



La Paz, maisons ocres construites en adobes sur le versant ouest de l’Altiplano.

Source : F.Platania 2007

Dans la ville, l’avenue du Prado marque la limite entre des zones plutôt créoles (c'est-à-dire blanches) de classes moyennes à riches au sud et à l’est ; au nord et à l’ouest des populations surtout indiennes et populaires.

L’urbanisation s’effectue dans deux directions vers le bas et vers le haut, la ségrégation est socio-spatiale ethnique et verticale, c’est un cas unique au monde. En effet la ville s’étage sur plus de 1000 mètres d’altitude depuis les quartiers les plus riches du Sud el Bajo (3200 m) jusqu’aux quartiers les plus hauts et les plus pauvres d’el Alto sur l’altiplano 4100 m. Les conditions de vie des habitants se dégradent à mesure que l’altitude augmente.

Changeons d’échelle afin d’analyser les quartiers pauvres de ces métropoles : the Block et El Alto.
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