Thèse de sciences de l’éducation





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Dossier sur P. Bourdieu paru dans le "Magazine Littéraire" n°369 d'octobre 1998

Bourdieu vu par Claude Grignon


(pp.61-63)

(Sociologue, Directeur de recherche à l'INRA. Ancien bourdieusien, "repenti", puis devenu anti-bourdieusien. Le savant et le populaire, misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Hautes Etudes, Gallimard/Le Seuil ; "Le savant et le lettré ou l'examen d'une désillusion", Revue Européenne des Sciences sociales, tome XXXIV, n°103, pp. 81-98)
"Le bruit fait autour de Pierre Bourdieu contraste avec le silence si vite revenu sur "l'affaire Sokal". Mais c'est l'occasion de poser derechef, à son sujet, la question des rapports des intellectuels français avec la science. C'est en effet au nom de la sociologie scientifique, dont il prétend détenir le monopole, que Pierre Bourdieu, en héritier présomptif de Durkheim et de Sartre (et, pourquoi pas, de Marx), intervient dans la vie politique et intellectuelle ; plus profondément, c'est au nom de la raison la plus pure (et la plus dure), la raison scientifique, qu'il porte sur ses pairs des jugements supérieurs. C'est de cette ratio ultima, capable de trancher absolument entre le vrai et le faux, qu'il s'autorise pour importer dans la concurrence entre savants les procédés couramment utilisés dans les luttes religieuses, politiques ou philosophico-littéraires (terrorisme intellectuel en milieu scientifique) et pour les retourner ensuite contre les autres intellectuels (terrorisme scientifique en milieu intellectuel).

(...) 1. Plus une théorie est scientifique, et plus elle est anonyme et collective, plus elle se laisse détacher de la personne (relativement interchangeable) de son auteur, plus elle est ouverte à "l'échange généralisé de critiques", aux "contrôles croisés" émanant de la "cité des savants". Conçue et développée sur le modèle de l'oeuvre littéraire ou philosophique personnelle, la sociologie de Pierre Bourdieu est volumineuse, redondante et ésotérique ; la langue dans laquelle elle se formule est le produit d'une stylisation qui vise à la rendre immédiatement reconnaissable (effet de signature), l'écartant d'autant de l'idéal d'une langue standard, sinon formelle, élaborés conformément aux besoin de la discipline ; ses concepts sont rarement définis, fixés et univoques ; elle se laisse difficilement résumer et condenser.

(...) 2. Alors qu'une théorie scientifique, exposée par définition aux démentis de la nature, se sait provisoire, la sociologie de Pierre Bourdieu, telle la philosophie de Hegel, se veut définitive. Elle esquive l'épreuve du travail empirique, grosse d'interrogations, de faits récalcitrants, de contre-exemple critiques. Faute de construire par l'enquête des "objets qui objectent", susceptibles de l'infirmer et donc de la valider, elle se condamne à prendre rang parmi les doctrines impérissables, les fictions savantes dont l'accumulation fait obstacle, dans nos disciplines, à la constitution d'un savoir cumulatif.

Les ouvrages de Pierre Bourdieu sont truffés de chiffres, de graphiques, d'extraits d'interviews et de référances savantes, qui leur donnent un style scientifique. Mais ces matériaux sociologiques, loin d'inspirer et de contraindre l'interprétation de l'auteur, d'opposer à sa subjectivité la résistance de la réalité, ne sont là que pour servir ses partis interprétatifs ; ils jouent un rôle secondaire, purement rhétorique, d'exemples et d'illusrations. On le voit particulièrement bien dans l'antithèse entre la "gueule" populaire et la "petite bouche" des "petits bourgeois"   un des morceaux de bravoure de La Distinction ; les références à la "réalité concrète" viennent à la demande témoigner en faveur d'une démonstration qui se développe à partir de couples d'opposition tirés du fonds scolaire de la philosophie, tels que matière et forme, nécessité et liberté, sujet et objet, etc. Sous ce rapport, on ne voit pas ce qui distingue les analyses de Pierre Bourdieu de l'essayisme libre d'un Barthes, d'un Morin ou d'un Baudrillard ; on voit en revanche tout ce qui les sépare de la conceptualisation progressive, des inductions patientes, constamment nourries de la fréquentation de l'enquête et de l'archive, que l'on trouve chez un Granet, un Braudel ou un Panofsky.

3. Les concepts autour desquels Pierre Bourdieu a édifié sa théorie autorisent des opérations de pensée et de recherche que la méthode et le raisonnement scientifique interdisent ; ils font obstacle à des opérations que ceux-ci requièrent.

(...) En ménageant à tout moment la possibilité d'une inversion, la notion d'habitus donne un avantage imparable à qui veut l'emporter dans "l'art de conduire victorieusement la discussion", comme dit M. Granet ; à ce jeu l'objecteur a perdu d'avance puisqu'il ne peut jamais savoir de quoi il parle ; le rhétoricien, au contraire, ne peut jamais, faute de fait, être pris sur le fait.

(...) Comme sténographie provisoire, la notion d'habitus serait scientifiquement acceptable.

(...) Si la sociologie de Pierre Bourdieu parvient à donner une illusion paradoxale de scientificité, c'est pour une part parce que cette philosophie de l'être se confond avec une "métaphysique influente" [la formule est de Giorgio Israel].

mécaniste, héritée de la physique classique, auquel elle emprunte une théorie implicite de la causalité qui lui confère la réputation d'être déterministe.

(...) Sa sociologie n'est pas plus scientifique, en fait pas moins antiscientifique, que les productions intellectuelles épinglées par A. Sokal, mais (...) elle est plus insidieuse. C'est toujours, en effet, pour des raisons épistémologiques supérieures, au nom de la complexité des objets sociaux, que Pierre Bourdieu refuse comme trop simples ("naïvement positivistes") les procédés et les méthodes scientifiques élémentaires.

(...) On sent, quand on lit Pierre Bourdieu, à quel point, avec quelle passion il veut avoir raison, mais raison avant les autres et contre les autres, pour mettre les autres dans leur tort plutôt que pour avancer dans la recherche de la vérité. Cette volonté de puissance, si peu regardante aux moyens qu'elle exige, ne compromet pas seulement le projet d'une sociologie scientifique capable de dissiper les illusions des débats intellectuels et politique ; elle opère et entretient, plus profondément, la confusion entre l'intransigeance de la raison scientifique, qui ne tolère par l'erreur, et le sectarisme doctrinal, qui ne supporte pas l'existence de l'autre."

Bourdieu vu par Olivier Mongin


(pp.65-67)

(Directeur de la revue "Esprit", traditionnellement opposée à la pensée de P. Bourdieu)

"Il me paraît (...) essentiel de comprendre l'incapacité du sociologue à donner une place au politique et à la démocratie dans sa réflexion sociologique.

Cette inaptitude trouve ses sources dans un scientisme sociologique qui relève d'une tradition positiviste à la française et surtout dans une conception rigide de la domination qui empêche toute représentation conflictuelle et démocratique de la société.

(...) Quand au pôle des dominés, le sociologue ne cesse de montrer, contre un certain marxisme humaniste, que le dominé ne peut avoir la conscience de sa domination. Il n'y a pas de conscience spontanée de la domination.

(...) Aucune dialectique du maître et de l'esclave chez Bourdieu, le sociologue dessine une frontière infranchissable entre le pôle de la domination et le monde des dominés.

(...) Il occupe, parce qu'il sait, la posture permettant à celui qui ne sait pas qu'il est dominé d'en savoir un peu plus. On comprend mieux alors cette volonté d'intervenir comme celui qui libère les dominés de leur aveuglement sans un monde sans autre médiation que celle du savant sociologue.

(...) Les engagements politiques successifs, les premières hésitations suivies de la radicalisation présente, sont peut-être moins le revers d'une oeuvre fragile que l'expression d'un travail sociologique où l'action politique démocratique n'a guère de place et de sens.

(...) La sociologie de la domination est elle-même esclave de ses propres grilles d'analyse qui reposent sur une idée simple : la domination est un "trancendantal"."

Bourdieu vu par François Dubet


(pp.45-47)

(Sociologue, professeur à l'Université de Bordeaux II)

"Puisqu'il existe aujourd'hui un "phénomène Bourdieu", parlons-en. Il y a au moins trois manières d'en traiter. La première est strictement politique : on s'interroge sur la "gauche de la gauche", sur ce qu'elle exprime et sur ses perspectives. La deuxième consiste à interroger le retour d'une forme d'engagement intellectuel, les rapports de la connaissance et de l'action, les stratégies et les réseaux mobilisés à cet effet. La troisième interrogation porte sur l'analyse de l'oeuvre scientifique de Pierre Bourdieu, sur ses forces et ses faiblesses et sur les raisons de son succès. C'est cette dernière voie que je choisis de prendre dans le domaine où l'oeuvre de Bourdieu a rencontré le plus d'écho ; la sociologie de l'éducation.

Depuis Les Héritiers, la sociologie de l'école proposée par Pierre Bourdieu s'est imposée comme un véritable paradigme. C'est une théorie "totale" à l'égard de laquelle chacun se définit, qu'il y soit favorable ou hostile, et il faut bien admettre que la plupart des sociologues y ont été très longtemps favorables, concevant leurs travaux comme des prolongements ou comme des illustrations de cette théorie formalisée dans La Reproduction.

(...) Le fonctionnement de l'école, notamment de la relation pédagogique, est considérée comme une machine à reproduire les inégalités sociales. Il n'y a pas d'égalité des chances parce que les talents et les dons sont inégalement distribués, mais parce que l'école favorise les attitudes et les dispositions, les habitus, propres aux classes dirigeantes : la dissertation, l'oral, les manières de travailler et de juger sont autant de façons de sélectionner les enfants des classes favorisées et d'exclure les autres.

(...) Il faut s'interroger sur le formidable succès de cette théorie rapidement devenue une vulgate. Son caractère critique anticipe d'abord et accompagne ensuite les désenchantements engendrés par la massification scolaire. Alors que l'on croyait encore dans les années cinquante et soixante que les inégalités scolaires tenaient essentiellement aux inégalités d'accès au système scolaire, la création progressive d'une école de masse ouverte à tous n'a guère accentué l'égalité des chances scolaires. L'école, que l'on croyait de plus en plus juste, s'avère toujours injuste, mais d'une autre manière. La théorie de Pierre Bourdieu explique ce phénomène puisque maintenant tous les enfants vont à l'école et qu'ils y réussissent de manière très inégale.

(...) Ce paradigme extrêmement cohérent et bouclé peut être transposé au-delà du seul monde scolaire.

(...) La théorie de la reproduction est si "forte" qu'elle explique les faits qui, a priori, la contredisent. Les exceptions statistiques, qui infirmeraient la théorie, la confirment en réalité parce que l'exception confirme la règle et parce qu'elle entretiennent les illusions nécessaires au fonctionnement du système.

(...) Celui qui adopte cette théorie se place dans une situation de toute puissance intellectuelle et subjective. D'une part, les objections faites à la théorie sont prévues par elle et la confirment, un peu comme la résistance à la psychanalyse participe de la vérité de la psychanalyse. On se place dans un univers non poppérien où tous les faits ne peuvent que confirmer la théorie. D'autre part, et surtout, cette théorie présente l'avantage extraordinaire de donner à celui qui s'y installe le monopole du sens parce qu'elle implique l'aveuglement et les illusions des acteurs sociaux.

[NdL : La théorie de Bourdieu flatte l'égo de celui qui y adhère, car elle implique pour son compte extra-lucidité et puissance, au contraire d'aveuglement et impuissance des autres. A ce titre, elle fonctionne comme la pratique de la cartomancie, de l'astrologie, d'une secte, ou tout simplement d'une religion.]

(...) Cette posture explique sans doute le succès de cette théorie chez les professeurs qui démasquent leur pouvoir et le légitiment à la fois tout en leur conférant une posture élégante, voire héroïque, parce que critique.

Il reste que cette théorie est extrêmement forte et qu'elle n'a été remplacée par aucune autre, aussi large et cohérente. Tout sociologue de l'éducation passe par la théorie de la reproduction et se confronte à elle puisqu'il n'en existe pas réellement d'autre qui soit à la fois une théorie de l'école, une théorie de la mobilité sociale, une théorie de la société et une théorie de l'action. Cependant, depuis plus d'une dizaine d'années, la sociologie de l'éducation s'est éloignée de ce paradigme. Les fameuse exceptions ont commencé à beaucoup intéresser les chercheurs car, même si le système semble régi par des lois générales, l'école et loin d'être homogène.

(...) Mais il faut bien constater que tous ces travaux ne forment pas une théorie alternative à celle de Pierre Bourdieu et que, de ce point de vue, le paradigme de la reproduction n'est pas "dépassé", il est plus simplement "contourné".

(...) Cette théorie suppose une ignorance des acteurs et, dans une certaine mesure, elle fait de son auteur le seul véritable sujet de la vérité. C'est une théorie qui ne "discute" pas et qui divise le monde entre amis et ennemis. En même temps, cette théorie est critique et parle au nom d'une domination et d'un peuple réduit au silence et au non-sens. Seul l'intellectuel identifié à la vérité est autorisé à parler pour lui ou à parler avec lui.

(...) Je ne partage pas les choix actuels de Pierre Bourdieu, il m'arrive d'être excédé par les manières de faire d'un groupe bien installé dans la pensée académique mais qui se présente comme une victime de tous les pouvoirs et de tous les complots, qui parle à la fois au nom de la science et du peuple."

P. Bourdieu vu par le thésard

Au sujet de la "domination masculine"


A l'occasion de la parution de son ouvrage "La Domination masculine" aux éditions du Seuil le 26 août 1998, P. Bourdieu accorde une interview à la revue Télérama n°2533 du 29 juillet 1998.

P. Bourdieu semble toujours ce dénonciateur professionnel de ce qui est propre à scandaliser le plus grand nombre : les "dominés", ou ceux qui se croient comme tels, ou ceux encore que Bourdieu réussit à se faire croire comme tels. Car P. Bourdieu est un démagogue, au sens premier du terme : il flatte les bas instincts du plus grand nombre (la colère, l'envie, la jalousie) pour se donner du succès. La façade, le discours se parent d'une scientificité pompeuse mais l'argumentation est pauvre. Les humains, notamment, sont dénués de nature. Ils sont des robots identiques. D'autre part, Bourdieu ne doute pas que le bonheur, la philosophie, c'est d'obtenir le pouvoir et l'argent. Il est en cela analogue aux bourgeois capitalistes qu'il dénonce. Il ne comprend pas, il n'admet pas le fait qu'un homme préfère la tranquillité du foyer, d'un emploi peu responsable ou même l'isolement dans un monastère. Pour de tels cas, Bourdieu considère que le sujet est "victime", "dominé" et que ce sujet se trompe ou est trompé sur ce qui est le bonheur.

Telles sont les principales erreurs de Bourdieu : 1°) Le bonheur, c'est l'argent et le pouvoir, comme les dominants (bourgeois, mâles), 2°) Il n'y a pas de différence de nature et de tempérament entre les hommes, les "classes", les sexes.

La faute de Bourdieu est la suivante : exploiter l'envie, la colère et l'ignorance des gens pour donner raison à ses élucubrations pseudo-scientifiques.

Quelques illustrations de la pensée de Bourdieu :

"La féminisation de certaines professions n'est pas forcément le signe d'une victoire féminine contre la domination masculine, puisque lesdites professions   l'enseignement, certaines professions médicales, certains secteurs du journalisme, par exmple   s'en trouvent dévalorisés."

Raisonnement absurde (ou tautologique) et d'ailleurs comique. Bourdieu rêve que les députés et les cadres soient à 50 % des femmes. Le jour où cela se concrêtisera (supposons), il déplorera que ces professions se sont dévalorisées. Que veut Bourdieu ? Que l'enseignement se féminise ? Si tel était son souhait, alors ce souhait est exaucé, et peu importe ensuite si la profession s'est dévalorisée ou non : le but n'était-il pas d'ouvrir démocratiquement la profession aux femmes ? Il faut savoir si l'on veut ouvrir une profession pour 50 % à des femmes ou si l'on veut que les femmes accèdent à des professions valorisées. Car une "profession valorisée" n'a pas de sens dans l'absolu, elle n'a de sens que relatif. La Mercedes est une voiture valorisée. Seuls les bourgeois en ont. On pourrait revendiquer l'accès de tous aux Mercedes. Imaginons que cela marche : tous les ouvriers possèdent une Mercedes. Evidemment, comme tout le monde en a, elle n'est plus valorisée comme avant. Les ouvriers accèdent donc à une voiture qui n'est plus valorisée. Mais quel était l'objectif ? De faire accéder les ouvriers à une voiture valorisée ou à une Mercedes tout court ? Il faut savoir ce que l'on veut ! Il est évident que toute démocratisation, par essence, dévalorise ce qui était valorisé auparavant. Bourdieu rêve d'une société où tout le monde jouit d'une profession valorisée. Mais c'est par essence impossible. C'est contradictoire, absurde, puisque le valorisé ne prend sens que par rapport à ce qui l'est moins. La seule solution pour Bourdieu est serait société ultra-égalitaire, où tout le monde exerce la même profession et gagne le même revenu. Mais cela est-il scientifique ? Cela repose-t-il sur une connaissance sérieuse de l'homme ?

"Les femmes qui accèdent aux positions dominantes sont "sursélectionnée" : il faut plus de qualités professionnelles pour être pdg quand on est une femme que quand on est un homme. (...) Donc, elles sont presque nécessairement plus qualifiées que les hommes qui occupent des postes équivalents, et d'origine plus bourgeoise. (...) Ce qui, d'ailleurs, n'est pas sans poser de problèmes dans le débat sur la parité en politique : on risque de remplacer des hommes bourgeois par des femmes encore plus bourgeoises."

Cette remarque de Bourdieu, pris au piège de sa propre revendication, coincé entre sa revendication et son anti-bourgeoisisme, est drôle !

"Les femmes ont conquis sans peine les fonctions de "présentation" à la télévision ou à la radio. Rôles qui ne sont pas si différents de ceux que leur donne la publicité."

Si présenter le journal ne vaut pas mieux que faire une publicité, alors lorsque toutes les femmes seront ministres, ne seront "que" ministre (par rapport au président de la république) alors Bourdieu pourra tout aussi bien dire qu'être ministre femme ne vaut pas mieux que faire une publicité. Notons enfin que des hommes aussi jouent dans les publicités, et peut-être même à parité avec les femmes. Enfin, et à ce sujet, jouer dans une publicité révèle-t-il qu'on est "dominé" ? On le voit, la proposition de Bourdieu est fumeuse de bout en bout ; elle ne repose sur rien de fondé.

"Pourquoi (...) ne s'insurge-t-on jamais contre le fait qu'il n'y a pas un seul (ou rare) présentateur télé noir ou beur ?"

Et pourquoi s'insurgerait-on ? Il n'y a pas d'Inspecteur des Finances d'origine polonaise ni de sénateur d'origine italienne : y a-t-il lieu de s'en insurger ? Qu'est-ce que cela change à la démocratie, à la méritocratie, à la justice, au bonheur ? Rien. Si les gens souhaitaient voir un présentateur noir, ils le feraient savoir, cela se saurait... et se réaliserait. Il n'y a pas de présentateur noir à la télé, mais il n'y a pas non plus d'opposition à cela. Il y aura un présentateur noir le jour où il y aura une demande populaire et des candidats. Car le rôle de présentateur télé n'est pas un statut qui se conquiert en débarquant d'un pays étranger, ni même en une seule génération : il faut pour cela plusieurs générations de culture française et d'appartenance à des couches sociales au moins moyennes. Il ne fait nul doute que dans 10, 20 ou 30 ans, on verra apparaître et se multiplier des présentateurs noirs ou beurs à la télévision. Et encore, quand bien même, cela n'est pas obligatoire ; les noirs et les beurs ne sont pas obligés de devenir présentateurs de télé ! Et si aucun d'eux ne devient présentateur d'ici 20 ans, il n'y a pas lieu non plus de s'en indigner. L'essentiel est qu'aucun texte ne leur interdise de le devenir (comme c'était le cas en Afrique du Sud ou en Allemagne nazie).

"C'est peut-être dans les sections sciences sociales de l'enseignement secondaire ou supérieur que les jeunes femmes sont en train d'acquérir les outils qui leur permettront d'emmerder réellement les hommes sur le terrain de la politique."

Premièrement, le but de la vie, du bonheur, est-il "d'emmerder" l'autre sexe ? Deuxièmement, il faut comprendre la proposition de Bourdieu de la façon suivante : "grâce à ma théorie inculquée en sciences sociales, les femmes pourront prendre leur revanche sur les hommes." Cela s'appelle de la démagogie, doublée de mégalomanie. Je souhaiterais pour ma part que ces étudiantes acquièrent au contraire la lucidité de voir les faiblesses et les tromperies de la théorie de Bourdieu : cela serait une réussite pour les femmes, qu'on peut leur souhaiter, et auquel je m'appliquerais si j'étais maître de conférence.

"Une femme qui commande, cela ne va pas de soi, ce n'est pas "naturel". (...) Il lui manquera toujours la moustache, la voix grave et forte qui convient à une personne d'autorité."

On ne sait pas si Bourdieu parle au troisième ou au premier degré. Une femme peut-elle changer de nature ? Peut-elle avoir une moustache et une voix grave et forte ? Non. Peut-on dire que ces attributs sont complètement arbitraires et sans fonction ou qu'ils jouent effectivement un rôle dans la fonction d'autorité ? Il est honnête de dire qu'ils jouent un rôle : une voix grave et une moustache intimident, naturellement. Il en est de même chez les animaux. Si une entreprise a pour intérêt de voir ses employés obéir à un chef, alors elle a pour intérêt d'avoir un chef à moustaches et à voix forte. Cela n'est pas ségrégation, ni sexisme, ni réaction, ni affabulation. Cela est factuel, objectif, indéniable. Que peut-on y changer ? Doit-on raser et castrer les hommes sous prétexte d'égalité ? Les femmes n'ont-elles pas, de leur côté, des attributs spécifiques qui sont utiles à l'entreprise. Une voix douce et un visage agréable ne sont-ils pas utile à l'accueil des clients ou des usagers, par exemple ? Une entreprise a-t-elle intérêt à mettre à l'accueil ou au téléphone un gros moustachu à la voix bourru ? Non, elle ferait rapidement faillite, faute de client. On est ici en plein dans la question de la "nature" : les hommes et les femmes sont-ils des machines identiques ? Non. Ce sont des êtres vivants, naturellement différents. Femmes et hommes sont dotés par nature de qualités d'essences différentes. Il est donc on ne peut plus naturel, on ne peut plus attendu que depuis des millénaires, les hommes et les femmes occupent dans les entreprises (et pour l'intérêt de cette entreprise) des fonctions toutes spécifiques et adaptées à leur sexe, à leur nature. Finalement, la question posée par Bourdieu est : n'est-il pas nécessaire d'aller contre la nature, d'imposer des choses contre-nature ? Et à cette question, la réponse n'est pas tranchée. Et elle est moins simple qu'il n'y paraît. Elle n'est pas seulement une question d'idéal, d'idéologie ou de philosophie. C'est une question qui doit être éclairée par de vastes connaissances sur l'homme, ayant attrait à sa biologie, sa sociologie, son comportement et son histoire au fil des siècles, et à l'histoire des animaux.

Lettre envoyée à Télérama au sujet d'entretiens accordés par Pierre Bourdieu sur la « domination »


"Oui, "Bourdieu dérange, démange ou exaspère". C'est là d'ailleurs pour lui une raison d'être. Mais est-ce une marque d'intelligence ou de vertu ? Hitler, Le Pen, Staline ou Lyssenko eux aussi "dérangent, démangent ou exaspèrent". L'exaspération est-elle une marque de génie ? Cela n'est pas sûr. Peut-être les génies sont-ils parfois exaspérants, mais ceux qui exaspèrent ne sont pas toujours géniaux, aussi bien artistes que sociologues. Ils appliquent seulement le précepte marxiste selon lequel "ce qui exaspère et provoque un conflit est forcément bon et vrai"... proposition malheureusement fausse. Si Bourdieu exaspère, en l'occurrence, ce n'est pas parce qu'il a raison : c'est parce que ses mensonges, sa mauvaise foi, son aveuglement dépassent les bornes et deviennent indécents. Sur un plan épistémologique, les théories de M. Bourdieu font honte aux sociologues, de droite comme de gauche (surtout de gauche). Bourdieu, tout d'abord, ignore que la "domination" est un phénomène à double tranchant, que celui qui se croit maître peut être l'esclave de son esclave, et l'esclave, le maître de son maître, qu'un clochard peut avoir finalement plus de liberté ou de pouvoir personnel qu'un président de la République, ou un ouvrier que son patron. Il croit aussi que l'anatomie induit une domination de l'homme dans la sexualité. Il ignore donc que le plaisir de chacun découle de la complémentarité, d'un équilibre obligatoire entre les deux partenaires, que la "passivité" (féminine ou masculine) n'est pas forcément synonyme de déplaisir et que le plaisir sexuel est en tout cas bougrement plus compliqué qu'un "dominant-grimpé-sur-un-dominé". Il ignore encore que l'ADN fabrique des protéines, qui déterminent un comportement, différent chez chacun et pour chaque sexe, et que le maquillage ou le port de la jupe peuvent être motivés par autre chose que des "diktats culturels". Il ignore que ces protéines déterminent également (et malheureusement) des potentialités intellectuelles, lesquelles détermineront la stratification des résultats scolaires et des statuts sociaux (quand bien même "exaspérante" est cette contingence). Il croit toujours (comme Rousseau) que les différences (de tempérament ou de capacités cognitives) entre les hommes ne sont dûes exclusivement qu'à la culture, l'éducation et l'action malveillante des "dominants" (des "dominants" probablement créés par le Malin à l'origine des temps ?). Ce "scientifique de l'homme" ne sait même pas ce qu'est une base azotée, un acide aminé ou une synapse !! Autant d'ignorances, de croyances et de mensonges qu'on ne peut raisonnablement plus tenir aujourd'hui, ni comme scientifique, ni comme "sociologue", et encore moins comme philosophe ou moraliste. Ou à moins de prendre vraiment ses ouailles pour des imbéciles... et ne pas se prendre soi-même pour rien. Il est vrai que le verrou dogmatique selon lequel "plus les autres me critiquent, plus c'est la preuve que j'ai raison" n'a rien pour favoriser l'ouverture d'esprit ! Il serait agréable que M. Bourdieu s'instruise un peu (en neurobiologie, en éthologie ou en histoire de la vie, par exemple) avant que de prétendre à "sociologiser" et s'ériger en martyr génial et philanthrope ! Seulement, son catéchisme le lui autorise-t-il ? Quelle image, enfin, la sociologie et le monde scientifique du XXI° siècle retiendront-ils de ce "professeur au Collège de France" ? Je songe (non sans peine) à ces bronzes colossaux de Lénine déboulonnés et mis à la casse du jour au lendemain par un peuple lucide et exaspéré. La douleur de la chute étant proportionnelle à la hauteur du piédestal, on peut se demander si les gens doivent le plus blâmer ou plaindre celui qui se prend   sans rire   pour "le plus scientifique des sociologues" !"

(Signature)

Bourdieu me fait penser à un "marchand de colères prêtes-à-penser, estampillées d'un label scientifique analogue à ceux des publicités fantaisistes, qui trompent les masses de consommateurs ignorants".

Démontrer par l'absurde le dogmatisme bourdieusien


Montrer que le raisonnement bourdieusien peut démontrer toute chose et son contraire, et qu'il n'est donc pas valide.

S'appuyer sur l'exemple de l'emploi du "témoin" en science.

Exemple : de l'eau prélevée dans un étang est soupçonnée contenir du nonylphényl. On sait (ou on croit) que le nonylphényl réagit avec de l'alcool pour donner un précipité jaune. On va donc ajouter de l'alcool à l'eau de l'étang pour savoir si elle contient la molécule toxique. On remplit donc un tube avec de l'eau de l'étang, puis on y verse de l'alcool. L'eau vire au jaune. Elle contient donc du nonylphényl. Sûr ? Non. Prenons un tube "témoin", que nous remplissons d'eau stérilisée, exempte à coup sûr de nonylphényl. On verse dans cette eau de l'alcool. L'eau vire également au jaune. Conclusion : l'alcool peut très bien faire virer au jaune de l'eau pure. Le tube d'eau d'étang contient-il à coup sûr du nonylphényl ? Non. Rien ne le prouve. L'utilisation d'un tube "témoin" nous a permis d'invalider une hypothèse hasardeuse. Notons que la coloration en jaune de l'eau pure n'implique pas que l'eau de l'étang ne contient pas la mauvaise molécule, mais elle certifie que l'hypothèse du nonylphényl n'est "pas certaine". Notons également que si l'eau pure n'avait pas viré au jaune, cela n'aurait pas signifié pour autant que l'eau de l'étang contenait à coup sûr la molécule toxique : l'alcool versé dans l'eau de l'étang aurait pu virer au jaune pour une raison autre que la présence de nonylphényl.

Quel rapport avec Bourdieu ? Lorsqu'il "démontre" une hypothèse, il ne prend pas soin de la valider par un effet contraire ou différent sur un échantillon "témoin". Il dégage des hypothèses en raisonnant sur des cas isolés. Or, on pourrait, avec sa rhétorique (habitus, inconscient, illusions, résistances), démontrer n'importe quelle hypothèse concernant n'importe quelle population. Avec la rhétorique bourdieusienne, on pourrait par exemple démontrer :

- que les charpentiers dominent les maçons ;

- que les maçons dominent les charpentiers ;

- que "les ouvriers dominent les bourgeois" ;

- que "les femmes dominent les hommes" ;

- que "les bricoleurs qui se tapent avec un marteau sur le doigt sont victimes du "système"" ;

- que l'attribution des peluches géantes à la foire est organisée par les dominants et favorise les dominants ;

- que l'attribution des peluches géantes à la foire, avec l'intervention des dominants, favorise faussement les dominés pour leur donner l'impression d'être des gagnants et leur faire mieux supporter leur soumission sociale ;

Introduire le concept de "résistance" : "Quand j'expose cette théorie au cours de conférences, je sens des sourires ironiques dans l'assemblée".

Imaginer deux Bourdieu s'opposant sur deux hypothèses contradictoires et farfelues, sans possibilité d'accord.

Vérités intuitives et incomplétudes chez bourdieu


Il y a une part de vérité dans la théorie de Bourdieu, qui part d'une intuition : l'école méritocratique est impuissante à réduire les "inégalités de chance" à l'école et les inégalités sociales. Bourdieu impute cette impuissance à l'origine sociale, alors qu'elle est peut-être influencée par des facteurs naturels (qu'il ignore, élude ou rejette).

La plupart des sociologues anti-bourdieusiens ne lui reprochent pas d'éluder le biologique, mais de montrer que la société est un système fortement reproductif, dans lequel tous les enfants n'ont pas les mêmes chances de réussite à la naissance   ce qui n'est malheureusement pas faux.

Il y a, dans l'habitus (qui est un concept fumeux sous sa forme actuelle), une part de vérité et d'explication de cette résistance à la mobilité par l'école : c'est qu'il existe à l'intérieur de chaque individu des déterminants qui l'orientent vers un statut social similaire à celui de ses parents. Bourdieu considère ces déterminants comme d'origine sociale, acquise, alors qu'ils peuvent être pour partie d'origine naturelle.

Ce qu'il manque à la théorie et à l'intuition de Pierre Bourdieu, c'est le pan biologique de l'apprentissage et de la réussite scolaire et sociale.

C'est cette intuition de forte reproduction sociale (qui n'est pas infondée) qui pousse Bourdieu à vouloir être systématique, infaillible, implacable. Il est excessif, parce qu'il veut démontrer une idée forte, la réalité d'une force puissante. Ce qu'il ignore, c'est que cette force repose sur des facteurs naturels, qu'il nie ou élude.

Il est comme un ornithologue qui aurait l'intuition que les oiseaux migrateurs retrouvent leur nid natal et, pour convaincre de cette intuition, bâtisse une théorie dans laquelle tous les oiseaux tous les oiseaux migrateurs sans exception retrouvent leur nid, ce qui n'est pas vrai.

Il est encore comme un astronome ou un physicien qui percevrait les effets d'un phénomène et bâtirait une théorie sur leur origine, sans pour autant avoir les moyens d'observer le phénomène réel.

Ce qu'il ignore également, c'est que ces facteurs naturels, parce qu'ils sont distribués en grappes, au hasard, admettent une fourchette de mobilité et même des exceptions "d'hypermobilité" (enfant disposant de fortes capacités de mémoire, d'attention, de logique, de travail, de vitesse de raisonnement, d'ambition et de détermination, naissant au sein d'une famille étiquetée comme appartenant au "sous-prolétariat" par exemple). La théorie de Bourdieu, parce qu'elle est a-biologique et se veut infaillible (parce que portée par une forte intuition, qui est presque comme une intime conviction) n'admet pas, n'explique pas ou ignore les trajectoires atypiques. Il y a une certaine logique dans ce déni. Pour paraphraser Bourdieu, on pourrait dire que "on a chacun le déni de son intuition". Ici, en l'occurrence, le déni est faux, et l'intuition est bonne, seulement incomplète : il existe une forte reproduction sociale, que l'école méritocratique n'arrive pas à débloquer ; cette reproduction est autant due à la nature qu'à l'origine sociale ; cette cause naturelle génère naturellement des exceptions, des trajectoires atypiques.

Voilà pourquoi, en substance, la théorie de Pierre Bourdieu contient certaines vérités, intuitives et incomplètes, cherche à être infaillible, et exclut les exceptions.

La manipulation du mot "critique" par P. Bourdieu :


"La sociologie la plus critique est celle qui suppose et implique la plus radicale autocritique."

Pierre Bourdieu

Le terme "critique", dans la bouche de Bourdieu, revient comme une obsession, connotée très positivement, comme un idéal. Or "critique", dans sa bouche, signifie "politique, révolutionnaire". L'idéal d'une science est-il donc d'être "critique" ?

Il abuse d'une ambiguité : "critique" peut signifier tout aussi bien "lucide" que "politique". Le sens de "lucide" est une vertu en science : la théorie d'Einstein est "critique" par rapport à celle de Newton, c'est-à-dire qu'Einstein a fait preuve "d'esprit critique" par rapport à son prédécesseur et a contribué par là à faire avancer la science. L'autre sens de "critique" est politique et il n'a aucun intérêt en science : le discours d'un délégué syndical est "critique" par rapport à celui du patron, mais il ne fait en aucune façon avancer la science. Tout au plus améliore-t-il (de façon temporaire) les conditions de travail, de vie, fait-il avancer la morale ou le social.

Bourdieu se sert de "esprit critique" pour essayer de légitimer "critique politique". Il s'agit de manipulation, de malhonnêteté intellectuelle.

Résumé de la pensée de Pierre Bourdieu sur l'École


Relisons les ultimes lignes de La Reproduction :

"Ainsi, dans une société où l'obtention des privilèges sociaux dépend de plus en plus étroitement de la possession de titres scolaires, l'Ecole n'a pas seulement pour fonction d'assurer la succession discrète à des droits de bourgeoisie qui ne sauraient plus se transmettre d'une manière directe et déclarée. Instrument privilégiée de la sociodicée bourgeoise qui confère aux privilégiés le privilège suprême de ne pas s'apparaître comme privilégiés, elle parvient d'autant plus facilement à convaincre les déshérités qu'ils doivent leur destin scolaire et social à leur défaut de dons ou de mérites qu'en matière de culture la dépossession absolue exclut la conscience de la dépossession."

Traduisons en langage un peu moins savant : "Le statut social est dicté par le diplôme. Ce diplôme n'est en rien déterminé par de prétendus "dons" ou "mérites". La réussite scolaire ne repose sur aucun "talent" ou "mérite". En réalité, cette réussite est entièrement déterminée par l'origine sociale. Ce sont les dominants qui ont concocté un système scolaire tel qu'un fils d'ouvrier ne peut devenir rien d'autre qu'un ouvrier, et de la même façon pour les bourgeois. La destinée sociale est écrite d'avance, selon l'origine. Mieux encore, comme une telle fatalité ne pourrait pas être supportée et tolérée par les dominés, les dominants ont combiné les choses de telle façon que les dominés croient que leur élimination est due à leur manque de "dons" et de "talents". Les dominés n'ont rien compris : ils croient être éliminés de l'école parce qu'ils sont les moins performants, alors qu'en réalité cette élimination se fonde uniquement sur leur appartenance sociale. Et ce système de ségrégation arbitraire fonctionne d'autant mieux que les dominés sont complètement inconscients d'être victimes du système et d'être manipulés par les dominants."

Une formulation de la nature et des mécanismes religieux de la théorie de P. Bourdieu


"La théorie [bourdieusienne] est "un remarquable paradigme de la mythologie "scientifique", discours fondé dans la croyance (ou le préjugé) qui louche vers la science et qui se caractérise par la coexistence de deux principes entremêlés de cohérence : une cohérence proclamée, d'allure scientifique, qui s'affirme par la multiplication des signes extérieurs de la scientificité, et une cohérence cachée, mythique dans son principe.

Ce discours à double jeu et à double entente doit et son existence et son efficacité sociale au fait que, à l'âge de la science, la pulsion inconsciente qui porte à donner à un problème socialement important une réponse unitaire et totale, à la façon du mythe ou de la religion, ne peut se satisfaire qu'en empruntant les modes de pensée ou d'expression qui sont ceux de la science"."
Jeannine VERDÈS-LEROUX, p237

Plan d'une partie consacrée à P. Bourdieu :


- Introduction : le poids de Bourdieu dans le "champ" des sciences humaines contemporaines ;

- La pensée de Bourdieu : le contexte d'origine, concepts, raisonnements ;

- Les éléments et filiations idéologiques de la sociologie de Bourdieu : une société de classe ; la révolte ; l'égalité ; le progrès...

- Les critiques de la sociologie critique : François DUBET, Claude GRIGNON, Gérard GRUMBERG, Nora MEYER, Olivier MONGIN, Antoine PROST, Jeannine VERDES-LEROUX ;

- Pertinences des critiques de la sociologie de la reproduction : le caractère idéologique de la "science" de Bourdieu ; le caractère dogmatique ; une occultation de l'acteur...

- Autres critiques possibles de la sociologie de Bourdieu : la pseudo "causalité sociologique" durkheimienne ; le déni du biologique ; de la structure à l'acteur et de l'acteur nominaliste au matérialisme biologique ; les ouvriers sont-ils malheureux ? ;

- Les pertinences et apports de Bourdieu à l'histoire de la sociologie : l'échec de l'école méritocratique face à la reproduction : une réalité ; le moteur de l'intérêt individuel ; le "capital" ; l'habitus, un concept nécessaire et transitoire...

- Vers un prolongement et un perfectionnement des apports pertinents de P. Bourdieu : "champ biologique" ; "capital culturel et biologique" ; "habitus culturel et biologique"...

- Vers une modélisation de la stratification et de la mobilité sociale ?
"Le livre critique sur la pensée de Pierre Bourdieu, qu'on attendait, qu'on espérait, reste à venir."

Frédéric MARTEL,

Le Magazine littéraire, octobre 1998.
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