Atelier de réflexion sur la langue française





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Mais où est donc Ornicar ?

Atelier de réflexion sur la langue française

On s’interroge, on fait des recherches, on échange et on partage. On essaie de nourrir sept rubriques : les bizarreries, des précis linguistiques, les fautes de langue, les expressions imagées, les astuces mnémotechniques, les étymologies étonnantes, les devinettes et les jeux de mots et de lettres.

Site internet : http://jacge.nguyen.free.fr/ornicar/
Séance du 17 mars 2011
Bizarreries ou anomalies

Tonner, tonnerre, mais détoner, détonant, détonation. Pourquoi deux n dans certains mots et un seul à d’autres, alors qu’ils sont tous de la même famille ? Le radical vient du latin tonare « tonner ». Mais attention ! Il existe bien un autre verbe détonner avec deux n, qui veut dire « sortir du ton, chanter faux ».
Précis linguistique

Pourquoi dit-on : « En France, en Allemagne… », mais : « Au Portugal, au Vietnam… ». Y a-t-il une règle ?

Maurice Grévisse, dans le Bon Usage, écrit :

« C’est l’usage qui apprendra dans quels cas les noms propres de pays doivent être précédés de en, de, sans l’article, et dans quels cas il faut dire au, du, de la, avec l’article. On peut observer toutefois que, d’une manière générale :

  1. Les noms masculins à initiale consonantique prennent l’article : Aller au Pérou, au Honduras, au Vietnam, au Sénégal, au Canada. Une émeute au Mexique. Revenir du Brésil, du Portugal. Faire un voyage au Maroc. Les volcans du Japon.

  2. Les noms masculins à initiale vocalique ainsi que les noms féminins ne prennent pas l’article, surtout s’ils sont employés comme adjectifs ou dans un sens indéterminé : En Afghanistan, en Iran, en Israël, en Uruguay, en Équateur, en Inde, en Extrême-Orient. Aller en France, en Chine, en Égypte, en Suisse. Revenir d’Amérique, de Russie. Les vins d’Espagne. Du fromage de Hollande. L’histoire de Belgique. L’ambassadeur de France.

Remarques : Devant les noms féminins de grandes îles proches ou lointaines, pour indiquer le lieu (situation ou direction), on emploie en : En Sardaigne, en Islande, en Nouvelle-Guinée. Toutefois on dit : À Terre-Neuve.

Devant les noms féminins de petites îles lointaines, on emploie à la : À la Réunion, à la Martinique. Devant les noms de petites îles d’Europe et devant les noms masculins de grandes îles lointaines, on emploie à : À Malte, à Chypre, à Cuba, à Madagascar. »



Ne dites pas, n’écrivez pas

Dites, écrivez

Un boniment débité à jet continuel...

Un boniment débité à jet continu... Une différence plutôt ténue, mais qu'il est bon de marquer. Continuel : qui se répète à intervalles. Continu : qui n'est pas interrompu, dans le temps ou dans l'espace. On parlera de « pannes continuelles », de « vérifications continuelles »..., mais de « journée continue », de « contrôle continu », de « formation continue », de « lignes continues ou discontinues »...

Ces crucifiements peints à la Renaissance...

Ces crucifixions peints à la Renaissance... Crucifiement : action de crucifier, supplice de la croix. Crucifixion : crucifiement de Jésus. Par ext. Sa représentation en peinture, en sculpture…

Elle a réglé ses droits par une donation au musée.

Elle a réglé ses droits par une dation au musée. S'acquitter d'une dette, tels des droits de succession, par une dation (don d'objets de valeur équivalente) n'est pas rare (« La dation Picasso »). La donation – entre un donateur (qui donne) et un donataire (qui reçoit) – n'est que la simple transmission d'un bien, sans contrepartie. Quant au mot dotation, il désigne les fonds attribués à un organisme public pour son fonctionnement (« La dotation annuelle de l'hôpital... »).

La décade 2001-2010...

La décennie 2001-2010... Décade : période de dix jours (en Grèce, les mois se divisaient en décades, de deka, « dix »). Décennie : période de dix années. Est décennal (du latin decem, « dix », et annus, « année ») ce qui dure dix ans.

Le déchiffrement de la partition...

Le déchiffrage de la partition... Si déchiffrage est bien le mot adéquat pour la musique ou l'apprentissage de la lecture, déchiffrement s'impose quand il s'agit de prendre connaissance de textes peu lisibles, codés ou écrits dans une langue inconnue.

[B. Laygues, Evitez de dire... Dites plutôt...]

L'expression Arriver en grande pompe (« avec une solennité exagérée ») s'écrit au singulier. À moins que l'on veuille parler de quelqu'un qui chausse du 45 !
Expressions imagées

  • Casser sa pipe : Sur les champs de batailles des guerres napoléoniennes, les chirurgiens n'ayant pas d'anesthésiant pour opérer, plaçaient une pipe en terre cuite entre les dents du patient pour qu'il la morde au lieu de crier. Le soldat qui succombait au cours de l'opération laissait tomber sa pipe par terre où elle se cassait.

  • Prendre la clef des champs : Quelle jolie métaphore ! La clef des champs, c'est la liberté. Ouverture de l'horizon, vastes étendues... Avoir la clef des champs : être libre de choisir son chemin. Donner la clef des champs : donner la liberté. Prendre la clef des champs : conquérir sa liberté, partir, fuir.

« Puis un jour elle a pris la clef des champs

En me laissant à l'âme un mal funeste... » Georges Brassens, Une jolie fleur.

Autre extrait d'une chanson de Georges Brassens :

« Je bats la campagne / Pour dénicher la / Nouvelle compagne / Valant celle-là »

Auprès de mon arbre.

Le chanteur-poète emploie l'expression battre la campagne dans son acception de recherche, d'exploration. Battre les routes, la forêt, le pays, peut également se dire. Battre la campagne signifie aussi, quand l'expression s'applique à l'esprit, rêver de tout et de rien, déraisonner, divaguer. [Bernard Pivot, 100 expressions à sauver]

Prendre la poudre d'escampette : s'enfuir, déguerpir. De escamper (fin XIVe); italien scampare « s'enfuir », de campo « champ ».

  • Ça te, ça vous, ça me, ça nous la coupe ! Bref, ça t'étonne, ça vous déconcerte, ça m'ébaubit, ça nous laisse coi (sic) ! Et ça coupe quoi ? Le sifflet ? La parole ? La respiration ? Les jambes ? Non, ça nous coupe la chique, boulette de tabac que jadis l'on mâchait comme l'on mâche aujourd’hui du chewing-gum. La nouvelle est si inattendue que l'on s'arrête de mâcher et que l'on reste muet de stupéfaction. [...]

L'usage n'a heureusement pas coupé beaucoup d'autres expressions où l'on continue de couper allègrement : la poire en deux, les cheveux en quatre, le cordon ombilical, les vivres, les ponts, ses effets à quelqu'un, etc. [Bernard Pivot, 100 expressions à sauver]
Astuces mnémotechniques

Avant que est toujours suivi du subjonctif : Avant qu'il vienne... Avant que l'on ait pris une décision... Il arrivera avant que ne surgisse la nuit. Le subjonctif marque l'attente, le souhait, la crainte, l'éventualité. Phrase mnémonique : Ce n'est pas subjectif : après avant que, il est impératif de mettre le subjonctif ! N. B. : L'emploi de ne est facultatif après avant que (« Ils arrivent avant que la nuit [ne] soit tombée »).

Après après que, le verbe doit se mettre à l'indicatif, et non au subjonctif : Après qu'il furent partis, elle se mit au travail (ou après qu'ils sont partis... elle se met..., ou bien après qu'ils seront partis... elle se mettra...). Vous sortirez après que vous aurez terminé la vaisselle ! L’action exprimée est réalisée, et c’est alors l’indicatif, mode du réel et de l’objectivité, qui convient. Phrase mnémonique : C'est à titre indicatif que la météo a annoncé qu'il ferait beau après que la matinée aura été pluvieuse.
Étymologies étonnantes

  • Amphibilogie n. f. étym. 1533; amphibolie XVIIIe; bas latin amphibologia, classique amphibolia, mot grec. Double sens présenté par une proposition. Ambiguïté, équivoque.

  • Boustrophédon n. m. du grec bous « bœuf » et strophein « tourner ». Écriture primitive (du grec et de l'étrusque, notamment) dont les lignes allaient sans interruption de gauche à droite et de droite à gauche à la manière des sillons d'un champ.

  • Fouailler v. tr. étym. 1680; « se frapper les flancs de sa queue » XIVe; du radical fou-, de fagus → fouet. Vx ou littér. Frapper de coups de fouet répétés. Battre, fouetter. « Le cocher, alors, hurlant : “Hue !” de toute sa poitrine, fouailla les bêtes à tour de bras » (Maupassant). Fig. « Ses souvenirs le fouaillaient, plus encore que ce vent glacé » (Martin du Gard).

  • Triturer v. tr. étym. 1611; « battre (le blé) » 1519; bas latin triturare. 1 Réduire en poudre ou en pâte en écrasant par pression et frottement. Broyer, 1. piler, pulvériser. Triturer du sel. Egruger. Aliment « trituré par les molaires » (Brillat-Savarin). Mâcher, 1. mastiquer. 2 (XIXe s.) Manier à fond pour pétrir ou mêler. Malaxer, pétrir. Triturer les chairs en les massant. Je le vois « triturer l'herbe et la paille […] avaler le tout » (Tharaud). Loc. fam. Se triturer les méninges, la cervelle : se mettre l'esprit à la torture en cherchant qqch., en se faisant du souci. « tu te tritures les méninges et tu t'ingénies à te persuader que tu es un vieux jeton » (Aymé). 3 Par ext. Manier brutalement ou machinalement. Tripoter. Triturer son mouchoir. De poudreux registres « fiévreusement triturés » (Courteline). 4 Fig. Manipuler. « La presse officielle n'a pas cessé de triturer l'opinion » (Martin du Gard). => Travailler.

  • Sbire n. m. étym. 1546; italien sbirro, birro; bas latin burrus, birrus « roux », grec purrhos, à cause d'une couleur d'habit ou de la valeur péj. de roux. 1. Anciennt Agent de police, en Italie. 2 Mod. Péj. Policier. Homme de main, personnage qui exerce des violences au service de qqn, d'un pouvoir oppressif. Nervi. Les sbires du dictateur.

  • Jadis adv. étym. 1175; contraction de ja a dis « il y a déjà des jours »; de ja, latin jam « déjà » et di, latin dies « jour ».

  • Naguère adv. étym. XIIe; pour n'a guère(s) « il n'y a guère ».

  • Procrastination n. f. étym. XVIe ; du latin procrastinatio, de pro- et crastinus « du lendemain ». Littér. Tendance à tout remettre au lendemain, à ajourner, à temporiser. « Mon indécision, ma “procrastination,” comme disait Saint-Loup » (Proust).

  • Septentrion n. m. étym. 1155 ; latin septentrio, proprement « les sept bœufs de labour », l'Ourse polaire. Poét. et vieilli. Le nord.

  • Quel est le point commun entre abricot et précoce ? C'est le latin praecox, « qui mûrit tôt ». Coquere signifiait « faire cuire ». Notre verbe cuire en découle d'ailleurs directement. Or, les Romains considéraient le mûrissement des fruits et des céréales comme une cuisson par le soleil ; coquere signifiait donc aussi « faire mûrir ».

Sur le participe coctus, avait été fait le nom coctio, « action de cuire », qui a donné cuisson. Le local où l'on cuisait s'appelait la coquina, mot devenu cocina, puis, en français, cuisine.

Le verbe praecoquere, composé sur coquere grâce au préfixe prae-, « avant », signifiait « hâter le mûrissement ». L'adjectif correspondant, praecox, d'où précoce, signifiait « qui mûrit avant les autres ». Il a conservé ce sens dans notre langue.

Un autre adjectif de même sens, praecoquus, désigna plus particulièrement une variété d'abricots primeurs. Le mot fut emprunté par les Arabes, qui le prononcèrent barqouq. Avec l'article, cela faisait al barqouq. Quand ils conquirent l'Espagne, ils y plantèrent des abricotiers dont les fruits furent appelés albaricoque par les Espagnols, abercoe par les Catalans. C'est de ce dernier mot qu'est issu le français abricot. [René Garrus, Les Étymologies surprises]
Devinettes, jeux de mots, jeux de lettres

La dictée de Benoît

La maîtresse a fait une dictée. En voici le texte.
Une dictée sans fautes. Dans la cuisine du vieux chalet.

Un ravioli, au fond d’un petit poêlon, réchauffe. Et il dore sous une couche de gruyère râpé. Le vieux chalet est bien tranquille. Pour le dîner, tout sera grillé, appétissant, fondant ! Le fromage est posé sur un plat ravissant. Sans doute, et d’une bouchée, il sera avalé ! Le saucisson, gras et bien tendre, sera coupé en rondelles. Et, servi sur un plateau, le chocolat bout. Le verser sera délicat et dangereux ! D’un seul coup, il écume et gorge le chalet d’un bon et tranquille parfum.
Le petit Benoît a bien écouté. Il a écrit exactement ce qu’il a entendu. Pourtant, le résultat est inattendu !
Une dictée, 100 fautes ! Dans la cuisine du vieux chat laid.

Un rat vit au lit, au fond d’un petit poêle long. Réchauffé, il dort sous une couche de gruyère râpé. Le vieux chat laid est bien tranquille : pour le dîner, tout ce rat, gris et appétissant, fond dans le fromage. Et posé sur un plat, ravi, sans s’en douter, d’une bouchée, il sera avalé ! Le sot, si son gras est bien tendre, sera coupé en rondelles et servi sur un plat. Oh ! le choc ! holà ! Bouleversé ce rat délicat est dangereux ! D’un seul coup, il écume, égorge le chat laid d’un bond et tranquille, part.

Fin

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