Chapitre I: La vieillesse ancienne au temps des mythes et des premières sociétés





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date de publication06.10.2017
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Histoire de la vieillesse, Jean-Pierre Bois

PUF, Que sais-je ?, 124 p.
Introduction

La vieillesse est une nouveauté par l'ampleur depuis le 20ème siècle. Toutes les sociétés historiques ont découpé la vie en tranche d'âge, et il existe dans toutes les sociétés une dialectique sagesse/folie qu'on retrouve aujourd'hui.
Chapitre I: La vieillesse ancienne au temps des mythes et des premières sociétés.
Le statut du vieillard est marqué par les privilèges dans les sociétés primaires (début de Rome et de la Grèce) alors que dans les sociétés organisées (Rome impériale, etc) on relègue l'ainé à un rôle secondaire.
I-Une vieillesse entre mythe et réalité
Dans la bible Adam vécut jusqu'à 950 ans alors que Lucie vécut jusqu'à 20 ou 30, il y a un décalage entre le mythe et la réalité.
1-Une vieillesse antédiluvienne dans la Genèse.
Jusqu'à la naissance de Mathusalem pas un fils n'a vu mourir son père, Adam meurt alors que Mathusalem a 300 ans. Le monde devient peu à peu violent et Mathusalem voit son fils mourir avant lui c'est une première. Le déluge arrivera peu à peu et ils vivent moins vieux. C'est l'origine du patriarcat.
2-Les vieillesses mythologiques aux origines des civilisations.
Toutes les civilisations ont des pères fondateurs qui vivent très vieux, une légende akkadienne raconte que le Roi Taureau Gilganesh tente de récupérer l'immortalité tout de suite confisquée par le serpent suivi d'un déluge et d'une entrée dans les temps historiques.
3-Caractères de la vieillesse entre le mythe et l'histoire.
La vieillesse est une faveur divine d'où le patriarcat et l'autorité immense du père sur les enfants (cf Code d'Hammourabi). Il y a un tournant au Ier millénaire dans la civilisation juive qui va devenir un classique. Le jeune roi Roboam écarte le vieux conseiller, c'est le début de la fin pour l'âge d'or des vieillards. Dans le livre de Job il y a une réflexion sur la vieillesse: les bons et les méchants vivent longtemps, la durée n'est point une bénédiction.
II-La vieillesse dans la Grèce Antique.
1-Mythologie hellénique et monde héroïque.
Il n'y a pas dans le monde hellénique de patriarche très vieux comme on a pu le voir. Il y a une éternité et donc pas de vieux. Le panthéon grec est beau et jeune, la barbe de Zeus par exemple ne dépend pas de l'âge mais de la sagesse.

Dans le monde héroïque par contre les vieux gouvernent derrière les soldats.
2-Représentations classiques: une contestation.
Dans la Grèce classique on récuse la vieillesse: le vieil Oedipe aveugle de Sophocle ou chez Euripide les vieillards ont des rôles subalternes. Chez Platon il y a une vision idéaliste d'une gérontocratie alors que chez Aristote c'est une vision pessimiste qui prédomine avec une condamnation de la vieillesse.
3-Un modèle politique et social nuancé.
Du VII ème au IV ème siècles avant JC, les vieux ont un rôle consultatif sauf avec la Gerousia de Spartes, cette importance de l'âge ne serait-elle pas à l'origine du déclin de la ville ? Ils vivent chez eux des fruits de leur rente. C'est donc un système nuancé.
III-Le temps de la vieillesse romaine.
Il y a de nombreuses influences sur la conception de la vieillesse. Et il y a deux période l'une favorable, la république, l'autre défavorable, l'Empire.
1-Données démographiques
En terme démographique il y avait en Grèce entre 5 et 8% de personnes de plus de 60 ans. Après les guerres puniques cette proportion augmente avec toujours beaucoup plus d'hommes que de femmes ce qui explique l'imposition du patriarcat.
2-Pouvoir familial et pouvoir politique de la République à l'Empire.
Au début de la République c'est le pater potestas, soit un rôle très important du père à partir du Ier siècle le pater est dépouillé de ses prérogatives, l'individu s'impose. Avec le Sénat, le vieillard est valorisé, c'est le temps des patres. (Caton 85 ans !). Avec l'Empire c'est la fin de ce système et le poids de l'Empereur et des jeunes militaires.
3-Le pessimisme des perceptions: vieillir ou mourir.
Dans la philosophie et le théâtre on développe une vision dure avec Plaute (254-184) et le rire ou la satire du vieillard, Térence quant à lui développe une véritable critique politique de la gérontocratie, Sénéque pour qui il faut mourir quand la vie devient trop dure ou Pline le Jeune qui disait « Si le corps devient inutile à toutes sortes d'emplois, pourquoi ne pas délivrer l'âme qui souffre en sa compagnie ». Cicéron fait lui parler Caton qui indique que la mort n'est pas le propre de la vieillesse puisqu'elle peut surgir à tout âge.
NB: Dans les temps mythiques il n'y a pas d'âges, le début des sociétés est dominé par la gérontocratie alors que les sociétés organisées marquent la fin de ce concept.
Chapitre II La vieillesse au Moyen Âge, le temps de l'ignorance.
Du IV ème siècle au VI siècle l'Europe est envahi par les barbares de l'Est, la seule chose qui résiste c'est la jeune Église chrétienne. Or c'est une société qui est peu favorable au vieillissement comme on a va pouvoir le voir. Durant le haut moyen âge c'est une époque sans âge, on vit plus dans le présent que dans la durée. Il va y avoir une crise au moyen âge la guerre et la peste , l'age retrouve alors une valeur par sa rareté et un certain pouvoir.
I-Traditions et spéculations.
1-Le second temps des mythes.
C'est une époque de nouveaux mythes ceux des héros et non pas des Dieux qui vivent avec les hommes, les vieillards sont des héros historiques c'est l'exemple irlandais de Saint Patrick. Ce sont pour autant des vieux sans âge éternellement jeunes.
2-La recherche de concordances heureuses.
Saint Augustin qui est un philosophe ionien, c'est à dire qu'il pense qu'il y a une solidarité entre le cosmos et les hommes décrit sept âges comme les sept jours de la semaine, le dernier étant la vieillesse. Il n'y pas de correspondance entre l'âge et la vieillesse tout est affaire de symboles.
II-Réalités et représentations.
1-Vieillesse-temps et vieillesse-vie.
L'âge ne détermine pas à cette période les conditions sociales, ainsi il n'y a pas de passage à la majorité ou de passage à la vieillesse, les seules limites sont les capacités à se battre ou à moissonner. C'est pourquoi il n'y a pas une connaissance précise de l'âge.

La vieillesse-temps, c'est une conception chrétienne, le temps est une éternité dont la vie est un fragment, c'est une vision intemporelle.

La vieillesse-vie, il existe des vieillards dans cette conception comme les rois ou les évêques mais ce n'est pas le cas des gens du peuple qui doivent travailler aussi tard que possible.

A cette période on se situe par rapport aux évènements de sa vie et non pas à son âge.
2-Les conditions de la vieillesse médiévales.
Haute époque: la seule unité après la chute de l'empire romain dans l'occident c'est l'Église qui consacre une indifférence au vieillard et à l'enfant.

Époque classique: Ignorance pour le vieillard qui ne peut être ni paysan ni guerrier.

Oratores: Le clergé compte une forte proportion de vieux par rapport à l'ensemble de la population car ils bénéficient d'un statut particulier et de nombreux avantages (hospices pour les vieux prêtres, etc.).

Bellatores: Il n'y a pas d'âge pour les grandes familles, l'ancien est important puisqu'il doit préserver le lignage et le patrimoine (notamment foncier). Il n'y a pas des vieux et des jeunes, il y a des faibles et des forts. C'est l'image de la joute peu importe qui est derrière le casque c'est celui qui gagne qui compte. Les rois ont une majesté depuis le début de leur règne jusqu'à la mort.

Laboratores: Les vieux ne font plus partie de la structure familiale qui est centré sur le couple.
3-Représentations
Ils sont peu nombreux et sont avant tout symbolique pour autant les représentations de la vieillesse oscillent entre abstraction et pessimisme, c'est une vieillesse intemporelle.
III-Le bas Moyen Âge, les vieillards au temps des pestes et des guerres.
L'insécurité et la guerre ne font pas de cette période une période propice pour ces personnes mais de façon curieuse elle ne va pas leur être défavorable.
1-La conjoncture démographique.
La peste et les épidémies atteignent en réalité les plus jeunes, les plus vieux étant épargnés.
2-Famille, clans familiaux, et gérontocratie.

Après la peste c'est le retour de la société des plus vieux qui incarnent la permanence et la survie, c'est une structure familiale plus proche du pater potestas. C'est aussi l'arrivée de nouveau couple sur le modèle biblique de Joseph et Marie, un homme vieux et une femme jeune et belle.
3-Contradictions de l'écriture et de l'iconographie.
La littérature remet en cause ce pouvoir social des vieillards, les vieilles femmes sont quant à elles associés à des sorcières (voir l'imagerie de la sorcière) alors que dans l'iconographie c'est une dimension plus positive.
NB: La vieillesse est plus ignorée que récusée, en outre il y a une méconnaissance de l'âge précise qui ne facilite pas une prise de conscience de la vieillesse. En parallèle, il y a le rêve d'une jeunesse éternelle, c'est l'importance de la fontaine de Jouvence dans cette période.
Chapitre III: Les XVIe et XVIIIe siècles: le temps du pessimisme.
Durant cette période on constate une accélération des transformations du monde et une démographie plus soutenue que dans la période précédente, d'où un poids important de la jeunesse et un pessimisme et une haine sarcastique de la vieillesse.
I-La crise de la Renaissance.
1-Le culte de la jeunesse
Tout le monde célèbre la jeunesse, la jeunesse est belle (voir l'art de l'époque) pais aussi éphémère (Le poème de Ronsard « Mignonne allons voir si la rose... »). On dénonce le vieillard qui se tourne vers le passé et non pas vers l'avenir et le progrès (deux œuvres majeures pour cette critique: Le parfait courtisan de Castiglione et Éloge de la folie de Erasme). Cette exaltation de la jeunesse devient critique envers le vieillard.
2-La vieillesse féminine en question.
On voit une décrépitude de la vieille femme qui est très présente dans l'art. Dans l'imaginaire collectif la vieille femme est entre l'homme et le diable, c'est la sorcière. Dans cette période il y a plus de femmes d'âge élevé que d'hommes ce qui pourrait expliquer cette critique virulente. Le physique (peinture allemande et flamande) va finir par rejoindre le moral (vieille prostituée, sorcière, etc).
3-La vieillesse destinée. Montaigne et Shakespeare.

Pour Montaigne la vieillesse est une destinée que l'homme doit accepter, il n'y a plus pour lui durant cette période d'harmonie entre le corps et l'esprit. L'homme doit se retire et se préparer à la mort (voir le stoïcisme).

Pour Shakespeare qui est un contemporain de Montaigne la vieillesse est intemporelle et universelle, le vieux est une victime et il ne doit pas être lâche en abandonnant son rôle comme le propose Montaigne.
II-Les ignorances conservées.
Il n'y a plus d'indifférence face à l'âge.
1-L'incertitude des âges de la vieillesse.

On essaye de déterminer un âge vécu pour la vieillesse mais il n'y a aucune précision dans ces sociétés non-scientifiques. Avec l'accélération des transformations (Réforme, imprimerie, etc) on a l'impression de vieillir beaucoup plus vite. Dès 40 ans on est vieux pour le théâtre ou la littérature. Les hommes d'actions eux ne se voient pas du tout arrêter aussi jeune c'est l'exemple de Blaise de Monluc. Le problème va venir avec la définition du terme de « vieillesse » par les premiers lexicographes.
2-Les ignorances médicales, la querelle des humeurs.

La médecine piétine alors qu'il y a un éveil des sciences, l'intérêt pour la vieillesse est réel mais conserve les préjugés du Moyen Âge. Les tentatives de freiner le vieillissement s'exprime à travers de nombreuses théories: la théorie des humeurs, respirer l'haleine d'une jeune fille, ou une vision machinaliste, le vieillissement c'est une usure des organes.
3-Représentations.
Dès le XVIIe siècle c'est un retour en arrière, une sorte de contre-réforme. On retourne à une idéalisation intemporelle dans l'art religieux et une littérature qui véhicule de nombreux préjugés. Le vieillard est faible, jaloux et est porteur de nombreux autres défauts. La vieillesse est transposée pour exercer une critique de la société toute entière, elle est donc affublée des maux de toute une société (Harpagon, Géronte, ou Argante de Molière).
III-L'ambiguïté des faits.
Il y a une difficulté évidente de vieillir dans un monde fait pour l'homme adulte (lit haut, ville encombrée, etc).
1-Vieillesse et politique: l'indifférence de l'âge.
Dans la théorie comme celle de Machiavel il faut privilégier les jeunes pour autant dans la pratique il y a une véritable indifférence face à l'âge. Il n'y a pas de séparation des âges et donc une très grande confusion. On atteint très tôt certaines fonctions comme celle d'évêque (Richelieu évêque de Luçon à 21 ans).
2-Vieillesse et famille.
Le 4° commandement du décalogue fait de la famille une petite monarchie paternelle (avec cependant quelques nuances géographiques). L'autorité des anciens est éclatante lors de la conclusion d'un mariage puisque ce sont eux qui négocient. Ce sont eux aussi qui s'occupe de l'éducation et d'un nombre assez conséquent de tâche. Le rapport à la vieillesse dans la famille reste assez individuel, de plus en parallèle de cette intégration familiale, il y a une vieillesse contractuelle pour se garantir une vie correct (rente, biens, etc).

Une vieillesse sans ressources devient un problème social.
3-Vieillesse et société: les éléments constitutifs d'une confusion historique.
Ceux qui n'ont ni famille ni biens sont très nombreux à cette époque: le vieillard est alors faible et donc une victime, c'est la vieillesse pauvre. C'est la naissance d'un triptyque solitude/maladie/misère. Il n'y a pas de prise en charge particulière pour la vieillesse ils font partie des pauvres (inclus dans la Poor Law en Angleterre en 1601). Il y a pourtant des exceptions avec la création en 1653 des Hospices de Jésus par Saint Vincent de Paul ou encore en 1670 l'Hôtel Royal des Invalides par Louis XIV pour les vieux soldats de l'armée royale.
NB: Si les vieillards sont si mal pris en charge c'est peut être parce qu'ils sont encore assez peu nombreux.
Chapitre IV: Le XVIII ème siècle: le temps de l'optimisme.
On constate à cette époque une expansion démographique lente mais décisive, pour Jean-Pierre Gutton c'est « la naissance des vieillards » qui va caractériser cette période. La société découvre les enfants et avec la même émotion les vieillards, ce qui peut donc expliquer cette naissance. C'est aussi l'époque du passage d'une société administrée par les anciens (traditionnelle ou Gemeinschaft) aux sociétés organisées (Geselschaft) durant la période 1750-1770.
I-Les premières mesures de la vieillesse.
Grâce au renfort des mathématiques on calcule enfin un âge précis des personnes !
1-La génération des arithméticiens politiques.
Liebniz pour la première fois fait des relevés statistiques et les met au service de l'État. Deux autres scientifiques vont avoir une action importante:: Willem Kersseboom et la construction d'une pyramide des âges ou Jean Baptiste Moheau va calculer la longévité et l'espérance de vie (qui est de 12 ans pour un homme de 60 ans en 1778).
2-Le franchissement d'un seuil de perceptibilité.
Il y a de grosses disparités régionales qui ne sont pas négligeables dans la représentation du vieillard. C'est à cette époque que l'on calcule une population de l'Europe de 120 millions d'âmes dont 15 millions de sexagénaires, c'est à dire qu'ils sont devenus une composante non négligeable de la population.
3-La naissance de l'anatomie.
Dans la première moitié du siècle la communauté scientifique est toujours empreinte des préjugés du siècle d'avant puis on constate une progression de la médecine et une naissance de l'anatomie qui va permettre d'étudier la vieillesse.
II-La vieillesse des Lumières.
1-Le bon vieillard.
C'est une nouvelle image qui apparaît dans la littérature et qui est beaucoup plus optimiste. C'es l'exemple de Diderot et de Greuze, pour le premier c'est une vieillesse plus tendre et plus sociale et pour le second c'est une vision du vieillard en famille. C'est l'apparition d'une belle vieillesse et une d'une vieillesse aimée. Le bon vieillard c'est un peu le même mythe que le bon sauvage, les Lumières pensent que de nouvelles qualités arrivent avec l'âge, notamment des vertus morales et politiques.
2-Les pouvoirs de la vieillesse.
L'État est vieillissant, les gens de pouvoir aussi. Les anciens ont toujours une forte autorité sur la famille. C'est aussi le début d'une prise en compte plus importante avec une assistance publique et privée, les hôpitaux généraux sont ouverts aux vieux, un système de pension en Hollande !! Il y a aussi la création de maison philanthropique en France ou de l'Hôtel des invalides, et encore de nombreuses autres initiatives. C'est à cette époque que la vieillesse s'impose.
III-La grande contestation romantique.
La crise née dans les années 1789-1815. C'est l'époque de l'arrivée à l'âge adulte d'une génération qui, chose assez rare, n'a pas été décimée par la guerre ou les épidémies. C'est aussi l'époque d'une exaltation incroyable de la vieillesse.
1-Exaltation de la vieillesse.
C'est une exaltation à l'excès en 1793 il y a l'obligation de secours à un vieillard démuni, le 24 juin 1793 Hérault de Séchelle déclara « La République honore la vieillesse », Robespierre avait pour projet une fête de la vieillesse, ce sont une sorte de nouveaux saint de la morale laïque. C'est alors une exaltation bien trop importante qui va provoquer une réaction.
2-Politique et poétique: le triomphe de la jeunesse.
L'Europe est plongée dans une jeunesse importante dans tous les domaines, la révolution c'est le triomphe de la jeunesse. La révolution c'est par exemple la fin de la toute puissance du père sur les enfants puisque c'est l'apparition de la majorité à 21 ans. Pour Novalis c'est un conflit d'âge qui caractérise le fait révolutionnaire. En même temps il y a une fascination littéraire pour la mort et une peur pour le temps qui passe (« Ô temps suspends ton vol »). C'est l'importance poétique du suicide.
3-Goethe et Chateaubriand.
Le Faust de Goethe en 1773 cherche un retour vers la jeunesse par un pacte avec le diable et pour Chateaubriand c'est une jeunesse exaltée.
NB: Malthus comprend l'évolution démographique (augmentation de la longévité et baisse de la mortalité) dans son Essai sur le principe de population (1798). Il ne comprend pas pour autant que ce qu'il propose (abstinence, célibat) va faire vieillir la population.
Chapitre V: Le XIX ème siècle: le temps des équilibres.
C'est l'époque d'une forte croissance la population, c'est la transition démographique. C'est aussi le premier vieillissement de la population, cette vieillesse devient alors un problème social.
I-La révolution démographique et ses effets.
Le dénombrement de la population et de la vieillesse devient enfin possible et exact.
1-Mesures du vieillissement et de la vieillesse
Le vieillissement de la population apparaît à cette époque et cette période est caractérisée par trois traits: recul de la mortalité, allongement de l'espérance de vie et déclin de la natalité.

La mortalité connait une chute générale et même avec une certaine avance en France.

La longévité connait, elle une forte progression, les femmes vivent déjà plus vieilles que les hommes.

Enfin la natalité connait un déclin assez précoce en France et un peu plus tardif mais conséquent dans le reste de l'Europe. Un siècle plus tard l'Europe compte 400 millions d'habitants dont 40 millions de vieillards.
2-La mortalité, Charcot et les vieillards.
La mortalité recule grâce aux progrès techniques, à l'amélioration de l'agriculture, le développement d'un hygiène publique et individuelle et bien sûr les progrès de la médecine. Les premières recherches sur les maladies des vieillards commencent par Pinel en France, les maladies de l'âge sont dues pour lui aux modifications anatomiques ou physiologiques subies par l'organisme en raison de l'âge. Charcot quant à lui tente de comprendre le vieillissement et essaye de protéger les vieillards. C'est la création de la gériatrie.
3-La natalité, Matlhus et les enfants.
Il voit l'augmentation de la population comme une natalité trop importante sans prendre en compte la baisse de la mortalité. Ses propositions conduiraient à un vieillissement de la population. Pour éviter la misère on tente le malthusianisme. La vieillesse progresse alors.
II-L'âge positif. Les pratiques de la vieillesse.
1-Suffrage et pouvoir.
Le XIX ème siècle est le siècle de la gérontocratie en réaction peut être au romantisme. En France la Chambre de pairs est peuplé de pairs nommés à vie. La haute fonction publique tout comme le corps électoral est le fait des plus âgés. Partout en Europe ce sont les vieillards qui dirigent comme on pourra le voir plus tard.
2-La place des vieux dans les mosaïques familiales.
On passe de la famille élargie à la famille nucléaire, avec comme cause l'exode rural qui voit les plus jeunes quitter les plus vieux pour la ville et le monde ouvrier. Le monde ouvrier d'ailleurs qui exclut les plus vieux car il est le monde de la misère et de la force physique et qui ne peut donc pas s'embarrasser des plus âgés.

A la différence de cette vieillesse pauvre, la vieillesse de la bourgeoisie est heureuse et entourée dans une sorte de contre-modèle, c'est le snobisme de l'époque.
3-La place des vieux dans la question sociale
Il y a une charité privée importante doublée d'une assistance alors que la France différence enfin les vieux des pauvres l'Angleterre des workhouses n'opère pas encore cette distinction. En plus de ce système il y a le développement d'une système d'assurances, la Caisse Royale en 1818 en France, la loi du 13 juillet 1858 en Suède qui oblige les communes à prendre soin des plus vieux financé par une taxe. Ou encore les progrès notables de Bismarck en Allemagne qui crée une assurance obligatoire des ouvriers et la retraite à 65 ans. De même pour la France pourtant les ouvriers ne voient pas très bien leur intérêt à cotiser.
III-L'exaltation de la vieillesse.
Encore une fois il y a une perception de l'âge contradictoire mais c'est une période globalement plus favorable.
1-Réalisme et symbolisme.

C'est la fin de l'inquiétude romantique sur le temps qui passe et le début du réalisme d'un Zola ou d'un Balzac avec des portraits crus des vieux. C'est aussi une description assez dure chez Dostoïevski mais beaucoup plus tendre chez Dickens. Quand il ne s'agit plus de descriptions, mais d'analyses, elles sont plutôt positives (apogée de la vie, etc), les deux seules exceptions étant le Portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde et le pessimisme de Shopenhauer. Hugo quant à lui à une vision très positive et pour cause comme on va le voir juste après.
2-La vieillesse tutélaire.
Les vieux sont très présents dans cette époque:

-Victor Hugo (1802-1885) est un vieillard vu comme un sage qui va avoir une longue carrière politique et littéraire et dont la popularité et l'aura est formidable.

-Guillaume Ier (1797-1888), Roi de Prusse incarne l'unité de l'Allemagne et la victoire contre la France de 1870 fera de lui le « vieillard héroïque ».

-Guiseppe Verdi (1813-1901) est un héros national en Italie.
NB: On constate durant cette période une augmentation du nombre de vieux aussi bien en absolu qu'en relatif. C'est aussi une période d'augmentation des modes de prises en charge.
Chapitre VI: Le XX ème siècle: le temps d'une nouvelle vieillesse.
C'est le siècle d'un vieillissement conjoncturel (guerres) mais aussi structurel (longévité, chute de la natalité, etc), c'est aussi durant ce même siècle que l'Europe va connaître le baby boom. C'est aussi la création artificielle de ce qu'on va appeler le troisième âge qui est dynamique et consommateur à la différence du quatrième âge dépendant.
I-Les données du passé récent.
La mortalité est toujours en baisse mais ce qui est le plus frappant c'est une véritable chute de la natalité, le vieillissement est quant à lui encore aggravé par la violence de l'histoire.
1-Mortalités violentes et mortalité générale.
Les deux guerres mondiales tuent les plus jeunes mais épargnent les plus vieux, curieusement et encore une fois la grippe espagnole après 1918 frappe plutôt les jeunes. C'est aussi la période de la découverte des microbes et des antibiotiques par Alexander Fleming, la mort recule grâce aux progrès de la médecine.
2-Natalité et vieillissement.
L'allongement de la vie grâce aux progrès de la médecine est une donnée clé. Cependant le malthusianisme présent en France notamment empêche le renouvellement des générations, c'est ce qu'on appelle la dénatalité. Elle est due aux guerres mais aussi à une certaine incertitude face à l'avenir qui ne favorise pas la natalité. Les États mettent alors en place des politiques natalistes pour contrer ce processus avec des allocations familiales (Allemagne Nazie) ou avec le Code de la Famille en France et un outil répressif. (lois anti-avortement). Enfin c'est le baby boom d'après guerre dans toute l'Europe avec ou sans effets incitatifs.
II-Les données de l'avenir proche.
1-L'effondrement des natalités et de la fécondité.
L'effondrement de la natalité marque la fin de la transition démographique.

Le taux de natalité est à peu près de 10 ou 13 pour mille et il est beaucoup plus élevé dans le Sud.

L'indice de fécondité montre une diminution du nombre d'enfants par femmes, et il ne situe pas à un niveau suffisant pour le renouvellement des générations.
2-La mortalité basse et la longévité.
Le taux de mortalité oscille entre 9 et 12 % d'où un accroissement de la population et du vieillissement.

L'espérance de vie à la naissance en Europe est de plus de 70 ans jusqu'à 81 ans pour les femmes en France en 1991, il existe toujours un écart en faveur des femmes.

Entre 1950 et 1990 la proportion de vieillards de plus de 65 ans passe 10 % à 15 % et devrait être de 25% vers 2015/2022. C'est une différence fondamentale avec le Sud qui est jeune.
III-Les données du présent.
Le problème de la vieillesse est désormais largement pris en compte, les politiques de la vieillesse naissent en 1962 dans la bouche de Pierre Laroque. Les retraites ne suffisent pas à une véritable politique de la vieillesse.
1-La question des retraites.
Les retraites couvrent toute l'Europe après 1945 et naviguent entre deux modèles: répartition et capitalisation. En France c'est une ordonnance du 15 octobre 1945 qui fait naitre le régime général de la sécurité sociale. On constate dans tous les pays européens une tendance au recul de l'âge de la retraite. On peut comparer les systèmes anglais, allemand et américain:

-En Angleterre l'âge légal de départ à la retraite est de 65 pour les hommes et 60 ans pour les femmes, la retraite est financé à la base (un minimum) par la répartition et complétée en grande partie par la capitalisation.

-En Allemagne l'âge légal de départ à la retraite est unique à 65 ans avec un recul progressif.

-Aux États-Unis depuis 1982 les prestations sont réduites et incitent à la capitalisation avec un âge légal de départ à 67 ans.
2-La vieillesse consommatrice et active.
La santé et l'argent (les retraites) des personnes âgées permettent désormais une consommation de cette classe d'âge. Aujourd'hui (le livre date de 1994) à 60 ou 65 ans un homme ou une femme n'est pas vieux et ils sont devenus un nouveau marché en conséquence. La retraite à 60 ans ne correspond plus à une réalité et le sexagénaire d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier.
3-La vieillesse dépendante.
On distingue maintenant une vieillesse et une grande vieillesse qui n'a plus comme critère l'âge mais l'autonomie. La grande vieillesse se caractérise par la solitude et la dépendance dont les pouvoirs publics ont pris conscience (allocation dépendance en France). De plus les maisons de retraite sont de plus en plus petites et médicalisées pour répondre à ce besoin d'attention.
NB: Le temps historique de la vieillesse se trouve désormais entre la période active et la grande vieillesse.
Conclusion.
Le problème de notre vision de la vieillesse repose sur le fait que nous avons une vision historiquement située et dont souffre aujourd'hui nos systèmes de sécurité sociale et de retraite. De plus la conjoncture démographique (un vieillissement de la population) montre l'importance et le défi qu'impose le vieillissement à nos sociétés. Il faut aussi noter la différence majeure entre un Sud jeune et dynamique et une Europe vieillissante.

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