Séance 1 : qu’est-ce que les lumières ?





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date de publication10.10.2017
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Séance 1 : qu’est-ce que les lumières ?


Ce court opuscule d’une dizaine de pages est une œuvre de vulgarisation qui dresse le bilan de l’ « Auflarüng » (l’équivalent allemand de ce que nous appelons les Lumières). Kant s’interroge sur ce qui fait la spécificité de ce mouvement qu’il résume par une formule empruntée au poète latin Horace : Sapere aude, c'est-à-dire « ose connaître ».

Traduction Piobetta

§ 1

Qu’est-ce que les Lumières ? La sortie de l’homme de sa minorité *dont il est lui-même responsable. Minorité, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui, minorité dont il est lui-même responsable puisque la cause en réside non dans un défaut de l’entendement mais dans un manque de décision et de courage de s’en servir sans la direction d’autrui. Sapere aude (Maxime de l’Auklärung empruntée au poète latin Horace) : « aie le courage de te servir de ton propre entendement ». Voilà la devise des Lumières.
* Entendre ce terme au sens d’être incapable de penser par soi-même
Kant.

Idée principale : ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Contexte historique et social :

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Les philosophes :

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

Séance 2 : un combat pour le progrès.

Texte 1

Mathématicien et académicien, Condorcet fut le collaborateur et l’ami des philosophes. Elu à la Convention en 1792, il refusa de voter la mort du roi et se heurta à Robespierre. Emprisonné en mars 1794, il fut retrouvé mort le lendemain de son incarcération. Son esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, dont voici un extrait, est à la fois le manifeste et le testament des Lumières.
Il se forma bientôt en Europe une classe d’hommes(1) moins occupés encore de découvrir ou d’approfondir la vérité, que de la répandre ; qui, se dévouant à poursuivre les préjugés dans les asiles où le clergé, les écoles, les gouvernements, les corporations anciennes les avaient recueillis et protégés, mirent leur gloire à détruire les erreurs populaires, plutôt qu’à reculer les limites des connaissances humaines ; manière indirecte de servir à leurs progrès, qui n’était ni la moins périlleuse, ni la moins utile.

En Angleterre, Collins (2) et Bolingbroke (3); en France, Bayle (4), Fontenelle (5), Voltaire, Montesquieu et les écoles [160] formées par ces hommes célèbres, combattirent en faveur de la vérité, employant tour à tour toutes les armes que l’érudition, la philosophie, l’esprit, le talent d’écrire peuvent fournir à la raison ; prenant tous les tons, employant toutes les formes, depuis la plaisanterie jusqu’au pathétique, depuis la compilation la plus savante et la plus vaste, jusqu’au roman, ou au pamphlet du jour ; couvrant la vérité d’un voile qui ménageait les yeux trop faibles, et laissait le plaisir de la deviner ; caressant les préjugés avec adresse, pour leur porter des coups plus certains ; n’en menaçant presque jamais, ni plusieurs à la fois, ni même un seul tout entier ; consolant quelquefois les ennemis de la raison, en paraissant ne vouloir dans la religion qu’une demi-tolérance, dans la politique qu’une demi-liberté ; ménageant le despotisme quand ils combattaient les absurdités religieuses, et le culte quand ils s’élevaient contre la tyrannie ; attaquant ces deux fléaux dans leur principe, quand même ils paraissaient n’en vouloir qu’à des abus révoltants ou ridicules, et frappant ces arbres funestes dans leurs racines, quand ils semblaient se borner à élaguer quelques branches égarées ; tantôt apprenant aux amis de la liberté que la superstition, qui couvre le despotisme d’un bouclier impénétrable, est la première victime qu’ils doivent immoler, la première chaîne qu’ils doivent briser ; tantôt, au contraire, la dénonçant aux despotes comme la véritable ennemie de leur pouvoir, et les effrayant du tableau de ses hypocrites complots et de ses fureurs sanguinaires ; mais ne se lassant jamais de réclamer l’indépendance de la raison, la liberté d’écrire comme le droit, comme le salut du genre humain ; s’élevant, avec une infatigable énergie, contre tous les crimes du fanatisme et de la tyrannie ; poursuivant dans la religion, dans l’administration, dans les mœurs, dans les lois, tout ce qui portait le caractère de l’oppression, de la dureté, de la barbarie ; ordonnant, au nom de la nature, aux rois, aux guerriers, aux magistrats, aux prêtres, de respecter le sang des hommes ; leur reprochant, avec une énergique sévérité, celui que leur politique ou leur indifférence prodiguait encore dans les combats ou dans les supplices ; prenant enfin, pour cri de guerre, raison, tolérance, humanité.
Notes :

  1. Il s’agit des philosophes.

  2. Philosophe anglais (1676-1729), défenseur de la libre pensée.

  3. Homme politique et écrivain anglais (1678-1751).

  4. Auteur français d’un Dictionnaire historique et critique, qui influença les hommes des Lumières.

  5. Penseur et écrivain français, 17ème siècle, auteur de LHistoire des oracles.


Observation et analyse :





  1. Qui désigne la périphrase du 1er paragraphe ? Quelle définition donne-t-elle d’eux ?

  2. Au nom de quelles valeurs agissent les philosophes cités par Condorcet ? Appuyez-vous sur des relevés précis.

  3. A quoi et à qui s’opposent les valeurs qu’ils défendent ? Relevez ces oppositions sous forme de tableau.

  4. Observez la syntaxe du second paragraphe : que remarquez-vous ? Quel rythme et quelle tonalité cette construction syntaxique donne-t-elle au texte ?

  5. D’après ce passage, quel est le sens de l’histoire pour Condorcet ? Pourquoi peut-on dire que cet extrait reflète les aspirations des Lumières ?

Travail à la maison : renseignez-vous sur la vie et l’œuvre de Condorcet. En quoi est-il l’emblème du lien entre les Lumières et la pensée révolutionnaire ?

RQ : Quel idéal les philosophes des Lumières nous ont-ils transmis ?

Les objets d’étude proposés au programme du baccalauréat professionnel en trois ans attendent des lectures « de textes littéraires, complétées par d’autres formes de lecture et d’étude », car elles « tiennent une place importante dans le programme d’enseignement du français » et « sont le creuset d’une réflexion essentielle sur le monde et sur soi ». L’interrogation sur les valeurs transmises par le siècle des Lumières est à cet égard essentielle.

Mouvement littéraire, mouvement historique et social, mouvement philosophique, le mouvement des Lumières bouleverse notre perception du monde et des liens qui unissent les hommes.

Plus que jamais nécessaire, la réflexion engagée par les écrivains philosophes demeure ouverte, à une époque où toutes les certitudes héritées du passé semblent remises en cause.
Condorcet : Obligé de se cacher chez une amie pendant la Terreur, alors qu’il ne dispose d’aucun document pour l’aider dans son entreprise, Condorcet commence en juillet 1793 la rédaction d’une esquisse destinée à annoncer une œuvre plus vaste. Ce n’est qu’après son arrestation et sa mort en prison, qu’est publiée, en 1795, l’Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain. Disciple des philosophes des Lumières, Condorcet développe ses réflexions à travers dix tableaux qui retracent l’histoire de l’homme sur les plans politique, social et culturel. C’est ainsi qu’il évoque dans son esquisse la genèse des sociétés humaines, du langage et des institutions. Il insiste sur l’invention de l’écriture, puis celle de l’imprimerie, qui, en répandant les Lumières auprès du plus grand nombre, permettent à l’homme de se libérer des pouvoirs politique et religieux et conduisent à la Révolution française. Le dernier tableau imagine l’avenir, résolument optimiste, qui s’ouvre alors à la société. Condorcet a confiance en l’homme, en ses progrès perpétuels, rendus possibles par l’éducation et l’exercice de la démocratie.

Séance 3 : un combat pour le savoir :

Document 1 :

« Le but de l’Encyclopédie est de rassembler les connaissances éparses sur la surface de la Terre ; d’en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons, et de les transmettre aux hommes qui viendront après nous, afin que les travaux des siècles passés n’aient pas été inutiles pour les siècles qui succèderont ; que nos neveux, devenant plus instruits deviennent en même temps plus vertueux. »
D’après l’article Encyclopédie, Extrait de l’Encyclopédie, 1751-177

Document 2 : Fragment du frontispice de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert : on y voit la Vérité rayonnante de lumière ; à droite, la Raison et la Philosophie lui arrachent son voile (peint par Charles Nicolas Cochin et gravé par Benoît-Louis Prévost en 1772).

Document 3 : Correspondance (1758).
La publication de l’Encyclopédie connaît de nombreux obstacles. Les années 1757.58 sont particulièrement difficiles : les attaques contre les encyclopédistes se multiplient, et d’Alembert est prêt à déserter le projet. Dans ces circonstances, Voltaire écrit à Diderot pour lui demander de lui renvoyer ses articles et pour lui conseiller de tenter une publication à l’étranger. La lettre de réponse de Diderot témoigne de son attachement au projet et du combat philosophique pour l’Encyclopédie.
Je vous demande pardon, monsieur et cher maître, de ne vous avoir pas répondu plus tôt. Quoi que vous en pensiez, je ne suis que négligent. Vous dites donc qu’on en use avec nous d’une manière odieuse, et vous avez raison. Vous croyez que j’en dois être indigné, et je le suis. Votre avis serait que nous quittassions tout à fait l’Encyclopédie ou que nous allassions la continuer en pays étranger, ou que nous obtinssions justice et liberté dans celui-ci. Voilà qui est à merveille ; mais le projet d’achever en pays étranger est une chimère. Ce sont les libraires (1) qui ont traité avec nos collègues ; les manuscrits qu’ils ont acquis ne nous appartiennent pas, et ils nous appartiendraient, qu’au défaut des planches, nous n’en ferions aucun usage. Abandonner l’ouvrage, c’est tourner le dos sur la brèche, et faire ce que désirent les coquins qui nous persécutent. Si vous saviez avec quelle joie ils ont appris la désertion de d’Alembert, et toutes les manœuvres qu’ils emploient pour l’empêcher de revenir ! Il ne faut pas s’attendre qu’on fasse justice des brigands auxquels on nous a abandonnés, et il ne nous convient guère de le demander : ne sont-ils pas en position d’insulter qui il leur plaît sans que personne s’en offense ? Est (ce à nous à nous plaindre, lorsqu’ils nous associent dans leurs injures avec des hommes que nous ne vaudrons jamais ? Que faire donc ? Ce qui convient à des gens de courage : mépriser nos ennemis, les poursuivre, et profiter, comme nous avons fait, de l’imbécillité de nos censeurs. Faut-il que, pour deux misérables brochures, nous oubliions ce que nous devons à nous- mêmes et au public ? Est-il honnête de tromper l’espérance de quatre mille souscripteurs, et n’avons-nous aucun engagement avec les libraires ? Si d’Alembert reprend et que nous finissions, ne sommes-nous pas vengés ?

Mon cher maître, j’ai la quarantaine passée ; je suis las des tracasseries. Je crie, depuis le matin jusqu'au soir : le repos, le repos, et il n’y a guère de jour que je sois tenté d’aller vivre obscur et mourir tranquille au fonds de ma province. Il vient un temps où toutes les cendres sont mêlées. Alors que m’importera d’avoir été Voltaire ou Diderot, et que ce soit vos trois syllabes ou les trois miennes qui restent ? Il faut travailler, il faut être utile, on doit compte de ses talents, etc. Etre utile aux hommes ! est-il bien sûr qu’on fasse autre chose que les amuser, et qu’il y ait grande différence entre le philosophe et le joueur de flûte ? Ils écoutent l’un et l’autre avec plaisir ou dédain, et demeurent ce qu’ils sont. Les Athéniens n’ont jamais été plus méchants qu’au temps de Socrate, et ils ne doivent peut-être à son existence qu’un crime de plus. Qu’il y ait là-dedans plus d’humeur que de bon sens, je le veux ; et je reviens à l’Encyclopédie. Les libraires sentent aussi bien que moi que d’Alembert n’est pas un homme facile à remplacer ; mais ils ont trop d’intérêt au succès de leur ouvrage pour se refuser aux dépenses. Si je peux espérer de faire un huitième volume deux fois meilleur que le septième, je continuerai ; sinon, serviteur à l’Encyclopédie ; j’aurai perdu quinze ans de mon temps ; mon ami d’Alembert aura jeté par la fenêtre une quarantaine de mille francs, sur lesquels je comptais, et qui auraient été toute ma fortune ; mais je m’en consolerai, car j’aurai le repos.

Adieu, mon cher maître, portez-vous bien et aimez-moi toujours.
Denis Diderot, Correspondance (lettre du 19 février 1758).
Analyse :


  1. Documents 1 et 2 : Quel est le but de l’Encyclopédie ? Comment est-il symbolisé sur le frontispice de l’Encyclopédie ?

  2. Quelles relations entre Voltaire et Diderot reflète cette lettre ? Appuyez-vous sur des exemples précis.

  3. Analysez les marques de l’énonciation (en particulier la place et les valeurs du « nous » et du « je ») : quelle évolution pouvez-vous constater ? Que révèle cette évolution ?

  4. Quels sont les principaux obstacles à la rédaction et à la publication de l’Encyclopédie évoqués par Diderot ?

  5. Quels arguments emploie Diderot pour tenter de convaincre Voltaire qu’il faut poursuivre la rédaction de l’Encyclopédie ?

  6. Comment Diderot exprime-t-il son attachement à l’Encyclopédie ? Analysez également les passages qui témoignent d’un certain découragement.


CC : Pourquoi peut-on réellement parler d’un « combat philosophique » en ce qui concerne la rédaction et la publication de l’Encyclopédie ? A l’oral : chercher ce que les hommes doivent aujourd’hui aux combats de ces philosophes (en lien avec la séance 1).

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