1 «L’espace monde» des Européens au milieu du xixe siècle





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L’Europe et le Monde vers 1850
Modernités

1) « L’espace monde » des Européens au milieu du XIXe siècle
Qu’est-ce que le monde, pour les Européens, au milieu du XIXe siècle ?

Monde de paysans = habitants d’un pays. Monde mobile, bcp de migrants, certains vont loin comme les habitants de Barcelonnette qui vont au Mexique dès 1820. Comment s’imaginent-ils le reste du monde ? Sources d’infos au village : autorités, soldats, colporteurs (Histoire du colportage en Europe, Laurence Fontaine), ouvrages de vulgarisation, images d’Epinal.

Après 1860, développement des réseaux, steamers, chemins de fer, accélération des imprimés par industries culturelles.

Primauté européenne, monde de l’européocentrisme absolu sauf pour les groupes de migrants transatlantiques peu nombreux dans la seconde moitié du XIXe (par exemple étude système pénitentiaire par Tocqueville et Beaumont). The Times construit sa supériorité par ses correspondants dans toutes les capitales européennes.

Les élites se déplacent beaucoup. Par exemple, le voyage à Londres est un passage obligé pour les intellectuels. Exemple : Frédéric Le Play, ingénieur qui multiplie les excursions en Europe, en 1844 il réorganise même les lignes de l’Oural et écrit Les ouvriers européens en 1855. 1851 est l’année de la première Expo universelle à Londres. Donc Europe = continent maîtrisé pour les élites. Ce n’est pas le cas pour le reste du monde plus méconnu :
Amérique du Nord espace le mieux perçu car proximité culturelle par les colons. Question des Indiens passionne les Européens, imaginaire qui fascine les Européens, livres de Fenimore Cooper (Le Dernier des Mohicans) et toiles de George Catlin (qui crée une Indian Gallery)

Amérique du Sud, mal connu. Indépendant depuis 1824, pas unifié car comporte une quinzaine d’Etats, morcelé malgré les efforts panaméricains de Bolivar. Espace plutôt d’exploration, on connaît les voyages antérieurs de Alexandre von Humboldt et Aimé Bonpland, naturalistes, mais limité à un cercle d’érudits, surtout ibériques ou italiens.

Asie, continent connu de plus longue date car tradition d’échange, mais qui intéresse peu les occidentaux au XIXe siècle, sauf GB qui profite de reconstruction interne de l’Europe pour accroître sa présence dans le monde. Pape Grégoire XVI (1831-1846) envoie des missions catholiques importantes vers Chine ou Océanie. Territoires mal perçus, on s’intéresse peu aux civilisations qui les peuplent. Quant au Pacifique, on en est encore à dresser une cartographie.

Afrique, c’est le blanc de la carte = intérieur non maîtrisé. Seul un petit nombre de chercheurs connaissent : René Caillié, Hugh Clapperton, Heinrich Barth. Et désir d’appropriation, retour aux impérialismes. Les contours du monde sont finis mais la matière reste à saisir.


  1. Le triomphe apparent de la réaction en Europe


Tous les mouvements révolutionnaires ont été écrasés par la réaction militaire en 1848, par les grandes puissances : Prusse, Russie, Autriche. Une chappe de plomb tombe, la répression écrase les intellectuels.

François Joseph, nouvel empereur en Autriche, instaure répression policière avec interdiction des langues régionales etc.

 En Italie : tentatives démocratiques réprimées.

 En Allemagne : tentative d’union restreinte tentée par les rois aboutit en 1850 à une reculade, la reculade d’Olmütz (en 1848, représentants du peuple allemand décident de restaurer le 1er Reich dissout en 1806 ; 1849 proposent la couronne à Frédéric Guillaume IV, qui convoque à Erfurt un Parlement de l’Union qui élabore un projet de Constitution fédérale autour de la Petite Allemagne. L’Autriche, avec François-Joseph est furieuse d’être évincée et menace d’une guerre. La Prusse recule, abandonne son projet, rétablit la Confédération germanique dominée par l’Autriche). Il ne reste plus rien des espoirs nationaux espérés en Allemagne.

 En France : brutal retour à l’ordre, la IInde République vote la loi du 31 mai 1850 qui exige des électeurs qu’ils aient un domicile d’au moins 3 ans et paient une taxe professionnelle. C’est mettre fin implicitement au SU masculin. LNB fait coup d’Etat 2 décembre 1851, début d’un long tunnel pour opposants républicains.

 La Russie poursuit sa domination sur les peuples allogènes, qui habitent aux marges de l’Europe comme les Finlandais, Baltes, Polonais.

L’Angleterre assoit sa domination sur l’Irlande, depuis Union 1800.

Empire ottoman réaffirme son pouvoir sur chrétiens des Balkans.
C’est un retour à l’autorité, qui engendre plus de rêve concernant les Etats-Unis d’Europe. Il y a même un esprit de résignation, qu’on peut voir dans la philosophie de Schopenhauer.

Échecs de 1848 ont des conséquences lourdes mais permettent de penser la suite différemment. Les mouvements multinationaux deviennent conscients de l’échec. Déplacement des idées vers des conceptions plus objectives de la nation, il faut séduire les élites conservatrices et les milieux d’affaires. Cela suppose de nouvelles stratégies, on va chercher les solutions non plus par le bas mais par le haut en faisant confiance aux hommes d’Etat. C’est par le jeu des grandes puissances que le mouvement national se redéploiera.
Mesures jouant dans le sens de la démocratisation : SU masculin pas forcément signe de chaos, république conservatrice n’est pas qqch d’aberrant. En Angleterre, on a fait confiance aux vertus pacificatrices du modèle politique (bipartisme, réformisme etc) pour éviter les soubresauts révolutionnaires.

Années 1850-60 : conjoncture économique est plus favorable jusqu’à la Grande Dépression. Hausse générale de production, des bénéfices, des salaires et même de la consommation : c’est une période de prospérité avec relative évolution des niveaux de prix pour tt le monde. On sort d’une phase de dégradation.


  1. Le « seuil » des années 1860


Il est dur à percevoir, abstrait car la périodisation est qqch d’abstrait (Charles Seignobos).

Il s’exprime sur le plan culturel : pratiques se démocratisent par industries culturelles, régime de communication : on part d’un monde où la communication était rhétorique à un monde où la communication est dominée par la représentation (roman, journalisme). Les usages sociaux du temps se modifient car le temps rythmé est mis en place par usine et oblige à organiser son temps libre. Les grands modèles d’interprétation se déplacent : sécularisation, sentiment neuf que le monde est confronté à rupture temporelle. La foule est un acteur neuf que l’on découvre. On découvre l’infiniment petit (microbes). Charles Baudelaire nommé « Le peintre de la vie moderne » dans Le Figaro 1863.
Séance 2
La modernisation sociale et politique en Europe (1850-1870)

L’inégale transformation du cadre de vie : entre ruralité et « culture urbaine »

Bien dissocier XIXe siècle et urbanisation : les deux ne vont pas de pair. De même, industrialisation et urbanisation ne vont pas de pair non plus.

Ville et urbanité sont le lieu des principales dynamiques sociales, culturelles, qui travaillent le XIXe siècle. Mais l’essentiel des sociétés demeure rural, les sociétés rurales ne sont pas immobiles, il se passe plein de choses à la campagne.


  1. Villes/ Campagnes : la complexité de l’échange


Analyser la tension perceptible entre l’écrasante primauté de la Sté rurale en occident, dominant sur le plan démographique, social, dominant sur le mode de vie, et l’évidente concentration des dynamiques en ville.

Il faut résister aux interprétations simplistes.
Exode rural ? Sens très fort : on aurait vidé les campagnes, avec un contenu catastrophiste et alarmiste, contenu biblique même avec dimension morale. Espèce de catastrophe qui aurait affecté les campagnes. Notion relativement récente : Emile Vandervelde (1866-1938) L’Exode rural et le retour aux champs, 1903.

Il pense l’exode rural d’une façon alarmiste : l’industrialisation déséquilibre les structures de la société, déracinement. Notion essentiellement idéologique, construite par série d’acteurs : les catholiques le voient mal car les villageois qui partent échappent à la paroisse.
Aujourd’hui, on est plus critique sur l’exode rural : Paul-André Rosental dans Les Sentiers invisibles. Espaces, familles et migrations dans la France du XIXe siècle critique la notion d’exode rural car on mesure le mouvement migratoire en regardant simplement l’arrivée en ville. On a du mal à avoir les motivations et les raisons en regardant juste l’arrivée en ville. Il faut se placer du point de départ : le village. La plupart du temps, migrations inter rurales : les gens qui quittent leur village ne sont pas forcément en rupture totale avec leur milieu. La plupart de ces migrations sont dues à des dynamiques collectives ou à des motifs personnels : pas de catastrophisme, le monde rural est mobile et actif, bcp de déplacements internes.
Poids démographique des Stés rurales : 460 millions d’occidentaux vers 1900 (Europe et Am du Nord), ce qui fait 30% de pop mondiale. Parmi eux, essentiellement des ruraux, paysans. Taux d’urbanisation augmente de 2,2 % par an et atteint 42% à la veille de 1914. Qu’est ce qu’urbain ? Notion relative qui s’appuie sur des chiffres. On a pris l’habitude de monter à 10 000 habitants. En 1900, seule Angleterre a une majorité d’urbains avec 60%.

Seuil 10 000 hab (1900)

Angleterre 60%

France 26%

Allemagne 30%

USA 28%

Russie 12%

Solde naturel urbain est négatif a cette époque : si villes augmentent, c’est grâce au réservoir humain des campagnes.

Poids économique du monde de la terre. Terre est conception fondamentale de la richesse, être propriétaire terrien est quelque chose de fondamental, même dans les pays très industrialisés comme Angleterre ou France. Structures agraires diffèrent dans l’Europe, mais le phénomène de redistribution des terres est dominant, mm si Italie, Balkans, Irlande etc. dominent la gde propriété foncière. On voit de plus en plus de personnes accéder à propriété. Cette terre reste déterminante : part importante des produits agricoles dans les échanges de cette période : blé, élevage…L’industrialisation ne doit pas être associée à urbanisation. Cette industrie diffuse en milieu rural reste une réalité dans les espaces slaves, méditerranéens etc. par extraction minière : présence d’une industrie rurale.
Poids politique des aristocraties terriennes. Landlords britanniques, notables ruraux, intérêts agrariens, noblesses russes, junkers prussiens… sont des élites de la terre, élites traditionnelles. Ce n’est qu’au lendemain de 1918 que la domination de ces élites de la terre se détériore, tant politiquement que sur le mode de vie. Ex : il faut attendre février 1911 pour que l’on vote le Parliament Act qui enlève aux lords le droit de s’opposer à une loi de finances et limite leur veto à deux ans = il faut attendre 1911 pour que les Communes prennent primauté sur chambre des Lords. Aux EU, l’idéal agrarien du farmer domine.
Primauté du village ds les pratiques culturelles et sensibles. Il y a bien une communauté villageoise avec le prêtre, avec ses lieux, l’église, le foirail, le cabaret, les rythmes marqués par calendrier agricole + calendrier religieux avec cycle liturgique. Interpénétration de l’agricole, du religieux et du profane où le communautaire domine. Le tps est découpé, ordonné par les cloches qui façonnent le paysage sensible de la campagne pdt longtemps. Pr la quasi totalité des européens, ce qui déclenche entrée ds 2nde GM, c’est d’abord le tocsin qui arrachent les ruraux à leurs modes de vie traditionnels. Mais campagnes ont été mouvantes, mobiles.
Croissance urbaine quand même. Petites villes se développent comme les villes mines, villes usines, villes ports…villes carrefours (comme à un nœud ferroviaire), villes champignons… villes balnéaires autour des loisirs. Terme de conurbation inventé en 1915 pour vallée du Rhin, ou autour de Liverpool. Grandes villes : plus de 100 000 habitants, bénéficient de la plus forte croissance de l’époque mais pas forcément les villes industrielles. Ex : Paris.

Mutation majeure : poids croissant des grandes villes, agglomérations ou réseaux urbains autour de grandes villes. Comme Londres, vue comme capitale du monde (du monde européen du moins). En 1911, le Greater London absorbe la trentaine de communes, plus de 7 millions d’habitants. Ou NY : ville absorbe en 1898 les quartiers périphériques comme Brooklyn. C’est l’entrée dans l’âge des métropoles, beaucoup d’effets car associe nécessaire rénovation des espaces urbains. On a l’impression d’une « crise urbaine ». Nécessité de réordonner la ville.

Autre grand effet : effet culturel, on commence à voir se renouveler les représentations de la ville, discours prend tournure « ville comme espace du vice, du mal, du laid », vient du biblique comme Sodome ou Babylone. Lieu du paupérisme, de la contagion, de la prostitution, de l’irreligion, de l’immoralité. Ville espace de la pathologie sociale, représentations d’anxiété. La ville entre dans la littérature. La forme de modernité incarnée par la ville continue à se déplacer. Progressivement, l’imaginaire de la ville se déplace du corps à la machine (ville métallique, tentaculaire).



  1. La modernisation des cadres et des tissus urbains


Formes de la modernisation urbaine, avec exemple de Paris et Londres et Vienne.
Remédier à la crise urbaine. La crise urbaine a commencé un peu avant, dans les années 1840 à Paris par ex, car incapacité à accueillir les nouvelles populations qui s’y entassent. Ville confrontée à population très forte, d’où épidémies comme le choléra. Pour les contemporains, une évidence : il faut changer la ville. Largeur moyenne d’une rue : 2,5 mètres avant urbanisation, ville étroite, salle, puante. Attention, littérature entretient une sorte de mythe comme dans Eugène Sue avec les Mystères de Paris 1842-1843 ou Hugo avec les Misérables en 1862. Rambuteau avait déjà modernisé égouts, fait trottoirs, généralisé omnibus ou éclairages au gaz, tout ça avant Haussmann.
Le procès d’haussmannisation : un urbanisme de régulation. Ne repose pas sur une pensée théorique ordonnée mais sur une volonté de régulation pragmatique. Pour Paris, les parties à rénover sont entièrement détruites, le centre est démoli. Puis on crée nouveau système circulatoire.
PARIS au 19ème (voir image sur le net)

Rues entre 12 et 25 mètres en moyenne, alignées, avec trottoirs et réverbères.

Paris aéré, assaini, embelli. Et début de phénomène de ségrégation. Modèles exportés vers d’autres villes comme Chicago (nommée Paris by lake).
Londres, symbole de la ville monstre, monstrueuse à tous écarts, incarnation quasi prométhéenne de l’industrialisation. S’étend comme tache d’huile.

Deux pb majeurs à Londres : violence des contrastes urbains, ville taraudée par espaces différents. On distingue 3 villes en fait : la City, West End chic, East End misérable.

Très difficile de faire travaux comme à Paris.
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