Je suis rouge avec les rouges, blanc avec les blancs, bleu avec les bleus, c'est-à-dire tricolore. En d'autres termes, je suis pour le peuple, pour l'ordre, et





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date de publication08.10.2017
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Victor HUGO de 1848 à 1850 ou le Pair de France devenant Républicain

INTRODUCTION

"Je suis rouge avec les rouges, blanc avec les blancs, bleu avec les bleus, c'est-à-dire tricolore. En d'autres termes, je suis pour le peuple, pour l'ordre, et pour la liberté". (Choses vues, 1849)

Un demi-siècle après la grande Révolution, 1848 sonne l'hallali de la Restauration et annonce le retour en force de la république. Après le soubresaut révolutionnaire des Trois Glorieuses, la monarchie de Juillet est marquée par une forte agitation politique... La société bouge : le progrès économique et la révolution industrielle aux mains de la bourgeoisie secouent la société, remettant en question toutes ses valeurs.

Des intellectuels questionnent le mouvement social. En 1842, Cabet publie Le Voyage en Icarie. En 1846, Michelet publie Le Peuple et Proudhon La Philosophie de la misère. 1847 voit la publication du premier tome de l'Histoire de la Révolution française de Louis Blanc.


En 1848, Hugo va s'engager en tant que citoyen. Pour lui, l'engagement de l'écrivain va au-delà, car c'est à travers son œuvre qu'il va mettre en mouvement la société. En effet, l'ancien monarchiste et pair de France, deviendra le républicain porte-drapeau du grand peuple des Misérables.

Victor Hugo passe du royalisme à la République, il est contre les rouges en 1848 et pour les rouges en 1850.

Pourquoi un tel changement? En quoi consiste "l'extraordinaire métamorphose" pour reprendre le mot de Jean-François Kahn.

CORPS

1) Un pair de France, qui défendant la liberté et condamnant la violence et la misère, face à la révolution de 1848.

En février 1848, après 18 ans d'un même régime, Hugo observe comment les libéraux, les républicains, mais aussi les légitimistes et les bonapartistes s'agitent. Il est en bonne relation avec Louis-Philippe. Si le roi tombe, alors sa princesse Hélène deviendra régente, il croit que la république n'est ni souhaitable, ni possible.

Le 22 février, les premières barricades sont dressées. Le 23, la troupe tire sur la foule sur le boulevard des Capucins : 52 morts, Louis-Philippe est perdu. Le 24, place Royale puis à la colonne de Juillet, Hugo annonce la dissolution de la chambre et l'abdication de Louis-Philippe sous les applaudissements. Mais la régence de la duchesse d'Orléans, qu'il souhaite et dont il rêve d'être le conseiller et le guide, rencontre plus d'hostilité. Mais Hugo, pair de France depuis 1845, qui a juré fidélité à la monarchie constitutionnelle, se met un point d'honneur à défendre celle-ci tant qu'un autre gouvernement ne sera pas établi. Il prêche le calme aux combattants des barricades, leur expliquant que rien n'est prêt pour se substituer à la Régence.
Le poète qui tient Paris dans sa main, est Lamartine qui a proclamé la République et un gouvernement provisoire. Pour Hugo, la République est le seul gouvernement rationnel, le dernier mot du progrès, il en rêve depuis 1830, mais pense que son heure n'est pas venue en France. Il la désire viable, définitive. Il n'est encore que républicain de principe. Pour lui, la République est prématurée, elle vient trop vite, il lui préfère la Régence. Il est un homme d'ordre, un conservateur modéré. Il est influencé par l'association des monarchistes entre la République et 1793. Son credo : "Haine vigoureuse de l'anarchie, tendre et profond amour du peuple". Il craint que le drapeau tricolore ne soit remplacé par le drapeau rouge. La question sociale le préoccupe, mais il pense que les socialistes, tel Louis Blanc, ne feront que ramener la Terreur, la banqueroute et la guerre étrangère.

Dans son appel aux électeurs pour les élections de juin 1848, il manifeste son opposition au retour de la Terreur, il veut faire froidement, ce que les hommes de 93 ont fait ardemment.
L'insurrection sociale du 24 juin, avec ses barricades, due à la fermeture des ateliers nationaux, lui fait préférer le désespoir de la société au désespoir du peuple, il désire la paix sociale, mais condamne la répression violente du général Cavaignac qui écrase les insurgés dans le sang. Le devoir pour Hugo est du côté du gouvernement légal, c'est-à-dire l'ordre. L'insurrection met en péril la Révolution. Il s'oppose aux socialistes qui veulent envahir l'assemblée, la souveraineté du peuple, le suffrage universel. L'insurrection est un crime.

Cependant, il s'insurge contre la répression : 1500 exécutions sans procès, 25 000 arrestations, 11 000 condamnés à la prison ou la déportation. Il découvre un règlement de compte entre des bourgeois qui ont peur et des ouvriers vaincus, et il se range du côté des ouvriers : la République tue ses prolétaires, il est déjà socialiste. Il crée un bureau pour venir en aide aux déportés de juin. Il craint pour la Liberté devant les aspects dictatoriaux de la république. Il dénonce les atteintes à la liberté de la presse : 11 journaux interdits.
A partir d'août 1848, par le journal de ses deux fils l'Evénement et à l'assemblée, Hugo soutient ardemment la candidature à la présidence de la République de Louis Bonaparte, le neveu de Napoléon Ier. Il vote l'élection du Président de la République au suffrage universel et lui ouvre ainsi les portes du pouvoir. Hugo est rassuré par cet homme affirmant après son élection en tant que député en septembre 1848 : "La république démocratique sera l'objet de mon culte ; j'en serai le prêtre". Hugo pense avoir trouvé le prince libéral et socialisant, qui servirait la démocratie et défendrait le progrès social et dont il serait le guide. Pour lui, l'esprit napoléonien peut concilier la liberté populaire avec l'ordre et l'autorité, exactement, ce qu'il souhaite. Après la victoire de Louis-Napoléon Bonaparte, avec 5,5 millions de voix, Hugo, dans sa préface à Cromwell, souhaite une société des Nations qui règle les difficultés internationales, et, à l'intérieur, une lutte contre la misère, la victoire l'industrie et du progrès.

2) Un élu de droite qui va siéger à gauche.
Aux élections de mai 1849, le parti de l'ordre triomphe. Hugo, élu sur la liste conservatrice, pensait ne pas être sur une liste, car il n'a "pas poussé l'amour de l'ordre jusqu'au sacrifice de la liberté et n'a pas poussé l'amour de la liberté jusqu'à l'acceptation de l'anarchie". Son message est politiquement ambiguë, il sait juste qu'il est "pour les petits contre les grands" mais pour l'ordre contre l'anarchie. La misère et la détresse doivent être combattus, mais il s'était opposé aux Ateliers nationaux encourageant la fainéantise, le peuple devant croire au travail. Un tel discours ne contente ni la gauche, ni la droite.


Hugo a déjà voté avec la gauche : contre les poursuites contre les socialistes Louis Blanc et Caussidière, pour l'insertion d'une référence aux droits de l'homme dans la préambule de la constitution, contre tout amoindrissement du suffrage universel. Il semble "tourner casaque", ses collègues n'oublient pas le pair de France dévoué à Louis-Philippe. Du jour au lendemain, il ne s'est pas, de conservateur, mué en révolutionnaire. La République qu'il défend est toujours modérée, mais des valeurs inaliénables doivent soutenir cette république. Toujours est-il qu'il est élu sur une liste de droite, mais s'en éloigne car ne prétend relever que de sa conscience. Il s'est résigné à rejoindre la droite, mais n'est pas de la couleur des Molé, Broglie, Thiers ou Rémusat (à vérifier). En effet, il croit dans le progrès, qui doit bénéficier au peuple.

Hugo défend le député Melun que l'on empêche de constituer une commission parlementaire pour "enquêter sur la condition morale et matérielle des classes laborieuses". Il prononce un discours contre la misère qui dénonce l'hypocrisie de ses collègues de droite qui ne veulent réduire la misère et ont pour seul remède la force. Le discours fait scandale, Hugo soulève contre lui toute la droite. Il désire que l'on se saisisse des souffrances du peuple. Il affirme que c'est un crime contre Dieu de tolérer cette misère. La droite le prend pour un dangereux hurluberlu.
Le discours sur Rome où il attaque l'absolutisme prononcé de Pie IX et dénonce l'armée française qui l'a remis sur le trône, le place définitivement à gauche. En effet, le prince-président a envoyé un corps expéditionnaire pour rétablir sur le trône le pape, les habitants de Rome ayant mis fin à sa souveraineté temporelle et ayant proclamé la République. Hugo veut que la France, qui a versé son sang, impose au pape la fin de l'absolutisme qu'il veut restaurer fermement. Désormais, il est hué par la droite, la rupture est consommée, il est acclamé par la gauche. Il s'affirme du côté des opprimés, contrairement à la droite qui défend les oppresseurs. Il se bat contre la droite. La rupture avec l'Elysée ne tarde pas. Hugo a rêvé d'un Louis-Napoléon libéral, social et généreux : ce que le prince-président à feint d'être.

En 1850, Hugo s'oppose à de nombreuses reprises à la politique du gouvernement, qui devient plus réactionnaire : il s'oppose à la suppression de la présidence du Conseil qui accentue l'aspect personnel du gouvernement, il s'oppose à la loi Falloux qui donne le monopole de l'enseignement aux cléricaux, il dénonce la déportation pour délits politiques. Les propos d'Hugo deviennent violents. En matière d'enseignement, il veut une séparation totale de l'Eglise et de l'Etat ; il attaque violemment la parti clérical. La gauche jubile, la droite hurle. Pour lui, si la droite n'accepte pas la progrès, elle devra se confronter aux révolutions. Il avait montré beaucoup d'émotion dans son discours sur la misère, beaucoup de dureté dans celui sur la question romaine. Cette fois, il condamne, il attaque. Il n'était qu'un gêneur, désormais, il est l'ennemi numéro 1 de la droite.
Une loi électorale devait brider le suffrage universel et priver 4 millions d'électeurs de leur droit (cens+domicile changé+délit politique depuis 1848), ce qui prive du droit de vote des militants de gauche, les ouvriers, les paysans, les pauvres etc… On le voit prendre une position pour le suffrage universel et la République universelle : d'une certaine manière, le socialiste devient républicain. Il démontre l'égalité dans "la balance universelle" du grand et du petit, de celui qui donne des ordres et celui qui obéit, le prolétaire étant souverain lorsqu'il vote. La droite rit, veut le tuer sous ses rires. Son attitude est teintée de courage : s'il était resté tranquille, il serait ministre, du moins excellemment introduit dans les coulisses du pouvoir, au lieu de cela, son passage au socialisme lui vaut des coups, des injures et l'exil.
Au moment où il vient avec fermeté à la République, la République, pratiquement a cessé d'être, et pour longtemps

CONCLUSION



Victor Hugo a longtemps cru que la République n'était qu'une forme politique. Progressivement, elle devient pour lui un droit, l'incarnation du progrès. Défendant les principes humains et sociaux auxquels il a toujours cru, en particulier les idéaux de liberté et de justice, il s'écarte de ceux avec qui il a été élu. Progressivement, son cheminement vers la république se parachève alors que la Seconde République s'affaiblit. Lorsqu'il a vu la République menacée par des ennemis et bâillonnée, lorsqu'il a vu son sang couler, il s'est rapproché d'elle et a vu qu'elle était la vérité. Il défend alors celle contre qui violences, injures et persécutions se multiplient. Et c'est parce qu'il voudra sauver cette République, cette Liberté qu'il devra prendre le chemin de l'exil.
De la grande vague de 1789 jusqu'à 1870, l'idée de la République met près d'un siècle pour s'imposer de façon tangible. Hugo est en quelque sorte la voix de ce siècle, qui passe de la monarchie et de l'Empire à la République.
Pour reprendre les couleurs, en 1848, les rouges étaient les oppresseurs, Hugo les combattait. En 1850, les rouges sont opprimés, il les défend.

Quand le coup d'État éclate, Hugo est un des dirigeants de l'insurrection, de la résistance. Sa tête est mise à prix, il est poursuivi, il est en danger de mort. Obligé de se cacher, il pourra s'enfuir vers Bruxelles le 11 décembre.

Finissons comme nous commençâmes, avec Hugo : il y eut une lutte dans son âme, écrit-il en parlant de lui-même, entre la royauté que lui avait imposée le prêtre catholique et la liberté que lui avait recommandée le soldat républicain : la liberté à vaincu.

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