Avant propos aux Neuvièmes Rencontres de La Durance





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Habiter, c’est bouger. L’importance des mobilités.

Habiter, ce n’est pas seulement pratiquer les lieux du quotidien, les lieux à proximité du domicile ou du travail mais c’est aussi pratiquer des lieux occasionnellement, des espaces de loisirs, des espaces commerciaux. Dans une société où l’individu est devenu nomade, habiter se décline désormais sur un mode polytopique (Mathis Stock) selon une logique de réseaux. Les déplacements qui peuvent être abordés avec les élèves sont dès lors nombreux : migrations pendulaires, mobilités de loisirs ou liées aux activités commerciales. Ces mobilités créent de nouvelles centralités et des réseaux dans lesquels la distance-temps est plus importante que la distance kilométrique. Ces mobilités nécessitent aussi des aménagements (gare TGV à Saint-Charles…). Leur étude nous fait passer une fois encore de la logique communale à la logique de l’aire métropolitaine marseillaise.

L’augmentation des déplacements dans l’aire marseillaise s’explique d’abord par les formes d’étalement urbain qu’elle connaît depuis le début des années 1960. Un territoire vaste comme la moitié d’un département vit maintenant en résonance quotidienne avec de nouveaux pôles attractifs.

Habiter Marseille, c’est d’abord habiter une ville dédoublée : Marseille et Aix-en-Provence. Cette région urbaine d’Aix-Marseille telle que délimitée en 1999 compte presque 1 500 000 habitants. Cependant, Aix et Marseille qui représentaient 70 % de la région urbaine en 1968, n’en représentent plus que la moitié en 1999. La couronne périurbaine d’Aix-Marseille, produit de ces changements, est complexe. Trois phénomènes de diffusion urbaine se rencontrent : une certaine dynamique migratoire résidentielle radioconcentrique centripète autour d’Aix, Marseille voire Aubagne ou autour de l’étang de Berre ; l’émergence de nouvelles villes de 10 000 à 30 000 habitants et, enfin, la croissance démographique forte d’un ensemble de petits villages parfois situés à plus de 50 km de Marseille. Presque toutes les communes de l’aire urbaine ont doublé leur population sur cette période sauf Marseille. Actuellement la dilution et la diffusion se répandent sur trois départements y compris dans les petites structures urbaines en milieu rural.

Habiter Marseille, c’est donc aussi aujourd’hui habiter à côté de la ville, ce qui favorise le mitage du fait de la prédominance du modèle des villas individuelles. L’habitat individuel représente en 1999 40 % des 720 000 logements de l’aire métropolitaine. Habiter à côté de la ville-centre engendre également une croissance des déplacements. Aubagne est le secteur qui a le volume d’échanges le plus fort avec Marseille, suivi de l’ensemble Vitrolles-Marignane-Gignac-les Pennes Mirabeau qui développent une densité importante d’échanges avec Marseille et Aix depuis 20 ans. Aix est situé sur un nœud routier. Elle a un triple rôle : métropolitain (pôle universitaire majeur), de centre de Pays et de centre de services de proximité d’une grande commune. Entre Aix et Marseille se trouvent onze pôles urbains dont la vaste zone d’entreprises de Vitrolles les Estroublans, la zone commerciale de Plan de Campagne et plusieurs « quartiers ». Les habitants de ces zones urbaines dépendent encore grandement de l’automobile malgré l’amélioration du service des trains entre Marseille et Aix.

Les mobilités sont ainsi déterminées par de nouvelles centralités commerciales qui renforcent le polycentrisme de l’aire urbaine. Le premier hypermarché de la région est créé à Vitrolles en 1969. Puis ce sont Barnéoud dans la zone de Plan de Campagne en 1970, la zone commerciale de la Valentine le long de la vallée de l’Huveaune et les Milles. Plus récemment, il y a une quinzaine d’années, le centre de Grand littoral au nord de Marseille est venu compléter ce dispositif. Cependant, les déplacements domicile-commerces de proximité sont encore majoritaires. De fait, différents niveaux de centralité commerciale existent, allant d’un premier niveau constitué par les communes disposant des services et des commerces de proximité et ayant généralement moins de 5000 habitants, en passant par les petits pôles indépendants qui accueillent sur leur territoire un supermarché et par les petites villes comme Trets ou Pertuis. Le niveau supérieur est constitué par les principaux centres-villes comme Aix ou Salon et par les grandes zones comme Plan de Campagne. Dans ce schéma, l’offre commerciale de Marseille fonctionne à l’échelle de ses quartiers et de l’aire métropolitaine dans son ensemble. Marseille est qualifiée par Francis Beaucire de « ville à haute mobilité » dont Plan de Campagne est le centre attractif incontournable.166



Plan de Campagne

La culture et les loisirs sont aussi à l’origine de déplacements au sein de l’aire urbaine et même au-delà. La région bénéficie d’un environnement exceptionnel avec les calanques, les montagnes, les garrigues, sans oublier le littoral. Les déplacements domicile-loisirs comptent pour 15 % du volume total des mobilités en 1996-1998. Plan de Campagne accueille plus de 150 000 personnes tous les week-ends. La zone est qualifiée par certains auteurs de « ville émergente » ou de « ville ludique ». Les sites attractifs sont sur les marges de l’AMM, comme la Camargue, mais aussi en son centre comme les calanques, la Sainte-Victoire ou les plages du Prado. De ce fait, Marseille a un rôle central dans l’offre de loisirs de l’aire métropolitaine.

Documents pour la classe :






  • Marseille, les plages du sud de la ville



  • Carte de l’attractivité des lieux de loisirs dans l’aire marseillaise in Marseille. Une métropole entre Europe et Méditerranée)


Cependant, Marseille est une métropole culturelle plus que bicéphale. Les salles de spectacle, les théâtres ou les festivals sont nombreux dans les villes de l’aire métropolitaine. Marseille possède seule un opéra mais de nouvelles salles comme le Grand théâtre de Provence ou le Pavillon Noir complètent, à Aix, cette offre culturelle. Des festivals existent dans la cité phocéenne mais aussi à Aix ou à Martigues. La candidature de Marseille comme capitale de la culture en 2013, couronnée de succès, montre que le territoire culturel de l’AMM dépasse largement la seule commune de Marseille. Ses contours, en excluant Avignon mais en allant jusqu’à Toulon et Hyères, dessine un territoire incluant la Camargue, les Alpilles, le pays d’Aix, la côte provençale et Marseille (selon une terminologie du comité d’organisation).

Document pour la classe :



Marseille, capitale européenne de la culture, plaquette publicitaire.

  1. De Marseille à l’aire métropolitaine marseillaise : quelle organisation du territoire pour une métropole en construction ?

Aix-Marseille est une métropole d’équilibre depuis 1964. Dans un Livre blanc de 1969-1970, une aire métropolitaine marseillaise est définie en intégrant la périphérie à la ville, couvrant ainsi toutes les zones qui sont appelées à participer à la dynamique devant se mettre en place avec Fos. Aujourd’hui, avec 600 000 emplois, le territoire de l’aire métropolitaine marseillaise est le principal pôle économique de la façade méditerranéenne de la France. Quelques points forts : Euroméditerranée, ITER, le port ou les pôles de compétitivité. La nouvelle dynamique métropolitaine est impulsée par Marseille avec le retour d’un certain dynamisme dans son centre notamment grâce aux technopoles de Luminy ou de Château-Gombert. Ainsi, Marseille pourrait être le centre d’une métropole multipolaire. En effet, depuis 30 ans, de nouvelles polarités sont apparues dans l’aire métropolitaine. De grands équipements structurants comme le centre de recherche de Cadarache, des zones industrielles (Vitrolles, Les Milles, Les Paluds), des zones commerciales (Plan, la Valentine), des zones de bureaux (la Ciotat, l’Arbois, château-Gombert), ou des universités (Luminy, Saint-Jérôme) ont été implantés dans Marseille ou, le plus souvent, en périphérie, à l’initiative des pouvoirs publics. Le processus de décomposition-recomposition économique que l’aire métropolitaine marseillaise a connu dans années 1975-1990 est à l’origine de son organisation spatiale actuelle.167 L’aire métropolitaine marseillaise semble se caractériser par des pôles spécialisés et par une métropolisation diffuse avec une faible spécialisation sur le reste du territoire.

Cinq pôles sont apparus ces dernières années :

  • Marseille. La ville-centre connaît une tertiarisation des activités (23% de croissance de ces emplois en 20 ans) et un déclin de l’emploi industriel porté par 300 entreprises seulement, dont 4/5ème dans le secteur traditionnel. Les groupes nationaux comme EDF ou La Poste sont très présents aux côtés des très petites entreprises de l’artisanat et du commerce. La ville est très attractive pour les services non marchands et pour l’emploi en général car de nombreuses personnes travaillant à Marseille l’avaient quittée pour habiter ailleurs.

« Euroméditerranée, accélérateur de métropole »168. Dans les années 1990, Marseille ne joue pas son rôle de métropole régionale. Marseille est alors une des seules villes de cette taille en Europe à n’avoir pas de quartier d’affaires clairement identifiable et un déficit dans le tertiaire supérieur. En 1995, au moment où le processus de Barcelone est lancé, Marseille est distancée par Barcelone et ne joue pas son rôle de pivot entre Méditerranée et Europe. Euroméditerranée a donc pour ambition de doter Marseille d’un quartier des affaires digne d’une métropole internationale et de porter le développement économique en profitant notamment de la situation de la ville entre Catalogne, Lombardie (les deux premières régions économiques d’Espagne et d’Italie), et Rhône-Alpes (2ème de France), et de sa grande accessibilité (trois autoroutes, LGV, transports en commun). Le bilan dix ans après le lancement d’Euroméditerranée est contrasté. 10 000 personnes travaillent chaque jour dans les services à la Joliette, la réussite du pôle média de la Belle de Mai est indéniable et Marseille a sans doute retrouvé une certaine attractivité internationale mais le projet a créée moins d’emplois que prévus.

    • Le pays aixois connaît une forte croissance démographique (de 150 000 habitants pour le pays aixois en 1968 à 260 000 en 1990). La ville d’Aix, traditionnellement universitaire et de robe, connaît un nouveau dynamisme industriel et un fort développement du tertiaire métropolitain. Sa forte attractivité est liée à une image très positive. Une trentaine d’entreprises relèvent du secteur des hautes-technologies.

    • Fos-Martigues : c’est le territoire de la grande industrie liée à la ZIP.

    • L’Est de l’étang de Berre avec Vitrolles et Marignane. Cette zone connaît une forte croissance démographique. C’est une zone industrielle mais aussi tertiaire dynamique malgré des difficultés. On y trouve de nombreuses entreprises dans les secteurs traditionnels et dans la logistique.

    • Aubagne-Gémenos. Cet espace connaît une croissance démographique continue. Depuis 1987, c’est la zone la plus dynamique de l’ensemble marseillais. Elle subit les influences contradictoires de la zone d’Aix au Nord, du Var touristique et de Marseille. Les PME sont en nombre important.

Des axes structurent la région métropolitaine qui émerge169. Les axes autoroutiers structurent la métropolisation marseillaise en définissant et renforçant des proximités économiques et spatiales.

    • Un « axe des centralités métropolitaines ». Le dédoublement traditionnel de la centralité marseillaise s’est accentué avec le renforcement de la « ville Sud ». Il se prolonge désormais en continu jusqu’à Aix intégrant Plan de Campagne. Se définit ainsi une « centralité tripolaire » de la métropole. L’axe métropolitain va de l’obélisque de Mazargues à Sextius-Mirabeau par le Rond-point du Prado, la Porte d’Aix et l’autoroute Nord, voie centrale de la métropole. L’enjeu d’Euroméditerranée sur cet axe est vital pour Marseille : soit il devient le nouveau centre de la métropole soit il reste un projet marseillo-marseillais d’urbanisme.

    • L’arc industrialo-portuaire. Les pôles en sont Marseille-Port, Fos, Port-de-Bouc, Martigues et Berre. Les activités dominantes liées aux fonctions industrialo-portuaires sont la sidérurgie, la pétrochimie, le raffinage, la réparation navale et les services portuaires. Les autoroutes Marseille-Fos et Marseille-Vitrolles structurent cet espace qui s’est fortement spécialisé dans la logistique. C’est un axe qui doit être relié à la vallée du Rhône et l’arc méditerranéen, comme l’indique « Distriport » à Fos et le développement logistique à Grans-Miramas et Salon.

    • La rocade des PME-Hautes technologies relie Aix-les Milles, Rousset et Aubagne. Son développement est fondé sur les PME technologiques et traditionnelles. Les zones d’entreprises et les aides spécialisés ont permis l’extension de Gémenos, La Ciotat et Vitrolles, avec sa composante logistique en plus. Le renforcement de cet axe ces dernières années entraîne une interrogation de la déconnexion de Marseille avec ces courants porteurs de l’économie métropolitaine.

Documents pour la classe :



Euromediterranée

Pour un travail centré sur Euroméditerranée : plan d’Euroméditerranée, photographies du quartier, plan des axes de transports.



En guise de conclusion

Enseigner « Habiter Marseille » peut donner lieu à une multitude d’approches très différentes dont seules quelques pistes ont pu être ébauchées ici. Cette latitude est une chance pour problématiser une étude de cas en tenant compte du contexte local de l’établissement ou des affinités de l’enseignant. A vos claviers…

  1. SHANGHAI, Ville flamboyante (Claude Martinaud)



  1. Mise au point notionnelle

Avant de commencer quelques définitions des espaces urbains en Chine.

- La Cité englobe la ville elle-même et des arrondissements suburbains qui peuvent abriter des campagnes, des villages et bourgs voire d'autres villes rattachées fonctionnellement à la municipalité éponyme.

- La municipalité (shiyu) est une juridiction territoriale comprenant la ville, la cité, et les districts avoisinants. L'Atlas des villes de 1994 répertoriait 450 villes dont certaines recouvraient un territoire immense (celui de Chongqing représentait le 1/3 du Sichuan).

- La ville (shi) comprend la ville stricto sensu (centre ville et banlieue - shiqu) ainsi que les districts suburbains ruraux, avec leurs bourgs et leurs villages, placés sous sa juridiction (agglomération urbaine - diqu)

- Les arrondissements urbains (shiqu) comportent la ville et sa banlieue (jiaoqu) : ils ne tiennent pas compte des districts ruraux inclus dans la municipalité, mais prennent en compte les populations rurales de la grande banlieue.

- Les arrondissements suburbains de la banlieue (jiaoqu)

- La zone urbaine (jianchengqu) désigne la zone bâtie en continuité.

Les limites urbaines ont été plusieurs fois redéfinies.

En 1953 la définition était la suivante : « parmi les banlieues des shi, toutes celles qui lui sont adjacentes, quelle que soit la part de leur population agricole, sont incluses dans la zone urbaine ; les autres banlieues, selon leur situation, sont urbaines, ou zones résidentielles de type urbain, ou rurales ». En 1963 on étend le domaine des villes aux zones nécessaires à la construction, adjacentes de résidences des travailleurs, nécessaires à la production maraîchère et aux régions dont la vie économique dépend étroitement de la ville. À partir de 1983, de nombreux districts ont été reclassés en zones urbaines sous certaines conditions afin de pouvoir bénéficier, entre autres, des investissements étrangers.

Ainsi, les villes chinoises étendent-elles leur juridiction sur un territoire très vaste, fait de districts ruraux, dans une perspective de relation étroite d'autosuffisance. L'exemple extrême est celui de Chongqing, la métropole industrielle de la province du Sichuan, qui administre une zone urbaine de 82 403 km² (presque trois fois la Belgique !) comptant 430 districts et préfectures. La municipalité de Pékin (Beijing), qui totalise 16 808 km² où vivent 10,250 millions d'habitants, comprend quatre arrondissements urbains (shiqu), six arrondissements suburbains (jiaoqu) et dix districts suburbains.

Définir la population urbaine

Les statistiques (Annuaire statistique de la population chinoise - Zhongguo renkou tongji nianjian) identifient les catégories suivantes : "rurbains" (résidents non-agricoles et agricoles des villes et des bourgs - shizhen zong renkou), "péri-urbains" (résidents non-agricoles de l'agglomération urbaine), urbains (résidents non-agricoles des arrondissements urbains). Mais au total la population urbaine est surestimée par l'inclusion d'une nombreuse population paysanne dans les circonscriptions urbaines.

La notion de territoire est particulière en Chine..

En effet le territoire est considéré comme un être vivant en mouvement et non comme une masse inerte et statique de reliefs et de roches. Il n'y a donc aucune ségrégation territoriale d'aucun point du territoire. Tous sont situés par rapport aux veines et aux artères que représentent les montagnes et les eaux, les éléments de la nature transmettant eux-mêmes la vie : les oppositions nature-culture, ville-campagne, site habité-désert, n'ont ici aucun sens. Tout point, où qu'il soit, se situe par rapport à l'énergie qu'il reçoit.

Définir l’habitat

Document : La maison chinoise traditionnelle

La pensée chinoise non seulement associe l'homme et l'univers dans un tout unique animé par une énergie interne, mais encore relie directement le destin des hommes à la place qu'ils occupent dans l'espace. Cette dépendance s'articule dans une relation directe entre le site habité par un individu et son destin, et dans une relation médiatisée par les morts, dont les os focalisent l'énergie transmise à leurs descendants. Ainsi donc, tout Chinois attachera une importance considérable non seulement à l'emplacement de son habitation, mais plus encore à celui des tombes de ses ancêtres. La maison traditionnelle chinoise apparaît avant tout comme un temple des ancêtres, dont l'autel occupe délibérément la pièce centrale du bâtiment principal, au cœur de l'habitation, bien orientée, généralement au sud, faisant face à l'entrée et s'ouvrant généreusement sur la cour.

Thierry Sanjuan, Atlas de la Chine, Autrement


  1. Shanghai, une capitale économique

Document : la ville et le fleuve : site et situation image google earth

Une vallée, un delta

Shanghai est un port maritime à 160 km de la mer, 1 460 km de Pékin, 1840 km de Canton. Shanghai se situe, sur les deux rives du fleuve Huangpu, lui-même partie sud du delta du Yangzijiang, ou Changjiang (le «Long fleuve »). Chaque année, le long fleuve apporte à la mer 924 milliards de m3 d'eau et 486 millions de tonnes de sable. La partie nord du delta est constituée de bancs de sable d'estuaire dont certains ont à peine 2 000 ans.
Shanghai et sa région.

Shanghai se trouve quasiment à mi-distance entre Pékin, 1 460 km au nord et Canton, 1 840 km au sud. Muni­cipalité ayant rang de province, la ville dépend directement du gouvernement central. Avec quatorze arrondissements urbains, six districts ruraux et la zone spéciale de Pudong, Shanghai couvre 6 340 km2, mais l'agglomération urbaine 375 km2 seulement (Paris, 105 km2, Marseille 240 km2, superficie des Bouches-du-Rhône 5087 km2 ). Elle rassemble 7,5 millions d'habitants dont plus de 2 millions environ de « population flottante ». Sur le reste du territoire de la municipalité, on ne compte que 4 millions d'habitants.

Deuxième centre universitaire après Pékin, premier port de Chine, depuis 2005 premier port mondial170 (trafic de plus de 500 millions de tonnes de marchandises. Un quart du commerce extérieur chinois transite par le port de Shanghai. L’armateur français, CMA-CGM, est l’un des principaux opérateurs du port de Shanghai.), devançant les traditionnels leaders du trafic maritime qu'ont été Singapour et Rotterdam durant le dernier tiers du XXe siècle, et éclipsant de plus en plus Hong Kong, la ville a pour ambition clairement affichée de se substituer le plus tôt possible à Hong Kong comme place commerciale et boursière, de manière à devenir ensuite la première ville asiatique dans tous les domaines.

Depuis 1993, la zone de développement de Pudong, sur la rive droite du Huangpu, longtemps laissée en friches depuis la création du port aux alentours de 1850, bénéficie d'un statut particulier qui aidera la ville à parvenir à ses fins.

La création de nombreux ponts, tunnels et autoroutes a transformé la physionomie de la ville. Il faut noter deux tunnels automobiles ; puis deux ponts à haubans ; le pont de Yangpu Si, 602 m (1993) et le pont de Xupu, 590 m (1997). Un viaduc a été nouvellement créé, surélevé du nord au sud, il sépare symboliquement les nouveaux quartiers résidentiels, à l'ouest, des quartiers les plus anciens et denses, en pleine rénovation. On trouve un périphérique de 48 km. Mentionnons un métro conçu sur le modèle de celui de Hong Kong, inauguré en 1993.

Shanghai s’est également dotée d’une Bourse, d'une tour de télévision haute de 468 m avec son restaurant, la Perle de l'Orient, à 263 m du sol ; de quartiers entiers ; d'un nouveau musée ; d'un nouvel aéroport international en construction, d'un nouveau port.



  1. Shanghai une ville ancienne ?


Document : Le bund et la ville coloniale, atlas de la Chine T. Sanjuan.
La ville n’est pas née de la colonisation étrangère à partir des années 1850, « petit village de pêcheurs » transfiguré par la grâce de l'implantation occidentale contrairement à ce que beaucoup croient....

Il est vrai que toute l'avancée de terres comprise entre l'embouchure du Yangzijiang et celle du Qiantangjiang a été jusqu’au XIIe siècle un immense marécage, mais ce temps est révolu. Depuis, ce territoire a fait l'objet de travaux (drainage et construction de digues) qu'il était déjà entièrement habitable à la fin du XVe siècle. En 1553, la ville de Shanghai comptait 200 000 habitants, et était entourée de murailles pour résister aux attaques des pirates. Dès le début du XVIIIe siècle, Shanghai était, suite à de gigantesques travaux, un port fluvial et maritime. Le tracé du Huangpu, en est la conséquence. Le déclin débute avec l'ouverture forcée de l'Empire chinois au commerce international en 1842, au traité de Nankin.

La ville à partir de 1850

En 1842, avec le traité de Nankin, qui marque la fin des guerres de l'Opium opposant Chine et Angleterre, une grande partie de la ville est transformée en concessions britanniques. Des droits extraterritoriaux ainsi que d'autres privilèges sont accordés à d'autres nations, comme la France et les États-Unis. De nombreuses banques et sociétés de négoce internationales s'installent alors sur ces concessions étrangères. Les Britanniques obtiennent le droit de naviguer sur le Chang jiang (1857), ce qui relança le commerce. Shanghai devient alors le port le plus actif de Chine (1860). Les capitaux étrangers affluèrent pour soutenir l'industrie locale, attirés par une main-d'œuvre abondante et peu coûteuse.

On compte une centaine d’étrangers en 1848, à laquelle vont s’ajouter des milliers de réfugiés fuyant les révoltes paysannes de 1853-1855. Ces derniers vont jouer le rôle d'intermédiaires entre compagnies étrangères et chinoises. Les premières industries modernes et un arsenal dès vont voir le jour dès 1865. Mais le pouvoir impérial ne modifie pas sa politique ce qui lui vaut en 1895 de perdre la guerre contre le Japon. Shanghai par le traité de Shimonoseki, qui permet aux entreprises étrangères de s'implanter dans les ports ouverts voit sa prospérité relancée. Filatures, minoteries, commerce transocéanique, banques se développent rapidement.
L'âge d'or, de 1920 à 1937

2 millions d'habitants en 1920, presque 4 en 1937, telle est la croissance de la ville pendant «l'âge d'or ». La ville connaît une croissance économique accélérée en raison du retrait européen pendant la Première Guerre mondiale, puis des alternances de prospérité et de marasme (massacre des communistes par le Guomindang en 1927), grande crise (1929-1933). Dès cette période, toutes les techniques bancaires et les comportements immobiliers qui feront à partir de 1950 la fortune de Hong Kong sont déjà expérimentés à Shanghai. Shanghai à cette époque n'a rien à envier aux grandes métropoles du monde occidental. C'est ce qui fera son malheur pendant l’invasion japonaise, et lors de la conquête de la Chine par les communistes en 1950.
Le Bund et la ville coloniale aujourd'hui

Le chemin de halage le long du Huangpu devient dans les années 1930 une sorte de «front de rivière» souligné par l'érection de 52 hautes constructions de styles différents, anciens sièges de banques, de sociétés ou clubs très fermés. Tout le long de la rivière les concessions étaient proches des lilong, habitat collectif desservi par un réseau de ruelles, typiques de la Shanghai du début du XXe siècle où les maisons de bois et de brique, généralement à un étage, sont accolées l'une à l'autre et disposées autour d'une cour intérieure orientée au sud conformément aux principes traditionnels d'organisation de la maison chinoise.
Document : extraits du guide de voyage National Géographic sur Shanghai.
Une ville mise à l’index : 1950-1980

Dès le lendemain de l'entrée des troupes communistes, la ville va connaître l’opprobre. L'ensemble de ses habitants est à l'époque méprisé pour avoir fait partie d'une ville cosmopolite qualifiée par les maoïstes de « ville de consommation ». Shanghai devient une ville de production : le textile est diversifié, une aciérie créée à Baoshan, sur le Yangzijiang, au nord, un complexe pétrochimique à Jinshan au sud et des centaines d'usines ici et là, jusque dans dix villes satellites. La ville est taxée. 87 % de son revenu est taxé jusqu'en 1984 ! La ville est remodelée : les taudis des années 1930 et 1940 sont remplacés par des cités ouvrières à confort modéré, dans toute la périphérie, malgré tout les Shanghaïens demeurent dans leur ensemble les citadins les plus mal logés de Chine jusqu'en 1984.
1980-1990: Une ville qui redémarre

L'ancienne ville chinoise du XIIe siècle, est encore reconnaissable sur le plan général, grâce à la forme du boulevard circulaire. Depuis 1990, les dernières maisons de bois à un étage qui rappelaient l'habitat des siècles antérieurs, ont été « rénovées » de telle manière que ce lieu devienne un centre touristique de première grandeur.
Occidentalisée, donc dépravée, capitaliste, donc pervertie, Shanghai assume aujourd'hui son héritage. Le Président de la République et le premier ministre sont non seulement des shanghaïens, mais même d'anciens maires de Shanghai. Le but avoué est de faire de Shanghai le cœur industriel et financier de la Chine de l'Est, c'est-à-dire de toute la Chine. La ville domine une région qui représente 40 % de la production industrielle et agricole du pays et 50 % des revenus de l'État, en particulier le Jiangsu et le Zhejiang - à eux deux, le tiers des revenus de l'État chinois. Le Yangzijiang permet de faire transiter les richesses du Sichuan et du Hubei, symbolisées par deux métropoles majeures, Chongqing, Wuhan, auxquelles s'ajoute Nankin, capitale du Jiangsu.

Shanghai, dès les origines, est ouverte vers la mer, en particulier celle de Chine du Sud. Elle est en train de se réapproprier une aire régionale confisquée au début des années 1950.
Les années 1990, le développement de l'axe du Yangzijiang et les vagues du progrès.

Le développement de la côte a été une décision politique annoncée dès 1979, institutionnalisée en 1988 par le Comité central du Parti et mise en action lors du septième Plan quinquennal. La Chine est découpée en trois zones parallèles au rivage. Au cours du 5e Plan, les 12 provinces côtières reçurent 49 % des investissements d'État et les allocations passèrent à 52 % lors du 7e Plan. Dès 1985 les autorités centrales décident de restaurer Shanghai dans sa situation antérieure. A cet effet trois zones de développement économique et technique (ZDET) sont créées à Minhang, Hongqiao et Caohejing, données aux entreprises étrangères. Elles vont apporter à Shanghai les hautes technologies. Shanghai ne bénéficie par directement des subventions nationales, mais l'axe du Yangzijiang est à cheval sur les trois zones. À lui seul, il représente 40 % du revenu national en 1990. Mais la différence de richesses entre les trois provinces du Sichuan, Anhui, Jiangxi parmi les plus pauvres de Chine, et Shanghai est spectaculaire, le PIB par tête de Shanghai est supérieur de 3,5 fois à la moyenne nationale. En décembre 1990, l'inauguration de la Bourse renforce la mutation du système économique. Shanghai renoue ainsi avec son passé d'innovation. Probablement sous la pression shanghaienne sont inaugurées en 1992 des procédures destinées à accélérer le développement des régions centrales et à créer un mouvement de développement par vagues. L'axe du Yangzi est choisi et deux projets majeurs sont approuvés par l'Assemblée nationale et le Comité central : Pudong à Shanghai, les Trois gorges dans l'intérieur.

Pudong est le nouveau moteur de Shanghai, qui en fera la capitale économique, financière et, un jour ou l'autre, culturelle de l'Asie. Décidée en avril 1990 à Pékin, l’idée de créer Pudong est, dans un premier temps, mal perçue par les Shanghaïens. Mais très vite, les hommes d'affaires de la ville, d’anciens Shanghaiens dispersés dans le monde, s'aperçoivent, que la nouvelle ville de Pudong, collée à l'ancienne Shanghai et s'étendant jusqu'à la mer couvre une superficie équivalente à celle de Singapour. Les multinationales ne s'y trompent pas non plus : il faut s'associer au décollage de la ville. On remodèle le centre ancien en expédiant les familles pauvres qui l’habitent en périphérie ou une cinquantaine de cités ouvrières sont bâties à la hâte dans la périphérie pour les reloger d'office.
Les villes satellites proches de Shanghai sont destinées à être absorbées dans l'agglomération. Déjà, Baoshan, sur le Yangzi, en fait partie, avec son aciérie qui attire d’autres industries lourdes. Songjiang, à 18 km au sud-ouest, ancien port fluvial actif sur le Huangpu, avant que son cours ne soit détourné. Sur 17 000 km2, cette partie du delta du Yangzijiang située dans la province du Jiangsu est une des plus riches de Chine (17 % de la surface de la province, 19 % de la population avec 14 % du total en 1996) depuis longtemps.
Shanghai en quelques chiffres :

- Population totale : 18,6 millions d’habitants (2007), y compris la

- Population migrante estimée à 4,8 millions.

-Superficie : 6 340 km²

-Densité : 2 863 habs/km²

-PIB : 120 milliards € en 2007

-PIB par habitant : 6 535 € en 2007

-Revenu moyen disponible : 2 362 € par habitant en zone urbaine, 1 022 € par habitant en zone rurale (2007)

- Flux d’investissements directs étrangers (Mds €) Shanghai (Source : Bureau des statistiques) 2005 : 4,9 ; 2006 : 5,1 ; 2007 : 5,7
Bibliographie

Notion d’ « habiter »

BLIDON M., COLLIGNON B. et STASZAK J.-F. (dir.), , Espaces domestiques. Construire, habiter, représenter, Paris, Bréa, 2003.

GEORGES Pierre, Crépuscule de l’Homme habitant, Revue de géographie de Lyon, n°68, 4/93.

GRAVARI-BARBAS Maria (dir.), Habiter le patrimoine, enjeux, approches, vécu, PUR, 2005.

Olivier Lazzarotti
LAZZAROTTI Olivier, Habiter, la condition géographique, Paris, Belin, 2006.
 LUSSAULT Michel, PAQUOT Thierry, YOUNES Chris (dir.), Habiter, le propre de l'humain: villes, territoires et philosophie, Paris, La Découverte, 2007.

SIVIGNON Michel, Du verbe habiter et de son amère actualité, Revue de géographie de Lyon, vol. 68, 4/93.

Marseille
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