Bulletin des armées de la République





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Pyra Wise – Proust et la « langue poilue » : le cas du mot « boche » – 4 avril 2011



  1. Mais tout de même la presse, et notamment Le Figaro, aurait une meilleure tenue que la victoire n’en serait que plus belle. […] Mais quand des académiciens disent « Boches » avec un faux entrain pour s’adresser au peuple comme les gdes personnes qui zézaient quand elles parlent aux enfants (Donnay, Capus, Hanotaux etc) c’est crispant. (Lettre à Lucien Daudet, [novembre 1914]. D’après le fac-similé et le descriptif du Catalogue Christie’s, 1996, lot 82. Voir aussi Lettres, p. 710-712.)

  2. Nos soldats, dans leur rude et clair bon sens, ont créé pour désigner les Teutons les quolibets de Têtes carrées ou Têtes de Boches exprimant bien par là l’impossibilité d’une idée commune ou d’une entente possible avec les hommes dont les cerveaux sont fait si différemment des nôtres. Tête de Boche ! ça dit tout. (G. Lenotre, Le Temps, 21 octobre 1914)

  3. Quant au mot « Boche », il existait aussi avant la grande guerre ; on ne le rencontrait pas, il est vrai, dans les dictionnaires, mais il était dans le langage populaire. On ne paraît pas s’accorder sur son étymologie. Il semble bien que ce mot Boche est l’abréviation d’une contraction. Par contraction violente, Allemand et caboche donnent Alboche ? de même automobile et omnibus donnent autobus. C’est bien dans le génie de la langue, dans son esprit de vitesse, dans son goût de raccourci. En France, nous ne nous montrons pas amis de l’agglutination et des longs mots composés. Pour dire gens-à-tête-carrée-et-dure-qui-habitent-l’Allemagne, le peuple dit Alboches ; bien plus, cela lui semble encore trop long, et il dit Boches tout court. Ainsi, il a trouvé un mot parfait, qui satisfait à la fois l’œil et l’oreille, qui fait image et onomatopée. Boche ? c'est le bruit que produirait un homme trop gras sautant à gros pieds joints dans le sang et la boue. […] Ah ! si l’Académie, dans une séance exceptionnelle, pouvait revenir à la lettre B, je demanderais volontiers que ce mot Boche figurât dans le dictionnaire, et, aussi, tous ses dérivés : Bochie, que les petits enfants ont formé avec leur logique simple, serait le pays des Boches ; bochisme serait l’ensemble des méthodes, des théories et des doctrines de la Kultur boche ; bocheries, et dans certains cas, bochonneries, seraient les applications et les procédés, mensonges, espionnages, traités déchirés, viols, assassinats et autres delikatessen, auxquels forcément mènent ces théories et ces doctrines. (Maurice Donnay, « "Poilu" et "Boche" », Bulletin des armées de la République, 88, 11 au 14 avril 1915)

  4. […] nous menons une vie d’aventures fort comparable à celle des Trois Mousquetaires avec leurs trois laquais ; et, oserai-je te l’avouer, malgré tout ce que notre situation a de terrible, la plupart de nos repas sont d’une grande gaîté […] si bien que, sauf le qui-vive, sauf le bruit lointain et intermittent du canon, sauf les alertes et les fusils constamment chargés à portée de la main, on pourrait croire que nous faisons un voyage d’aventure, une sorte de monstrueuse partie de chasse… (Jean Bénac, lettre du 16 août 1914, in En souvenir de Aldophe, Edme, Jean Bénac, Avocat à la Cour d’Appel de Paris, Sergent au 46e Régiment d’Infanterie. Né le 1er juillet 1891 à Paris, mort à Thann le 15 décembre 1914, Bordeaux, Imprimerie de Gounouilhou, 1915, 233 p.)

  5. Les orbites se sont creusées, le nez s’est fait mince, tiré vers la bouche, le poil de la barbe et même des sourcils s’est durci, hérissé, comme du poil de sanglier, […]. C’est ce qu’on appelle "les poilus". Quelque fois, parmi ces poilus, il en est un qui fut jadis un "intellectuel". On ne s’en aperçoit que parce qu’il a gardé son monocle. (Pierre Mille, « Choses vues : Les champs de bataille », Le Temps, 10 décembre 1914)

  6. […] le poilu, ce n’est pas l’homme à la barbe inculte, qui n’a pas le temps de se raser, – c’est beaucoup mieux : c’est l’homme qui a du poil au bon endroit – pas dans la main ! – symbole ancien de virilité. (Albert Dauzat, L’Argot de la guerre. D’après une enquête auprès des officiers et soldats (1918), Paris, Armand Colin, 2007, p. 71)

  7. L’opinion commune est qu’une tranchée n’est qu’une sorte de prolongement du Boulevard, et que les braves qui l’occupent ont conservé là-bas la manière d’être et de voir les choses, le bagout et la blague, au vocabulaire près, qu’on leur connaissait aux terrasses des cafés de Paris. Il paraît qu’à l’arrière on fait erreur en cela, comme en bien d’autres choses, et que la mentalité du « poilu » n’est pas ce que l’on suppose de confiance, d’après les « mots » qu’on cite et les traits qu’on rapporte. (extrait du journal Le Souvenir, cité par Odile Roynette, Les Mots des tranchées. L’invention d’une langue de guerre 1914-1918, Armand Colin, 2010, p. 35)

  8. Voilà de ce fait le mot « Poilu » installé sur tous nos murs en grands caractères presque officiellement. J’ai dit l’autre jour, que je trouvais quelque chose de déplaisant à cette consécration d’un mot qui ne me semblait pas respecter assez ceux qu’il désigne. Poilu : le vocable a quelque chose d’animal. C’est vrai que j’avais demandé : « À quand une journée du Poilu ? » mais ce qu’un écrivain peut se permettre dans une conversation familière avec ses lecteurs n’est plus de même convenance si c’est le Parlement qui l’emploie. Pour une solennité, le mot manque de dignité ; il respire une jovialité qui est peu de saison et nous entraîne trop du côté de la farce. […] « Mais non, me dit une sage correspondant, je ne vous suis pas dans vos scrupules. Le mot de poilu a rompu ses liens étymologiques autant que celui de soldat. Un poilu a sans doute du poil, autant que le soldat reçoit une solde, mais des harmoniques supplémentaires donnent la note fondamentale. […] Poilu a je ne sais quoi d’hirsute, sans doute mais aussi de solide et de fort. […] » Tout ceci d’ailleurs est d’importance secondaire et l’on m’excusera de céder aux manies d’un écrivain habitué par sa profession à peser, faire sonner et vérifier les mots sur sa table de travail, un peu plus qu’il n’est raisonnable. […] Et puis « poilu » ne peut plus ne pas être. Le mot est créé. […] Un aimable correspondant m’envoie un petit essai plein d’esprit sur le langage que ses amis et lui parlent au fond des tranchées. C’est imagé, très riche en pseudonymes ; cela rappelle par la couleur et la crudité le vieux français ; c’est jailli de source vive. […] (Maurice Barrès, « Le poilu tel qu’il parle », L’Echo de Paris, 23 décembre 1915)

  9. Il n’aurait eut pourtant qu’à interroger sa cuisinière ou sa concierge. Il est souvent très utile, même pour les professeurs agrégés, d’interroger et d’écouter les concierges et cuisinières. Le peuple reste notre grand maître de langage […]. (Albert Dauzat, op. cit., p. 78)

  10. Je n’avais jamais senti à quel point j’aimais la France. Vous qui aimez tant les chemins de Trouville, vous comprendrez ce que peut être pour moi ce pays d’Amiens, ce pays de Reims, de Laon, où je suis si souvent allé. Laon c’était avec Emmanuel Bibesco. Il est mort maintenant. Et il faut encore plus aimer les hommes que les choses, et je pleure et j’admire plus les soldats que les églises qui ne furent que la fixation d’un geste héroïque, aujourd’hui à chaque instant recommencé. (à Mme Straus, [mai 1918], Corr., t. XVII, p. 270)

  11. Mon cher petit, moi qui trouve les journaux si agaçants par leur patriotisme à faux, j’ai eu l’autre jour une émotion "patriotique" véritable. J’étais allé voir … chez qui … il y avait M. … que vous connaissez probablement, mais que je ne connaissais pas. Cet homme a parlé de la France avec une admiration, a raconté la visite que le Général A… lui avait laissé faire sur le champ de bataille de la Marne, … avec une force, une grandeur, je ne peux pas vous dire à quel point j’étais ému. Et le plus stupide est que ce qui me donnait le plus envie de pleurer est qu’il me disait tout le temps : "Vous avez chassé les Allemands, vous les avez forcés, etc." et d’une part j’étais gêné de ce vous, parce que je n’avais rien fait du tout, mais d’autre part je sentais que cela voulait dire que j’étais Français, et c’était justement ce qui faisait mon émotion. […] Plus tard je me suis un peu ressaisi, et je me suis demandé si cet homme chaleureux et pittoresque (et sincère) ne nous avait pas tout de même un peu roulés (dans son récit). (à Lucien Daudet, [juillet 1915], Corr., XIV, p. 175)

  12. Mon cas est en effet assez différent de celui de la plupart des combattants. Je fais partie d’une famille israélite, naturalisée française, il y a un siècle à peine. Mes aïeux, en acceptant l’hospitalité de la France, ont contracté envers elle une dette sévère ; j’ai donc un double devoir à accomplir : celui de Français d’abord ; celui de nouveau Français ensuite. C’est pourquoi je considère que ma place est là où les « risques » sont les plus nombreux. […] Je veux après la guerre, si mon étoile me préserve, avoir la satisfaction d’avoir fait mon devoir, et le maximum de mon devoir. Je veux que personne ne puisse me contester le titre de Français, de vrai et de bon Français. Je veux, si je meurs, que ma famille puisse se réclamer de moi et que jamais qui que ce soit puisse lui reprocher ses origines ou ses parentés étrangères. (Lettre d’Henry Lange, du 6 septembre 1917, in Paroles de poilus, lettres et carnets du front 1914-1918, J.-P. Guéno et Y. Laplume éds., Librio-Radio France, coll. « Documents », 1998, p. 16)

  13. Il n’y aura jamais assez de dévouement juif dans cette guerre, jamais trop de sang juif versé sur la terre de France. Si je puis procurer à mon fils de bonnes et vraies lettres de naturalisation, il me semble que c’est le plus beau cadeau que je puisse lui faire. (Robert Hertz, cité par Rémy Cazals, « Non, on ne peut pas dire "À tout témoignage on peut opposer un autre" », in Matériaux pour l’histoire de notre temps, Les Français dans la Grande Guerre : nouvelles approches, nouvelles questions, BDIC, n°91, juillet-septembre 2008, p. 24)

  14. Il est vrai que Boche ne figure pas dans mon vocabulaire, et que les choses ne me paraissent pas aussi claires qu’à certaines personnes, mais jamais je n’ai dit que cela [la guerre] ne m’intéressait pas, car c’est mon anxiété de tous les instants. (à Lucien Daudet, [mars 1915], Corr., XIV, p. 66)

  15. Mon frère est à Verdun depuis le 1er jour de la mobilisation, mais n’y est resté que peu de temps, il a été ensuite à Étain où les Allemands <(excusez-moi de ne pas dire « boches » que je laisse à Capus)> ont bombardé son hôpital si bien qu’il ne pouvait plus opérer que dans les caves, puis dans l’Argonne. (« Une lettre de Marcel Proust à Frantz Jourdain », Poésie, n° 92, 2000, p. 153-157).

  16. Je hais les correspondances. Mais d’un autre côté, je hais encore plus de jouer aux devoirs factices (ce que tout le monde aime à faire en tout temps, et ce qu’en temps de guerre font même les gens qui en temps de paix étaient plus tranquilles). […] plutôt que "d’adopter" un "poilu" inconnu et de lui écrire de temps en temps, je préfère donner à quelques amis le réconfort ou l’ennui d’une autre lecture que celles des lettres administratives. (à Lucien Daudet, [1916], Corr., XV, p. 149)

  17. Si ce n’était pas une telle joie – autant qu’on peut en avoir en ce moment – de recevoir une pareille lettre, […], quel repos déjà de lire ces pages où il n’y a ni « Boche » ni « leur Kultur », ni « pleurer comme un gosse », ni « sœurette », ni tout le reste. Toutes choses du reste qu’on supporte bien facilement tant on souffre en pensant au martyre des soldats et des officiers, et tant on est ému de leur sacrifice. […] Du reste tous ces hommes importants sont ignorants comme des enfants. Je ne sais pas si vous avez lu un article du Général Zurlinden sur l’origine du mot boche qui, selon lui, remonte au mois de septembre dernier quand nos soldats etc. Il faut que lui aussi n’ait jamais causé qu’avec des gens « bien ». Sans cela il saurait comme moi que les domestiques, les gens du peuple ont toujours dit : « une tête de boche » « c’est un sale boche ». Je dois dire que de leur part c’est souvent assez drôle (comme dans l’admirable récit du mécanicien de Paulhan). Mais quand des académiciens disent « Boches » avec un faux entrain pour s’adresser au peuple comme les gdes personnes qui zézaient quand elles parlent aux enfants (Donnay, Capus, Hanotaux etc) c’est crispant. […] PS. Hôtel Brunswick me semble un peu « boche ». Il est vrai que Béranger neutralise. (à Lucien Daudet, [16 novembre 1914], Lettres, p. 710-712)

  18. Si j’ose me citer et puisque vous avez lu Swann, vous connaissez (et retrouverez dans les volumes suivants) un certain Bloch aussi fâcheusement muni d’« Empfindelei » que dépourvu d’« Empfindelung » (je ne sais pas très bien l’orthographe de ces mots boches, lus je crois dans la correspondance de Mendelssohn qui manquait hélas plus qu’il ne croyait de la seconde). (à Mme Scheikévitch, [février 1917], Corr., XVI, p. 57)

  19. Ce Walter est digne de celui qui s’appelait Pater, ou Scott, ou même Walter tout court et qui, quoique Boche, a lancé sur Nuremberg, plus réel que les bombes en 1914, un certains Preislied qui n’était pas mal. […] je vois que vous êtes encore mille fois pire que Capus qui supprime Straus, Wagner, Hegel, Fichte, mais qui, admettant Goethe et Beethoven, ne barre en somme qu’un siècle. (à Walter Berry, [1917], Corr., XVI, p. 189)

  20. Et puis qu’est-ce qui est, en ce moment surtout, certain. Et les apprêts de dames qui vont dîner en ville seront peut’être interrompus au moment de partir, au moment du dernier doigt de poudre sur la joue, interrompus et éternisés par la lave des Vésuves volants des boches ; les frivolités immutables et augustes serviront à l’enseignement des enfants dans les écoles d’un temps meilleur ; et dans les livres d’art on reproduira, promu contre note attente à la dignité d’un personnage d’Herculanum, Vitelleschi surpris par le feu au moment où il posait ses faux sourcils. (à Etienne de Beaumont, [juin 1918], Corr., XVII, p. 288-289)

  21. […] je n’ai pas pu aller voir un oculiste. Et même si je pouvais le faire venir, ce qui avec mes "gaz asphyxiants" stagnant indéfiniment dans ma chambre depuis qu’il fait chaud, n’est pas commode, cela ne servirait à rien car pour les verres etc… (à Mme Charles Nathan, [mai 1916], Corr., XV, p. 105)

  22. Je suis si malade ces jours-ci que je crains de mal vous traduire ce que m’a fait votre lettre. D’abord le terrible "Monsieur" du début, sorte de rature initiale destinée à biffer tout ce qui pourra suivre de bienveillant. Si je prends aisément mon parti des intermittences, en revanche le retrait de ce qui semblait acquis d’amabilité m’étonne toujours, et quand c’est par vous, me désole. J’ai plus que personne souri des déclinaisons où semblaient progresser des femmes d’ailleurs pleines de mérite et de bonne volonté […] en partant de Monsieur et n’arrivant au prénom qu’après avoir passé par "cher Monsieur", "cher ami" etc. Mais au moins aucun terrain acquis avec elles, pour reprendre des métaphores militaires, n’était ensuite reperdu, et on ignorait les terribles Roches Tarpéiennes où vous vous complaisez […]. Reste enfin (car j’ai été déjà bien trop long dans cette lettre) reste la question visite. Il n’est naturellement pas possible que vous vous risquiez dans ma tranchée parmi les gaz asphyxiants que sont mes fumigations antiasthmatiques. Je suis hors d’état de recevoir. (à Mme Greffulhe, [oct. 1916], Corr., XV, p. 315-316)

  23. J’avais sur lui la supériorité que c’était moi qui prenait l’initiative des opérations, et s’il eût eu sur l’avenir immédiat de ma santé des craintes, je crois que j’aurais comme on dit, lu clairement dans son jeu. Ces métaphores reviennent hélas involontairement sous la plume même quand on écrit de quelque chose d’infiniment moins important, comme est la vie d’un simple individu […]. (à Lionel Hauser, [juin 1918], Corr., XVII, p. 279)

  24. Le nom de votre fils Thierry, médecin comme mon frère, décoré de ces mêmes croix de la Légion d’Honneur et de guerre qu’il a, comme mon frère, gagnées sur le champ de bataille, ce qui implique pour vous comme pour moi, les mêmes angoisses et les mêmes fiertés, tout cela m’avait déjà touché. […] Le pauvre Robert d’Humières […] sa mort pendant ces deux années où j’ai perdu presque tous mes amis, est, après celle de Robert de Fénelon qui vous admirait tant mais dont je ne peux me rappeler s’il vous connaissait, est celle qui m’a rendu et pour toujours le plus malheureux. Je n’ai pas la faculté d’oublier, ça ne facilite pas la vie. Pour autant que je me rappelle […] il y a un peu de Lorraine en vous. Aussi peut-être ces massacres de jeunes vies vous semblent peut-être plus justifiées qu’ils le sont pour moi qui aurait aimé que la France reçut ou gagnât l’Alsace et la Lorraine, mais qui ne peux mettre en balance ces souffrances infinies. (à la Comtesse de Martel (Gyp), [mars 1915], Corr., XIV, p. 667-669)

  25. Vous avez (comme les gens qui faisaient des automobiles avant la guerre et depuis font des aéroplanes ou des obus) adapté votre verbe (j’aime mieux dire votre Mot) à la transcription du Phénomène ; ou plutôt comme les Eugènes sont devenus (c’est-à-dire étaient, à votre insu) les Boches, vous aurez découvert que vos déclinaisons, vos traits d’union plus voisins de Tahiti que de Donnay, étaient le langage préexistant à ce qu’il s’agissait maintenant d’exprimer. […] Pour la guerre je lis le Journal de Genève. À vrai dire je le crois un peu enclin en notre faveur mais j’ai beau le savoir, cela ne m’empêche pas de me réjouir des bonnes espérances qu’il donne [….]. (à Jean Cocteau, [juillet 1916], Corr, XVIII, p. 593-594)

  26. Que j’aimerais causer avec vous de la guerre, autant dire causer tout court, puisqu’on ne peut parler d’autre chose, ni penser à autre chose. Et les journaux sont vraiment des interlocuteurs par trop stupides. Mais même déjà des livres (ceux-là pas stupides du tout) inaugurent vraiment un peu tôt, une littérature de la guerre. Les Lettres de Jacques Blanche, parues dans la Revue de Paris […] vont être réunies en volume. J’ai reçu un volume de Léon Daudet : Hors du Joug allemand et un de Montesquiou : Les Offrandes Blessées (188 élégies sur la guerre). Il a dû commencer le premier jour de la mobilisation. Quelle fécondité ! […] Je n’aime sur la guerre que la Situation militaire dans les Débats (de Bidou je crois) et du Colonel Feyler dans le Journal de Genève. Quant à Polybe, je l’aimais au début, mais l’abus de ses ridicules métaphores, […] sa fausse brièveté de Michelet en toc, son moralisme à la Prud’homme et son romantisme à la d’Ennery, m’empêchent de rendre la justice qu’ils méritent à des articles par ailleurs si sérieux, si justes, auxquels la compétence et l’inépuisable savoir donnent tant d’autorité. On est injuste pour eux, les amis de Polybe font des gorges chaudes de ses métaphores. Il y a pourtant beaucoup de ces articles qui sont remarquables. (à Mme Catusse, [juin 1915], Corr., XIV, p. 150-151)

  27. Depuis que j’ai reçu les Offrandes blessées, tous les jours j’espère être assez bien le lendemain pour aller vous en parler et vous dire mon admiration. […] Mais voici que je suis à nouveau convoqué par l’autorité militaire […]. Enfin, grâce à vous, ont coïncidé l’Art et la Guerre ! On nous parle de la Poésie qu’enfantera la Guerre et je n’y crois pas trop. En tout cas celle qui s’était révélée jusqu’ici était trop inégale à la Réalité. Je pense que c’est un peu en vous-même, dans ce reflet atavique pareil à celui qui vous mirait dans les bassins de Versailles, que vous avez "lu dans les pensées" (pour reprendre l’expression des Perles rouges), de nos modernes d’Artagnan, de nos Louvois contemporains. Chacun aura ses préférées dans vos Offrandes, […]. Je ne comprends pas pourquoi vous dites que nous avons trop aimé Wagner. (à Robert de Montesquiou [juillet 1915], Corr., XIV, p. 165-166)

  28. Mais surtout parce qu’à la fin de la séance il y a eu l’alerte d’avions. […] j’ai pris froid car je me suis mis au balcon et y suis resté plus d’une heure à voir cette Apocalypse admirable où les avions montant et descendant venaient compléter ou défaire les constellations. Quand cela n’aurait fait que faire regarder le ciel, cela aurait déjà été très beau tant il était merveilleux. Ce qui était inouï c’est que comme dans un tableau de Greco où en haut il y a la scène céleste en bas la scène terrestre, pendant que du Balcon on voyait ce sublime « Plein ciel », en bas l’Hôtel Ritz (où tout ce ci se passait) avait l’air d’être devenu l’Hôtel du Libre Échange. Des dames en chemise de nuit ou même en peignoir de bain rôdaient dans le hall « voûté » en serrant sur leur cœur des colliers de perles. (à Mme Straus, [juillet 1917], Corr., XVI, p. 195-198)

  29. Bien souvent, je ne goûte pas votre critique du Temps. J’ai pour cela des raisons personnelles (nullement d’amour-propre), et d’autres qui ne le sont pas. Je n’en ai que plus de plaisir à vous dire combien j’ai apprécié, pour leur justesse, leur verve, leur courage, les articles où, à peu près seul, je crois, dans toute la presse, vous avez su dire et osé dire ce qu’il faut penser, ce que beaucoup pensent de Wagner et de M. Saint-Saëns, de M. R. Strauss et de M. Zamacoïs, et surtout dans un journal où on abuse vraiment un peu de "Kultur", de "chiffon de papier", de "nation de proie" et de "kolossal". Certes, auprès des souffrances qu’endurent ceux qui se battent et ceux qui ne se battent pas, l’agacement qu’il y a à lire chaque jour tant de contre-vérités est fort peu de chose. (à Paul Souday, [avril 1915], Corr., XIV, p. 98-99)

  30. […] j’ai couvert de notes, de plus de cent notes je pense, les marges de vos Lettres dans la dernière Revue de Paris […]. Dans la lettre du 14 août, vous dites que votre ami Cacan croit (le 9 août) qu’il relèvera de vos amis dans les tranchées. Il n’a été question de tranchées qu’après la bataille de la Marne, en septembre. […] Avec ou sans les tranchées, les gens diront certainement que ce sont de fausses lettres, écrites après coup […]. Mais même si le genre épistolaire était ici un simple artifice de composition (et fort légitime), alors il serait encore plus nécessaire de supprimer tranchées, de respecter, dans une œuvre toute littéraire et composée, la vérité de l’époque, ne pas faire tenir à un Français d’avant la Marne le langage […] d’un Français d’après. […]. Aussi comme les journaux sont faibles ! (à Jacques-Émile Blanche, [avril 1915], Corr., XIV, p. 112-113)

  31. Je suis aussi peu homme du monde que possible et n’ai pas partagé pendant la guerre le dilettantisme presque germanophile du faubourg Saint-Germain. Vous verrez cela dans le Temps retrouvé où on comprend que c’est parce que M. de Charlus était hessois de famille qu’il parle avec tant d’ironie de Mangin etc. Je crois qu’il y a là tout un chapitre avec vin neuf dans de vieilles outres. (à Mme Léon Daudet, [déc. 1920], Corr., XIX, p. 676)

  32. Ces quelques mots pour te dire que c’est en pleurant que j’ai lu les Trois Croix. En ce temps où il y a tant de sublime dans les faits, et si peu dans les paroles et les écrits, où chacun annonce que la Guerre a transformé les esprits, mais l’annonce dans un style qui montre trop qu’elle n’a rien transformé du tout, où les mêmes sottises, les mêmes banalités reviennent, soit pires encore, soit semblant telles par leur confrontation aux grandes choses qu’elles s’imaginent exprimer, en ce temps où on ne peut pas lire un journal sans dégoût, et où peut’être pas une ligne décente n’a encore été écrite sur la guerre, je crois que les Trois Croix sont le premier morceaux de la littérature guerrière (ne te froisse pas du mot littérature qui au sens où je le prends et où tu l’entends j’espère est fort noble) qu’il m’ait été donné de lire. Que de choses j’aurais à te dire à un moment où jamais le désarmement des intelligences n’a été aussi funeste. (à Daniel Halévy, [16 novembre 1914], Corr., XIII, p. 331)

  33. Les mots de dreyfusard et d’antidreyfusard n’avaient plus de sens, disaient les mêmes gens qui eussent été stupéfaits et révoltés si on leur avait dit que probablement dans quelques siècles et peut-être moins, celui de boche n’aurait plus que la valeur de curiosité des mots sans-culotte ou chouan ou bleu. (RTP, IV, p. 306)

  34. L’épopée est tellement belle que tu trouverais comme moi que les mots ne sont plus rien. Rodin ou Mayol [sic] pourraient faire un chef-d’œuvre avec une matière affreuse qu’on ne reconnaîtrait pas. Au contact d’une telle grandeur, poilu est devenu pour moi q.q. chose dont je ne sens même s’il a pu contenir d’abord une allusion ou une plaisanterie que si quand nous lisons "chouans" par exemple. Mais je sais poilu déjà prêt pour de grands poètes comme les mots déluge ou Christ, ou Barbares qui étaient déjà pétris de grandeur avant que s’en fussent servis Hugo, Vigny ou les autres. (Cahier XVII, f° 27 r°)

  35. Mon petit je reconnais que les mots comme « Passeront pas » ou « on les aura » sont pas agréables et doivent ils me font aussi mal aux dents que poilu et le reste […]. Mais si tu voyais tous ces ouvriers, ces petits commerçants … mourir en souriant parce qu’on a pris la tranchée tu saurais que l’épopée est tellement belle que les mots ne font plus rien. Rodin saurait faire un chef-d’œuvre avec une matière affreuse qu’on ne reconnaîtrait pas. Au contact permanent d’une telle grandeur d’hero, « passeront pas » et « poilu » sont déjà devenus pour moi quelque chose dont je ne me demande pas plus s’ils ont contenu à l’origine une plaisanterie que le mot Chouan ou le mot «  rouges », mais que je sais déjà grand, déjà prêt pour les gds poètes s’il en vient, comme les mots déluge ou Christ ou Barbares, étaient pétris de grandeur avant que s’en saisissent Hugo, Vigny ou Leconte de Lisle. [mot biffé] Impose-toi d’avance ces poilu mon cher petit, par amour des poilus, dis passeront pas et on les aura parce que c’est comme cela qu’ils disent et parce qu’ils peuvent le dire ceux qui font de ce dire immense avec leur vie, pense, avec leur vie, une réalité. (Cahier 74, f° 89 v°. RTP, IV, Esquisse VIII, p. 770-771. Et voir p. 332)

  36. Oui, les Bénac m’avaient donné le livre de leur fils. Puis il me l’ont repris en me demandant de ne pas dire que je l’avais eu. […] Ces lettres du petit Bénac étaient délicieuses de cœur, de dons, de courage, de délicatesse, l’intérêt d’événements sur lesquels le flot de la littérature d’après guerre n’a pas encore passé, soutenait, voilait, les défaillances ou les banalités (très rares d’ailleurs) de la forme. On devait à ce jeune et charmant brave, que je n’ai pas connu et que j’aime depuis que je l’ai lu (et tout le monde eût fait de même), on lui devait de le dresser, de le dévoiler, de le faire vivre dans son geste, dans son rayon. Il fallait laisser parler celui qui n’a pas assez vécu pour être écouté et dont le nom associé à des jours impérissables eût été préservé. Hélas les familles, sauf de rares exceptions, pensent à leurs « pudeurs » à elles qu’elle devraient immoler au nom du mort. Puis peut-être s’aveuglent-elles sur des dons littéraires qu’elles pensent mieux révéler un jour en publiant des œuvres purement littéraires. Or ici les dons du jeune homme étaient charmants ; joints à sa délicatesse morale, à l’intérêt du récit, et d’un document sur un jeune bourgeois français de 1914, en bloc tout cela, « l’un dans l’autre » comme disent les marchands, eût charmé. Privée de ses puissants atouts, sa « littérature » n’aura certainement pas une originalité suffisante pour marquer. (à Mme Catusse, [octobre 1915], Corr., XIV, p. 242)

  37. Je connais ou du moins j’ai connu autrefois d’excellents parents. Ils ont eu le malheur de perdre leur fils presque au commencement de la guerre et ils ont fait imprimer pour une vingtaine d’intimes, les lettres que ce fils leur avait écrites du front. Je n’avais jamais vu ce jeune homme, mais ses lettres étaient si vivantes, respiraient tant de bonté, de courage, de désir, tout innocent, d’« arriver » que je ne pouvais les lire sans pleurer. Je conseillai aux parents de les faire paraître, et malgré le terrible état de santé où j’étais déjà, je m’offris à demander à Barrès, à Hermant, à plusieurs autres d’en citer quelques passages. Il n’y a pas un doute que cela n’eût rempli de joie ce jeune homme exubérant de vie et désireux de gloire. Les parents refusèrent absolument, à cause de cette « pudeur » etc. […] Peut-être se sont-ils dit que plus tard, il feraient connaître ce jeune inconnu en publiant de lui des romans qu’il avait commencés avant la guerre. Mais là ils ont obéi à leur aveuglement de parents, car ce jeune homme n’avait pas de « talent ». La délicieuse nature révélée des lettres, l’intérêt des épisodes guerriers auxquels il avait été mêlé, tout cela « l’un dans l’autre » faisait qu’avec une forme, un style agréables, mais insuffisants en eux-mêmes, le livre tel quel eût charmé. J’ajoute qu’il ne serait déjà plus publiable aujourd’hui, car trop de livres de guerre auraient déjà effacé le charme de celui-là. (à Mme Hecht, [septembre 1918], Corr., XVII, p. 346-349)

  38. Mon camarade Fontaine est très gentil ; c’est vraiment un grand artiste. Souvent il me dit de sa voix grave des vers de Hugo, des tirades de Racine, de Corneille. Nous nous entendons à merveille. Il aime beaucoup la musique et je lui apprends celles des mélodies de Reynaldo Hahn qu’il ne connaît pas encore ; et nous chantons ensemble des tas d’airs favoris : Werther, Manon, la Tosca, Siegfried, la Walkyrie, Sigurd, tout y passe, même des mélodies de Schumann, que je n’ose plus changer en allemand. Quand il vente fort, je chante « In diesem Wetter, in diesem Braus » de Malher en murmurant seulement les paroles de la langue maudite…, celles des chansons de Duparc dont je me souviens – la Chanson triste, surtout, et Au pays où se fait la guerre. Pendant que nous chantons, nous ne pensons pas à autre chose […] c’est une source de satisfaction que tu ne saurais imaginer. Une voix qui vibre c’est quelque chose d’humain dans toute cette horreur. […] Et ce n’est pas banal, sais-tu, une chanson comme « La nuit est bleue et calme » avec accompagnement du canon, au lieu des arpèges doux qui devraient soutenir la voix. (lettre de Jean Bénac, 21 septembre 1914)

  39. […] le soir venu, je peux jouer à mon aise, et à ma façon, toutes les mélodies de Reynaldo, de Duparc, de Schumann, de Schubert, bien que ces derniers soient allemands, comme aussi Wagner dont les leitmotivs me sont pourtant chers. (lettre de Jean Bénac, 28 novembre 1914)

  40. Saint-Loup, lui, beaucoup plus intelligent et artiste, restait intelligent et artiste, et notait avec goût pour moi des paysages pendant qu’il était immobilisé à la lisière d’une forêt marécageuse, mais comme si ç’avait été pour une chasse au canard. […] il […] ne craignait pas de faire allusion à une page de Romain Rolland, voire de Nietzsche, avec cette indépendance des gens du front qui n’avaient pas la même peur de prononcer un nom allemand que ceux de l’arrière […]. Saint-Loup me parlait-il d’une mélodie de Schumann, il n’en donnait le titre qu’en allemand et ne prenait aucune circonlocution pour me dire que quand, à l’aube, il avait entendu un premier gazouillement à la lisière d’une forêt, il avait été enivré comme si lui avait parlé l’oiseau de ce « sublime Siegfried » qu’il espérait bien entendre après la guerre. (RTP, IV, p. 333-334)

  41. Pas de haine du germanisme non plus ; les derniers mots que j’avais entendus sortir de sa bouche, il y a six jours, c’étaient ceux qui commencent un lied de Schumann et que sur mon escalier il fredonnait, en allemand, si bien qu’à cause des voisins je l’avais fait taire. (RTP, IV, p. 425)

  42. Jadis au temps où je travaillais rue Auber, avec Richard, j’avais coutume d’apporter souvent au bureau des « hopjes » achetés en passant au « Bébé Rose ». Le brave Richard a eu l’idée de m’envoyer quelques uns de ces bonbons, que nous dévorions naguère si joyeusement… et l’on établit si étrangement des associations d’idées, de goûts et de sensations, que, de même que certains parfums nous rappellent certaines personnes, le simple goût de ce bonbon m’a rappelé le bureau, mes livres, le bruit montant de la rue Auber, Papa entrant et sortant, Richard, éternelle victime de mes plaisanteries et bon camarade, le téléphone, toute cette atmosphère d’activité, de travail, de vie intense dont je suis maintenant si loin… (lettre de Jean Bénac, 21 octobre 1914)

  43. Capital qd je compare le livre : un livre doit être bâti je ne dis pas comme un monument. Mais comme une robe. On change de place etc on y fait au dernier moment des regroupements de force et avant il doit être préparé comme une guerre. (Cahier 57, f° 14 v°. RTP, IV, Esquisse LX, p. 941)

  44. […] l’impression d’avoir devant moi, inséré dans l’heure présente, un peu du passé, cette impression de rêve qu’on ressent à Venise sur la Piazzetta, devant ses deux colonnes de granit gris et rose […] elles ne sont pas dans le présent, ces hautes et fines enclaves du passé, mais dans un autre temps où il est interdit au présent de pénétrer. (« Sur la lecture », Sésame et les lys, A. Compagnon éd., Complexe, 1987, p. 96-97)

  45. Au premier instant, avant même le chagrin, la singularité affreuse de l’événement m’a fait penser à des villes ruinées comme Soissons qui étaient les piliers entre lesquels se déroulait la bataille, et comme après la mort de Calmette, victime innocente et comme mystiquement sacrifiée, on sentait venir la guerre, c’est à se demander si après la mort de Pozzi il n’allait pas y avoir la Paix ; s’ils n’avaient pas été les deux piliers sanglants qui barraient de chaque côté la guerre. (à Mme Straus, [juin 1918], Corr., XVII, p. 285)



Séminaire « À la recherche du temps perdu, roman de la guerre », Équipe Proust, ITEM-CNRS-ENS, 2010-2011

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