Retraite saint Jean-Baptiste





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Père Patrick

Retraite saint Jean-Baptiste

Nîmes

21 au 25 juin 2012
Le texte des enregistrements n° 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 10, 13, 21 et 34 est maintenant saisi.

Pour les autres enregistrements, seules quelques notes ont été prises lors de la première écoute des enregistrements pour la réalisation d’une table des matières, le texte sera ensuite tapé peu à peu.

1. Homélie de la Messe du jeudi soir, l’effacement et la miséricorde de Dieu 4

2. Délivrance 15

3. Évangile de la Messe de la nuit, Matthieu 6, 19-23 19

4. Fin de la Messe de la nuit, autorité et prières 19

5. Évangile et homélie de la Messe de vendredi matin, « la lampe du corps, c’est l’œil » 22

6. La Spiration 35

7. Le cœur spirituel 66

Chants de Jean-François 89

8. Présentation de la Messe du soir 89

9. Homélie de la Messe de vendredi soir 90

10. Délivrance, avec la prière du chapelet angélique 92

11. Baptême des enfants non-nés 96

12. Évangile et homélie de la Messe de la nuit 97

13. Fin de la Messe de la nuit : autorité et prières 99

14. Évangile et homélie de la Messe de samedi matin 101

15. Prière à la fin de la Messe 104

16. La Confession, tableau à sept colonnes, 1ère partie 105

17. Chapelet de la Miséricorde divine 107

18. La Confession, tableau à sept colonnes, 2ème partie, et l’Oraison 108

Chants de Jean-François 110

19. Évangile et homélie de la Messe de samedi soir 111

20. Chants et prières à la fin de la Messe 113

21. Délivrance 114

22. Au Carmel de Bethléem 122

23. Baptême des enfants non-nés 123

24. Messe de la nuit 124

Chant Jean-François 124

25. Prières à la fin de la Messe de la nuit 125

26. Homélie de la Messe de dimanche matin 126

27. Ô Mère bien-aimée 130

28. Introduction de la Messe de première Communion de Jean-Joseph 131

Je veux voir Dieu 132

29. Explications à Jean-Joseph avant sa première Communion 133

30. Évangile et Credo de la Messe de première Communion de Jean-Joseph 134

31. Chapelet de la divine Miséricorde 135

32. La conception de la Vierge Marie (lecture de Anne Catherine Emmerich 136

33. L’ascendance davidique, l’autorité royale 144

Rappel des points stratégiques 165

34. Délivrance 167

35. Rappel sur l’autorité 176

36. Suite 176

37. Évangile de la Messe de lundi matin 177

38. Prières à la fin de la Messe de la nuit 177

39. Évangile et homélie de la Messe de lundi matin 178

40. Lectio divina : l’Apocalypse 179

Correspondance des enregistrements et du texte 180



1. Homélie de la Messe du jeudi soir, l’effacement et la miséricorde de Dieu


Fête de saint Louis de Gonzague

Première lecture : Lecture du livre de Ben Sirac le Sage 48, 1-14

Le prophète Élie surgit comme un feu, sa parole brûlait comme une torche. Il fit venir la famine sur les hommes d’Israël, et, dans son ardeur, en fit périr un grand nombre. Par la parole du Seigneur, il ferma le ciel, et à trois reprises il en fit descendre le feu. Comme tu étais redoutable, Élie, dans tes prodiges ! Qui pourrait se glorifier d’être ton égal ? Toi qui as fait revenir un homme de la mort par la parole du Très-Haut. Toi qui as précipité des rois dans leur perte, et jeté à bas de leur couche des hommes pleins de gloire. Toi qui as entendu au Sinaï des reproches, au mont Horeb des décrets de châtiment. Toi qui as sacré des rois pour exercer la vengeance, et des prophètes pour prendre ta succession. Toi qui fus emporté dans un tourbillon de feu par un char aux coursiers de feu. Toi qui fus préparé pour la fin des temps, ainsi qu’il est écrit, afin d’apaiser la colère avant qu’elle n’éclate, afin de ramener le cœur des pères vers les fils et de rétablir les tribus de Jacob. Heureux ceux qui te verront, heureux ceux qui se sont endormis dans l’amour du Seigneur, car nous aussi nous posséderons la vraie vie. Quand Élie fut enveloppé dans le tourbillon, Élisée fut rempli de son esprit, et pendant toute sa vie aucun chef ne l’a intimidé, personne n’a pu le faire fléchir. Aucun évènement n’a pu l’abattre, et, jusque dans la tombe, son corps manifesta son pouvoir de prophète. Pendant sa vie il a fait des prodiges et après sa mort des œuvres merveilleuses.

Psaume 96

Alléluia. Alléluia. Animés par l’Esprit-Saint qui fait de nous des fils, nous T’appelons Seigneur, Père, Abba. Alléluia. (Rm 8, 15)

Le Seigneur soit avec vous. Et avec votre esprit.

Évangile de Notre-Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu 6, 7-15

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les goïm qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l’ayez demandé.  Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes. »

Acclamons la Parole de Dieu. Louange à Toi, Seigneur Jésus.

Que Ton évangile, Seigneur, s’inscrive dans nos âmes, qu’il nous lave de toutes nos fautes, qu’il nous libère de tout lien, qu’il nous bénisse et nous attache à Toi, au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Louange à Toi, Seigneur Jésus.

Nous n’étions pas venus ici depuis le mois de février. Il s’en est passé des choses depuis, le temps court assez vite. L’Église de Jésus est en train de se préparer à la grande séparation entre la droite et la gauche. Nous sommes bien obligés de constater qu’il est nécessaire de faire à l’intérieur de nous le ménage de certaines choses et qu’il faut essayer d’être fidèles dans ce qu’il y a de plus pauvre en nous, là où nous sommes dépendants de la miséricorde de Dieu.

L’Église du quatrième sceau de l’Apocalypse s’appuyait sur les trésors, la force, la puissance de la grâce, les vertus. Alors les familles étaient fidèles, les enfants étaient purs, immaculés, chastes merveilleux, obéissants. Il ne faut pas non plus en faire un tableau extraordinaire, mais le christianisme était un jardin où il y avait de belles roses, de belles fleurs, il y avait des biches. Bien sûr il y avait ici et là un petit peu de mauvaises herbes, mais ça ne se voyait pas. Après tout, les mauvaises herbes on les prend bien, les orties on en fait de la soupe et c’est très bon.

Nous nous apercevons que quand nous nous approchons de l’Église du cinquième sceau de l’Apocalypse, ce n’est plus du tout pareil. Au cinquième sceau de l’Apocalypse, l’Église ne peut plus s’appuyer sur ses palais, sur cette solidité que donnait la foi. Nous sentions bien que la société était cimentée, était construite. Ce n’était pas une grande splendeur parce que le Diable, le Démon, le mal, les guerres existaient, les infidélités existaient, mais la route était droite. Je me rappelle que quand j’étais petit, il y avait dans notre banlieue, dans notre rue, une quinzaine de maisons, et dans cette quinzaine de maison, une maison où il y avait un protestant et une autre maison où il y avait des gens qui n’étaient pas croyants, sinon tout le reste était catholique, bien les deux-tiers allaient à la Messe. Il faut dire que notre bon curé breton était génial. Tu serais dans un quartier comme ça aujourd’hui, tu dirais : « On est où ici ? Au Vatican ? ». En France, c’était comme ça, l’Europe était comme ça. Il fallait voir toutes ces communions solennelles, toutes ces premières communions. 95% des enfants allaient au catéchisme pendant six ans, ce n’était pas juste une petite séance comme ça.

L’Église d’aujourd’hui n’est plus du tout comme ça, cette Église-là disparaît. Nous nous approchons du cinquième sceau de l’Apocalypse. Nous voyons bien que l’Église est un espace qui est devenu vide. Un dimanche, j’étais au Monastère d’En Calcat, beaucoup de gens étaient venus pour l’Office merveilleux des moines bénédictins d’En Calcat, et l’après-midi, je suis allé voir mon cousin au monastère tibétain à trente kilomètres. Là il y avait au moins quatre cents voitures, pourtant pour eux le dimanche n’est pas un jour spécial. Toutes les pièces étaient remplies, les rinpochés, les lamas étaient là. L’Église d’aujourd’hui, c’est ça : la chrétienté s’efface. Ce mot effacement est à repérer. Parmi les dons du Saint-Esprit, il y a celui par lequel le Saint-Esprit, lorsqu’Il brûle notre existence, notre visage, les pas que nous faisons l’un après l’autre tranquillement, nous mène à l’effacement. L’effacement n’est pas tout à fait le dépouillement. On pourrait confondre ça avec de la déception ou de la lassitude, si on était un médecin psy. Non, ce n’est pas du tout de la lassitude, c’est que nous arrivons à une situation limite qui nous montre que notre fidélité nous amène à un point précis. Ce point précis auquel notre fidélité à la prière, à l’union avec Dieu nous amène, est un certain épuisement de nos forces. Voyez-vous cet étang près de chez moi ? Quand il reste très peu d’eau le fond est bizarre, quand il reste à peine une petite flaque ça fait un cloaque, alors que cet étang est si joli normalement. Le Bon Dieu fait en sorte qu’à un moment donné l’étang vienne à s’assécher un peu. Il reste toujours de l’eau mais il n’y a plus beaucoup de poissons dedans, c’est évident. Du coup, ça nous oblige à faire monter sous nos propres yeux là où nous sommes fragiles, là où nous sommes pécheurs, là où nous avons des faiblesses, et plus que des faiblesses, une infidélité de fond. Cette infidélité de fond, lorsqu’elle apparaît, se met dans la balance avec notre fidélité de fait. Nous restons fidèles quand même, nous continuons à aller à la Messe, nous continuons à aller à Confesse, nous continuons à prier, nous continuons à essayer de prendre autorité, mais nous nous apercevons que le Saint-Esprit nous oblige à nous mettre dans un état d’effacement devant Lui de manière à ce que ce soit Lui qui prenne la place. Sa miséricorde se déverse sur nous dans un amour inconditionnel où Il se donne sans mesure. Mais Il ne se donne sans mesure – nous le voyons quand nous sommes dans cet état-là – Dieu ne se donne sans mesure que quand nous sommes dans un état misérable.

Nous sommes fidèles, d’accord, mais c’est peut-être parce que nous sommes dans le grand élan de la première vague, la deuxième vague, la troisième vague… Et puis nous nous apercevons que nous ne sommes pas parfaits. Alléluia !, comme disait le père Manjackal : « Alléluia, nous ne sommes pas parfaits ! ». C’est drôlement bien ça, à un moment donné nous voyons que nous ne sommes pas parfaits. Et pourtant les gens qui ne sont pas chrétiens nous disent : « Moi je t’admire, je ne sais pas comment tu fais pour avoir la foi comme ça ! ». C’est vrai, avoir la foi est extraordinaire. Mais en même temps nous savons très bien que devant Dieu nous sommes misérables. Et à un moment donné, comme par accident, le péché arrive. La miséricorde du Dieu, la miséricorde du Seigneur, la miséricorde du Saint-Esprit, la miséricorde du Ciel pour nous doit s’ouvrir. À un moment donné elle doit ouvrir ses portes d’une manière très forte, tonitruante. C’est une miséricorde où Dieu le Père va se donner sans mesure. Il va se donner sans mesure parce que grâce à la prière, à l’oraison, nous nous habituons à ne faire confiance qu’à la miséricorde de Dieu. Cet état d’effacement et de misère qui est le nôtre nous oblige à nous tourner vers Dieu et va faire en sorte qu’une ouverture se fasse dans cette obligation dans laquelle nous sommes de nous effacer, de sortir un peu de la honte pour rentrer dans l’aspiration à la miséricorde de Dieu pour le monde entier, pour nous d’abord.

À un moment un très grand passage se fait : le passage de la quatrième à la cinquième demeure.

D’abord il faut s’abandonner, s’effacer et comprendre l’amour fou que le Père a pour Jésus. L’amour fou que le Père a eu pour Jésus, ce n’était pas à cause de Son union hypostatique, c’était à cause de Sa misère. L’amour fou du Père, de Dieu le Père, première Personne de la Très Sainte Trinité, pour Dieu le Fils dans le Christ, dans Jésus, n’a pu s’engouffrer que dans l’endroit où Il était dans l’état de misère substantielle, absolue, sans limite. Notre âme, notre cœur, notre chair, notre sang, doit se trouver dans cet état où dans la lumière, sous le souffle du Saint-Esprit, dans les bras de Marie, cette misère qui est la nôtre, cette impuissance est à nu. Sinon nous disons : « Seigneur ce n’est pas possible, mais comment se fait-il que je n’y arrive pas ? Guéris-moi, j’ai eu des blessures. Qu’est-ce qui se passe ? Il y a quelque chose qui m’empêche d’avancer. Pourquoi est-ce que je reviens encore à des choses comme ça ? Comment se fait-il qu’il n’y ait pas cette cohésion, cette solidarité, cette charité, cette fraternité, ce cœur unique, ce sang unique, cette vie unique, cette lumière unique, cette allégresse, cette confiance unique, universelle, fraternelle, commune entre nous ? Comment ça se fait que j’ai autant de mal avec moi-même aussi ? Mais quand est-ce que Tu vas venir ? Nous avons tellement prié pour que ce soit saint Joseph qui soit élu Roi de France. Mais où est le Roi ? Où est saint Joseph ? Où est le Roi des juifs ? Où est le Roi d’Israël ? Où est le Saint des Saints, celui que nous attendons, celui que tous les prophètes ont proclamé ? Tous les saints ont dit qu’il viendrait. Où est-il ? ». Il est effacé. Nous ne verrons jamais ce roi-là sur une affiche. Il affiche : « Je ne suis rien ». Il affiche : « Je suis misérable ». Pourquoi ? Parce que la France, l’Église, le monde, Jésus dans Sa misère, Jésus immolé, l’union hypostatique déchirée de Jésus et lui c’est la même chose. Seul le Père, la première Personne de la Très Sainte Trinité, peut venir au secours de Jésus. La deuxième Personne de la Très Sainte Trinité qui fait l’union hypostatique de Jésus s’est entièrement associée à cette union hypostatique dans la misère, dans l’effacement, dans la spiration passive.

Il est important de comprendre ce que c’est que la spiration passive incréée d’amour qui est le fruit d’amour de l’effacement à l’intérieur de Dieu avant la création du monde.

Il n’y a que Dieu qui peut nous aider. Il n’y a que l’amour du Père qui reste présent. La seule fidélité que nous ayons comme trésor indissoluble est cet amour inconditionnel du Père pour nous. Cet amour fait et explique pourquoi il nous reste un petit peu de fidélité. Nous arrivons à un point où nous pourrions presque dire que nous sommes d’accord avec Luther quand il dit : « Nous ne pouvons pas avoir de force divine, la foi ne nous donne pas une nouvelle force. La foi nous sauve, bien sûr, Dieu nous sauve. Le Père, dans le Sang de Jésus, nous sauve, mais nous restons toujours tellement moulés dans la misère du péché que nous ne pourrons jamais nous en sortir. » C’est Martin Luther, l’hérétique, qui parle là, donc ne répétez pas ça en disant : « Seigneur, ça y est, j’ai compris ». Lui prend ça sur un plan inférieur alors que nous le prenons sur un plan divin. Nous disons la même chose mais sur un autre plan. Mais nous comprenons très bien ce qu’il dit : « Nous sommes sauvés, Dieu nous sauve, le Sang de Jésus nous sauve, nous croyons que Jésus nous sauve, que le Sang de Jésus nous a rachetés, mais nous restons toujours dans le péché, et plus nous avançons dans la foi, dans la confiance, dans la lumière surnaturelle de la foi, plus Jésus et nous sommes collés l’un à l’autre et nous tous ensemble avec Lui, plus nous voyons que le péché apparaît à nos yeux d’une manière encore plus monstrueuse. Donc la foi ne supprime pas en nous le péché. » Voilà une conclusion qui n’est pas juste. Le péché, en fait, doit disparaître. Il y a de l’ivraie et du bon grain en nous, c’est sûr. Il y a des trésors, certainement. Si vous avez une chasuble immaculée, splendide, et si vous avez une petite tache, tout le monde la voit. Mais si vous avez une robe écarlate avec des broderies violettes, s’il y a des taches on ne les voit pas, vous comprenez ? C’est vrai que la grâce nous fait rentrer dans la présence, dans la robe d’innocence de l’Immaculée Conception, dans la lumière infaillible de la Jérusalem céleste dans le revêtement intérieur. A ce moment-là ça fait monter les plus petites fautes aux yeux des hommes, et elles sont les plus grands péchés aux yeux de Dieu.

On le dit bien dans le Cantique des Cantiques : Dieu est blessé par le petit cheveu. Dans l’oraison, nous essayons de rentrer tous ensemble depuis un an dans ce passage, nous essayons de passer de l’union illuminative à l’union de perfection, de l’oraison de quiétude à la cinquième demeure pour être à la frontière de la sixième demeure de l’union sponsale. Pourquoi est-ce que le passage ne se fait pas ? Parce qu’il y a le cheveu. Ce n’est pas à cause de la grosse caisse, c’est à cause du petit cheveu, et si tu tires bien le fil de ce petit cheveu, c’est la grosse caisse qui t’explose à la figure. Il faut faire attention au petit cheveu, il faut renoncer au petit cheveu lui-même. Si tu suis Luther, tu fais attention à la grosse caisse mais pas au petit cheveu, et patatra : dix ans après, comme tu n’as pas renoncé au petit cheveu, tu tombes dans l’abîme. Au lieu d’être une colombe, tu es un gros crapaud venimeux.

Il faut être irréprochable. Quand on est catholique, on est irréprochable, alléluia ! Il faut être irréprochable en intention déjà, et nous ne le sommes pas. C’est au premier centième de millimètre qu’il faut renoncer, au simple regard qu’il faut renoncer. Si tu laisses rentrer le petit cheveu, tu ne peux plus passer de la cinquième à la sixième demeure. Être dans la cinquième demeure est déjà extraordinaire, nous sommes d’accord. C’est Dieu qui fait tout dans la cinquième demeure. Mais pourquoi ne passons-nous pas de la lumière à l’amour ? Il me semble qu’il est clair pour nous que nous sommes jugés sur l’amour. Si Dieu nous donne Sa lumière et si nous avons suffisamment de confiance et d’abandon en Lui, si nous nous laissons assumer par Lui pour que Sa lumière remplace nos fausses lumières, c’est très bien. Du coup la lumière du Seigneur illumine la nature humaine tout entière. C’est ça qui se passe dans la cinquième demeure. Nous pouvons prendre autorité dans la lumière sur toute la nature humaine. Nous avons accès dans le flux et le reflux du corps spirituel venu d’en-Haut en notre corps originel libre dans l’innocence retrouvée, réapparue, dans cette assomption de la cinquième demeure, nous avons accès au monde de la Jérusalem glorieuse, au Livre de la Vie dans l’instant de l’oraison, de la transformation divine, dans la Lumière née de la Lumière. Mais nous ne sommes pas jugés là-dessus, nous sommes jugés sur l’amour. À un moment donné c’est l’amour qui doit venir tout brûler. Le passage à la sixième demeure est très important. Il faudrait vraiment que nous écartions petit à petit hors de nous tout ce qui nous empêche de voir l’amour fou du Père pour Jésus, que nous le regardions bien, que nous le regardions tellement bien que nous voyions que cet amour est inconditionnel et qu’il se donne sans compter dans le Cœur de Jésus lorsqu’Il est misérable. L’Église est obligée aujourd’hui de se trouver dans cet état misérable. Chacun d’entre nous. Et si nous faisons un péché, si nous faisons un gros mensonge, une grosse impureté, une grosse colère, une grosse rapine, une escroquerie – nous en faisons tous l’air de rien –, eh bien nous ne disons pas, comme Luther : « Tant pis ! », nous disons : « J’ai fait un péché, alléluia, je n’aurais pas cru que j’en étais encore là ». Voilà notre réaction : « Je n’aurais vraiment pas cru en être encore là ! ». Nous sommes obligés de comprendre que la voie d’accès à l’amour et à la transformation surnaturelle, la mise en place du Monde Nouveau, passe par la miséricorde de Dieu, de Jésus. Dieu se donne sans mesure là où nous disons : « Je suis pécheur, alléluia ». La miséricorde sans mesure de Dieu va se donner à la nature tout entière à travers nous. Du coup nous faisons un peu plus attention à cette intention du cœur qui doit être la nôtre : nous devons avoir l’intention d’être irréprochables.

Si nous nous mettons dans cet état d’esprit : « J’ai déjà beaucoup donné au Seigneur, Il peut me laisser une petite partie de mon jardin. Regarde, Seigneur, la différence qu’il y a entre moi il y a dix ans et moi maintenant, j’ai quand même fait des progrès, hein ? ». Ou pour les nouveaux convertis : « Moi il y a six mois et moi maintenant », ou : « Moi quand j’étais à Domanova et maintenant que je suis au Monastère » : là ce n’est pas pareil, parce que quand on passe de l’Ermitage au Monastère, les choses sont au contraire beaucoup plus apparentes, mais dans la conversion, quand on était athée, vraiment sans Dieu, et qu’on vit avec Jésus, le Saint-Esprit, la grâce, les sacrements, ça fait une différence, on ne peut pas le nier, parce que dans l’union transformante Dieu transforme vraiment la pâte. Mais on garde un petit jardin : « Ça, Seigneur, s’il Te plaît, pour l’instant Tu ne touches pas, c’est trop dur, je n’y arriverai pas ! ». Celui qui est comme ça ne passera pas, le parvis a été donné au païens et aux goïm, une mesure a été donnée, seul le Saint des Saints sera respecté (et encore), il ne passera pas, il appartiendra à l’Anti-Christ à coup sûr.

Alors comme disent les orthodoxes : « Soyons attentifs, les choses saintes sont réservées aux saints ».

Quand nous sommes dans un état de pauvreté, de confession, nous avons un avantage sur ceux qui n’ont pas les sacrements : nous voyons à quel point c’est difficile pour nous encore aujourd’hui de confesser notre misère spirituelle, notre misère morale. Nous voudrions tellement pouvoir nous présenter au Seigneur en disant : « Regarde Seigneur, j’ai prié douze heures dans la journée et quatre heures dans la nuit, j’ai fait pénitence, j’ai dit le Rosaire, je n’ai vu que de la lumière, je suis immaculé comme saint Louis de Gonzague. Tu vois Seigneur, merci, ça vient de Ta grâce, c’est sûr que ça ne vient pas de moi, merci Seigneur, c’est beau, je ne savais pas que c’était ça la vie chrétienne ! ». Eh bien non, effectivement ! À ce moment-là le Ciel va se déchirer et tu vas voir le visage de Dieu qui va se présenter devant toi et qui va dire : « Non, c’est vrai, ce n’est pas ça la vie chrétienne ».

C’est quoi la vie chrétienne alors, si ce n’est pas ça ? Les états de la troisième demeure sont des états d’euphorie parce que nous voyons que le Seigneur nous transforme vraiment, nous met dans des états où les vertus apparaissent en nous : la chasteté passive, l’humilité passive, la transparence passive, l’immaculation passive, la ferveur se saisissent de nous. Nous avons ce dégoût de tout ce qui est en dehors des Commandements de Dieu, des Invitations divines. Sans que nous ayons fait aucun effort ! C’est le Saint-Esprit qui fait tout ça. Mais ce sont des préambules. La vie chrétienne, c’est Jésus effacé, Jésus impuissant. Saint Bernard, je crois, disait : « Là où Dieu est tout-puissant dans Jésus, c’est dans Son impuissance ». La toute-puissance de l’impuissance de Jésus. Jésus s’est mis dans cet état, si je puis dire, Il s’est englouti dans notre nature humaine, dans notre sang.

J’aime bien m’imaginer de temps en temps cela. J’ouvre les yeux, je regarde. Ce matin j’étais au pied d’une Croix glorieuse. Le soleil allait se lever. Les oiseaux chantaient. Le train passe. J’avoue que j’aime bien de temps en temps, je me regarde aussi – je vous en demande pardon, ne faites pas comme moi – et je vois mon sang qui circule à l’intérieur de mes veines. C’est extraordinaire, le sang qui circule dans les veines. Le Sang qui circule dans les veines de Jésus aussi. Le sang qui circule dans les veines de Jésus, vous avez pensé à ça ? Il circule, là, le sang, dans les veines de Jésus. Le sang circule aussi dans mes veines. Le sang qui circule entre les deux, pour que ce soit le même sang qui circule, c’est le sang de tous les pécheurs. Entre mon sang et le Sang de Jésus, il y a le sang de tous les hommes pécheurs. Je ne peux pas être identifié et le Sang de Jésus ne peut pas couler dans mes veines s’Il ne s’est pas Lui-même introduit dans le sang de tous les pécheurs et si moi-même je ne rentre pas dans cette misère épouvantable, diabolique, d’un sang humain qui vit de l’enfer, de la damnation, de l’horreur, de la haine de Dieu, du dégoût de Dieu. C’est ça metaxu, comme on dit. Jésus s’est introduit là. Tu vois ton sang qui circule, tu sais que le Sang de Jésus circule dans les veines de Jésus. Jésus est ressuscité, Son sang circule. Le Sang, nous en parlions ici la dernière fois, en février de cette année. Pendant deux jours nous n’avons parlé que du Sang de Jésus. Si vous ne vous en rappelez pas, vous pouvez reprendre l’Agapè 2.

Vous vous arrêtez, vous vous mettez au pied de la Croix glorieuse, c’est-à-dire avec tous ceux dont le sang n’existe plus, et pourtant ils sont vivants. Ceux qui sont sous l’autel, les enfants avortés, sont encore liés à leur corps qui est toujours vivant à cause des cellules staminales embryonnaires, mais ce sont les seuls êtres humaines encore vivants sur la terre qui n’ont pas de sang. C’est étonnant ! Vous n’aviez pas pensé à ça ? Il y a encore la memoria Dei, il y a encore les cellules vivantes de leur oui originel, il y a leur âme séparée. Ces dizaines de dizaines de dizaines de milliards d’enfants qui dépendent de nous, qui sont sous la dépendance de notre accueil, n’ont pas de sang. Eux n’ont pas de sang. En toi, le sang circule. Le Sang de Jésus circule dans Son corps glorieux, ressuscité, qui d’ailleurs fait un seul Sang avec le Sang de Marie et de Joseph, un seul Sang en trois personnes, un Sang glorieux qui circule dans trois corps. C’est extraordinaire de voir qu’il y a ce Sang glorieux qui circule dans le corps glorieux de Marie, dans le corps glorieux du Papa, de la sponsalité. C’est un Sang sponsal glorieux qui circule dans le Sang de Jésus, dans tout le Corps glorifié du Seigneur. On peut rajouter à ça le sang versé de l’Église : 147 avortements par seconde ! Qu’est-ce qui va faire la jonction ? Qu’est-ce qui va faire l’unité de lumière et d’amour du sang qui circule dans mes veines ? C’est le fait que le Sang de Jésus dans l’Eucharistie en particulier, substantiellement, vient s’engloutir, disparaître et s’effacer dans le sang de tous les pécheurs, dans ce qu’il y a de plus misérable, de plus palpitant de la haine de Dieu dans le sang de tous les pécheurs, dans les péchés du monde. Il se mêle au sang des pécheurs. C’est fou ! Quand on sait ce que le sang peut représenter aussi du point de vue du ressenti, comme on dit aujourd’hui.

Nous comprenons très bien que le Bon Dieu – ce en quoi nous rejoignons, je crois, Luther – ne permet pas que nous soyons l’Immaculée Conception. L’Immaculée Conception est un privilège. Moi je ne suis pas l’Immaculée Conception. Si quelqu’un vous dit : « C’est moi l’Immaculée Conception, c’est moi le nouveau Roi, c’est moi le nouveau saint Joseph du monde d’aujourd’hui », ce n’est sûrement pas vrai. Le Bon Dieu ne permet pas que l’orgueil soit vaincu à 100%, c’est étonnant. Cet amour de l’argent aussi, il en reste toujours quelque chose. D’accord, nous arrivons à nous dire : « Mais c’est vrai, je fais encore attention à ça ! », alors nous arrachons et nous faisons l’acte, le geste contraire, mais n’empêche que ça reste. Et la concupiscence. Les trois conséquences du péché originel. Le péché originel est lavé par le Sang de Jésus, la présence de Marie, la plénitude de l’union transformante, mais il y a encore les séquelles, il y a encore cette tendance à la concupiscence, cette tendance à l’inversion sponsale, cette tendance aussi à l’orgueil, cette tendance à l’argent, cet attachement à quelque chose de terrestre. Nous avons des projets, nous voulons faire une œuvre, nous voulons faire quelque chose de bien. Bien sûr, ce que nous voulons faire, c’est toujours bien, mais si nous grattons un peu nous verrons que ce n’est pas si bien que ça. Ce sont les trois conséquences du péché originel, les séquelles. Elles restent jusqu’à la mort. À cause des séquelles, nous faisons encore des actes, et si nous n’avons pas le cœur pur, si nous ne faisons pas très attention, alors le fameux cheveu apparaît dans la soupe et empêche que l’assomption de la lumière se transforme en assomption de feu, de consommation, de consomption, de brûlure, de flamme, où le Père se donne à Son Fils sans compter, sans mesure.

Dieu le Père, première Personne de la Très Sainte Trinité, se donne à nous sans mesure là où nous sommes misérables. Là où nous sommes pécheurs, alléluia, nous pouvons toujours recevoir par torrents cet amour inconditionnel sans mesure du Père. Là où nous sommes bien, nous ne recevrons rien. « Moi j’ai beaucoup trop de péchés, le Bon Dieu ne peut pas m’aimer. » - Mais non, je t’assure que ce n’est pas vrai, c’est le contraire, c’est à cause de ça que les dons torrentiels, inconditionnels, sans mesure de l’amour de Dieu le Père vont se déverser sur toi, à condition que tu dises avec une confiance totale : « Tu aimes venir dans celui qui est rempli de péchés, alors me voici ». Mais si tu dis : « Regarde Seigneur, j’ai réussi à être fidèle avec ma femme pendant six mois, Tu te rends compte Seigneur, c’est incroyable, je sens que Tu commences à m’aimer », le Ciel va s’ouvrir en disant : « Non, ce n’est pas à cause de ça que je t’aime. » C’est ça, la Miséricorde de Dieu, le Sang de Jésus. Ah ! sentir ce Sang qui circule à l’intérieur de nous ! Si c’est le Sang de Jésus qui circule à l’intérieur de notre sang à l’intérieur de nous, c’est que le Corps mystique de l’Eglise, le Corps eucharistique accompli est présent, c’est que la nature humaine tout entière vivante dans un sang déchu est présente. Nous ne pouvons pas être fiers de nous, mais nous sommes heureux parce que le Père se donne sans compter, sans mesure. Au fur et à mesure que nous nous approchons de l’Avertissement, nous nous approchons de ce moment.

Je crois qu’il faut que nous ayons conscience d’une chose, c’est que si nous rentrons dans la spiritualité de la miséricorde, la spiritualité de l’abandon, la spiritualité de la vérité sur l’état de misère dans lequel nous sommes, si nous y rentrons, si nous n’avons pas peur de nous y enfoncer, alors nous pouvons obtenir du Saint-Esprit, de Marie et de Joseph glorifiés, de prendre autorité sur le temps et d’obtenir précisément qu’il y ait l’ouverture du cinquième sceau de l’Apocalypse. Ça dépend de l’Église de l’effacement, de l’Église misérable et de l’Église de la miséricorde. Je ne dis pas que l’Église de la miséricorde consiste à dire : « Je vais être miséricordieux avec les gens ». L’Eglise de la miséricorde, c’est d’être ceux qui sont tellement misérables qu’ils ne vivent que de la miséricorde de Dieu. Alors c’est le Sang de Jésus, c’est la misère glorifiée, victorieuse dans l’amour de tout, qui palpite dans notre sang. « Voilà ce que je vaux ». Et je sais que le Père veut se donner sans mesure à la nature humaine tout entière. Nous obtenons du coup un pouvoir sur le temps, et nous obtenons de Dieu cette création nouvelle, cette ouverture des temps, la fin des temps, le temps qui s’ouvre. Et quand le temps s’ouvre, le miracle des trois éléments est possible, l’amour de Dieu va pouvoir se répandre partout pour aller à travers la misère de nos fautes dans la sainteté de l’Église des pauvres, des tout petits, des frères de l’amour, sans abandonner la lumière, mais ce qui domine c’est l’amour miséricordieux de Dieu dans la misère et dans la commune palpitation du Sang de Jésus en nous, du Sang de Marie, du Sang de la Jérusalem céleste. Du coup nous aurons accès dans la prière, dans cette espèce de vol de l’Esprit-Saint à travers la matière tachyonique du Sang nouveau, nous aurons accès à cette foi de sauver la création tout entière, qui révèle les enfants de Dieu à la nature humaine, à la nature matérielle et à la nature temporelle toute entière, universelle.

C’est important, le temps de l’Église de Jésus. L’Église ne vient pas de nous, l’Église vient du Ciel. J’aime bien ce que tu as lu dans le livre de Ben Sirac : nous voyons qu’Élie est dans un tourbillon de feu. Je n’avais jamais repéré ça jusqu’à ce que tu nous le lises, pourtant c’est la troisième fois que je le lis aujourd’hui. C’est un tourbillon de feu qui s’est emparé d’Élie. Nous lisions dans l’Office de Matines aussi Gédéon. Gédéon est celui qui a mis une toison pour que la rosée tombe à côté et pas sur la toison. Alors nous voyons la toison d’un petit agneau d’un an, immaculé, et la rosée qui représente la transverbération, bien sûr. Sur les tapisseries de la Chaise-Dieu, Gédéon est avec son glaive : transverbération. L’ange, avec son bâton qui représente la croix, frappe le rocher sur lequel il avait mis sa chair, sur lequel il avait mis son sang. Et du rocher, vous savez ce qui est sorti ? Comme pour Moïse, comme pour Longin ? Du rocher de Gédéon, qu’est-ce qui est sorti ? C’était à l’Office de Matines d’avant-hier [Juges 6, 1-24]. C’est du feu qui est sorti du rocher de Gédéon. Les fontaines d’eau vive sortent du rocher de Moïse, et du rocher de Gédéon c’est du feu qui est sorti. Gédéon, c’est le cinquième sceau. Nous avons assez prié pour ça. C’est du feu. Il faut passer de la lumière, des torrents, des fontaines de lumière de vie éternelle, et ça devient du feu, c’est le feu qui sort du Cœur de Jésus, c’est du Sang qui est du Feu. Ce passage de la lumière à l’amour marque l’année dans laquelle nous sommes, puisqu’il est probable que le cinquième sceau de l’Apocalypse va s’ouvrir dans l’année qui vient. Gédéon a choisi ses soldats, ceux qui devaient prendre une cruche, une torche – la croix – enflammée, embrasée, une trompette, leur courage, leurs mains et en avant ! Trois cents soldats de Gédéon au milieu du camp de la nuit où ils sont incalculablement nombreux. L’Église de la fin, c’est vraiment des cruches et des torches. C’est génial ! Et comment est-ce qu’on les discerne ? C’est au moment de boire de l’eau. Les soldats de Gédéon sont des centaines de milliers, et Dieu dit à Gédéon : « Regarde comment chacun va boire de l’eau ». Vous vous rappelez de ça ? C’est comme ça qu’Il dit : « Celui-là tu le prends, celui-là tu le renvoies ». Il en a renvoyé dans leur tente des centaines de milliers et finalement il part avec trois cents. Et vous savez comment Dieu a dit : « Tu prends celui-ci et pas celui-là » ? À leur manière de boire de l’eau. J’avoue que je n’ai jamais bien compris, il faut absolument que je le regarde en hébreu. Tu prends dans la TOB, tu prends dans Ostie, tu prends dans Crampon, les traductions disent chacune le contraire de l’autre. Et pourtant ça doit être drôlement important. Comment est-ce que tu vas boire de l’eau ? Le torrent passe. Il y a ceux qui se mettent à genoux et qui lapent l’eau comme un chien. Et puis il y a ceux qui prennent l’eau dans la main.

- [Une participante] Et ceux qui se mettent à genoux pour boire avec les mains, mais ce n’était pas bon non plus. Seulement ceux qui étaient debout. Mais je n’ai pas compris.

- [Une autre participante] Ce sont ceux qui sont allongés et qui lapent l’eau directement.

- [La première participante] Oui, mais il y avait trois.

- Justement, vous verrez, ce n’est pas clair. Il y a ce que Dieu dit à Gédéon, il y a Gédéon qui voit les hommes qui font ça ou ça, après il choisit ceux qui ont fait ça ou ça, et ce ne sont pas les mêmes critères, alors on ne comprend pas. Il faudrait regarder les Midrash rabbiniques. Ça fait partie de mes intentions de regarder ce texte de très près, parce que nous nous approchons de l’ouverture du cinquième sceau de l’Apocalypse. Une chose est sûre, c’est qu’il n’y en a pas beaucoup. Il me semble que le texte a plutôt l’air de dire que c’est ceux qui prenne l’eau de la manière la plus misérable qui soit. C’est plutôt ça que je perçois dans ce passage-là.

Et j’aime bien ce passage d’Elie le prophète : c’est un tourbillon de feu qui sort du Cœur de Jésus dans Son état misérable. Souvent on dit : « Jésus est mort, c’est vrai ça a été dur la Croix, ça a été horrible, mais ça n’a pas duré, Il est ressuscité, maintenant ça va, Il ne souffre plus ». Mais c’est Jésus crucifié qui est ressuscité, on oublie de dire ça. Ce n’est pas Jésus qui n’aurait jamais connu la mort qui est ressuscité, c’est Jésus crucifié qui est ressuscité. Ses plaies sont encore vivantes, Son sang encore répandu, Son union hypostatique toujours déchirée. De manière glorieuse, mais Son union hypostatique est toujours déchirée. C’est la glorification de Son union hypostatique déchirée, la glorification de Jésus-Christ crucifié. C’est Jésus-Christ humilité, broyé, qui est dans un état de gloire. La gloire est la victoire de l’amour sur tout. L’amour du Père est victorieux de toutes les misères du Christ broyé, du coup ça fait Jésus ressuscité. Ce n’est pas du tout la suppression de Sa misère, c’est Sa misère à l’état glorieux. Nous savons ça grâce à l’Église catholique, parce qu’à chaque fois que nous célébrons la Messe Jésus crucifié est sous nos yeux. C’est Son immolation qui est là, c’est l’état victimal d’amour de Jésus, c’est Son union hypostatique déchirée qui est là dans nos mains et qui va traverser tous les temps eucharistiques, toutes ces immolations de chaque seconde de Jésus jusqu’à l’accomplissement des temps. Nous le disons bien à la Messe : la Messe est le sacrifice de Jésus. Et nous savons très bien que le Sang de Jésus est répandu et que Jésus est mort : le Corps de Jésus et le Sang de Jésus sont séparés, là, sous nos yeux, substantiellement. C’est pour ça que tous ceux qui sont dans ce désir d’être entièrement brûlés par la Résurrection, la guérison, la libération, la transfiguration, la lumière, la gloire, l’impassibilité, la satiété, l’agilité, la subtilité, la transparence, la surabondance de joie, d’extase, de ravissement de Dieu dès cette terre ne peuvent pas appartenir à l’Église du cinquième sceau de l’Apocalypse. Vous comprenez ? Ils appartiendront à quoi ? À la troisième vague, à la quatrième vague, à la 666e vague. Mais pas à la Montagne de Sion.

C’est bien que nous soyons très peu, parce que comme ça nous pouvons dire des petites choses tranquilles, sympathiques, intimes, des petits secrets comme ça. Il faut que dans notre intention nous soyons vraiment irréprochables. Il faut continuer, comme disait saint François d’Assise au frère Léon : « Marche ou crève » ! Nous continuons, nous continuerons toujours, c’est sûr, jusqu’à la fin nous continuerons, mais si nous avons un péché, alors alléluia, parce que c’est par la miséricorde que Dieu va établir au fond de nous dans l’Église tout entière, à travers cet alléluia qui sera le nôtre, la possibilité de prendre autorité sur le temps. Ce n’est pas à cause de notre force que nous pouvons prendre autorité. Si nous faisons un seul sang avec le sang pécheur qui abomine Dieu en face de manière vivante, palpitante, brûlante, si nous faisons un seul sang avec le Sang de Jésus dans Sa misère, alors à ce moment-là nous avons autorité sur le temps. C’est le temps de la miséricorde. Il ne faut pas être scandalisé. L’Avertissement, l’ouverture du cinquième sceau de l’Apocalypse sera difficile, sous un certain rapport, pour ceux qui croyaient qu’ils étaient restés de fidèles catholiques. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas rester fidèle. Dieu choisit ceux qu’Il a choisis, chacun reste fidèle à la place où Dieu l’a mis. Donc ça ne vient pas de nous. Si nous avons de l’humilité, tant mieux, gloire à Dieu ! Si nous avons la chasteté, très bien, nous n’avons pas à nous en glorifier, c’est un don de Dieu. Si nous sommes miséricordieux pour tous ceux qui nous ont bafoués ou volés, si nous leur donnons tout sans la moindre considération de retour sur nous-mêmes, tant mieux. Mais il y a toujours cet alléluia qui doit rester, cet état où il n’y a rien en nous qui puisse plaire à Dieu. C’est ça, le passage de la cinquième à la sixième demeure. Du coup, comme il n’y a rien en nous qui puisse plaire à Dieu, nous nous effaçons et nous laissons Dieu nous assumer. C’est facile, finalement. Ce qui est dur, c’est l’orgueil. L’orgueil est pénible, lourd, fatigant. La paresse et la concupiscence sont pénibles aussi. Le péché est toujours quelque chose de fatigant. C’est pour ça que nous sommes fatigués. Alléluia !

Il faut se rappeler ça tout le temps, surtout quand nous nous trouvons face à des gens qui nous disent : « Je t’admire, parce que moi je ne pourrais pas. - Mais pour toi ce serait beaucoup plus facile que pour moi. - Comment ça ? Je suis dans un état épouvantable, j’ai la haine en moi, je suis perverse, je ne pense qu’au sexe, je ne pense qu’à mon capital, au tiercé. De toute façon le Bon Dieu ne me pardonnera pas, c’est trop mal ce que j’ai fait, j’ai fait des avortements. Ce serait à refaire, je ne pourrais pas faire autrement, je suis sûre que je le referai. - Mais la miséricorde de Dieu ? Tourne-toi vers Lui. Le Père va se donner sans aucune mesure si tu lui dis : « Regarde, puisque je suis comme ça, c’est grâce à ça que je peux recevoir le don de la miséricorde », c’est-à-dire l’amour inconditionnel et sans mesure du Père, puisque le Père ne se donne sans mesure et inconditionnellement que là. »

Tu me posais la question : « Ça veux dire quoi 888, 666, 555, 111 ? » Et puis à un moment une voiture nous a dépassés et il y avait marqué 0019. Tu m’as dit : « 0, c’est quoi ? » Eh bien 0, c’est la vie contemplative. Quand tu contemples, il n’y rien qui vient de toi, il n’y a plus que Dieu, tout vient de Dieu. Et à travers ce néant, cet anéantissement, cet effacement, cette nuit substantielle, cette nuit accoisée, l’amour apparaît et il est ma seule lumière. C’est 0. Si vous voyez une voiture vous dépasser, où il y a marqué 0001, c’est très bien. Dans mon cœur, dans mon sang, dans ma chair et dans ma lumière, je contemple… rien : aucune lumière, aucun amour, le péché à l’état pur, la pourriture et c’est tout. Rien, néant, vide, nuit totale. Alléluia ! Là je peux adorer, 1, je peux adorer silencieusement, tranquillement. Alors je peux passer à 1000, comme disent les rabbins : de 0001 tu passes à 1000 et tu comprends ce qui se passe dans l’Immaculée Conception : elle dort et elle n’est rien. À la puissance de la Très Sainte Trinité, parce que le Père n’est rien, il n’y a que le Verbe, il n’y a que l’Épouse qui compte pour Lui. L’Épouse n’est rien, il n’y a que l’Époux qui compte pour le Verbe. L’Esprit-Saint n’est rien, il n’y a que l’amour de l’Époux et de l’Épouse. Et elle adore, elle est absorbée par ce rien de la Très Sainte Trinité à la puissance éternelle et incréée. Du coup elle est très sensible à ce rien qu’il y a dans le pécheur. Il n’y a rien qui vient de Dieu en lui. L’Immaculée Conception y est très sensible, elle sait ce que c’est. C’est ça l’Église. Et nous sommes toujours dans ce passage du flux et du reflux entre 0001 et 1000 : entre l’Immaculée Conception et l’état de notre nature humaine, notre l’humanité. La détresse de l’humanité, mon Dieu ! L’impasse dans laquelle elle est ! La bête de la mer, la bête de la terre !

Oh ! Quand est-ce que Tu vas venir ?
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