Programme de terminale, enseignement obligatoire





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Des jeunes de plus en plus souvent déclassés, Centre d’observation de la société, octobre 2016. (http://www.observationsociete.fr/des-jeunes-de-plus-en-plus-souvent-d%C3%A9class%C3%A9s)


  • Le sentiment de déclassement s'accroît, Centre d’observation de la société, octobre 2016, (http://www.observationsociete.fr/le-sentiment-de-d%C3%A9classement-saccro%C3%AEt)

  • Le déclassement, Formation et emploi, Them@doc, CNDP (http://www.cndp.fr/entrepot/themadoc/formation-et-emploi/reperes/declassement-scolaire.html)

  • Rapport Lignes de faille, une société à réunifier, France Stratégie, 31 Octobre 2016, www.strategie.gouv.fr (http://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/rapport-lignes-de-faille-ok.pdf)



    POUR ALLER PLUS LOIN
    7] Le déclassement est une notion sujette à controverse
    Le thème du déclassement scolaire (professionnel) a déjà été abordée dans les années 1960-70 même si le terme de déclassement n’était pas utilisé. C’est le cas notamment dans les travaux de Raymond Boudon et Pierre Bourdieu. Ce thème est revenu d’actualité dans les années 1980 et n’a plus quitté depuis le devant de la scène.
    Les questions centrales, qui suscitent des polémiques toujours vives, tournent autour :

    • de l’ampleur et du contenu du phénomène du déclassement

    • du rôle de la valeur des diplômes/qualifications et sur leur capacité à protéger du déclassement

    • du déclassement ressenti ou réel

    • de la question des relations entre diplômes et emplois

    • du déclin de la méritocratie

    • des politiques d’éducation qui découlent de l’interprétation du déclassement




    7.1. Les travaux fondateurs sur la sur éducation


    • Les travaux de Richard B. Freeman sur la sur éducation (The overeducatec american, Academic Press, New York, 1976)


    Richard B. Freeman constate durant la décennie 70, contrairement à la précédente, que les salaires des diplômés baissent significativement et les déclassements sont de plus en plus nombreux.  

    Selon lui, cela s’explique par la combinaison de plusieurs phénomènes :

    • D’une part, il existe un excès d’offre dû aux générations du baby-boom alors que la demande d’emplois de cadres a ralenti et,

    • D’autre part, il y a eu une diminution du taux de rendement des études supérieures par l’augmentation du coût de ces études. Il formalise cette idée en 1971 par un « modèle en toile d’araignée ».



    Le Modèle de la toile d’araignée de Freeman
    Base théorique : le concept d'investissement en capital humain
    On a rappelé dans l'introduction les grandes lignes de la théorie de l'investissement en capital humain. C'est une théorie centrée sur le choix rationnel d'un individu maximisant une fonction d'utilité qui se confond avec le profit pécuniaire, dans un cadre d'économie concurrentielle, de marchés des capitaux parfaits et de certitude. C'est aussi une conception marginaliste du choix éducatif (Mingat, 1973) , qui revient en définitive à une logique coûts-bénéfices. Cette théorie a fait l'objet de nombreuses attaques en ce qu'elle ferait abstraction du contexte social des individus (les sociologues ayant montré l'importance de variables telles le niveau de revenu ou d'éducation des parents, leur statut socio-professionnel, etc. dans l'explication du parcours scolaire de leurs enfants, Bourdieu, 1974 ; Cherkaoui, 1979...). On notera ici les efforts d'une école française visant à enrichir sans l'abandonner le modèle de gain initial (Eicher, 1990) et cherchant à modéliser la dimension sociale (probabilités de réussite à l'université différenciées selon l'origine sociale chez Mingat, 1973 ; évaluation différente des coûts et des risques selon l'origine sociale chez Mingat et Eicher, 1982). L'élément essentiel à retenir de cette théorie de l'investissement en capital humain est que - ceteris paribus - la décision d'entrer à l'université devrait être affectée significativement par les incitations économiques (différentiel de salaire anticipé...).

    Vérifications empiriques de la théorie et liens avec le modèle de toile d'araignée



    Source : http://www.persee.fr/doc/ecop_0249-4744_1994_num_116_5_5703#ecop_0249-4744_1994_num_116_5_T2_0141_0000


    • En France, en s’inspirant notamment des travaux de Freeman, les travaux de Forgeot et Gautié, (1997) montrent un développement massif du déclassement à l’embauche, c'est-à-dire que les compétences requises pour l’emploi occupé sont inférieures aux diplômes ou qualifications demandés. Il est à noter que ces travaux s’intéressent principalement au déclassement dans sa dimension individuelle.



    7.2. La contestation de la thèse du déclassement


    • La thèse de l’existence du déclassement a été remise en question par Éric Maurin


    Éric Maurin, en 2007, dans « La nouvelle question scolaire », étudie l’impact de la hausse du niveau de formation des jeunes actifs sur leur insertion sur le marché du travail. Il considère que l’investissement en éducation contribue à réduire le chômage et la précarité parmi les jeunes et contribue à la hausse relative des salaires des premiers cycles universitaires. C’est le diplôme qui permet d'accéder en grande majorité au statut de cadre. Ainsi, une personne non-diplômée concentre tous les risques de ne pas obtenir de statut. Néanmoins, il montre que la démocratisation scolaire bénéficie surtout aux enfants d'ouvriers et de professions intermédiaires. La peur d'échouer à l'école est donc plus forte pour les classes supérieures qui peuvent perdre beaucoup. La démocratisation scolaire a, donc selon lui, eu des effets positifs sur la situation professionnelle des générations qui se sont succédé, même si les diplômes ont perdu de leur valeur. Si l’accès à l’enseignement supérieur n’avait pas été amplifié, les conditions d’emploi des jeunes générations auraient été plus difficiles.
    En 2009 dans « La peur du déclassement : une sociologie des récessions », Éric Maurin précise que l’investissement différentiel en capital humain segmente les nouvelles générations. Il constate qu’en période de ralentissement de l’activité économique, les diplômés de l’enseignement supérieur ont la possibilité de passer des concours de la fonction publique de catégorie B, emplois moins qualifiés mais protégés, possibilité qui n’est pas offerte aux personnes qui sont sorties du système scolaire à des niveaux plus faibles. Par ce choix stratégique, ils relèguent les moins diplômés sur les segments les plus instables du marché du travail, les condamnant à un déclassement subi.

    • Par ailleurs Éric Maurin, dans « La nouvelle question scolaire » considère que le phénomène saillant des années 70 est « la peur du déclassement » plus que le déclassement lui-même. Il s’est particulièrement interrogé sur les liens entre le déclassement réel et sa perception. La peur du déclassement qui inquiète un nombre croissant de Français, repose sur la conviction que personne n'est plus protégé de la perte de son emploi, de son salaire,… de son statut. La peur pose un problème spécifique dans le cadre de l'économie française contemporaine, car être licencié entraîne une période de chômage de longue durée et la perte d'un statut. Dès lors, la peur du déclassement est importante car elle a un coût élevé. Elle induit un comportement protecteur de la part de ceux qui ont le plus à perdre (les classes moyennes et les classes supérieures).


    Extrait d’une interview d’Éric Maurin au Monde (2009)
    Pourquoi le déclassement est-il devenu la préoccupation majeure en France ?

    Il faut distinguer le déclassement et la peur du déclassement. Le déclassement est une réalité qui touche la société à la marge. Alors que nous traversons une des pires récessions de notre histoire, le nombre de salariés ayant perdu un emploi stable dans les 12 derniers mois est, par exemple, de l'ordre de 300 000 personnes. Sur un plan personnel et familial, ces licenciements représentent un drame, mais ils ne concernent cependant qu'une toute petite fraction de la société, à peine 1 % de la population active totale. L'immense majorité des Français reste en fait à l'abri de la déchéance sociale.

    A l'inverse, la peur du déclassement est ressentie par l'ensemble de la société, y compris par les classes moyennes et supérieures, celles qui ont le plus à perdre. Cette peur est la conséquence de politiques publiques qui, depuis cinquante ans, ont systématiquement privilégié la protection de ceux qui ont déjà un emploi plutôt que le soutien de ceux qui n'en ont pas. Progressivement s'est constitué un rempart de droits sociaux entre les salariés à statut (CDI) et la précarité sociale.

    L'aspect positif, c'est que les salariés en place ont été de mieux en mieux protégés. L'aspect négatif, c'est que cette barrière est devenue de plus en plus difficile à franchir pour tous les autres. Les salariés à statut en ont bien conscience qui craignent plus que tout de tomber de l'autre côté de la barrière. Plus les statuts sont protégés, moins souvent on les perd, mais plus on perd quand ils disparaissent. […]

    L'angoisse scolaire n'a jamais été aussi forte. Pourquoi ?

    On fait un contresens total lorsqu'on avance que la valeur des diplômes se serait réduite. C'est l'inverse : jamais les diplômes n'ont été aussi déterminants pour l'obtention de statuts au sein de la société. En 2008, le chômage parmi les diplômés du supérieur est inférieur à 10%. Pour les non diplômés, il monte à 50 %, soit un écart de 40 points. La différence n'était que de 10 points au milieu des années 1970.

    L'impératif de ne pas échouer à l'école est devenu écrasant. L'enjeu de la compétition scolaire n'a jamais été aussi élevé, les diplômes ont pris une valeur exorbitante. C'est particulièrement angoissant pour les familles. 

    Source : Le Monde, 7 octobre 2009 ( http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/07/eric-maurin-toute-reforme-sera-percue-comme-une-remise-en-cause-d-un-statut-acquis_1250331_3224.html#lC733CsdLbRHcGXM.99)


    • Dans Les nouvelles classes moyennes, Eric Maurin (et Dominique Goux), persistent à contester les thèses du déclassement en s’intéressant plus particulièrement à celui supposé des classes moyennes défendu par Louis Chauvel.

    S’ils admettent l’existence d’une peur du déclassement chez les classes moyennes, ils récusent la thèse de leur paupérisation. Selon eux, les déclassés dans les classes moyennes sont minoritaires. Quant à un éventuel déclassement scolaire des enfants des classes moyennes, ils le contestent et affirment même qu’ils ont eu tendance à rattraper leur retard sur les enfants de cadres. Néanmoins, les difficultés pour accéder aux grandes écoles, et donc à l’élite, restent fortes et sont à la source d’une frustration pouvant entre autres expliquer ce sentiment de déclassement.

    Plus globalement, Dominique Goux et Éric Maurin considèrent qu’il n’y a ni déclassement salarial, ni résidentiel, ni scolaire, ni sur le marché du travail.

    Extrait d’une interview, par Sylvain Bourmeau, d’Eric Maurin publié dans Libération le 12 janvier 2012 « Politiquement les classes moyennes ont un rôle d’arbitre qu’elles n’ont jamais eu avant »
    […] Peut-on parler déclassement des classes moyennes ?

    En termes de statut social, il est assez inexact de se représenter les classes moyennes contemporaines comme peuplées de personnes ayant une position professionnelle inférieure à celle de leurs parents et donc habitées par ce ressentiment particulier qu’éprouvent les déclassés à l’égard de la société. Au sein des classes moyennes, seule une petite minorité de personnes se trouvent dans cette situation (de l’ordre de 15 %) et cette proportion est très stable dans le temps. De même, il est faux de se représenter les enfants de classes moyennes comme en déclin scolaire ou social par rapport aux enfants des autres milieux sociaux : à bien des égards c’est plutôt le contraire qui s’est produit. Les enfants de classes moyennes ont par exemple plutôt progressé dans les classements scolaires depuis trente ans. Chaque fois qu’une réforme scolaire a tendu à égaliser les chances entre les classes populaires et les classes moyennes (le collège unique par exemple), on a pu constater un surinvestissement énorme de la part des familles de classes moyennes pour maintenir le rang scolaire de leurs enfants, en les poussant chaque fois un cran plus loin dans leurs études. L’école est devenue l’une des sources majeures de statut social dans notre société et elle représente pour les classes moyennes un enjeu et une angoisse essentielle.
    Avec la hausse des prix, n’y a-t-il pas quand même un déclassement résidentiel des classes moyennes ?

    Depuis dix ans, les prix de l’immobilier ont beaucoup augmenté, plus vite que les revenus, mais tout le monde souffre, pas seulement les classes moyennes. Quand on compare les voisinages dans lesquels résident les classes moyennes, on ne constate aucun déclin, aucune dilution sociale, aucun rapprochement avec les classes populaires. Il est indiscutable qu’une fraction non négligeable des familles des classes moyennes est aujourd’hui comme prisonnière de quartiers en voie d’appauvrissement qu’elles n’ont pas ou plus les moyens de quitter. Mais c’était déjà le cas il y a dix ans et surtout une proportion tout aussi importante de classes moyennes continue à fuir ces quartiers pour s’assurer une promotion territoriale. Les classes moyennes n’ont pas lâché non plus en termes d’accession à la propriété, alors que les classes populaires ont lourdement décroché, notamment chez les jeunes. Les inégalités entre classes sociales devant la propriété du logement ont explosé au cours des quinze dernières années. […]
    Source : http://www.liberation.fr/societe/2012/01/12/politiquement-les-classes-moyennes-ont-un-role-d-arbitre-qu-elles-n-ont-jamais-eu-avant_787684

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