L’état du débat sur l’histoire globale





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L’état du débat sur l’histoire globale

Où en sommes-nous avec la grande divergence dix ans après la publication du livre de K.Pomeranz ? 16/X/10

M.ARNOUX/ M.AYMARD/ T.BROOK/ P.MINARD/ K.POMERANZ
L’histoire globale est une véritable révolution historiographique récente en France. Quelques ouvrages ont été traduits comme Le chapeau de Vermeer  de T.Brook qui s’ajoutent à des publications françaises comme Les quatre parties du monde  de S.Gruzunski

Cela montre que les Français sont redevenus sensibles à l’appel du large après une période de repli.

Qu’est-ce que la Grande divergence ? Cela découle d’un constat provocateur : au fond, à la fin du XVIIIe, l’Angleterre et la région la plus développée de Chine avaient des niveaux de développement comparables. Alors, pourquoi la révolution industrielle a-t-elle eu lieu en Grande Bretagne ? La réponse de K.Pomeranz : le charbon et l’empire colonial.

K.Pomeranz distingue deux voies du développement : l’accumulation du capital ou l’intensification du travail. Il remet en cause la vision traditionnelle de la Révolution industrielle : pour lui, ce n’est pas le machinisme qui en est à l’origine.Il remet également en cause l’Angleterre comme modèle universel de développement. Il inverse les questionnements :

« Pourquoi l’Angleterre n’a pas connu le même destin que le Yangzi ? » est aussi légitime que « pourquoi le Yangzi n’a pas connu le destin de l’Angleterre ? »

Il Oriente la réflexion sur l’importance des facteurs environnementaux et aussi sur l’impérialisme.
Pourquoi « la » gde divergence du titre anglais est devenue « une » dans la traduction ?
Parce qu’il ne s’agit pas d’une sentence sans appel, ne veut pas donner l’idée de quelque chose d’irrémédiable ; un historien indien lui a fait remarquer qu’il y avait plus de ressemblances entre la Grande Bretagne et la Chine qu’entre chacune d’entre elles et l’Inde au XVIIIe siècle.

2e raison contemporaine : actuellement les régions les plus avancées de la Chine sont au niveau du Portugal, c’est-à-dire au niveau de l’Europe. Des phénomènes de rattrapage sont donc possibles.
Y a-t-il donc eu d’autres divergences ?
Il ne s’agit pas seulement d’une histoire qui se passe autour de 1750 ; bcp de débats sont emboités autour de ce débat sur la grande divergence. Débat sur le niveau de vie dans ces deux régions en 1750 ; débat sur les dynamiques : on peut être au même point mais l’un en train de progresser, l’autre en train de régresser, les deux étant connectés.

Au XIe siècle, moment où se rompt définitivement les solidarités entre la partie latine et la partie grecque du monde occidental et où la partie latine prend définitivement le dessus sur la partie grecque (surtout après 1204) : ce fut aussi une grande divergence.

La projection à partir de 1440 des Occidentaux au-delà des océans est incompréhensible car l’Europe de 1440 est la plus ruinée qui soit ; pourtant, elle renverse le rapport qu’elle avait à l’extérieur de ses limites => éléments d’une autre divergence.
Pour Thimothy Brook, ce qui est intéressant, c’est la simultanéité de l’expérience humaine ; la plupart des gens au XVIIIe sont d’un niveau de vie plus ou moins égal ; les différences apparaissent dans la religion, la philosophie, les méthodes de production mais pas dans la vie quotidienne.
Les participants ont ensuite dialogué autour de la méthode employée par K.Pomeranz, notamment concernant les différents niveaux de comparaison employés dans le livre ; il faut cependant être prudent, certaines comparaisons ne peuvent être possibles que si on raisonne à l’échelle du monde

Importance de la nécessité de se débarrasser de notre européocentrisme.
K.Pomeranz ajoute d’autres typologies qui paraissent nécessaires : il insiste sur l’obligation de comparer des faits connectés pas des faits indépendants les uns des autres.
Cela amène à réfléchir aux critiques faites sur la mondialisation :

  • Critique d’une vision téléologique de la mondialisation : la mondialisation serait le point d’aboutissement d’un long processus. D’autres pensent au contraire que nous vivons un moment de rupture. Dans les deux cas, on part d’aujourd’hui et l’on pense rétrospectivement. Si l’on prend l’exemple de l’Afrique : l’arrivée des Européens en Afrique rompt des circuits installés précédemment dont les Européens étaient exclus. Ceux-ci captent les circuits pour les détourner vers l’Europe, c’est donc une démondialisation.

  • L’histoire globale serait donc un regard porté sur le monde, qui prendrait en compte les circulations, les échanges. Difficulté pour l’historien de prendre un objet d’étude mondial

  • T.Brook pense que l’histoire depuis le XVe est une histoire de convergences. Nous vivons sur un héritage historiographique qui pose la convergence comme cible. Même si Marx introduit une rupture, il peut être accusé de téléologie ; pareil pour Pomeranz.

L’historiographie chinoise n’a pas ce pb, pour elle il y a la Chine et ce qui n’est pas la Chine.
M.Aymard pense que l’école historique française est passée à côté de l’histoire globale pendant trente ans. Cette démarche impose beaucoup de modestie et des efforts de lecture.
Cette table ronde même si elle est parfois quelque peu tombée dans des débats de méthode un peu pointilleux a permis de réaffirmer l’importance pour l’histoire écrite en France de se connecter à son tour sur l’histoire globale/la world history ou l’ histoire connectée.
Et l’enseignant du secondaire qui assiste à ces discussions ne peut que se persuader de la nécessité d’intégrer ces problématiques fondamentales dans la construction de son nouveau programme de seconde. « Les Européens dans l’histoire du monde » est un intitulé qui n’invite pas à priori à décentrer le regard et à s’abstraire de notre traditionnel européocentrisme mais rien ne nous empêche, comme le préconise K.Pomeranz, de retourner le questionnement, au moins en partie et d’amener nos élèves à poser le problème « de l’extérieur » de l’Europe. Nul doute que pour nous, enseignants à la Réunion, cela n’en a que plus d’attrait.

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