Thèse de sciences de l’éducation





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ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-1778), Liberté, égalité, Du Contrat Social, Livre II, chap. 11, 1762. (p.21)


"Si l'on recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu'il se réduit à deux objets principaux, la liberté et l'égalité : la liberté, parce que toute dépendance particulière est autant de force ôtée au corps de l'Etat ; l'égalité, parce que la liberté ne peut subsister sans elle."
Cette idée que la liberté ne puisse subsister sans l'égalité nous semble à la fois vraie et fausse, selon le point de vue.

Elle est vraie dans le sens où un homme supérieur à son voisin, ne fut-ce que d'un iota, obtient alors sur ce voisin un pouvoir. Ce pouvoir peut lui servir, entre autre, à réprimer sa liberté. Dans ce cas, l'inégalité est une cause d'aliénation et l'on peut considérer effectivement que la liberté ne peut subsister sans égalité.

En revanche, l'égalité peut tout aussi bien détruire la liberté. Si l'on considère que les hommes sont différents entre eux, qu'ils ont chacun des goûts et des intérêts différents   sans pour autant être antagonistes   alors, égaliser, uniformiser ces goûts au nom de l'égalité   qui prétendait garantir la liberté   détruit chacune des libertés individuelles, donc détruit "la liberté".

Il est vrai de dire que "la liberté ne peut subsister sans l'égalité", mais il est faux, aussi, de le dire. En conséquence de quoi, il n'est pas juste de le dire.

Il est vrai que l'égalité au sens de Rousseau n'est pas une stricte égalité de personnes ni même de richesse mais une simple égalité de droit. Il n'empêche que la formule, extraite des précisions qui lui font suite, peut autoriser à une égalisation outrancière des individus et à une destruction de leur liberté, contredisant paradoxalement la formule originale.

"J'ai déjà dit ce que c'est que la liberté civile : à l'égard de légalité, il ne faut pas entendre par ce mot que les degrés de puissance et de richesse soient absolument les mêmes ; mais que, quant à la puissance, elle soit au-dessous de toute violence, et ne s'exerce jamais qu'en vertu du rang et des lois ; et, quant à la richesse, que nul citoyen ne soit assez opulent pour pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre119 : ce qui suppose, du côté des petits, modération d'avarice et de convoitise.

Cette égalité, disent-ils, est une chimère de spéculation qui ne peut exister dans la pratique. Mais si l'abus est inévitable, s'ensuit-il qu'il ne faille pas au moins le régler ? C'est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l'égalité, que le force de la législation doit toujours tendre à la maintenir."

ROUSSEAU, L'éducation, Encyclopédie, article Economie Politique, (p. 25)


"La patrie ne peut subsister sans la liberté, ni la liberté sans la vertu, ni la vertu sans les citoyens : vous aurez tout si vous formez des citoyens ; sans cela nous n'aurez que de méchants esclaves, à commencer par les chefs de l'état. Or, former les citoyens n'est pas l'affaire d'un jour ; et pour les avoir hommes, il faut les instruire enfants.(...)

C'est du premier moment de la vie, qu'il faut apprendre à mériter de vivre ; et comme on participe en naissant aux droits des citoyens, l'instant de notre naissance doit être le commencement de l'exercice de nos devoirs. S'il y a des lois pour l'âge mûr, il doit y en avoir pour l'enfance, qui enseignent à obéir aux autres ; et comme on le lasse pas la raison de chaque homme unique arbitre de ses devoirs, on doit d'autant moins abandonner aux lumières et aux préjugés des pères l'éducation de leurs enfants, qu'elle importe à l'état encore plus qu'aux pères ; car selon le cours de nature, la mort du père lui dérobe souvent les derniers fruits de cette éducation ; mais la patrie en sent tôt ou tard les effets ; l'état demeure, et la famille se dissout. Que si l'autorité publique, en prenant la place des pères, et se chargeant de cette importante fonction, acquiert leurs droits en remplissant leurs devoirs, ils ont d'autant moins sujet de s'en plaindre, qu'à cet égard ils ne font proprement que changer de nom, et qu'ils auront en commun, sous le nom de citoyens, la même autorité sur leurs enfants qu'ils exerçaient séparément sous le nom de "pères", et n'en seront pas moins obéis en parlant au nom de la loi, qu'ils l'étaient en parlant au nom de la nature. L'éducation publique sous des règles prescrites par le gouvernement, et sous des magistrats établis par le souverain, est donc une des maximes fondamentales du gouvernement populaire ou légitime. Si les enfants sont élevés en commun dans le sein de l'égalité, s'ils sont imbus des lois de l'état, et des maximes de la volonté générale, s'ils sont instruits à les respecter par-dessus toutes choses, s'ils sont environnés d'exemples et d'objets qui leur parlent sans cesse de la tendre mère qui les nourrit, de l'amour qu'elle a pour eux, des biens inestimables qu'ils reçoivent d'elle, et du retour qu'ils lui doivent, ne doutons pas qu'ils n'apprennent ainsi à se chérir mutuellement comme des frères, à ne vouloir jamais que ce que veut la société, à substituer des actions d'hommes et de citoyens au stérile et vain babil des sophistes, et à devenir un jour les défenseurs et les pères de la patrie, dont ils auront été si longtemps les enfants."
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