Documents et indications bibliographiques





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Arts, guerres et mémoires des guerres

Documents et indications bibliographiques
Document n°1 : Discours de réception du Prix Nobel de littérature prononcé par Patrick Modiano à Stockholm (Suède), le 7 décembre 2014 (extraits)

« Je voudrais vous dire tout simplement combien je suis heureux d’être parmi vous et combien je suis ému de l’honneur que vous m’avez fait en me décernant ce prix Nobel de Littérature. […] L’annonce de ce prix m’a paru irréelle et j’avais hâte de savoir pourquoi vous m’aviez choisi. Ce jour-là, je crois n’avoir jamais ressenti de manière aussi forte combien un romancier est aveugle vis-à-vis de ses propres livres et combien les lecteurs en savent plus long que lui sur ce qu’il a écrit. Un romancier ne peut jamais être son lecteur, sauf pour corriger dans son manuscrit des fautes de syntaxe, des répétitions ou supprimer un paragraphe de trop. Il n’a qu’une représentation confuse et partielle de ses livres, comme un peintre occupé à faire une fresque au plafond et qui, allongé sur un échafaudage, travaille dans les détails, de trop près, sans vision d’ensemble. […] Sur le point d’achever un livre, il vous semble que celui-ci commence à se détacher de vous et qu’il respire déjà l’air de la liberté, comme les enfants, dans la classe, la veille des grandes vacances. Ils sont distraits et bruyants et n’écoutent plus leur professeur. Je dirais même qu’au moment où vous écrivez les derniers paragraphes, le livre vous témoigne une certaine hostilité dans sa hâte de se libérer de vous. Et il vous quitte à peine avez-vous tracé le dernier mot. C’est fini, il n’a plus besoin de vous, il vous a déjà oublié. Ce sont les lecteurs désormais qui le révéleront à lui-même. Vous éprouvez à ce moment-là un grand vide et le sentiment d’avoir été abandonné. Et aussi une sorte d’insatisfaction à cause de ce lien entre le livre et vous, qui a été tranché trop vite. Cette insatisfaction et ce sentiment de quelque chose d’inaccompli vous poussent à écrire le livre suivant pour rétablir l’équilibre, sans que vous y parveniez jamais. à mesure que les années passent, les livres se succèdent et les lecteurs parleront d’une “œuvre”. Mais vous aurez le sentiment qu’il ne s’agissait que d’une longue fuite en avant. […] Dans la déclaration qui a suivi l’annonce de ce prix Nobel, j’ai retenu la phrase suivante, qui était une allusion à la dernière guerre mondiale : “Il a dévoilé le monde de l’Occupation.” Je suis comme toutes celles et ceux nés en 1945, un enfant de la guerre, et plus précisément, puisque je suis né à Paris, un enfant qui a dû sa naissance au Paris de l’Occupation. Les personnes qui ont vécu dans ce Paris-là ont voulu très vite l’oublier, ou bien ne se souvenir que de détails quotidiens, de ceux qui donnaient l’illusion qu’après tout la vie de chaque jour n’avait pas été si différente de celle qu’ils menaient en temps normal. Un mauvais rêve et aussi un vague remords d’avoir été en quelque sorte des survivants. Et lorsque leurs enfants les interrogeaient plus tard sur cette période et sur ce Paris-là, leurs réponses étaient évasives. Ou bien ils gardaient le silence comme s’ils voulaient rayer de leur mémoire ces années sombres et nous cacher quelque chose. Mais devant les silences de nos parents, nous avons tout deviné, comme si nous l’avions vécu. Ville étrange que ce Paris de l’Occupation. En apparence, la vie continuait, “comme avant” : les théâtres, les cinémas, les salles de music-hall, les restaurants étaient ouverts. On entendait des chansons à la radio. Il y avait même dans les théâtres et les cinémas beaucoup plus de monde qu’avant-guerre, comme si ces lieux étaient des abris où les gens se rassemblaient et se serraient les uns contre les autres pour se rassurer. Mais des détails insolites indiquaient que Paris n’était plus le même qu’autrefois, à cause de l’absence des voitures, c’était une ville silencieuse – un silence où l’on entendait le bruissement des arbres, le claquement de sabots des chevaux, le bruit des pas de la foule sur les boulevards et le brouhaha des voix. Dans le silence des rues et du black-out qui tombait en hiver vers cinq heures du soir et pendant lequel la moindre lumière aux fenêtres était interdite, cette ville semblait absente à elle-même – la ville “sans regard”, comme disaient les occupants nazis. Les adultes et les enfants pouvaient disparaître d’un instant à l’autre, sans laisser aucune trace, et même entre amis, on se parlait à demi-mot et les conversations n’étaient jamais franches, parce qu’on sentait une menace planer dans l’air. Dans ce Paris de mauvais rêve, où l’on risquait d’être victime d’une dénonciation et d’une rafle à la sortie d’une station de métro, des rencontres hasardeuses se faisaient entre des personnes qui ne se seraient jamais croisées en temps de paix, des amours précaires naissaient à l’ombre du couvre-feu sans que l’on soit sûr de se retrouver les jours suivants. Et c’est à la suite de ces rencontres souvent sans lendemain, et parfois de ces mauvaises rencontres, que des enfants sont nés plus tard. Voilà pourquoi le Paris de l’Occupation a toujours été pour moi comme une nuit originelle. Sans lui je ne serais jamais né. Ce Paris-là n’a cessé de me hanter et sa lumière voilée baigne parfois mes livres. »
Document n°2 : Jean Guéhenno [Cévennes], Dans la prison, Éditions de Minuit clandestines, 1944

« Voltaire forma cette expression : homme de lettres, pour désigner une nouvelle charge et un nouvel honneur. […] On est libre ou esclave à la mesure de son âme. Un homme de lettres véritable n'est pas un fournisseur de menus plaisirs. […] Il ne peut se sentir libre quand deux millions de ses compatriotes sont autant d'otages dans les prisons d'un vainqueur, quand quarante millions d'hommes autour de lui ne sauvent que par le silence et la ruse ce qui leur reste de dignité. »
Document n°3 : René Char, « Billets à Francis Curel (1941) », Recherche de la base et du sommet, Gallimard, 1955

« Mes raisons me sont dictées en partie par l'assez incroyable et détestable exhibitionnisme dont font preuve depuis le mois de juin 1940 trop d'intellectuels parmi ceux dont le nom jadis était précédé ou suivi d'un prestige bienfaisant, d'une assurance de solidité quand viendrait l'épreuve qu'il n'était pas difficile de prévoir… On peut être un agité, un déprimé ou moralement un instable, et tenir à son honneur ! Faut-il les énumérer ? Ce serait trop pénible. […] Certes, il faut écrire des poèmes, tracer avec de l'encre silencieuse la fureur et les sanglots de notre humeur mortelle, mais tout ne doit pas se borner là. Ce serait dérisoirement insuffisant. Je te recommande la prudence, la distance. Méfie-toi des fourmis satisfaites. Prends garde à ceux qui s'affirment rassurés parce qu'ils pactisent. Ce n'est pas toujours facile d'être intelligent et muet, contenu et révolté. Tu le sais mieux que personne. Regarde, en attendant, tourner les dernières roues sur la Sorgue. Mesure la longueur chantante de leur mousse. Calcule la résistance délabrée de leurs planches. Confie-toi à voix basse aux eaux sauvages que nous aimons. Ainsi tu seras préparé à la brutalité, notre brutalité qui va commencer à s'afficher hardiment. Est-ce la porte de notre fin obscure, demandais-tu ? Non. Nous sommes dans l'inconcevable, mais avec des repères éblouissants. »
Document n°4 : Claude Aveline, Le temps morts, Éditions de minuit clandestines, 1944

« Soixante-douze ans et demi. Son mari, soixante-quinze, était dans la maison, lui aussi, elle ne l'avait plus revu depuis le premier interrogatoire. On les avait arrêtés à la place de leurs deux fils, qui s'étaient enfuis. “Une vraie chance, répétait-elle en pleurant, une vraie chance.” »

« Marthe dirigeait un salon de coiffure. On avait trouvé chez elle un enfant juif, un petit de six ans, un beau mignon tout frisé aux yeux bleus. Le père s'était jeté par la fenêtre quand on était venu l'arrêter. La mère s'était précipitée chez Marthe avec le petit en lui disant : “Jurez-moi que vous le garderez jusqu'à la fin !” Marthe avait juré. »

Document n°5 : Édith Thomas, Contes d’Auxois, Éditions de minuit clandestines, 1943
« Ce qui étonnait toujours le professeur, c'était le bon sens de ces femmes, et leur courage. Peu de plaintes. Une sorte de stoïcisme qui ne se connaissait point. »

« C'était le temps où, dans les journaux allemands écrits en français, on parlait de la collaboration entre la France et l'Allemagne. Mais le peuple ne s'y était pas laissé tromper. Il avait compris tout de suite —beaucoup plus vite et plus sûrement que les bourgeois […]— que cette collaboration était le nom d'une imposture. »

« Et puis, à Paris, on se sentait résister. On résistait. Et le vieil homme, en se rendant à la poissonnerie, contre le vent qui lui sciait en deux le visage […] n'était pas loin de penser que, lui aussi, il accomplissait un acte de résistance, était un maillon infime, mais nécessaire, dans l'enchaînement rigoureux de l'histoire. »

« Il s'en remettait à cette femme qui était sienne, à sa parole sûre qui organisait autour de lui, tranquillement, toute la complicité d'un pays. »

Le Chagrin et la Pitié. Chronique d’une ville française sous l’Occupation, documentaire historique de Marcel Ophuls (1969)
Quelques personnages
Emmanuel d’Astier de la Vigerie, ancien chef du mouvement Libération-Sud, écrivain et journaliste

Émile Coulaudon (colonel Gaspard), ancien chef des maquis AS-MUR en Auvergne

Danton et Dionnet, enseignants au Lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand

Raphaël Geminiani, ancien coureur cycliste, il vit à Clermont-Ferrand

Alexis et Louis Grave, anciens résistants, agriculteurs

Marius Klein, commerçant (mercerie) à Clermont-Ferrand

Christian de La Mazière, ancien volontaire de la division SS « Charlemagne »

Denis Rake, ancien agent de liaison radio du SOE (Special Operations Executive) en France

Helmut Tausend, ancien capitaine de la Wehrmacht, colonel à la retraite

Marcel Verdier, pharmacien à Clermont-Ferrand
Quelques extraits classés par thèmes


  • L’effondrement et l’Occupation

Le pharmacien Verdier et le front (1 :18)

Le cycliste Geminiani et l’Occupation (2 :12)

L’ouverture de la chasse (3 :04)


  • L’antisémitisme

Le commerçant Marius Klein (2 :53)


  • La Résistance et les résistants

Les enseignants et les jeunes résistants (3 :18)

Emile Coulaudon et l’entrée en résistance (0 :53)

Des « inadaptés » : Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1 :33)

Helmut Tausend et la lutte contre les « partisans » (1 :15)

Les frères Grave désabusés (1 :08)


  • Quelques comportements à l’égard de la Résistance

Denis Rake et les catégories sociales (2 :17)

Le secret autour des caches d’armes (0 :49)


  • La collaboration

Christian de la Mazière et la division SS Charlemagne (1 :49)

Indication bibliographiques
* François Azouvi, Le mythe du grand silence. Auschwitz, les Français, la mémoire, Fayard, 2012

* Nicolas Beaupré, 1914-1945. Les grandes guerres, Belin, 2012

* Laurent Binet, HHhH, Le libre de poche, 2009

* Éric Conan et Henry Rousso, Un passé qui ne passe pas, Hachette-Pluriel, 2013

* Bruno Curatolo et François Marcot, Écrire sous l’Occupation. Du non-consentement à la Résistance. France-Belgique-Pologne 1940-1945, Presses universitaires de Rennes, 2001

* Guégan (Stéphane), Guillaume Picon et Claude Pommereau, Les arts sous l’Occupation : chronique des années noires, Beaux-Arts éditions, 2012

Guerre mondiale, Guerre totale, Gallimard-Mémorial de Caen, 2010

* Pierre Laborie, Le chagrin et le venin. Occupation. Résistance. Idées reçues, Folio-Histoire, 2014

* Sylvie Lindeperg, Les écrans de l’ombre. La Seconde Guerre mondiale dans le cinéma français, Seuil (Points-Histoire), 2014

* L’art en guerre. France (1938-1947), Éditions Paris Musées, 2012, 480 pages.

* Traits résistants. La Résistance dans la bande dessinée de 1944 à nos jours, Libel, 2011

Claude Maillot, Cécile Vast et Dominique Vogt-Raguy, 15 janvier 2015

Indication bibliographiques
* François Azouvi, Le mythe du grand silence. Auschwitz, les Français, la mémoire, Fayard, 2012

* Nicolas Beaupré, 1914-1945. Les grandes guerres, Belin, 2012

* Laurent Binet, HHhH, Le libre de poche, 2009

* Éric Conan et Henry Rousso, Un passé qui ne passe pas, Hachette-Pluriel, 2013

* Bruno Curatolo et François Marcot, Écrire sous l’Occupation. Du non-consentement à la Résistance. France-Belgique-Pologne 1940-1945, Presses universitaires de Rennes, 2001

* Guégan (Stéphane), Guillaume Picon et Claude Pommereau, Les arts sous l’Occupation : chronique des années noires, Beaux-Arts éditions, 2012

Guerre mondiale, Guerre totale, Gallimard-Mémorial de Caen, 2010

* Pierre Laborie, Le chagrin et le venin. Occupation. Résistance. Idées reçues, Folio-Histoire, 2014

* Sylvie Lindeperg, Les écrans de l’ombre. La Seconde Guerre mondiale dans le cinéma français, Seuil (Points-Histoire), 2014

* L’art en guerre. France (1938-1947), Éditions Paris Musées, 2012, 480 pages.

* Traits résistants. La Résistance dans la bande dessinée de 1944 à nos jours, Libel, 2011

Claude Maillot, Cécile Vast et Dominique Vogt-Raguy, 15 janvier 2015





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