Pourquoi la restauration était une monarchie impossible ?





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date de publication11.10.2017
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Pourquoi la restauration était une monarchie impossible ?

Intro :- citation de Chateaubriand

- en 1830 les Trois Glorieuses sont une révolution,( ?) qui donne lieu à une autre monarchie : il n’ y a donc pas de changement de régime, d’où l’interrogation : pourquoi cette monarchie en particulier était impossible ? Il faut admettre qu’elle a des spécificités qui expliquent son échec autre que seulement le fait que c’était une monarchie.

  • Avec la restauration, des hommes politiques s’affirment comme réactionnaires. La Réaction pose donc le problème du retour en arrière, de sa possibilité ou non dans l’histoire . Pourquoi fut ce impossible à la Restauration de nationaliser le Roi et de royaliser la Nation comme le voulait Decazes ?




  • problématique : Comment s’exprime ce décalage entre la société issue de la Révolution et l’Empire et « ceux qui n’ont rien appris rien oublié » et pourquoi la conciliation que souhaite établir la monarchie qui se met en place à la Restauration n’est elle pas viable ?



I Une mise en place difficile du «  nouveau » Régime
A Une nostalgie de l’Empire ?

  • Louis XVIII puis Charles X sont des rois qui n’ont pas le même charisme que Napoléon : Seul un charisme d’homme providentiel serait apte à faire tenir ce régime particulier : Or F . Démier souligne que « Louis XVIII est alors un vieillard dont on peut douter qu’il ait l’ampleur de vue nécessaire pour concilier les Français dans un compromis raisonnable autour de la Couronne. » Ce même auteur décrit Charle X comme un « souverain d’intelligence médiocre, dévot, sans connaissance de la France nouvelle , il est sous l’influence de coteries réactionnaires »

  • Napoléon jouissait d’une certaine popularité dans presque toutes les couches sociales au contraire des Rois de la Restauration, mal connus par les couches populaires) : Le Souvenir de la grande Nation et de la Révolution est toujours présent. Or la Chambre introuvable souhaite revenir trop brutalement en arrière en multipliant les ruptures avec la Révolution : abolition du divorce, bannissement des régicides etc.

  • Lors des cent Jours, Napoléon conteste et invite à contester la figure du Roi : Ces 100 jours instaurent une forme de compétition entre Louis XVIII et Napoléon qui cherchent à plaire en étant le plus libéral possible. On note que Napoléon a réussi à monter jusqu’à Paris, ce qui montre qu’il était toujours populaire.

  • La terreur blanche fut une erreur Qui met en évidence le fossé dans la société :on ne peut pas régler une division par la peur, on ne peut que l’exacerber

  • La publication du Mémorial de Sainte Hélène jette le trouble sur le régime de la Restauration en contribuant à la naissance du « mythe » Napoléon.


Trans : ceci nous amène à penser que la légitimité était contestée.


B Une légitimité contestée


-Un roi qui arrive dans les fourgons des étrangers

Le régime commence en 14 avec l’invasion du pays par des étrangers, des Autrichiens, des Anglais des Russes et des Prussiens qui imposent le roi à la France : ce détail qui marque profondément les esprits. Ainsi F. Démier souligne qu’en 1815 «  le retour des Bourbons prend [..] la forme d’une humiliation nationale. » 

  • Refus de la Constitution du Sénat

  • Pas de continuité directe avec l’Ancien Régime

En dépit des propos de Louis XVIII qui affirme avoir accédé au pouvoir en 1793 ( à vérifier) , celui-ci arrive au pouvoir un quart de siècle après le Roi qui le précédait, avec qui il n’a pas de lien filial, et en plus ce Roi a été renversé par le peuple)=> Pourquoi Louis XVIII pourrait –il se vanter d’une légitimité que son frère n’avait pas un quart de siècle plus tôt ? Le Roi donne l’impression à première vue de restaurer intégralement l’AR par la multiplication de signes politiques et de nombreuses cérémonies ( par exemple les cérémonies commémoratives pour les morts de la Révolution) . Or ces signes ne sont pas toujours bien vu, ainsi l’Armée refuse le retour au drapeau blanc.
C Une Charte ambiguë :

(Question très importante à énoncer comme pbl de la sous –partie) : Pourquoi la Charte qui s’inspire de tant d’aspects du régime anglais, régime qui dure toujours aujourd’hui au Royaume-Uni, n’a-t-elle pas permis à la Restauration de durer plus de 15 Ans ? Ce type de régime n’avait il pas déjà fait ses preuves, comment expliquer l’impossibilité de sa mise en place en France ?

  • la forme même de la Charte contribue à créer un flou. Est-ce un projet qui veut « développer l’Etat nouveau sur des bases anciennes » ? A la fois les premiers articles semblent être des acquis de la révolution, à la fois la Charte est donnée «  en la 21 ème année de son règne »=> volonté d’éclipser la Révolution de Louis XVIII qui est roi de « droit divin », par la «  divine providence ».

  • La forme même de la charte divise : ainsi l’Abbé Rauzan tonne en 1814 : «  toute constitution est un régicide ».Pour les ultras (dont nous parlerons tout à l’heure) , la Charte, dont ils refusent le principe même, apparaît comme un compromis innaceptable entre la monarchie et la Révolution, c'est-à-dire entre le bien et le mal absolu.


-Un Régime analogue à celui de l’Angleterre semblait convenir à tous à prime abord : aux libéraux parce qu’il était libéral et aux royalistes parce qu’il était monarchique et reposait sur la tradition. La charte était une forme d’alliage entre aspiration libérale et sentiment royaliste qui, pour reprendre l’expression de Pierre Rosanvallon, «  caractérise l’air du temps ». Il apparaît donc comme un bon compromis, souligne P. Rosanvallon . Au départ, elle satisfait une grande partie du peuple par son système de monarchie tempérée par deux Chambres.

-MAIS Charte rédigée très rapidement et avec une dimension circonstancielle très forte et avec très peu d’attention de la part de Louis XVIII. Ne s’appuie sur aucun corps de principes nettement élaborés parce qu’elle a été considérée comme une simple œuvre de circonstance, presque comme « une formalité ( le terme est de Joseph Barthélémy, historien du début du XXème siècle. Dimension circonstancielle de ce texte est très forte.

Ainsi, Chateaubriand souligne dans Réflexions politiques que «  la Constitution anglaise est le fruit de plusieurs siècles d’essais et de malheurs, et nous en voulons une sans défaut dans six mois »
- Plus de rejets fondent la Charte que de principes la guident. [rejet de l’Empire, de la révolution de 93 et dissociation même de l’AR sans que cela ait été clairement explicité, mais dans les faits, on n’a plus affaire à une monarchie absolue mais à la naissance d’un régime parlementaire]. Comment penser ce nouveau régime s’il n’a pas de références claires ?
Trans : Les institutions ne sont décrites par la Charte que de manière très générale, et ses interprétations furent encore plus nombreuses que ses ambiguïtés. Il fallait un temps d’apprentissage et d’interprétation pour en voir réellement le fonctionnement

( importance du vote du premier budget). Malgré l’évolution parlementaire du régime, l’équilibre crée par celui-ci reste précaire.

II… qui explique des difficultés renforcées par des antagonismes multiples
A Des divisions religieuses,


  • charte ambiguë a ce sujet : . La Charte « est octroyée » au peuple par un souverain rappelé au Trone par « la divine Providence » => référence médiévale et religieuse qui ne semble plus dans l’air du temps.

  • L’ Union du trône et de l’autel mal vu pour ceux qui défendent les acquis de la Révolution

  • un renforcement de l’interpénétration Etat – Eglise parfois mal perçu

( Eglise se préoccupe de politique, d’école..)

sacre de Charles X= cérémonie tout à fait étonnante

-pb entre prêtres réfractaires et ayant prêté serment

  • ce qui fait naître des oppositions à l’autorité religieuse et donc étatique


B Un régime qui n’ a pas d’assise sociale solide


  • suffrage extrêmement censitaire

  • Pb du suffrage : Le Suffrage censitaire est bien trop faible pour asseoir le régime, seulement 110 000 hommes élisent la Chambre introuvable. C’est ainsi que F. Démier souligne : « l’assise de ce pouvoir technocratique, isolé par dans un vote censitaire élitiste , reste trop étroite pour convaincre les classes moyennes. » Le Problème du suffrage est d’autant plus grand qu’il ne peut pas y avoir de régime véritablement représentatif avec un cens si faible ( environ 100 000 électeurs). Enfin, la Loi du double vote renforce les inégalités.

-les valeurs imposées par le nouveau régime trop différentes de celle de la société issue de l’Empire et de la révolution : Des privilèges incompatibles avec la valeur d’égalité qui avait été honorée pendant la révolution sont instaurés . Par exemple, dans l’armée les lois de saint Cyr permettent aux riches de payer quelqu’un pour les remplacer s’ils sont tirés pour le service militaire. Il y a de nombreuses contradictions avec les acquis de la révolution. Or, un principe politique veut qu’il ne faut jamais revenir sur des acquis donnés au peuple. Ce principe n’est pas respecté : par exemple l’égalité de droit est niée par l’existence de pairs s héréditaires, puisque les sièges se transmettent alors de père en fils aîné. Les valeurs des différentes couchent sociales ont aussi entre elles des fossés abyssaux : les ultras veulent une monarchie patriarcale paternelle très différente de la fraternité révolutionnaire.
- Le pouvoir ne se préoccupe pas assez d’être en accord avec le peuple

Au moment de la Restauration, on note l’Emergence du peuple dans le débat politique, qui quoiqu’il n’ait souvent pas le droit de vote, pense : or l’importance du peuple n’est pas assez prise en compte par les politiques sous la Restauration. Les hommes politiques se préoccupent souvent principalement de rester au pouvoir. Ainsi, l’ Opportunisme des parlementaires est très marqué, ceux-ci ayant une expérience politique très légere ( 55% des députés de la Chambre introuvable commencent leur carrière politique) . Les parlementaires défendent les principes qui leurs sont favorables, utilisent les idées qui peuvent servir leur domination ( ex les ultras vendant le suffrage populaire et le renouvellement intégral tous les cinq ans car ils croient que ce suffrage leur sera favorable).

C Des divergences politiques énormes qui fondent un équilibre précaire




-les ultras « plus royalistes que le roi » sont nostalgiques d’un Age d’or utopique et irréalisable

Les «  Ultra - royalistes» , qui appellent de leur vœux un rétablissement intégral de l’Ancien Régime qui souhaitent l’abolition de l’Université par exemple  sont une force d’opposition au roi lui-même, car ils sont «  plus royalistes que le Roi et reprochent au Roi sa modération : c’est donc une fidélité dans l’opposition, comme le souligne rené Rémond dans son œuvre Les droites en France.( «  Vive le roi quand même ! » crient ils.)

  • Les volontés des ultras sont impossibles à transposer dans l’équilibre du pouvoir Comme le souligne René Rémond, le parti ultraciste « représente par nature un extrémisme qui ne saurait s’accommoder des nécessités du pouvoir, ni se résigner aux servitudes de la réalité ». Ce même historien souligne que la monarchie «  qu’ils rêvent de restaurer, c’est une monarchie médiévale » : se pose donc le problème de l’anachronisme de ce courant ultraciste.


-Pas d’engouement pour le régime en place

  • F. Démier estime que, pour la plupart des électeurs de la Restauration, particulièrement à ses débuts : «  au-delà de la soif d’ordre , il n’existe guère de projet politique » 

  • Louis XVIII souhaite la réconciliation de l’Ancien Régime et de la Révolution mais ce compromis ne satisfait ni totalement les uns, ni totalement les autres.



  • De plus le romantisme, qui imprègne profondément les mentalités est d’abord ultra puis libéral, est souvent défavorable à la Restauration :

Préface de Crommwell de Victor Hugo : « le romantisme n’est rien d’autre que le libéralisme en littérature » [à compléter]

  • des divisions politiques qui s’exacerbent libéraux / ultras etc




  • Des nouvelles idées qui mettent en péril la Restauration : La hausse de l’espace public de débat sous la Restauration va en fait concourir à sa chute.

De plus, les idées que les institutions anglaises ne conviennent pas forcément à un pays étranger, et que chaque pays doit avoir son histoire institutionnelle propre, se répandent : Burke soutient ainsi que chaque pays doit avoir ses institutions propres, Herder souligne que chaque peuple a son originalité qui doit se traduire par des institutions spécifiques.
Conclusion : ( 3 étapes, je les trouve bien)

  • en bref : divisions, décalage,oppositions, antagonismes, divergences, déphasage, différences expliquent l’échec de la monarchie sont les mots-clés de cette monarchie impossible ( à supprimer ?)

Surtout l’Ambiguïté du Régime, qui semble d’abord accepter, sans oser le dire, certains acquis de la Révolution, permet différentes interprétations de la Charte. Surtout le Régime manque d’un référent unique : Alors que l’ AR se basait sur la durée et sur la tradition, la Révolution sur des principes clairement énoncés ( Cf DDHC) , la Charte n’est qu’un texte fait pour un contexte précis, qui de surcroît n’est pas adoptée par Charles X. Dans cette nouvelle monarchie, différentes valeurs antagonistes s’affronte pour ne jamais aboutir à un compromis stable 

  • [ce qui va suivre est important car conceptuel et que l’autre groupe aura sûrement oublié d’en parler =>Pierre Rosanvallon interprète ce «  flottement[qui] entoure la monarchie constitutionnelle » , ce «  brouillage des pristes » par le refus de penser l’objet monarchie constitutionnelle, et de faire référence à une tradition monarchique fort différente de l’actuel régime .

[Très important[ = ce qui manque à la monarchie c’est une capacité de retour sur soi, une capacité à penser ses spécificités.

  • Enfin , une loi de l’histoire veut qu’aucun retour en arrière à l’accord de départ ne soit vraiment possible, toute véritable Restauration est donc, par définition une monarchie impossible.( cf cours de Boutry)






Bibliographie (à compléter):
Rémond, Les droites en France

Rémond, Introduction à l’histoire de notre temps : le XIX ème siècle 1815-1914

Rousselier,

Bourguinat, Pellistrandi

Benichou, Paul, Le temps des prophètes, Paris

Rosanvallon ,

Bargeot , Chaline, A. Encrevé,

Berstein, Milza 

Dénier, François, La France du XIX ème siècle

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