Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010





télécharger 32.32 Kb.
titreSéminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010
date de publication06.10.2017
taille32.32 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > histoire > Documentos

Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010

Compte rendu du séminaire académique

ENSEIGNER L’HISTOIRE DES ANTILLES

Auditorium municipal de Basse-Terre

Jeudi 20, vendredi 21, samedi 22 mai 2010

L’I.P.R. d’Histoire et Géographie, Mme Véronique CHALCOU a procédé à ‘ouverture du séminaire en indiquant que cette rencontre permet d’apporter des contenus aux supports pédagogiques.

Jacques ADELAIDE-MERLANDE, Professeur Honoris Causa de l’Université des West Indies a procédé à un bref témoignage d’égo-histoire dans lequel iv a retracé son parcours depuis ses études supérieures à la Sorbonne, jusqu’à sa récente participation au Colloque de l’Association des Historiens de la Caraïbe, courant mai 2010, à Barbade.

  • Christian STOUVENOT, Archéologue à la DRAC

Les Amérindiens dans la Caraïbe et en Guadeloupe.

Il a fait le point sur les connaissances actuelles et rappelé que les archéologues disposent de 3 types de sources :

  • Les chroniques

  • Les vestiges archéologiques

  • L’observation des populations actuelles

Toutefois, la démarche actuelle privilégie l’archéologie.

On retiendra que la chronologie de la Caraïbe est complexe, car elle diffère selon les lieux ; les périodes changent. Il en résulte un manque d’harmonie terminologique qu’un tableau de concordances qu’il a projeté a simplifié la lecture des temps archéologiques et des cultures.

On a ainsi un âge Méso-Indien ou Age Archaïque qui correspond aux premières populations des Petites Antilles qui seraient originaires du Yucatan. En Guadeloupe, le site de Etang Rouge, à Saint Martin serait le plus ancien (- 3 300) ; on y trouve une accumulation de coquillages.

Ensuite, les cultures céramiques ou Huecoïdes (- 500 à – 100), originaires du Nord du Venezuela qui ont laissé des adornos à têtes de chiens sur des céramiques décorées. Leur organisation sociale en villages est attestée.

La période saladoïde (0 à 900) est mieux connue. On retrouve des trigonolithes partout. En Guadeloupe, les adornos retrouvés sont anthropomorphes et zoomorphes. Les villages sont implantés à l’intérieur des terres.

Les périodes néo-indiennes récentes sont celles qui permettent de dire que les changements climatiques ont eu des répercussions sur les changements culturels. On note une diversité de populations (Taïnos dans les Grandes Antilles jusqu’à Saint-Martin, populations troumassoïdes, suazoïdes et caraïbes au Sud). Globalement, les céramiques sont plus vastes et moins décorées.

M. STOUVENOT a insisté sur le fait que l’expression « civilisation » est réservée aux groupes. Pour les Antilles, on parle plutôt de « populations ».

Jacques DUMONT, Professeur des Universités à l’U.A.G.

Actualisation et enjeux d’une lecture de l’Histoire de la Guadeloupe au XXème siècle : « l’Amère patrie ».

Il a centré son intervention sur une « histoire ‘‘cognitive du possible et du pensable’’ » en prenant l’exemple de la Conscription et du Service Militaire autour de la Première Guerre mondiale, comme témoins d’une égalité des droits et devoirs du citoyens, mais aussi des réticences, notamment de l’administration militaire.

Son propos a largement dépassé la Première Guerre mondiale pour aborder la désillusion et les grèves des années 1950 après la loi de Départementalisation.

Monique MILIA SAINTE-LUCE, Maître de Conférences à l’U.A.G.

Focus sur le BUMIDOM : un prisme de la situation des Antilles Françaises dans les années 1960.

Pour elle, le Bureau pour les Migrations Intéressant les DOM, créé par un décret de Michel DEBRE, le 26 mars 1963, marque un tournant dans l’histoire des Antilles, car il est créé au moment où se pose le problème du statut, avec une agitation sociale extrêmement forte. L’objectif des 5000 Antillais et 3500 Réunionnais n’a jamais été atteint, toutefois, l’organisme a joué un rôle d’Agence pour l’emploi dans des secteurs où le manque de main d’œuvre était fort, et de regroupement familial. Sa répercussion sociale a été importante : d’après Alain ANSELIN, le BUMIDOM a contribué à construire une « 3ème île » en France, d’autant que le recensement de 1999 révélait qu’un quart des personnes nées aux Antilles vivait en France. On a eu, de ce fait, une migration du travail qui s’est transformée en migration de peuplement.

Mme MILIA a suggéré d’intéresser les élèves à ce phénomène par l’examen de l’équipe de France de football, ou encore par l’évocation d’un récit de vie.

Danielle BEGOT, Professeure des Universités à l’U.A.G.

L’Habitation antillaise entre recherche universitaire et traitement pédagogique

Mme BEGOT a débuté son exposé par cette phrase : « l’histoire des habitations a été un des socles de l’histoire des Antilles ».

Son propos a retracé trois étapes de l’historiographie des habitations en mettant l’accent sur les études anciennes de M. SATINEAU et E. BAMBUCK, l’œuvre de l’Historial antillais des années 1980 et l’Histoire de l’industrie sucrière en Guadeloupe, de Christian SCHNACKENBOURG, dernier ouvrage sur lequel elle a insisté.

Elle a proposé deux entrées pour l’étude des habitations :

  • Partir d’iconographies

  • Partir de cartes anciennes

Quel que soit le choix : décrire, expliquer le fonctionnement de l’unité de production, mais aussi l’évolution des mentalités. On doit aussi faire comprendre aux élèves que l’habitation sucrerie n’est pas originaire de notre archipel.

Jean-Pierre SAINTON, Professeur des Universités à l’U.A.G.

Problématiques de la recherche aux problèmes de l’enseignement

Il a introduit son intervention en précisant les champs de compétences de chacun des pratiquants de l’Histoire : « le chercheur n’a pas un frein à son travail, sinon idéologique (…) la fonction d’enseignant s’inscrit dans la transmission et l’actualisation des connaissances, mais aussi l’apprentissage de l’amour de son pays ».

Pour lui, l’histoire antillaise en classe doit éduquer et former.

Il a proposé une approche périodisée de l’Histoire antillaise, appuyée sur une chronologie dans laquelle il a fait apparaître 4 périodes :

  • Le temps d’une Genèse longue et évolutive de l’Histoire des Hommes

  • Le temps des matrices qui correspond à la fin du Moyen-Age jusqu’au xviième siècle

  • Le temps des matrices, de la fin du XVIIème siècle au début du XIXème siècle

  • Le temps des mutations après le Second Empire en France

Christelle POPOTE, Professeure d’Histoire et Géographie au Collège de Morne à l’Eau

L’Histoire des Antilles en projet et en action

Elle a fait part d’une expérience menée avec une classe de 4ème, en 2009, autour d’un document d’archives et du Fort Delgres, insérée dans l’étude de l’Histoire de France.

4 temps :

  • Cours sur la période révolutionnaire

  • Visite aux Archives et travail sur documents à partir d’un questionnaire

  • Visite du Fort Delgres pour donner du sens

  • Enregistrement d’une séquence audio diffusée sur Radio Interscool, le 27 mai 2009.

Brigitte JEAN-CHARLES, Professeure des Ecoles et Matthieu DUSSAUGE, Conservateur du Musée Schoelcher

Une expérience au Musée avec les tout-petits

Un travail a été mené avec une école primaire de Pointe à Pitre à partir d’un carnet de voyage, vite devenu livret de visite du musée, afin d’expliquer les thèmes, les objets et l’histoire du Musée Schoelcher.

3 activités :

  • Une séance en classe explicative

  • La construction d’un diaporama avec des textes à analyser

  • Une séance au Musée avec jeu de piste et découverte du fonds, en ateliers

Le livret de 28 pages sera distribué gratuitement aux élèves.

Kathia SANDOZ, Professeure d’Histoire et Géographie au Lycée des Droits de l’Homme

Patrimoine, architecture et Histoire : imager et donner corps au temps ?

Mme SANDOZ a procédé à un inventaire non exhaustif du patrimoine disponible sur l’archipel, afin de sensibiliser les élèves sur les ressources à visiter.

Elle a distingué 6 types de patrimoines :

  • Amérindiens

  • Militaires

  • Religieux

  • Agro-industriels

  • Nécrologiques

  • Architecture urbain

Pascale FORESTIER, Chargée du Service Educatif aux Archives Départementales de Guadeloupe

et Gilles DELATRE, Professeur d’Histoire et Géographie

La Première Guerre mondiale en Guadeloupe – le livre d’Or des morts

Peut faire l’objet d’une étude de cas avec une application pratique en groupes aux Archives. Le travail se fait sur des thèmes ; un diaporama doit être confectionné après 2 semaines.

Intervention de Sarah EPIAR, Directrice de l’Office National des Anciens Combattants

Elle a rappelé que l’O.N.A.C. organise des concours autour des Poilus, mais aussi de la Résistance et la Déportation. Cet organisme peut aider tout projet qui touche à l’un de ces domaines.

ATELIERS D’ECHANGES ET DE PRODUCTION

5 ateliers ont été programmés le vendredi après-midi, au Collège Joseph PITAT de Basse-Terre. L’atelier « Adapter les programmes en Cycle 3 » a été annulé pour faute d’inscrits.

La restitution des travaux en ateliers a eu lieu samedi matin, aux Archives Départementales :

  • L’Histoire des Antilles, un objet d’enseignement comme les autres ?

S’il existe des freins, notamment la gestion du temps, l’imprécision des instructions officielles ou encore l’accès aux sources, les participants à l’atelier ont insisté sur la nécessité d’intégrer l’Histoire des Antilles aux programmes, de sorte que les élèves sentent qu’il existe bien UNE Histoire.

La mutualisation des compétences, l’accès aux travaux universitaires et aux ressources du Service Educatif des Archives sont nécessaires, de même que le recours à des pratiques innovantes. Tous s’accordent à dire qu’il est indispensable d’évaluer les connaissances.

  • Grands repères, documents incontournables de l’Histoire des Antilles

La périodisation est importante, car les dates constituent des bornes à l’intérieur desquelles les élèves repèrent des espaces, des événements, des patrimoines et des temps.

Les participants à cet atelier ont accepté le travail réalisé par Jean-Pierre SAINTON. Reste que des témoins et des portraits d’hommes sont à définir.

  • Programmes et adaptation, quelles articulations ?

L’expérience montre la persistance de juxtaposition d’une Histoire locale par rapport à l’Histoire générale. Du reste, le terme « adaptation » pose problème, les collègues préfèrent parler d’«intégration ».

Cependant des freins persistent, notamment :

  • des articulations difficiles à mettre en place

  • le manque d’éléments de guidage, notamment des documents d’accompagnement

  • des connaissances mal maîtrisées

Les attentes sont nombreuses :

  • comment faire coïncider les temps de l’Histoire ?

  • Une bibliographie plus pratique, des documents d’accompagnement, des séminaires et stages

  • Un allègement des programmes sur le modèle de la Série STG avec des questions obligatoires d’adaptation.

  • Il reste que certaines questions des programmes ne peuvent pas aboutir à une adaptation locale

Les membres de l’atelier ont conclu que « l’Histoire locale n’est pas une fermeture des esprits, mais elle fournit des clés pour la compréhension de l’Histoire ».

  • Le cahier de l’élève et l’Histoire régionale

Les participants à l’atelier ont réfléchi sur la pertinence de mettre en mémoire l’Histoire locale.

Avantages :

  • entrer dans les programmes à partir d’exemples

  • Prendre du recul

  • S’approprier son espace régional

  • Faire un lien entre savoir et vécu

  • Concilier identité et citoyenneté

Difficultés :

  • Tâtonnements

  • Dimension affective de l’enseignant

  • Les élèves ont l’impression de connaître le sujet

  • Inaccessibilité des ressources exploitables rapidement

  • Problèmes matériels et logistiques pour organiser les visites

  • Difficultés à définir un document incontournable

  • Mise en question du savoir de l’enseignant

Solutions :

  • Intervention de témoins

  • Prise de vues pour palier les difficultés d’organisation des sorties

  • Publication d’une base de données exploitable

  • Etablir une progression intégrant l’Histoire locale

  • Réaliser des entrées de séquences pratiques

  • Ne pas traiter l’Histoire des Antilles de manière spécifique

  • Evaluer cet enseignement comme un autre

  • Développer des notions spécifiques (ex. : Bassin caribéen)

Le cahier ne doit pas être considéré comme seul support d’acquisition des connaissances. On peut lui associer des expositions, des quiz, des carnets de voyage, des défis entre classes, voire entre pays, ou encore des clés usb, notamment pour la transmission des documents. Les travaux d’élèves peuvent être mis sur les sites d’établissement.

DEBAT / ECHANGES

Mme BEGOT a fait part de ses réserves sur les chronologies.

M. SAINTON a rappelé le décalage des temps politiques. Il a annoncé le principe d’une passerelle de transmission entre le Supérieur et le Secondaire pour la didactique de l’Histoire.

CONCLUSION

Mme CHALCOU a rendu hommage aux nombreux collègues assidus, attentifs et productifs pendant les trois jours.

Elle aidera à la diffusion d’une bibliographie actualisée qui favorisera l’appropriation de la connaissance, tout en souscrivant à une démarche de mutualisation et d’élaboration d’un langage commun sur les notions et le vocabulaire.

Mme l’I.P.R. ne s’oppose pas à un allègement des programmes avec des questions au choix et se penche sur la question de refonte du manuel Antilles-Guyane.

Elle a par ailleurs lancé des pistes pour une prochaine session de formation :

  • Apports / appropriation des connaissances

  • Utilités et recommandations pour une culture historique partagée

MARC LAVIOLETTE §

similaire:

Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010 iconSéminaire académique des professeurs d’Histoire-Géographie – Grenoble 8 mars 2006
«Bilan et mémoires de la Seconde Guerre mondiale» en Terminales L et es, ou encore les futurs programmes de Première stg «Guerres...

Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010 iconUn paysage académique en mutation
«L’histoire contemporaine» dans cauchy pascal, gauvard claude et sirinelli jean-François (dir.), Les historiens français à l'œuvre,1995-2010,...

Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010 iconAllocution de Madame Catherine Trautmann, Ministre de la culture...

Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010 iconLibrairie ldel / justicia histoire catalogue Nouveautés Mai 2010

Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010 iconBaccalauréat Professionnel Document provisoire 2010 Charte des examinateurs et annales zéro
«Pour les candidats ayant préparé le diplôme par la voie de la formation professionnelle continue dans un établissement public, l'ensemble...

Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010 iconNous pouvons déjà dire que les bières Drappès s’apparentent plutôt à des Ales!
«haute» et «basse». Haute réfère aux bières de fermentation à haute température tandis que basse désigne celles qui sont fermentées...

Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010 iconDocuments sur la regulation des marches par des instances de regulation
L’arjel est une autorité administrative indépendante (aai) créée par la loi relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation...

Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010 icon412 / 1 La place des professionnels de terrain dans l'histoire de...
«d’une jeunesse savante et philosophique, non les sciences mais l’art de les enseigner». Ont été, entre autres, mobilisés dans cette...

Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010 iconRéforme des programmes au collège Formation Enseigner le Français en 3 pp
«L’enfer des tranchées : le dire en évaluation» où les élèves dépassent le témoignage pour penser la condition humaine à travers...

Séminaire de formation académique Enseigner l’Histoire des Antilles Basse-Terre : 20, 21, 22 mai 2010 iconHistoire succincte de l’enseignement supérieur en agronomie en Belgique...
«agricole» (on ne disait pas encore «agronomique»). Jusque là, la formation avait été le fait de nombreuses sociétés agricoles et...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com