Chapitre 2 : L’entre- deux guerres





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Chapitre 2 : L’entre- deux guerres
Introduction : 14 juillet 1919

La guerre fait 1,4 million de morts ou disparus. Tranchée des baïonnettes à Verdun, où les hommes ont été enterrés vivants par la vague d’obus allemands. Cf livre de Pezart (?) Sur Vauquois, il illustre la « guerre des mines » : on ne sort pas des tranchées donc on se pulvérise mutuellement à une profondeur de 30m. Les hommes sont donc engloutis dans leurs propres tranchées, les armes provoquant des tremblements de terre.

Le 20 juin 1918, c’est la signature du Traité de Versailles : on veut faire payer l’Allemagne pour cette guerre. L’Allemagne considère ce traité comme un diktat car elle n’a pas le droit de négocier. La France récupère l’Alsace et la moitié de la Lorraine. Les réparations doivent être payées par les Allemands.

Le principal poste budgétaire français est confié au Ministre d’Etat Maginot, ministre des Anciens Combattants, poste supérieur à celui de l’éducation ou de l’économie, tellement les dégâts humains ont été importants. Tous les ans jusqu’en 1929 les Allemands alimentent ce ministère.

Le 14 juillet 1919, le défilé sur les Champs Elysée regroupe Serbes, Tchèques, Grecs, Américains, Britanniques ainsi que des contingents coloniaux… mais la France n’a pas gagnée. Elle se retrouve seule, n’a pas de réseau d’alliance pour lui garantir la paix. L’armée française est la dernière à défiler, la couleur qui domine étant le noir. Ainsi, toutes les familles sont en deuil, car elles ont toutes eu une victime. Le maréchal Pétain est le seul à être autorisé à défiler sur son cheval blanc (celui d’Henri IV), derrière lui tous les blessés et survivants. Les gens pleurent, le bain de sang a été tel que tous ceux qui l’ont vécu n’en veulent plus, c’est « la der des der ». C’est là que la France renonce à être une grande puissance.



  1. Les années folles


On fait le procès de la guerre, c’est la crise du patriotisme : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels » Anatole France, « Mars ou la guerre, jugez » Alain. La valeur républicaine est la première victime de cette guerre. On estime 300 pertes par jour en moyenne, 3000 pendant les périodes de grandes batailles.

Il y a désormais un fort antimilitarisme. Les soldats revenus sont au chômage, les femmes retournent au foyer. La démobilisation montre que quelques uns ont pu faire fortune grâce à la guerre (fabricants d’armes par exemple) : les Français sont écœurés. Marcel Pagnol, dans Les Marchands de Gloire, dénonce ceux qui se sont enrichis ou qui ont obtenu des récompenses qu’ils ne méritaient pas.

Dès octobre 1917, la révolution bolchévique commence à travailler la gauche française. Des mutineries éclatent dans la flotte française qui est envoyée combattre la révolution en Russie (ex : André Marty ou Tillon). Le mouvement bolchevique de rejet de la guerre se fait ainsi bientôt appeler communiste.

En décembre 1920, c’est le congrès de Tours de la SFIO, pour répondre au passage à la IIIème internationale proposé par le Kominform russe. Lénine pose 21 conditions que la gauche française doit respecter. En France, c’est la scission : 3220 adhérents forment le PC (Cachin, Vaillant- Couturier). Les caractéristiques du nouveau parti sont les suivantes : fort « centralisme démocratique », fidélité absolue à Moscou, et croyance dans la révolution pour dictature du prolétariat.

La CGT se scinde pour former la CGTU communiste, majoritaire. Au début des années 30, on compte 300.000 adhérents, et près d’1 million de sympathisants.
La SFIO reste certes fidèle à Marx… mais de loin. C’est avant tout une question d’idée et de personnalité. La SFIO est pour les réformes musclées au nom de l’égalité, la semaine de travail de 40 heures, les congés payés, etc. Elle est aussi pour la défense de la liberté et de l’égalité, au moyen d’un socialisme passant par les urnes. Le Populaire devient le principal journal socialiste.
En 1919, la chambre Bleue Horizon est élue : elle est majoritairement composée d’anciens combattants, qui forment le Bloc National. C’est donc une majorité de droite républicaine, anti-bolchévique, sévère envers l’Allemagne. Entre octobre 1917 et janvier 1920, Clemenceau est président du Conseil, mais on lui refuse d’être Président car il est athée (étant vieux, s’il meurt, il n’aurait pas le droit aux obsèques nationales catholiques).

En 1920, c’est donc Paul Deschanel qui devient Président, jusqu’à 1921. Fou, il est démis par le Congrès, et remplacé par Alexandre Millerand.
Charles Maurras et Maurice Barrès (Extrême Droite) donnent l’idée d’un nationalisme pour mettre en place un Etat fort. Ils rejettent les apatrides (arméniens très présents en France), font preuve de forts antisémitisme et antigermanisme (Jacques Bainville). Les positions de l’Action Française sont tellement tranchées que le Vatican coupe les ponts en 1926. L’Extrême Droite s’intéresse au colonialisme, car pendant la Première Guerre mondiale, 800.000 indigènes ont participé au combat.
En 1930, c’est le centenaire de la conquête de l’Algérie : le gouvernement et le Président (Paul Doumer) arrivent en Algérie sur un cuirassé, et mettent en scène la conquête en faisant jouer aux Algériens leur propre défaite !

En 1931, c’est l’exposition coloniale de Paris. Il y a 8 millions de visiteurs. La France, imbue d’elle-même, est contente. L’inauguration présente le Président sur un trône avec derrière lui les représentants de chaque colonie. Les visiteurs visitent des reconstructions des villages exotiques.
En 1924, le Cartel des Gauches est élu, et accompagne ainsi le nouvel esprit libertaire des années folles.

C’est l’époque du surréalisme, une obédience qui parfois se réclame de Moscou (Aragon, Breton, Clareté).

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée dormante porte l’orage » Jaurès (revenu d’entre les morts). C’est la négation du patriotisme, de la religion, du militarisme. « Notre Père qui êtes aux cieux, restez-y » Prévert, « Les hommes tombés à la bataille de Fontenois ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd ». Le Dadaïsme se développe avec Tzara, Hans Richter…
Il y a un problème de génération : jusque dans les années 30, on constate un excédent de femmes car les hommes sont morts à la guerre. On se heurte au problème des classes creuses : la jeunesse n’est plus là. On ne se comprend plus entre générations. En 1931, si la France compte 41,3 millions d’habitants, c’est grâce aux Alsaciens et aux Lorrains. Le taux de mortalité est supérieur à la natalité. Le pays est vieux. Les Années Folles correspondent aux années où on « tue le père », on rejette les vieux.

On se libère, avec Colette en littérature, Coco Chanel en mode, le Charleston & le Tango en danse, la cigarette, l’alcool, etc. C’est l’invention de la BD pour les jeunes (Tintin apparaît en 1929, avec Tintin au Congo). Alors que le Jazz débute, la radio se diffuse : c’est un vrai choc culturel. 4700 salles de théâtre accueillent 250 millions de spectateurs. Les gens vont au cinéma plusieurs fois par semaine (c’est le sommet du cinéma muet).
Le 11 novembre, on se recueille sur la tombe du soldat inconnu. Les mouvements d‘anciens combattants, avant de tourner droitiste, sont bien un mouvement pacifiste, qui lutte pour la protection des gueules cassées, des veuves et des orphelins… Leur action se place contre la guerre.



  1. Le temps des crises


En 1929, des faillites en chaîne sont provoquées par la surproduction ; l’effondrement économique touche le monde entier. La France n’est pas touchée tout de suite car depuis les années 20 le franc a été beaucoup dévalué, et est donc très faible. En 1928 Poincaré, alors président du Conseil depuis juillet 1926, stabilise le franc : 1 dollar correspond à 25 francs. Mais l’ensemble des monnaies du monde dévalue à partir de 1930, et le franc devient subitement trop fort. Du coup la France a du mal à exporter, et compte 54.000 chômeurs. La France est isolée.

En juin 1931, Hoover, Président des Etats-Unis, décide en conférence la suspension des paiements par l’Allemagne : c’est un rude coup pour le budget français. En 1930, c’est la construction de la ligne Maginot, une succession de forts destinés à protéger la France.

En 1932, il y a 300.000 chômeurs. La production chute de 25% ; les prix s’effondrent. On considère que le marché intérieur est primordial, donc on met en places des barrières douanières coûteuses. Ainsi, les importations diminuent, mais du coup les exportations également. C’est la crise : les prix français sont 20% plus chers que les produits étrangers. On investit dans l’Empire. Marseille en bénéficie et devient la seule ville sans chômage. Une succession de gouvernements pratique la déflation, pour réduire les dépenses de l’Etat. Mais il y a toujours les réparations, les allocations retraites, les indemnités pour les anciens soldats. On diminue les salaires, les retraites des anciens combattants. On réalise un prélèvement de 3% sur les pensions de guerre (veuves, orphelins).

Dans ce contexte on assiste à la montée des ligues d’Extrême Droite, qui scandent « à bas les voleurs ». Son développement est favorisé par une série de scandales. En 1934, c’est l’affaire Stavisky. Cet homme se serait « suicidé », après avoir escroqué les épargnants de Bayonne. Il avait des protecteurs dans le monde politique. Son conseiller Le Prince est trouvée lui aussi suicidé. La Ligue de Croix de Feu du colonel La Roque, ancien blessé de guerre, demande renversement de la République. En février 1934, Daladier, qui va être investi par la Chambre Président du Conseil, révoque le préfet de police Chiappe pour rétablir l’ordre. Le 6 février 1934, deux manifestations se déroulent, pour demander la fin de la République. La première est pacifique et de gauche. L’autre, de droite, est énorme : toutes les ligues, armées marchent vers le Palais Bourbon. Il y a beaucoup d’anciens combattants. Les Croix de Feu n’osent pas charger la police, et la République s’en sort. Par ailleurs, le pays va mal, et sombre dans la pègre et le banditisme. Marseille devient le Chicago français.

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est chancelier. La gauche se réunit face à la menace fasciste. Le PCF et la SFIO cherchent une alliance, suite à la guerre idéologique nazisme/ marxisme-léninisme. Le 14 juillet 1935 est créé le Front Populaire : 500.000 personnes sont réunies à la Bastille et chantent la Marseillaise. C’est le sursaut républicain du PCF, qui revient ainsi sur la scène politique. On met en place un programme de gouvernement commun, avec des propositions de solutions pour améliorer les conditions de vie.

L’Allemagne réarme : le 7 mars 1936, les troupes allemandes entrent en Rhénanie. Il y a une claire menace de guerre. En juillet 1936 commence la guerre civile en Espagne.

Les 24 avril et 3 mai 1936 se tiennent les élections parlementaires (84% de participation). Le PCF augmente de 61 sièges : Thorez « nous soutenons sans participer ». La SFIO est le grand vainqueur avec 147 sièges, notamment grâce au report des voix des radicaux (à cause des scandales à répétition, et à la déflation). On assiste à une réelle restructuration de la politique : le centre correspond aux radicaux-socialistes, moins à gauche qu’on ne le pense (passent à droite en 1939).

Le Front Populaire offre la « liberté » contre les dictatures, et le « paix ». Le fascisme mène à la guerre, mais on ne le combat qu’avec les mots (le budget de la Défense a diminué de 40% depuis 1932). La France se planque derrière le mur. Blum veut intervenir en Espagne mais son électorat refuse. Aucun mouvement militaire n’est donc engagé. Mandel dénonce : « plus qu’une faute votre programme est un crime », car il mène à la défaite. C’est cependant l’euphorie car, pour la première fois, la France a un gouvernement populaire (cf. film de Duvivier : La belle équipe). Il n’y a de salut que dans la solidarité, l’action collective et la camaraderie. Des grèves éclatent après les élections : on compte 2,5 millions de grévistes.

Les Accords de Matignon mettent en place :

  • augmentation des salaires entre 7 et 15%

  • la semaine de 40h

  • des délégués ouvriers dans les entreprises

  • le droit de grève

  • la nationalisation des usines de guerre et de la SNCF

  • 15 jours de congés payés (vœux de Gambetta)

C’est l’apogée du vélo. (si vous savez à quoi cette remarque sert…)

Mais entre 1936 et 1938, les prix augmentent de 40%, la misère s’accentue et les capitaux fuient la France. En septembre 1936 Blum dévalue le franc de 33%, mais c’est déjà trop tard. Roger Salengro, ministre de l’Intérieur, se suicide. En juin 1937, Blum démissionne. En 1938, les radicaux prennent les commandes avec le gouvernement Daladier, qui relance l’économie de guerre.

Hitler lance un ultimatum à la conférence de Munich en septembre 1938, alors que l’Italie s’associe à l’Allemagne. Daladier pense être conspué en rentrant, pourtant il est acclamé. Les républicains espagnols ont perdus contre Franco et ses fascistes, soutenus par l’Allemagne et l’Italie). La gauche redevient patriote, mais l’Extrême-Droite, proche des ligues, acclame elle aussi la conférence (simplement parce qu’elle est tentée par le modèle allemand). La France est malade, fragile et doute d’elle-même.


  1. Le cinéma témoin de son temps


C’est une époque royale pour le cinéma, qui devient parlant en 1930. En 1933 débutent les sagas de Marcel Pagnol, dont Jofroi, le premier film en plein air. C’est le cinéma populaire, et le réalisme poétique. Renoir La Marseillaise, Prévert… Le cinéma parle des mondes oubliés (cf. La Bête Humaine, Renoir). En juin 1939, Hitler envahit la Tchéquie et menace la Pologne, alors Franco a pris l’Espagne. Marcel Carnet réalise Le jour se lève, dans lequel Jean Gabin joue un homme seul sans allié, qui représente la France. Sa femme (= la liberté) le trahit, et il est pris par la police (= fascisme). Le héros finit par se suicider (= 10 juillet 1940).

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