Journée internationale du la3M 2011-2012





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Journée internationale du LA3M 2011-2012

 

Problèmes de topographies urbaines à la lumière de nouvelles recherches en Méditerranée byzantine (IVe - XIVe siècles)


Journée d’études internationale, organisée par A. Nicolaïdès

Le 13 février 2012, Aix-en-Provence, MMSH, salle Georges Duby, 9h30-17h

 

Introdution et résumés des communications de la journée Internationale



Introduction

Andréas Nicolaïdès, LA3M-Département d’histoire de l’art et d’archéologie

Cette journée réunit quelques-uns des spécialistes français et étrangers de l’histoire et archéologie urbaines de l’Orient méditerranéen. Elle s’inscrit dans le mouvement de renouvellement des recherches relatives à la christianisation des villes protobyzantines et byzantines et à la transformation progressive de leur topographie. Pour l’Occident, ces thématiques avaient naguère alimenté la réflexion des historiens et des archéologues et promu des études fondatrices comme celles de Paul-Albert Février et Michel Fixot, lesquelles, il y a déjà plus d’une trentaine d’années, sous la direction de Georges Duby, avaient conduit à la réalisation des volumes de l’Histoire de la France urbaine.

Des recherches semblables ont concerné l’Orient chrétien et byzantin sous des aspects spécifiques qui prennent en compte le développement urbain, l’expansion économique, l’organisation des pouvoirs et de l’administration, la critique du concept politiquement incorrect « de déclin » de Gibbon. Plus récemment ont été abordés l’archéologie de la vie quotidienne et l’impact de la christianisation grâce aux travaux de byzantinistes de premier plan comme Cyril Mango pour Constantinople (1985) ; Anna Avraméa pour l’évêque et la cité (1987 et 1989) ; Jean-Michel Spieser pour Thessalonique (1989) ; Jean-Pierre Sodini pour une synthèse des apports archéologiques et la transformation des cités de l’Antiquité tardive en Macédoine et en Epire (1993 et 2007) ; Gilbert Dagron pour le christianisme dans la ville et l’économie urbaine (1977 et 2002) ; Luke Lavan pour l’urbanisme de l’Antiquité tardive (2001) ; Beat Brenk pour la christianisation (2003), enfin, Helen Saradi pour la cité du VIe s. en général (2006 et 2008).

L’intérêt de la journée que nous organisons est de porter l’écho de ces travaux à la fois à travers l’exemple de la Cilicie arménienne et à la lumière de l’archéologie dans la problématique de la topographie chrétienne entre Antiquité tardive et fin de l’époque byzantine.
Cette rencontre découle également d’une volonté du LA3M de consacrer chaque année au moins une journée à la confrontation des problématiques et à l’exposé de recherches récentes ayant trait au monde byzantin et chrétien d’Orient, vu principalement au prisme de l’archéologie et de l’histoire de l’art.
Elle complète et élargit certaines des thématiques du cours de L2 sur le thème de la ville byzantine (ART C01) et constitue un des éléments de la formation de Master.

Pour la journée du 13 février 2012, le Laboratoire d’Archéologie Médiévale et Moderne en Méditerranée se trouve tout naturellement l’institution la plus concernée à la fois par la pluridisplinarité et l’orientation résolument méditerranéenne. Dans ce cadre, une publication des communications de cette rencontre est attendue ainsi que le concours du LABEX MED et du Département d’histoire de l’art et d’archéologie.



Espace urbain et topographie religieuse en mouvement : le cas du royaume arménien de Cilicie

Ioanna Rapti - King’s College, Centre for Hellenic Studies, Londres

La transformation de l’espace urbain au grès de la diffusion de la religion chrétienne, thème longtemps privilégié de l’archéologie et de l’histoire, ne cesse de faire partie du débat de plus en plus riche et nuancé sur l’évolution de la ville byzantine. Cet exposé se propose d’étendre la réflexion au delà des temps forts de la conversion au IV et de la crise du VIIe pour examiner le sort des espaces urbains dans un territoire et dans un contexte spécifique, celui de la Cilicie entre le XIe et le XIVe siècle, où les sites changent d’occupants entre chrétiens de confessions diverses et musulmans.
La Cilicie, une des provinces les plus urbanisées à l’époque protobyzantine évolue à l’époque qui nous intéresse à la frontière de l’empire et des états latins du Levant. Une force motrice de ce processus est la population arménienne qui s’y installe progressivement des la fin du XIe siècle et contrôle le territoire grâce à un réseau efficace de châteaux. Les pôles urbains se développent sur l’emplacement de certaines cités antiques qui ont entre temps toutes traversé les transformations du Haut Moyen Age et la domination arabe dans la région.
La complexité du phénomène réside dans la dynamique même du changement et le rapport subtil entre innovation et continuité. S’y ajoute le caractère multiethnique de la population qu’elle soit établie durablement ou, pour une part importante, de passage. Enfin, un dernier paramètre est que la tradition arménienne n’a guère d’attachement véritable aux modèles urbains romains et protobyzantins.
Cet exposé propose d’examiner deux sites majeures de la région, Tarse et Sis qui constituent les deux pôles principaux du pouvoir du royaume arménien même si le rôle de la capitale revient à la seconde. Les deux sites confondus aujourd’hui avec des villes en pleine expansion ont subi des transformations radicales au XVIe et au XIXe siècle, puis au début du XXe siècle. En croisant la documentation archéologique particulièrement fragmentaire avec les informations souvent implicites des sources écrites, l’exposé tâchera d’explorer la réception et le développement religieux des espaces urbains en relation avec l’interaction des ceux qui s’y croisent et s’y succèdent.



L’urbanisme des villes de l’Antiquité tardive en Orient chrétien (IVe-VIIe s.)

Jean-Pierre Sodini - Université de la Sorbonne-Panthéon, Paris I – Académie-des-Inscriptions-et-Belles-Lettres

L’essor des cités à cette époque dans la partie orientale de la Méditerranée est tributaire de certains facteurs qui, pris un à un, ne pouvaient entraîner cette reprise mais qui, conjugués ensemble, l’ont déterminée en grande part.
Ce sont :
La stabilité politique et économique après la crise de la seconde moitié du IIIe siècle, générale dans tout l’Empire, et l’apparition du système de la Tétrarchie qui a d’une part maîtrisé les invasions, sécurisé les frontières et les mers, réorganisé la gestion des provinces, revu l’assiette de l’impôt, stabilisé la monnaie (nomisma) et établi un strict contrôle des prix (Edit de Dioclétien), créant ainsi un marché méditerranéen (l’oikouménè romaine équivalait en fait à la totalité du monde organisé à l’exclusion du monde perse) qui sera stable jusqu’au VIe s. (règne de Justinien inclus). Le développement économique de grands pôles régionaux se fit autour de mégapoles (Alexandrie, Antioche, Constantinople qui se crée entre 330 et la fin du IVe s., Thessalonique, Carthage et Rome). Le succès du développement de Constantinople, la décadence progressive de Rome après le sac de 410, la prise de Carthage par les Vandales furent autant de facteurs qui favorisèrent le décollage d’un Orient qui avait une longue tradition de production agricole et artisanale (architecture et sculpture, textiles, arts du métal, du verre, de l’ivoire) et qui avait une tradition urbaine active. Au cours du Ve siècle, la Pars Orientis devient un marché attractif pour les régions occidentales productrices (essentiellement l’Afrique du Nord) et en même temps un centre exportateur qui diffuse ses normes en matière d’urbanisme et de consommation. Ravenne et Carthage se développent sur le modèle de Constantinople.

L’exposé insistera ensuite sur la typologie de ces villes (murailles, voies à colonnade et places, lieux de spectacle et d’enseignement, thermes, alimentation en eau et production par la force hydraulique, artisanat, habitat). Il montrera aussi comment l’église impose peu à peu sa réorganisation de la ville et comment le réseau des évêchés, mais aussi celui des lieux de pèlerinage redynamisent les cités en recréant des circulations urbaines et en attirant de nombreux pèlerins. La multiplication des centres administratifs civils et religieux dans des provinces plus nombreuses génère un meilleur maillage des territoires. Les chôrai de ces cités développent leurs activités et, aux abords mêmes des villes les métrokômai assurent une part importante dans les échanges avec les campagnes. La démographie jusqu’à la peste de 542 reste importante, comme le montre la mise en valeur et la sédentarisation des zones marginales (régions calcaires, zones steppiques de la Syrie de l’Est, de la province d’Arabie, terres basaltiques du Golan, arrière-pays de la Tunisie, de l’Algérie et de la Libye actuelles).

Avec le VIe s., les invasions (Slaves, Perses) se profilent. La peste de 542 et ses épisodes récurrents affaiblissent durablement les populations. Celles-ci se déchirent au sein des factions et autour des dogmes du concile de Chalcédoine. L’économie se dégrade peu à peu. La gestion des villes apparaît de plus en plus lourde, chaotique et son coût devient excessif pour les ressources locales. Les dégâts des tremblements de terre ne sont plus réparés (Ephèse, Antioche).

Si des villes se maintiennent dans certaines régions au VIIe s. et au-delà, c’est, sauf exception, à une échelle réduite, ruralisées et sans la parure urbaine héritée de l’empire romain et de l’essor de l’Eglise aux Ve et VIe siècles. Avec la conquête arabe, d’autres régions se développent en Méditerranée orientale et au Proche Orient autour de nouvelles capitales, notamment dans la région de l’Euphrate.



Rhodes byzantine du IVe au XIIIe siècle : formation d'une ville chrétienne

Emma Maglio - LA3M – LABEX MED

L’île de Rhodes représenta dès l’Antiquité un port d’escale stratégique ainsi qu’une étape obligatoire pour les croisés et voyageurs vers la Terre Sainte de l’âge médiéval. Après une phase de décadence sous les Romains, la ville du IVe siècle se réorganisa avec de nouvelles fortifications et se développa à travers d’expansions successives, jusqu’à la forme urbaine accomplie au XVe siècle avec les Chevaliers de saint. Jean. La lecture de la topographie de Rhodes à l’époque byzantine jusqu’au XIIIe siècle révèle le développement d’une des villes les plus importantes aux limites de l’empire byzantin : Rhodes fut élue Métropole de l’ancienne Provincia Insularum et se para de la fondation de plusieurs lieux de culte.

A travers l’analyse du tissu urbain et de ses stratifications temporelles on a supposé les phases d’évolution de la ville, en déterminant la hiérarchie du réseau routier, les variations du périmètre fortifié et les portes urbaines jusqu’à la fin de l’époque byzantine. La ville du IVe siècle avait une enceinte régulière, comme les restes des murs, des basiliques et nécropoles paléochrétiennes extra-moenia confirment. Au VIIIe siècle les byzantins bâtirent un réduit fortifié (akropolis) décentralisé. Au XIIe siècle la ville s’étendit vers nord et est, en incluant à la fin du XIIIe siècle les nombreuses églises extra-moenia latines et grecques.

La lecture croisée des sources et l’analyse typologique ont permis de cataloguer les églises de la ville, en localisant aussi certains édifices disparus. Rhodes possédait fort probablement plus de 60 églises dans ses murs au XIIIe siècle : parmi elles on peut citer les églises Saint-Spyridon (bâtie sur les fondations d’un édifice religieux grec classique) et Saint-Michel-l’-Archange (remontant au IIIe siècle), les plus importants lieux de culte qui ont été le pivot du développement urbain du IVe siècle.



La christianisation des villes crétoises à l'époque protobyzanine

Enrico Zanini - Università di Siena Dip. di Archeologia e Storia delle Arti

L'impact du christianisme sur le tissu de l’implantation urbaine et extra-urbaine, de la Crète entre l'Antiquité tardive et l’époque proto byzantine a été certainement très important. En témoigne un corpus très large (plus de 90 cas) des basiliques distribuées plus ou moins uniformément dans toute l'île et le rôle que les édifices religieux avait dans les trois centres urbains - Cnossos, Eleutherne et Gortyne - jusqu'à présent fouillés d'une façon quasi extensive.

Malgré les limites objectives de recherches archéologiques - qui n’ont souvent concernées seulement les édifices religieux, négligeant l'environnement urbain, social et économique dans lequel ils ont été insérés - à la lumière des recherches récentes on peut envisager d'exposer une évaluation initiale et d'avancer une première réflexion sur le rôle que les églises et les autres édifices religieux avaient sur l'ensemble du mécanisme de ré-définition des espaces et des fonctions urbains dans les anciennes villes crétoises dans les dernières phases de leur vie.



The Topography of Christianization in the Byzantine Cityscape of the Southern Illyrikon

Athanasios K. Vionis - Panépistimio Kyprou - University of Cyprus, Nicosie

Several studies on ‘Late Antiquity’ or ‘Early Byzantium’ in recent years have been focussing upon the processes of ‘Christianization’ and the survival of paganism especially in towns and cities in the Byzantine Empire through the examination of inscriptions and monuments. Archaeological evidence from urban contexts in central and southern Greece, however, seems to suggest that public expressions of Christian identity became manifested no earlier than the late fifth century. The Athenians, who were proud of their “city so full of idols” (Acts 17:16–17) and the flourishing condition of their pagan philosophical schools which were closed only in 529 by the Emperor Justinian, would have been reluctant to convert to Christianity when Paul was preaching on the Areopagus hill (Acts 17:19–21). Likewise, the conversion of pagan temples and the complete Christianization of the city’s monuments and inhabitants did not take place in rapidity. At Corinth, the capital of Achaea, no identifiably Christian remains predate the fifth century while polytheistic activities seem to have survived through the sixth century. According to the excavators, it is natural disasters (such as the destructive earthquake of 525) that may have persuaded the Corinthian majority to accept Christianity so late, some time in the first half of the sixth century.

It is indeed difficult to draw a definite line between paganism and Christianity in the early centuries of our era or define at what exact point in time Christianity became the dominant religion. Even the term ‘Christianity’ was probably not Paul’s concept of ‘a religion’ as such when he was preaching particular groups about certain views and actions. Both religions, however, do involve cult activities of one form or another but during the first three centuries the material testimonies for the presence of Christians are limited to inscriptions and it remains difficult to identify Christianity in the archaeological record. Like other religious associations, Christian cult, in the form of assembly and worship, was restricted to the private houses of prominent and wealthier members during the first two centuries or as late as the fourth century in towns such as Athens. Even in later times, Christians seem to have clustered in regions kept very much to themselves. During the second half of the fifth century pagan activity still monopolized the ancient civic centre of Athens, while Christians avoided it, forming neighborhoods outside it. Consequently, the physical separation of the two religious groups would have allowed them co-exist, and paganism to survive in civic centres until late.

There is evidence that many pagan temples were neglected from the third and fourth centuries after damaging earthquakes, and most of them were never restored due to declining funds; this, however, does not mean that pagan cultic activity did not continue at ruined temple sites. The accession of Constantine in the fourth century, an emperor with Christian sympathies, certainly marked the beginning of a new era. Even more, the Codex Theodosianus of Theodosius II in the 430s and the Corpus Juris Civilis of Justinian in the 520s, 540s and 560s forbade pagan cults, closed temples and forced conversion, themselves obvious evidence for the existence of pagan groups and activities well into the sixth century throughout the officially Christian empire. A series of transformations took place throughout Late Antiquity in the fifth and sixth centuries, changing the civic and religious cityscapes and landscapes from a deteriorating pagan to a predominantly Christian one.

Jean-Michel Spieser (1986) has accurately argued that the term ‘Christianization’ should actually refer to the monumental and urban development of cities in this period, rather than to solely aspects of religious painting and architecture. Moreover, one cannot deny that the process of ‘Christianization’ of the Late Roman or Early Byzantine urban environment goes hand-in-hand with aspects of urban ‘re-monumentalisation’, along the lines of construction of churches and baptisteries. Meanwhile, the examination of the location and/or relocation of martyria and koimeteria within the urban fabric during this long period (lasting from the fourth to the sixth or seventh centuries) should reveal the creation of new memories and identities, as well as the conscious expression of the new faith, in relation to society, politics and economy.
Thus, the main aim of this presentation and discussion is best described as an attempt to read the Christianisation process of the Byzantine city through the identification of its ‘symbolic’, cultural and economic topography. More specifically, the issues dealt with here are :

(a) an brief survey of the extant archaeological evidence in order to unravel and review the beginnings and historical development of Christianity at different urban localities in present-day Greece and the Aegean Islands from the first to the late sixth century,

(b) an examination of ecclesiastical buildings and the topographic situation of Christian cemeteries within the walls of the Byzantine city, as major features of the urban landscape, and as new foci of Christian urban and economic life,

(c) a parallel comparison of the Christianizing urban environment to the suburban and rural constructions and interventions that symbolically verified the Christian character of the landscape and gave the communities a shared identity related to religion, ownership and space.

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