Quelques données sur l’Ecole en France du XVII au xixème siècle avant les lois Ferry sur la laïcité





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Quelques données sur l’Ecole en France du XVII au XIXème siècle avant les lois Ferry sur la laïcité.

C’est au XVIIè que l’Ecole s’enracine sous l’impulsion de la contre-réforme catholique. L’Ecole, alors, n’est ni gratuite, ni obligatoire, ni laïque. Assurée par l’église catholique, l’enseignement transmet une foi (catholique chrétienne) et un savoir lié à cette foi. Soucieuse d’alphabétiser et rechristianiser le peuple, les petites écoles se généralisent dans les paroisses urbaines surtout depuis l’ordonnance du 13 décembre 1688 où Louis XIV oblige les parents à envoyer leurs enfants dans les écoles paroissiales. Le maître en est le curé ou le régent placé sous son autorité, embauché par la communauté paroissiale avec l’accord de l’évêque qui n’accorde les "lettres de régence" "qu’après enquête sur la moralité" du postulant et sur contrôle de ses connaissances religieuses. Les familles doivent payer au régent un droit "d’écolage" et ces écoles ne transmettent que les connaissances élémentaires : catéchisme, lecture, écriture, bases du calcul.

L’innovation en matière d’enseignement vient d’un courant catholique «dissident » les jésuites paradoxalement pour lutter contre l’emprise de la Réforme et renforcer le pouvoir du pape. En fait, la bourgeoisie des villes (où sont ouverts les collèges jésuites) se tourne vers ces établissements. Le latin reste la langue de référence (nécessaire à l’époque pour devenir avocat, médecin, magistrat ou entrer dans l’administration). Les jésuites introduisent trois nouveautés : la progressivité dans les études, les devoirs écrits (thèmes, dissertations latines), les notes, classements, concours, récompenses honorifiques et donc l’esprit de compétition. D’autres confessions enseignantes chrétiennes leur emboîtent le pas : gallicanisme, jansénisme, protestantisme, ce qui amène le roi à soumettre l’ouverture de certains collèges à autorisation royale. L’Eglise catholique reste maîtresse de l’Ecole.

Cette Eglise trouve la pédagogie des jésuites trop avancée : en 1762, elle obtient l’expulsion des jésuites et la fermeture de leurs collèges. A la veille de la Révolution, l’école reste totalement sous la coupe des curés et des évêques. Quelques collèges ouverts par des oratoriens ou des Bénédictins enseignent les sciences ; quelques collèges sont aussi chargés de former les officiers (1776) avec un enseignement sans latin, mais comportant l’enseignement des sciences avec travaux pratiques et langues. Les écoles élémentaires restent rares, pauvres, sous la responsabilité du curé (souvent c’est le sacristain ou le chantre voire le cabaretier qui est instituteur). Aucun programme n’est fixé. Seuls les frères enseignants (ordre fondé par J.B. de la Salle) essaient « d’innover » par un enseignement collectif donné selon trois niveaux. Avec l’avènement de la philosophie des Lumières, certains philosophes entreprennent une réflexion pédagogique sur l’enseignement : Fénelon, Rollin, les philosophes encyclopédistes et surtout Rousseau. L’Eglise les condamne et Rousseau doit s’exiler.

Sous La Révolution (1789) et la première République (1792-1799) l’enseignement devient une affaire d’Etat. Tous les plans d’organisation de l’école conçoivent l’enseignement comme un devoir de l’Etat chargé de faire diffuser les Lumières, gratuitement, par un corps de professeurs fonctionnaires. Tandis que le Moyen Age avait commencé par le haut (les Universités), eux vont surtout s’appliquer à organiser un niveau intermédiaire (le secondaire) : les Ecoles Centrales qui préfigurent les lycées. A un enseignement essentiellement littéraire, on ajoute des programmes encyclopédiques couvrant l’ensemble du savoir de l’époque. Des professeurs « spécialistes » apparaissent. Pour éviter les méfaits des corporations, Condorcet interdit de « confier l’instruction à des corps enseignants qui se recrutent par eux-mêmes ». Le recrutement et la formation sont contrôlés par l’Etat, mais l’Université continue à avoir le monopole de la formation d’un corps spécialisé et hiérarchisé. Les écoles primaires quant à elles sont négligées par ces réformateurs. Toutes les transformations de l’Ecole doivent désormais se faire légalement, par décision du gouvernement, conformément à des principes énoncés dans des « exposés des motifs ». L’Ecole devient une Institution d’un Etat unifié et centralisé. Les maîtres deviennent des fonctionnaires payés par l’Etat. L’Ecole sera gratuite. Tous ces projets restent pour la plupart à l’état de projets.

Sous l’Empire (1799-1815) Napoléon Ier place l’Ecole sous l’autorité du pouvoir central : aucune école ne peut fonctionner sans autorisation de celui-ci, les diplômes et la formation des maîtres (public et privé) passent sous sa tutelle (création de la première école normale en 1808 à Strasbourg). L’Université de France placée sous l’autorité directe du Ministre (le Grand Maître), est seule habilitée à délivrer les diplômes permettant d’enseigner. Napoléon remplace les Ecoles Centrales par les Lycées (où le latin reprend ses droits et où l’enseignement des sciences régresse). Ces Lycées et Collèges impériaux sont destinés à la bourgeoisie qui doit fournir officiers et fonctionnaires aux ordres de l’Empire. Leur règlement s’inspire de celui des Collèges des jésuites, avec une organisation quasi militaire. Napoléon qui a besoin d’obtenir les cadres nécessaires à sa nouvelle administration ainsi qu’à l’armée impériale, s’intéresse surtout à la promotion de l’enseignement secondaire donné dans les lycées et abandonne le primaire à l’Eglise, aux frères des écoles chrétiennes souvent baptisés « frères ignorantins » par le peuple. Leur instruction est très limitée, leurs méthodes très primitives, et là où il n’y a pas de frère, l’instituteur est nommé par le maire en accord avec le curé. Il ne reçoit aucune formation préalable, est payé par les parents si bien que les enfants des personnes pauvres ou ayant des revenus modestes ne sont pas scolarisés.

La deuxième République (1848-1852) décrète l’enseignement primaire obligatoire et gratuit mais n’a ni les moyens ni le temps d’agir. Le brevet de capacité (dont les frères sont dispensés) est maintenu pour les instituteurs. L’enseignement primaire s’ouvre aux filles mais est confié à des congrégations religieuses. Avec le second Empire (1852-1870), la loi Falloux (1850) réaffirme la liberté de l’enseignement sans contrôle de l’Etat, l’Eglise alliée de l’Empire est alors à l’apogée de son influence sociale et morale. Les écoles normales (dont on redoute l’esprit républicain) peuvent être fermées par le Conseil Général ou le Ministre. Vers la fin du second Empire, le Ministre Victor Duruy sans aller jusqu’à rendre l’enseignement primaire obligatoire et gratuit autorise les municipalités à entretenir des écoles gratuites. Il introduit l’enseignement de l’histoire et de la géographie, et crée des bibliothèques populaires à l’école primaire. C’est sous la IIIè République que sont votées les lois scolaires de Jules Ferry (1881-1882) : l’enseignement devient obligatoire gratuit et laïc.

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