Une action de décentralisation culturelle en plein développement La production cinématographique et les collectivités territoriales





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Une action de décentralisation culturelle en plein développement

La production cinématographique et les collectivités territoriales



La Ministre de la culture déclarait au Festival de Cannes 2000 que la production cinématographique et audiovisuelle en Région faisait pleinement partie des opérations d’aménagement culturel du territoire, objectif majeur de la politique culturelle nationale depuis les années 1990. Ce propos est aussi une reconnaissance officielle des initiatives prises par les collectivités territoriales –régions, départements, communes- pour aider la production cinéma sur leur contrée puisqu’elles participent pleinement de la décentralisation culturelle . Ce soutien à la production cinématographique, avec deux volets principaux le soutien financier et l’aide au tournage est devenue une action culturelle bien vivante et même en plein développement depuis une dizaine d’années Pour les élus locaux des intérêts promotionnels, patrimoniaux, économiques, culturels motivent cet engagement. Mais dernier maillon dans les politiques cinématographiques locales le soutien à la production cinéma rencontre les contraintes dues à la complexité du champ de la production. Les acteurs y sont nombreux, de statuts différents avec des degrés divers d’implication et d’expérience, les soutiens les plus qualifiés et reconnus étant sans conteste le CNC et la télévision. Si la situation n’est pas comparable entre le montage financier d’un long métrage, d’un documentaire et d’un court-métrage, la participation des collectivités concerne les trois catégories et connaît toutes les difficultés de ces imbrications d’acteurs. L’année 1998 sert de cadre à cet article pour les trois premières parties car nous avions les données chiffrées et tous les éléments de la complexité de l’action d’aide cinématographique étaient présents. Cependant depuis la donne a changé favorablement avec les poussées de la décentralisation culturelle, un secrétariat spécial créé en 2000. En quatrième partie, nous rendons compte du développement positif favorisé par les échanges, les rencontres des acteurs, l’expérience commune peu à peu acquise et les réformes en cours.

I -Le soutien à la production, maillon le plus récent des politiques cinéma locales.

A-Les collectivités territoriales, premiers financeurs culturels français


La politique culturelle – tous domaines confondus - conduite par les collectivités découle des lois du 7 janvier 1982 et du 22 juillet 1983 sur la décentralisation « Les Communes, les Départements et les Régions concourent avec l’Etat, à l’administration, à l’aménagement du territoire, au développement économique, social, culturel et scientifique, à la protection de l’environnement et du cadre de vie. » Mais les prérogatives des trois catégories de collectivités locales très peu contraignantes permettent aux élus de multiplier les initiatives en matière culturelle.

De fait, peu à peu les collectivités territoriales sont devenues un agent culturel dont le poids a crû considérablement en France. Au départ simples courroies de transmission des directives du Ministère de la culture, elles ont cherché à acquérir une autonomie qui n’était pas facile dans les entrelacs des compétences découlant de la mise en place de la décentralisation doublée de la déconcentration. Elles sont devenues les principaux financeurs de la culture avec 50,1 % des dépenses nationales, plus que le Ministère de la culture - 19,6 % - et les autres ministères réunis1


Les Régions consacrent à la culture en moyenne 2% de leur budget total, les Départements 7,3%, les Communes 40,6%2 . Ces chiffres ne paraissent peut-être pas très importants, mais ces collectivités sont dorénavant indispensables dans le financement de la culture. Théâtre, danse et musique viennent en tête des domaines culturels financés par les Régions, bibliothèques et archives par les Départements, équipements culturels de proximité par les Communes.

Le domaine du cinéma n’apparaît donc pas dominant dans les budgets culturels3. Il s’approprie entre 18, 3 % en Rhône-Alpes et 2,5 % en Corse. Pourquoi ? Sans doute parce que traditionnellement il a été considéré comme une industrie culturelle aux côtés du disque et du livre pour laquelle la place des subsides publics n’est qu’un financement complémentaire. Les acteurs privés exerçant des professions très qualifiées comme producteurs, distributeurs, exploitants sont les moteurs de ce domaine culturel. En France quand le secteur public s’est organisé et a encadré le cinéma, c’est par le CNC –centre national de la cinématographie – dont la qualité d’expert du domaine cinématographique lui permet d’apparaître comme le financeur public inégalable doté de puissants moyens.

B-En 1998, 27 collectivités territoriales impliquées

La Région en tête

Les collectivités qui ont soutenu la production cinématographique en 1998 sont au nombre de 27. Il s’agit d’une Communauté urbaine, de 2 Villes, de 7 Départements sur les 96 existants et de 17 Régions sur les 22 de métropole. Cette large prépondérance des Régions pour cette activité s’explique t-elle par la spécificité de leur compétence culturelle ? Exprimé ainsi globalement NON car la Région n'a reçu aucun transfert de compétence légal dans le cadre de la décentralisation. Cependant, en 1982, le législateur a considéré que le seul niveau de collectivité locale qui pouvait déclencher des aides directes comme une subvention à la production cinématographique était du niveau régional qui avait une compétence en matière d’aménagement du territoire. La région était conçue comme le chef de file des collectivités infra-régionales. De telle sorte que les Départements pouvaient être impliqués dans le mouvement régional, à l’instar du conseil général d’Indre et Loire qui associent depuis des années ses propres aides à celles de la région Centre.

La suprématie des documentaires et des courts métrages




Nature de l'oeuvre

Nombre

Aide totale

Proportion

sur la totalité4

Devis moyen

Fourchette

de l’aide

Longs-métrages

25

10,74 mfr

29,6 %

26 mfr5

30 000fr à

2 900 000f

Documentaires

138

16,77 mfr

46,2 %

variable

20 000fr à

250 000fr

Courts-métrages

126

7,12 mfr

19,8 %

variable

7 000fr à 180 000fr

Enveloppe totale 1998 : 36,301 MF

Tableau du nombre d’œuvres aidées et de l’enveloppe financière du soutien6
Les œuvres soutenues appartiennent aux 3 principaux genres cinématographiques : long-métrage, documentaire et court-métrage.7

La suprématie du nombre de documentaires et de courts-métrages dans les œuvres aidées est remarquable et s’explique par la moindre importance de leur budget plus en adéquation avec les moyens limités des collectivités sur ce poste. Dans ces dernières, celles qui soutiennent les longs-métrages (carte n°4 plus bas) consacrent inévitablement de grosses sommes comme Rhône-Alpes qui accorde l'aide maximum : 2 900 000fr par film. Les sommes allouées aux documentaires sont proportionnellement beaucoup plus importantes que celles versées pour les courts-métrages, cela tient à ce qu’une grande proportion des documentaires a une durée souvent proche du long-métrage (52’) et coûte beaucoup plus cher. Nous n’avons pas pu fournir un budget moyen pour ces deux catégories d’œuvre, il y a trop de diversité, le budget d’un court-métrage peut être de 50 000 FR comme de presque un million de francs, selon les décors, les personnels, la durée de tournage, les imprévus rencontrés…Quant au documentaire, son devis peut connaître une fourchette encore plus large allant jusqu’à plusieurs millions de francs. L’aide a plus de chances d’être significative dans le cas du court-métrage, mais de même que le documentaire, elle sera associée à des apports propres et à d'autres sources de financements.

Pour les longs-métrages, par rapport au budget moyen total d’un film aidé, la moyenne de l’aide peut paraître faible, surtout lorsqu’il s’agit de 30 000fr. Par contre, même à ce niveau, ce soutien peut en enclencher d’autres ou permettre de finir le film.
La carte 18 présente des cercles proportionnels à la population des collectivités. La signalisation des régions et des départements impliqués dans le soutien montre que l’engagement est beaucoup plus important au nord de la France ce qui correspond à une tradition culturelle cinématographique plus ancienne. À noter que les régions les plus peuplées donc les plus riches soutiennent la production sauf la Provence- Alpes Côte- d’Azur qui s'engagera dès 2000.
Dans les cartes 29 et 310, la prépondérance du documentaire et du court-métrage sur les longs-métrages, déjà notable dans le tableau chiffré est ici très nette. Le nombre de documentaires soutenus par une seule collectivité est presque toujours supérieur à 5, souvent à 10, ce qui correspond à un vrai investissement.

La lecture de la carte 2 révèle que le soutien à deux catégories d’œuvres en parallèle - le court-métrage et le documentaire - est largement majoritaire. Les collectivités très impliquées dans le soutien à trois genres cinématographiques se situent au Nord, Nord-Est : Nord-Pas-de-Calais, Lorraine, Alsace, Franche-Comté et Strasbourg.
Quant à Rhône-Alpes qui bénéficie d’une histoire et d’une organisation très singulière son soutien s'adresse au long-métrage11.

La carte 3 laisse apparaître les masses financières engagées. La région Rhône-Alpes par le seul soutien aux longs métrages domine largement. Dans tous les cas, cette catégorie de film nécessite plus de fonds même si elle coexiste avec le documentaire ou le court-métrage et enlève toute hypothèse de corrélation entre l'importance démographique et les fonds engagés. Toutefois en Bretagne, l'effort fait pour le documentaire concurrencent à peu près ceux du long-métrage en Franche-Comté .

C-Le soutien est intégré dans une politique cinématographique très diversifiée


Depuis les années 1990, les réflexions sur la politique de la ville, sur l’aménagement du territoire et la constatation d’une nécessité du resserrement du tissu social, ont donné à la culture dont le cinéma un rôle dans la construction du social. Les élus ont cru dans le rôle de la culture qui crée du lien, apaise les tensions, éduque les citoyens. La politique cinématographique des responsables locaux s’est étoffée en co-finançant avec l’Etat le maintien et la modernisation des salles de cinéma de proximité (plus de 1000 salles de cinéma sont municipales), en soutenant des actions d’éveil, d’éducation artistique très nombreuses - école et cinéma, collèges au cinéma, lycéens au cinéma - de l’école maternelle à l’université. Après les équipements, après la formation du public présent et futur, les œuvres elles-mêmes sont apparues dans les programmes d'action. Leur soutien constitue le maillon le plus récent de la politique cinématographique territoriale.

Citons quelques régions dont la politique culturelle locale témoignent de la coexistence de ces actions pour le cinéma.

-L’Auvergne 12., région très active dans le domaine du cinéma (10,7 % du budget culture,) « Considérant le cinéma comme un vecteur essentiel du développement culturel et économique régional, la Région d’Auvergne a décidé de déployer des efforts dans le domaine de la diffusion et celui de la production... » Elle finance des opérations des grande envergure : Le Festival mondial du Court-métrage à Clermont-Ferrand, le Plan Image Auvergne pour développer les potentialités en matière audiovisuelle, cinéma et vidéo, l’Association Plein Champ pour faire circuler les films en milieu rural, etc.…qui assurent la pluralité des actions mises en œuvre pour la diffusion cinématographique et la production.

-La Franche-Comté expose sa politique cinématographique dynamique dans une jolie plaquette de communication « .. depuis la naissance à Besançon d’Auguste et Louis Lumière, la Franche-Comté vit avec le cinéma une longue histoire d’amour, une cinquantaine de longs-métrages dont certains sont devenus des films-culte ont été tournées dans la région, les projets se multiplient… » Le conseil régional a choisi de structurer et de soutenir un ensemble d’instruments destinés aux professionnels : le fonds d’aide à la production, la commission du film - région de Franche-Comté, le centre international de création vidéo et ses recherches sur le multimédia, les archives de 30 années sur l’art cinématographique. Tous ces acteurs du paysage audiovisuel témoignent d’une belle vitalité confirmée encore par la convention de développement cinématographique avec le CNC (signée en 1996, avenant 1998, et 1999 ) qui démarre une coopération en faveur du documentaire.

-En Haute-Normandie 13, « la politique cinématographique se diversifie tant dans les domaines de l’aide à la création et à la diffusion que dans les mises en place de dispositifs pédagogiques, tel que " Passeport pour le cinéma" qui permet le visionne ment à tarif privilégié ou la constitution d’un patrimoine cinématographique et audiovisuel régional. »

- En Bretagne, le rapport de la politique culturelle du conseil régional présente, dans son volet audiovisuel, un axe d’animation diffusion (avec aide aux associations régionales et festivals, modernisation des salles de cinéma) et un axe patrimonial (aide à la cinémathèque de Bretagne, financement de l’Antenne Media Bretagne) qui permet la promotion des producteurs bretons en Europe.

-En Rhône-Alpes une activité cinématographique intense se déploie pour la diffusion et de l’exploitation avec l'aide à la rénovation, à la modernisation des salles. Mais aussi pour la conservation du patrimoine avec l’Institut Lumière, l'aide à l’animation des salles, l’invitation de professionnels, l'aide aux festivals .Sans oublier la formation du public scolaire. Mais son action la plus connue nationalement est celle de sa participation à Rhône-Alpes Cinéma car il est à la fois très conséquent financièrement et très original dans son fonctionnement.
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