Programme de terminale, enseignement obligatoire





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Dans son livre « Les classes moyennes à la dérive » en 2006, Louis Chauvel considère que le rendement social des diplômes diminue car la structure sociale évoluait plus lentement que celle des diplômés.

Mais toutes les cohortes ne sont pas touchées de manière identique pour trois raisons.

    • Premièrement, lorsque les recruteurs n’ont pas anticipé une hausse du nombre de diplômés et qu’ils recrutent encore selon les anciennes normes. C’est ainsi que les bénéficiaires d’une expansion scolaire peuvent bénéficier quelque temps de la rente de rareté de leurs prédécesseurs mais a contrario leurs successeurs peuvent être moins nombreux donc plus sélectionnés et, pourtant, subir une érosion de leurs titres.

    • Le deuxième facteur qui peut contrecarrer la baisse tendancielle de la valeur des diplômes est l’état de la conjoncture économique, elle dépend de l’état du marché du travail : les employeurs se montrent plus ou moins exigeants selon que l’offre de diplômés est excédentaire ou déficitaire.

    • Le troisième facteur expliquant pourquoi la baisse du rendement social des diplômes n’est pas linéaire est relatif au fonctionnement du marché du travail.


« Le déclassement des classes moyennes n’est pas un fantasme, c’est une réalité », Interview de Louis Chauvel pour Capital publié le 08/02/2012

Les classes moyennes sont au cœur de la campagne présidentielle et leur situation fait débat au sein des « experts ». Le sociologue Louis Chauvel*, démonte l’essai Les Nouvelles Classes moyennes dans lequel les auteurs expliquent que le déclassement social est une fiction.
Capital.fr : A en croire l’essai Les Nouvelles Classes moyennes, de Dominique Goux et Éric Maurin, celles-ci ont certes peur du déclassement, mais elles n’ont pas été rétrogradées. Cette thèse va à l’encontre de vos travaux…

Louis Chauvel : Nier ce déclassement est étonnant. Cela vient peut-être du prisme réduit de leur étude, puisqu’ils ne s’intéressent qu’à une partie des classes moyennes : celle située au niveau des professions intermédiaires en emploi. C’est-à-dire les instituteurs, techniciens, petits ingénieurs, travailleurs sociaux. En ignorant tous ceux qui ont effectivement dévissé de ce niveau, ils se concentrent sur les survivants du déclassement. L’autre biais considérable de cette analyse est de ne pas se donner les moyens d’analyser la différence entre ceux qui bénéficient de l’apport des parents ou d’un héritage reçu et ceux qui n’ont que leur travail pour se loger, consommer, partir en vacances, améliorer les études de leurs enfants. Certes, comme le disent Dominique Goux et Éric Maurin, le nombre de jeunes propriétaires a augmenté dans les années 2000-2005, mais au prix d'un « reste à vivre » après remboursement qui a fortement diminué, comme le montre Fanny Bugeja dans ses travaux sur le logement et la consommation. Aujourd’hui, à Paris et dans les grandes villes de France les ménages ne peuvent plus acheter sans une aide massive directe de leur famille. Les autres, et ils sont légion, se mettent dans des situations économiquement difficiles et doivent se rabattre sur des quartiers qu’ils auraient évités dix ans plus tôt. Le logement est symptomatique du déclassement des classes moyennes qui ne disposent que des fruits de leur travail : si vos parents ne sont pas riches et généreux, vous allez devoir travailler deux fois plus longtemps qu’en 1995 pour le même logement, ou perdre beaucoup de temps dans les transports, ou choisir pour vos enfants de mauvaises écoles.
Capital.fr : Ces auteurs feraient donc fausse route…

Louis Chauvel : Il suffit d’analyser le parcours des Français après l’obtention de leur diplôme pour s’en convaincre. Il y a 25 ans le Bac était le ticket d’entrée dans les classes moyennes et suffisait pour grimper dans l’échelle sociale. Aujourd’hui, le baccalauréat est le diplôme qui mène droit aux couches populaires et les professeurs des écoles sont plus souvent des titulaires d’un master qui n’ont pas trouvé de meilleure place. Un Bac + 2, qui permettait encore de devenir ingénieur maison ou cadre il y a une dizaine d’années, est aujourd’hui relégué à des fonctions subalternes. Le diplôme est devenu une condition de plus en plus nécessaire et de moins en moins suffisante de l’obtention du statut de classe moyenne. Les classes moyennes intermédiaires étudiées par Dominique Goux et Eric Maurin ne sont pas les gagnants de cette guerre des diplômes. Le déclassement des classes moyennes n’est pas du ressenti, c’est une réalité.
Capital.fr : Quand a débuté ce déclassement ?

Louis Chauvel : Les générations nées en 1960 en sont les premières victimes. Elles sont en effet arrivées sur le marché du travail lorsque le chômage des jeunes commençait à flamber. Elles ont donc dû faire des concessions salariales et de statut pour obtenir leur job : CDI à la chaîne, stages, piges, intérim... Or les analyses sur la France montrent qu’une fois que l’on a accepté le déclassement, il est ensuite très dur de rattraper le retard pris en début de carrière. L’histoire sociale en France ne repasse pas les plats. C’est le début du toboggan social. Depuis ce phénomène s’est amplifié, et l’intensification de la crise que nous vivons a peu de chances d’arranger les choses. La situation des ménages qui se sont fortement endettés pour acquérir un logement depuis 2005 est préoccupante. Ils sont en effet en train de rembourser un bien qui pourrait perdre de la valeur dans les prochaines années, ce qui alimente leurs angoisses et risque de les appauvrir. Et encore je ne parle pas des victimes du chômage ou d’une rupture familiale, obligés de céder leur bien en situation de faiblesse dans la négociation. Au moins 250.000 ménages sont dans une situation à risque.
Capital.fr : Comment les jeunes peuvent-ils éviter ce déclassement annoncé ?

Louis Chauvel : L’exode économique est une solution. C’est terrible à dire mais l’herbe est souvent plus verte ailleurs. Le Québec, le Canada, les États-Unis peuvent être une option. Pour ceux dont les dons en langues sont plus acérés, Singapour ou la Chine continentale peuvent offrir des carrières vraiment excitantes. Pour d’autres raisons - choc démographique et raréfaction des jeunes travailleurs - l’Allemagne et le nord de l’Italie vont offrir de nouvelles opportunités à saisir. Les jeunes Français débrouillards, bons en langues et qui habitent dans les régions frontalières pourraient en profiter. […]
Source : http://www.capital.fr/a-la-une/interviews/le-declassement-des-classes-moyennes-n-est-pas-un-fantasme-c-est-une-realite-696354#
En septembre 2016, avec « La Spirale du déclassement, Essai sur la société des illusions », Louis Chauvel persiste à penser que les classes moyennes sont dans une spirale du déclassement. À partir de données et de comparaisons internationales, il récuse les thèses selon lesquelles le déclassement ne serait qu’une peur. Il considère que le déclassement est transféré sur la génération suivante. Cette génération se retrouve avec un niveau de statut inférieur à celui de ses parents. Elle subit aussi le déclassement scolaire, et le déclassement résidentiel…

Il décrit un monde « en déconstruction », sous l’effet d’une double rupture : la montée des inégalités de classe et celle entre générations (la « paupérisation des jeunes », sacrifiés au profit des retraités). Ces deux fractures, sociale et générationnelle, s’additionnent, se complètent, et produisent finalement un « déclassement systémique ».

Les causes en sont le ralentissement de la croissance économique, la difficulté pour les jeunes d’entrer sur le marché du travail, la dévaluation des diplômes, mais aussi l’accroissement des inégalités de patrimoine, en particulier de patrimoine immobilier, entre ceux qui sont propriétaires de leur logement et les autres.

Il précise qu’il ne s'agit pas de remplacer les inégalités de classes par celles de générations, mais de montrer la complémentarité de leur dynamique : avec le creusement des inégalités patrimoniales, les écarts au sein des nouvelles générations sont appelés à se renforcer entre héritiers protégés par leurs "garanties" familiales et détenteurs de diplômes dévalorisés.

Louis Chauvel considère que nous sommes entrés dans une ère d’ « inégalité sidérale » dans laquelle le phénomène de « repatrimonalisation » des richesses ne signifie pas seulement « un handicap croissant pour ceux qui n’ont que leur salaire », mais aussi « le rétablissement de modèles dynastiques de familles, où la gestion du patrimoine hérité est une dimension structurante de la relation intergénérationnelle ». Le creusement des inégalités conduit ainsi « une partie des classes moyennes et des générations nouvelles à suivre les classes populaires sur la pente de l’appauvrissement, entraînant une spirale générale de déclassement ».
(Lire aussi un article de Louis Chauvel dans un article du Monde du 18 octobre 2016 « Oui, les inégalités progressent en France ! », http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/17/oui-les-inegalites-progressent-en-france_5014752_3232.html#hO3LWdavz3cUks7r.99)


Page sur Aix-Marseille, nov. 2016
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