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La Chrétienté médiévale (XI-XIIIe siècle)

Sommaire

1) Programme

2) Ressources Eduscol

3) Bibliographie

4) Mise au point scientifique

5) Proposition de mise en œuvre

6) Annexes


  1. Programme

Thème 3 – Sociétés et cultures de l’Europe médiévale du XIe au XIIIe siècle 8 – 9h

Question obligatoire

Mise en œuvre


La chrétienté médiévale

La question traite de la place fondamentale de la chrétienté dans l’Europe médiévale en prenant appui sur l’étude :

  • d’un élément de patrimoine religieux au choix (église, cathédrale, abbaye, œuvre d’art…), replacé dans son contexte historique;

  • d’un exemple au choix pour éclairer les dimensions de la christianisation en Europe (évangélisation, intégration, exclusion, répression…).

Bulletin officiel spécial n°4 du 29 avril 2010

  1. Ressources Eduscol

Les ressources Eduscol pour le nouveau programme de seconde sont en ligne.
http://eduscol.education.fr/cid52286/ressources-pour-la-classe-de-seconde.html


  1. Bibliographie/Sitographie

Même si la question de 5e est quelque peu différente, la bibliographie proposée par Isabelle Ribieras (http://www.ac-limoges.fr/hist_geo/spip.php?article253 )sur le thème 3 : l’Eglise au Moyen Age du nouveau programme de 5e permet très largement de traiter, la Chrétienté médiévale en 2nde, surtout si on la complète par les propositions pour la mise en œuvre des programmes mises en ligne sur éduscol (http://eduscol.education.fr/cid52286/ressources-pour-la-classe-de-seconde.html).
Je vous indique cependant ci-dessous quelques ouvrages qui me semblent incontournables pour la question de 2nde.
- C. GAUVARD, A. DE LIBERA, M. ZINK (s. d. ), Dictionnaire du Moyen Âge, PUF, coll. « Quadrige », 2002.

- J. BASCHET, La civilisation féodale. De l’an mil à la colonisation de l’Amérique, Aubier, 2004 (3e édition corrigée et mise à jour, Champs-Flammarion, 2006).

- J. LE GOFF, La civilisation de l'Occident médiéval, Paris, Arthaud, 1977, rééd. coll. « Les grandes civilisations », 1984, rééd. Flammarion, coll. « Champs », 1997.

- C. DEREMBLE, L’art et la foi au Moyen Age, Documentation Photographique, 1997.

- J. BASCHET, La chrétienté occidentale, représentations et pratiques sociales, Documentation Photographique n° 8047, 2005.

- A. VAUCHEZ, Chrétiens du Moyen Age, Documentation Photographique n° 6104, 1989.

- « Les bâtisseurs de cathédrales : les secrets des chefs d'œuvre », dossier spécial, L'Histoire, n°249, décembre 2000.

- « Dieu au Moyen Age », n° spécial de l’Histoire, n° 305 , janvier 2006 (notamment J. BASCHET, « Hors de l'Église, point de salut ! », p. 36-45).

- « Les grandes heures du Moyen Age », numéro spécial, de l’Histoire n° 283, janvier 2004.

- « Le Moyen Age des hérétiques», Les Collections de L'Histoire, n° 26, janvier 2005.

- « François d’Assise », dossier spécial, L’Histoire, n° 348, décembre 2009.

- « Les chemins de St Jacques », TDC n° 668, 1994.      
- « L’église médiévale », TDC n° 898, 2005.


  1. Mise au point scientifique


FSur ce sujet, les travaux de Jérôme BASCHET ont largement renouvelé la question.
1) Quelques généralités

BASCHET a travaillé sur clercs et laïcs, âme et corps, ici-bas et au-delà, sacré et profane, etc., et c'est à partir de ces binômes (et de leurs représentations) qu’il a repensé la chrétienté médiévale en terme de dynamique. Il montre moins des oppositions que des articulations entre des forces et des notions a priori contraires.

Son travail renouvelle en profondeur la manière de comprendre - et d'enseigner - l'Eglise et la société au Moyen Age puisque c’est l’Église, institution dominante et véritable épine dorsale de la société médiévale (elle rassemble et unifie la communauté des chrétiens, elle est et structure le corps social, elle organise peu à peu le temps et l’espace, les représentations figurées ou mentales) qui est placée au cœur de l’analyse dans le cadre d’une histoire totale et culturelle.

Du coup, il faut cesser de placer l'Eglise en marge de l'analyse de la civilisation féodale, sous prétexte qu'elle relèverait d'un chapitre religion n'ayant que des rapports accessoires avec les structures sociales.

L'Église est, tout au long du Moyen Age, l'institution qui domine et ordonne la société. Certes, il faut prendre garde, lorsqu'on évoque /Église, de ne pas oublier les différences et les tensions, parfois très vives, qui se manifestent en son sein (entre haut et bas clergé, clercs séculiers et réguliers, évêques et chanoines, nouveaux ordres mendiants et ordres monastiques traditionnels, etc.). Les profondes transformations d'une institution qui prétend cependant se fonder sur l'éternité des vérités divines ne sauraient davantage être sous-estimées. Pourtant, le fait que cette institution ecclésiale, extraordinairement complexe et changeante, conserve sans cesse sa position dominante est sans aucun doute l'un des traits qui donne son unité la plus forte au millénaire médiéval.

Cela dit, si l'Église, sous des formes variables, est l'institution dominante de l’Europe médiévale cela ne signifie en aucun cas que son pouvoir s'exerce sans limites ni que le clergé soit capable de contrôler entièrement la réalité sociale. Il s’en faut de beaucoup. Même si l'Église est à la fois la colonne vertébrale et l'enveloppe de la société, il serait absurde d'en conclure qu'y règne une sereine unanimité.

2) A propos des images

(reprise du travail effectué par I. Ribieras sur la nouveau programme de 5e)
A partir du moment où BASCHET justifie une approche par les représentations, la question des images est centrale. D’une part, il montre que la féodalité est une civilisation de l’image médiatrice, d’autre part, il montre que l’image produite par les hommes influence en retour leur comportement.

Pour le MA, il est préférable de parler d’images plutôt que d’art. Par ailleurs, il faut éviter de projeter sur la période médiévale des conceptions de l’art, de la production artistique, des usages et fonctions des oeuvres qui sont celles de la Renaissance. Au MA, les œuvres étaient plus liées à des conceptions et à des pratiques rituelles et cultuelles qu’à des finalités esthétiques.

Les images médiévales ne visent pas un réalisme, mais obéissent à des codes symboliques.

J. BASCHET parle pour le MA d’ "images-objets " car l’image médiévale est fixe (ce qui ne signifie pas qu’elle ne figure pas du temps, du mouvement, de la narration). Elle doit être reliée à ses contextes et usages. Ses caractéristiques matérielles comme ses manipulations rituelles doivent être mises en évidence. (Qui la commande ? Qui la fabrique ? Qui la reçoit ? Qui la voit ? Qui la comprend ? Quel usage en est fait ?).

Les arts visuels sont indissociables de la réalité historique globale. L’étude des images participe totalement de l’étude des sociétés.

Le Pape Grégoire le Grand (590-604), dans sa lettre à l’évêque Serenus de Marseille attribuait trois fonctions essentielles aux images : rappeler l’histoire sainte, attiser la componction des pécheurs, instruire les illettrés. Les historiens avaient jusque-là surtout retenu cette dernière fonction à la suite d’Emile MALE (« la Bible des illettrés »).

On doit absolument être plus nuancé aujourd’hui et il faut se garder de transmettre cette idée trop simpliste aux élèves. Car :

-les programmes peints n’étaient pas toujours visibles pour les laïcs (notamment lorsqu’ils se trouvaient dans le chœur des églises ou dans les cloîtres).

-l’accessibilité des images était souvent faible (chapiteaux romans ou vitraux narratifs étant placés très haut, dans des édifices peu éclairés).

-la compréhension des images faisait souvent appel à un savoir iconographique et biblique dont le peuple ne disposait pas (même au sein du clergé, tous les membres ne possédaient d’ailleurs pas cette culture).

-L’enseignement aux fidèles n’est qu’une des fonctions des images peuvent également : exprimer la dévotion personnelle d’un commanditaire qui recherche le salut ou veut montrer sa puissance ; être destinées à susciter la méditation des clercs, notamment des moines (les images placées dans des lieux clos comme les monastères ne servent assurément pas à l’enseignement des fidèles) ; exalter la foi et témoigner d’une vision théologique du monde ;

symboliser la volonté d’élévation de l’âme vers Dieu (le transitus) ; avoir une « simple » fonction esthétique

3) A propos des dissidences hérétiques

Sur les dissidences hérétiques, les spécialistes, depuis une vingtaine d'années, travaillent à renouveler la question, devenue l'une des plus en pointe des recherches sur l'époque médiévale. Car, loin d'être marginale, l'histoire de l'hérésie éclaire l'emprise de l'Église sur le corps social, tout comme son rapport avec le politique : elle est profondément liée à celle de la construction et de l'affirmation du pouvoir. A l'origine, il y a la naissance du dogme chrétien : l'apparition de l'hérésie en est indissociable. C'est dans les débats des premiers siècles du christianisme que les deux se définissent en miroir. Très vite, l'hérésie devient un enjeu politique : être déviant, c'est défier le pouvoir clérical, mais aussi impérial ou princier. Ce sera le cas tout au long du Moyen Age.


  1. Proposition de mise en oeuvre

LA CHRETIENTE MEDIEVALE (XIe-XIIIe)

Introduction

1) Travailler avec les élèves sur la notion d’Eglise. Essayer de leur faire dire que le mot peut avoir 3 sens : communauté, institution, bâtiment (XI-XIIe, Eglise = institution, Chrétienté= communauté)

2) Expliquer du coup, qu’au Moyen Age, être chrétien n'est pas une question de choix, ni même de croyance. C'est avant tout une question de fait : on est chrétien parce que l'on naît au sein de la Chrétienté. C'est une identité obligatoirement reçue par le baptême.

3) Travailler sur les cadres spatiaux de la Chrétienté XI-XIIIe (carte « L’histoire » 305, page 38, mais tous les 1ers spécimens en ont une) afin d’en montrer les limites, les divisions, les dynamiques.
Comment le christianisme imprègne-t-il l'univers des Européens entre le XI° et le XIII° siècle ?
I) « La descente du ciel sur la Terre » (J. Le Goff), le triomphe des représentations chrétiennes

2h (introduction comprise)

Comment la foi s’inscrit-elle dans le quotidien des femmes et des hommes du Moyen Age ?

Capacités :

Situer et caractériser dans un contexte historique

Exploiter et confronter des informations

Lire un document

Utiliser les TICE
TD : Beaulieu sur Dordogne

Etude menée à partir de l’exemple de « Beaulieu sur Dordogne ».

(A noter l’existence de travaux réalisés par Y. Guiet sur Conques, par I. Ribieras sur Obazine. Les deux sont en partie disponibles sur le site académique).

Mise en activité des élèves 1 H. Travail au CDI. Les diaporamas sont installés avant la séance sur les différents postes du CDI. Travail en groupe en s’appuyant à la fois sur le contenu du diaporama et sur un questionnaire polycopie accompagné d’une fiche vocabulaire). Questions voir annexe

Correction avec mise en perspective 1H. Correction à l’aide du power point sur lequel on rajoute des images permettant d’illustrer les propos du 3 roman/gothique, univers mental….

Documents du power point : image aérienne, + documents issu du dossier classe patrimoine actuel + B. BARRIERE (s. d. ), Beaulieu-sur-Dordogne, Patrimoine limousin, PULIM, 1993 + images églises gothiques et romanes.

1) Une présence au cœur de la Cité

a) Une place centrale

Entre 900 et 1100, se forme en Europe un réseau dense de villages.

L'église et le cimetière forment le pôle autour duquel se concentrent les villageois (doc a : photographie aérienne de Beaulieu). Ils sont le plus souvent le centre de la Cité ou du quartier, souvent aussi en position élevée (symbole : Nouveau Sinaï, proximité Dieu, fonction protectrice)

L’église est le signe visible de la présence de Dieu dans le monde médiéval. D’autres bâtiments renforcent cette présence : monastères, chapelles (cf. carte Beaulieu). Du coup, elle marque la prééminence du Clergé dans l’ordre social.

b) La paroisse, cadre de la vie quotidienne

Parallèlement se généralise le réseau des paroisses (2000 en Angleterre fin XIe, 10000 fin XIIIe). Les communautés rurales se regroupent autour d’un prêtre et de son église.

Ces paroisses sont ensuite réunies en diocèse sous l’autorité d’un évêque.

Elles constituent alors le cadre local essentiel de toute vie chrétienne : chacun est tenu d'être baptisé, de se marier, de payer la dîme, d’assister à la messe dominicale et d'être enterré dans le cimetière de sa paroisse (Donc, la paroisse encadre et enferme à la fois les habitants, elle est un des fondements du processus d’encellulement) Documents b, c, d : documents iconographiques baptême, mariage, extrême onction 1,2, 8 pages 44-45, « L’histoire » 305.
2) Un univers profondément christianisé

a) Des croyances et des pratiques partagées

Le christianisme est une religion monothéiste (un seul Dieu composé de trois entités distinctes et égales : Trinité) fondée sur un ensemble de dogmes. Document 1 (Texte 2 « Les croyances des chrétiens » page 93 Belin spécimen en ligne : voir questions en annexe)

La recherche du Salut est la valeur suprême qui anime la Chrétienté, elle permet la vie éternelle après la mort et le Jugement dernier : le monde des vivants est donc inconcevable sans l'au-delà. Celui-ci s’organise en 2 espaces : Paradis et enfer. (voir TD) Cela dit, au XIIe siècle, l’Eglise invente le Purgatoire, espace intermédiaire dans lequel les âmes ni bonnes, ni mauvaises se purifient⇒ renforce la quête du Salut.

Dés lors, repousser la perspective de l’enfer devient une préoccupation quotidienne qui s’exprime à travers des pratiques et des gestes : signe de croix, récitations de prières, recherche d’intercesseurs (Vierge, Saints….), pèlerinages (importance des reliques voir TD) …

b) Une vie au rythme de l’Eglise

L’Eglise maîtrise les rythmes de vie :

Rythme de la journée, scandé par les cloches de l’Eglise, signal sonore de la présence de Dieu.

Rythme de la semaine : le dimanche est consacré à Dieu, à la messe, il est interdit de travailler. Documents e, f : Documents iconographiques messe et prière 6,7 pages 44-45, « L’histoire » 305).

Rythme de l’année, scandé par le calendrier liturgique : grandes fêtes religieuses (Noel, Pâques), fêtes des Saints, de la Vierge,…. (Document g : un calendrier liturgique).

Rythme de la vie, scandée par les sacrements (actes qui relient les hommes à Dieu) de l’Eglise : baptême, mariage, mort,…

3) Des citadelles de la foi : les églises

Les églises sont le lieu de rassemblement des chrétiens. Documents sur Power point TD

Du Xe au XIIe, fleurissent les édifices romans puis à partir du XIIe siècle, apparaissent les premiers édifices gothiques. Les variables spatiales et temporelles sont cependant nombreuses.

 Ainsi, l’église de Beaulieu, commencée au début du XIe siècle, ne fut terminée qu’au XIIIe siècle. Du coup, la partie occidentale de l’édifice est gothique.

Les édifices sont souvent orientés vers l’est (non pas tant vers Jérusalem, mais vers le soleil levant, symbole de résurrection), ont souvent un plan en forme de croix latine (symbole de la crucifixion de Jésus  mais ce n’est pas une règle absolue).

Franchir le seuil d’une Eglise, c’est passer d’un monde dans un autre.

 C’est un lieu « habité » (demeure de Dieu et ses Saints, présence des reliques) donc protégé (il soustrait ceux qui s’y réfugient au pouvoir de l’arbitraire et de la force)

Elle est pensée comme interface des hommes et de Dieu d’où une symbolique double :

De la terre vers le ciel : la nef horizontale accueille les fidèles « en marche vers l’orient » alors que prières, offrandes, encens montent vers Dieu,….

Du ciel au monde d’ici-bas : verticalité des tours trace la voie vers le ciel, la Lumière descend éclairer les fidèles,…

L’organisation des espaces intérieurs (cf. TD) est tout aussi symbolique :

Narthex = sorte de sas entre les deux mondes

Nef = lieu des foules

Transept = limite entre foules et espace sacré du chœur dont l’accès est réservé aux seuls clercs.

Chœur = partie la + sacrée, on commence toujours la construction par lui. On y trouve l’Autel = lieu élevé par lequel on accède par des gradins

L’église est un lieu de diffusion du message divin : parole, lecture, images peintes ou sculptées. Ces dernières ont des fonctions multiples (esthétiques, éducatives, symboliques, « religieuses » : exprimer la dévotion personnelle, susciter la médiation des clercs, …). voir TD .

Ce discours façonne l’univers mental du monde médiéval (Salut, façon de penser le spirituel et le charnel, le sacré et le profane, le temps et l’espace,….) voir TD

II)  L’Eglise, donne son unité à l’l’Europe médiévale 1h

Comment l’Eglise, étroitement imbriquée dans le système seigneurial, contrôle-t-elle la société ?

Cours dialogué

Capacités :

Situer et caractériser dans un contexte historique

Identifier et lire des documents

Développer son expression et son sens critique

Prendre des notes

1) Une forte emprise sur la société

Le clergé séculier (curés, vivant au sein de la société pour prendre soin des âmes) et le clergé régulier (moines, coupés du monde pour prier pour le Salut des Chrétiens) sont renforcés dans leur sacralité. Ils encadrent les laïcs.

Cette emprise s’exprime de plusieurs façons : Document 2 (Texte 4, « Le concile de Latran IV renforce l’encadrement des fidèles » p 83, Magnard spécimen 2010. voir questions en annexe)

Le pouvoir d’exclure à travers l’excommunication : elle rejette le pêcheur hors de la société en lui interdisant l’accès aux sacrements c'est-à-dire les moyens d’obtenir le Salut (mort spirituelle).

Le contrôle des âmes : A partir de 1215, l’Eglise rend obligatoire la communion annuelle à Pâques ⇒ devoir de se confesser. L’essor de la confession permet de s’immiscer jusqu’au plus secret des consciences individuelles et de peser sur les comportements sociaux.

Le monopole en matière d'enseignement et de transmission du savoir, dans les écoles cathédrales ou monastiques, puis dans les Universités à partir du XIIe siècle.

L’encadrement des malades (hôpitaux, léproseries)…..

2) Les fondements du pouvoir de l’Eglise

a) Une forte puissance matérielle

C’est une puissance matérielle grâce à son exceptionnelle capacité d'accumulation de terres et de biens (de +, en théorie, ne peuvent être ni cédés ou diminués). Voir TD Document h (une scène de donation figure 11. p 231, commentaire page842 in J. BASCHET, La civilisation féodale. De l’an mil à la colonisation de l’Amérique, Aubier, 2004. 3e édition corrigée et mise à jour, Champs-Flammarion, 2006)

Dans la plupart des régions d'Europe, l'Église concentre entre le quart et le tiers des terres cultivées. Cela veut dire que les autorités épiscopales ou monastiques sont de puissants seigneurs féodaux. D’autant +, qu’elles collectent la dîme.

Ce pouvoir matériel s’explique avant tout par le pouvoir spirituel de médiation entre les hommes et Dieu qu’on lui attribue. C’est lui qui permet les donations de terres ou de biens.

b) Un acteur politique majeur

Au début du XIe siècle, le pouvoir du Pape est faible, la pression des seigneurs laïques est forte sur l’Eglise.

A partir de la 2nde moitié du XIe siècle la réforme grégorienne initiée par la Papauté (Grégoire VII) réaffirme la puissance de l’Eglise en séparant + nettement clerc et laïcs ⇒

Elle interdit aux Princes de nommer les évêques (querelle des investitures)

Elle cherche à améliorer le niveau spirituel et moral des clercs (condamnation de la simonie : vente des charges spirituelles et du nicolaïsme : concubinage des prêtres)

Elle renforce le caractère sacré des clercs (réaffirmation du célibat, monopole de la dispense des sacrements, notamment la communion ….).

Grâce à ce processus, le Pape renforce ses pouvoirs (au sein de l’Eglise et en dehors de celle-ci), intervient dans des domaines de + en + nombreux qui s’étendent à l’ensemble de la Chrétienté come l’illustre l’appel d’Urbain II à la croisade en 1095.

3) Des résistances à la domination de l’Eglise ?

Le pouvoir de l'Église ne s'exerce pas sans limites. Le clergé n’est pas capable de contrôler entièrement la réalité sociale.

Elle doit lutter contre des pratiques et des croyances assez répandues, qualifiées de « superstitions » : culte des esprits, des astres, de la fertilité, de la forêt, des animaux (loup-garou)…. où se mêlent à la fois pratiques païennes et éléments chrétiens. Document 3 (« Guinefort, le saint lévrier » p 53 mais sur cette page deux autres textes sont tout à fait utilisables in J. BASCHET, La chrétienté occidentale, représentations et pratiques sociales, Documentation Photographique n° 8047, 2005. Voir questions en annexe)

Elle est en conflit ouvert avec :

L'aristocratie sur les pratiques matrimoniales (répudiation des épouses, remariage, alliances entre cousins proches) sur la violence nobiliaire (canaliser l'activité guerrière) et l'éthique chevaleresque (exaltation de la force, éthique courtoise).

Les marchands, banquiers et artisans des villes sur la dénonciation du prêt à intérêt (usure). Document possible le texte5, « L’Eglise contre les usuriers » page 95 Belin spécimen en ligne) .

Cela dit, à la fin du XIIIe, elle parvient :

À traquer méthodiquement et avec un certain succès les superstitions.

À influencer durablement les pratiques aristocratiques (mettre la force au service de la défense du christianisme : Paix de Dieu, croisades).

À encadrer les activités artisanales et commerciales, soumises aux cadres généraux de l'Église.

Cette offensive a elle-même suscité des résistances (ouvertes et violentes mais plus souvent occultes et acharnées, comme en témoignent les réticences à verser les dîmes au clergé). On parle d'anticléricalisme
III)  Croire autrement 1h

Pourquoi l’Eglise adopte-t-elle une attitude plus répressive à partir du XIIe siècle ?

Capacités :

Identifier et lire des documents

Développer son expression et son sens critique

Exploiter et confronter des informations

Situer et caractériser dans un contexte historique

Etude fondée sur 2 temps : Etude d’un dossier documentaire sur l’hérésie cathare (50% du temps), cours sur les parties non traitées par le dossier 30 minutes environ.

Dossier : Croire autrement. 6 documents.

Doc.1 : L’Europe des hérétiques (carte) p 44-45 in« Le Moyen Age des hérétique », Les Collections de L'Histoire, n° 26, janvier 2005.

Doc.2 : L’hérésie cathare vue par un abbé cistercien (texte, doc. 1 p 102 Belin spécimen en ligne)

Doc.3 : La prédication de Saint Dominique (texte, doc.4 p 103 Belin spécimen en ligne)

Doc.4 : L’organisation de l’Inquisition contre les cathares (texte, doc. 5 p103 Belin spécimen en ligne

Doc.5 : La capitulation de Carcassonne (enluminure) p 37 in« Le Moyen Age des hérétique », Les Collections de L'Histoire, n° 26, janvier 2005.

Doc. 6 : Ordonnance royale de 1269 (texte, in J. LE GOFF, Saint Louis, Gallimard, 1996, pages 805-806) ou doc 3 p 109 Nathan (Le Quintrec), texte "Des mesures discriminatoires).
1) Le temps des hérétiques

Il est fortement lié à la réforme de l’Eglise et au renforcement de la cohésion de la chrétienté, aux XIe et XIIe siècles.

Les critiques contre l’Eglise existent en son propre sein mais lorsqu’elles débordent un certain seuil, elles deviennent inassimilables et sont rejetées dans l'hérésie.

Donc, l’hérésie n'existe pas en soi : elle n'est que ce que l'Église définit comme tel.

Les dissidences hérétiques prennent de l’ampleur surtout dans les années 1120-1140. Les foyers se multiplient (Vaudois dans la région lyonnaise).

Le danger cathare est cependant celui qui suscite les réactions les + fortes :

Il est localisé dans le Languedoc, l'Italie du Nord et la Rhénanie

On sait peu de choses sur l'organisation et les conceptions des cathares (car, sauf exception, les documents conservés ne livrent que le point de vue des clercs).

Les Cathares cherchent sans doute à revenir à une Église pauvre et pure (rejet de la médiation des clercs et de leur monopole en matière de sacrements, refus du mariage et de la reproduction sexuelle, négation de l'Incarnation et de la résurrection des corps).

Ces hérésies menacent l'autorité de l'Église dans la mesure où elles remettent en cause l’ordre social voulu par elle.

2) Vers une société de persécution

Peu à peu l’attitude de l’Eglise se fait davantage excluante et répressive.

Face aux cathares, la riposte de l’Eglise est progressive :

Défense oratoire de la foi dans des controverses publiques

Mise au point d'un arsenal juridique contre l'hérésie avec la création vers 1231-1233 du tribunal de l’Inquisition chargé de convertir les hérétiques.

Offensive militaire, qui se conclut par l'écrasement des cathares du Languedoc (1229)

Les « superstitions » sont peu à peu assimilées à de la sorcellerie contre laquelle on engage une lutte meurtrière.

Les juifs jusqu’alors assez bien intégrés sont aussi progressivement mis à l’écart et parfois victimes de violences.

Au XIIIe siècle, en France, les juifs sont obligés de porter des vêtements différents de ceux des chrétiens et un signe distinctif (la rouelle).

Ils sont forcés de vivre en ville.

Certains métiers leur sont interdits, ils sont expulsés des royaumes (plusieurs fois en France entre 1182 et 1306).

Ce combat suppose une collaboration entre le pouvoir spirituel, chargé de les débusquer, et le pouvoir politique, chargé de les punir.

En même temps, les contestations, et les désordres liés à celle-ci permettent à l’Eglise à travers les luttes menés contre elles de renforcer sa puissance et son autorité morale.
Conclusion : L'Église, complexe et changeante, est, tout au long du Moyen Age, l'institution qui domine et ordonne la société. Sa capacité a conservé sa position dominante est l'un des traits qui donne son unité la plus forte au Moyen Age.
6) ANNEXES
TD : Beaulieu sur Dordogne

Documents : voir power point.

Questions

A) Une présence au cœur de la Cité

1) A quelle époque est fondée l’abbaye ? doc.1a

2) A quelle époque débute la construction de l’abbatiale ? doc.1c

3) Quand est-elle terminée ? Que peut-on en déduire ? doc.1c

4) Qu’est-ce qui a permis l’édification de celle-ci ? doc.1c

5) De quels Saints l’abbaye possède-t-elle des reliques ? doc.1a

6) Pourquoi était-il important que l’abbaye possède des reliques ?doc.1a

7) Comment est située l’abbatiale dans le bourg ? Qu’est-ce que cela montre ? doc.2a, b
B) Une institution puissante

1) Comment expliquez vous l’essor du bourg ? doc.1b

2) Quel indices indiquent la puissance de l’abbaye ? doc.1a,b,c

3) Quels indices permettent de relativiser l’affirmation précédente ? doc. 1c

C) Un lieu de culte

1) Quelle est la forme de l’église de l’Abbaye ? doc. 3

2) Dans quelle direction est-elle orientée ? (doc. A)

3) En vous appuyant sur la fiche vocabulaire, placer sur le plan (doc. A) suivant : la nef, les bas-côtés, le transept, le chœur, le déambulatoire, les absidioles, le chevet.

4) Où est situé le tympan ? Faites une flèche pour indiquer sa position sur le doc. A puis compléter les documents B, C en vous aidant de la fiche vocabulaire.

5) Décrivez ce que vous voyez (registre supérieur/partie intermédiaire/ registre inférieure). Complétez le schéma du tympan Doc. D

6) Que raconte l’histoire illustrée par le tympan?

7) Quelle impression / quelle image le chrétien a-t-il de la foi chrétienne devant le tympan ?
Dossier : Croire autrement.

6 documents.

Doc.1 : L’Europe des hérétiques (carte) p 44-45 in« Le Moyen Age des hérétique », Les Collections de L'Histoire, n° 26, janvier 2005.

Doc.2 : L’hérésie cathare vue par un abbé cistercien (texte, doc. 1 p 102 Belin spécimen en ligne)

Doc.3 : La prédication de Saint Dominique (texte, doc.4 p 103 Belin spécimen en ligne)

Doc.4 : L’organisation de l’Inquisition contre les cathares (texte, doc. 5 p103 Belin spécimen en ligne

Doc.5 : La capitulation de Carcassonne (enluminure) p 37 in« Le Moyen Age des hérétique », Les Collections de L'Histoire, n° 26, janvier 2005.

Doc. 6 : La violence contre les juifs (texte, doc. 3 p 99 Belin spécimen en ligne)
Questions

1) Sur la carte 1, localisez le phénomène cathare.

2) En vous appuyant sur le document 2, relevez ce que l’Eglise reproche aux cathares. A partir de là, essayez de dire ce que signifie être hérétique au Moyen Age.

3) La catharisme est-il le seul mouvement hérétique au XI-XIIIe? Relevez quels sont les autres durant cette période ?

4) En vous appuyant sur les documents 1, 3, 4,5, montrez comment l’Eglise a tenté de faire face à l’hérésie cathare. Voyez-vous dans ces réponses une évolution ? Si oui dans quel sens ?

5) Pourquoi peut-on dire que l’attitude « répressive » adoptée par l’Eglise à partir du XIIIe siècle ne s’applique pas aux seul hérétiques ? (doc.6). Montrez quelles formes elle prend.

Document 1 : « Les croyances des chrétiens » page 93 Belin spécimen en ligne

Q1 : Présenter. Peut-on distinguer des parties dans le texte. Si oui, lesquelles ?

Q2 : En quoi les Chrétiens croient-ils ?

Q3 : Comment appelle-t-on ce type de religion ?

Q4 : Quelle est cependant la particularité du christianisme ?

Q5 : Analyse  des 3 dernières lignes.

Qui est censé « encadrer » ce credo ?

Qu’est-ce que permet le baptême ?

Qu’est-ce que les Chrétiens attendent ?

Document 2 : (Texte 4, « Le concile de Latran IV renforce l’encadrement des fidèles » p 83, Magnard spécimen 2010. voir questions en annexe)

Q1 : Présenter.

Q2 : Que signifie confesser, communier ?

Q3 : Quelles sont les obligations du fidèle ?

Q4 : En cas de désobéissance, comment le fidèle est-il puni ? Pourquoi la punition est-elle terrible pour un Chrétien ?

Q5 : Pourquoi ce décret est-il alors nécessaire ?

Document 3 : « Guinefort, le saint lévrier » p 53 mais sur cette page deux autres textes sont tout à fait utilisables in J. BASCHET, La chrétienté occidentale, représentations et pratiques

sociales, Documentation Photographique n° 8047, 2005.

Q1 : Présenter.

Q2 : A qui rend-on un culte ?

Q3 : Comment ?

Q4 : En quoi ce texte témoigne-t-il de la survivance de croyances populaires ?

Q5 : Quels indices montrent que l’auteur du texte a une opinion très négative par rapport à ces pratiques ?
David LABRUNE

Lycée Egletons

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