Proses diverses et Poésies





télécharger 1.03 Mb.
titreProses diverses et Poésies
page1/10
date de publication27.10.2017
taille1.03 Mb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   10



Nicolas SYLVAIN

(Albert-Marie Guye)


___________

LE POÈTE, CE ROI

_______

Proses diverses et Poésies

& 48 photos, dessins, illustrations.

Ce nouvel e-book a pu être envisagé et conçu grâce à la découverte dans une bibliothèque de certaines pages oubliées et dont je ne possédais plus copies. Semblables retrouvailles s’étaient d’ailleurs produites il y a sept ans, grâce auxquelles « Cœur sans Frontière » a pu battre et passer les frontières. Ce cœur sans frontière - le bien nommé - parut dans une première version papier rapidement recomposée et convertie en édition numérique et, surtout, rehaussé de la participation exceptionnelle de celle que je nomme affectueusement « my literary godmother from USA », « ma marraine littéraire des USA »  : la grande Dame de la littérature humaniste mondiale, Fondatrice et Présidente de l’IWA – International Writers Association (Toledo, Ohio). Teresinka Pereira, en début de printemps 2006, m’adressait une première lettre avec beaux timbres de collection, après avoir obtenu mes coordonnées auprès de l’AVLP (Association Vaudoise de la Libre Pensée) à Lausanne - me proposant de faire partie de cette IWA. Son miraculeux accueil honorifique me tira d’ailleurs de ma léthargie plumitive, puisque j’avais dissous Florica en 1995, abandonné mon pseudonyme de « Nicolas SYLVAIN » et…je n’écrivais plus rien du tout.

« Le Poète, ce roi » n’a pas de thème particulier, il est en fait une anthologie, en sept parties, de pages – souvent revues et corrigées – tracées entre 1979 et 1987, puis de 2009 à 2014. Il est signé de mon premier pseudonyme.

2

Mes e-books sont désormais lisibles sur mon site allemand : www.nicolas-sylvain.jimdo.com.

Les publications numériques en ligne ou téléchargeables sont soumises au dépôt légal, selon le Code du patrimoine (art. L131-2, L132-2,L132-2-1et R132-23-1). Cependant, à ce jour, il n'y a pas de dépôt à l'unité, leur collecte passe par le site web qui les diffuse. Ma demande de collecte de site web a bien été reçue par le service du Dépôt légal numérique de la Bibliothèque nationale de France. Comme mon site répond aux critères juridiques du dépôt légal de la BnF, il est archivé. Nonobstant, je ne dévie pas des orientations de mon CAMN (Cercle des Architectes du Monde Nouveau) en autorisant la reproduction des textes et photos diffusés dans mes e-books, sur tous les supports, avec mention du nom de l’auteur et de ses coordonnées numériques. L’occasion pour moi de réaffirmer que l’écriture littéraire n’est pour moi qu’un moyen de Communication comme un autre.

Donc, cette Communication passe pour moi avant la création – quelle que forme sous laquelle je puisse la rencontrer. Raison pour laquelle ma « raison sociale » affichée sur mon papier-courrier et dans les réseaux sociaux est : « Aide relationnel & Conseiller littéraire bénévole».

Quelle chance, pour moi, de bénéficier de la paresse intellectuelle en principal défaut ; je ne risque pas de me forcer à écrire lorsque je n’ai rien dire – mais je préfère, de loin, encourager, relire et conseiller les autres !
____________________

3

c:\users\ordi\pictures\iwa.jpg

4

c:\users\ordi\documents\amg2p.jpg

1er Avril 2013 - Chez Mama(Champdivers, Jura)

5

LE POÈTE, CE ROI…

La sagesse égoïste et avare n’est point

Dedans mon cœur grossi de cette plus-value :

La faculté d’aimer, de brûler pour un rien,

Un sourire distrait, un regard anodin ;

Sans chercher à savoir si la femme inconnue,

La passion de demain, aujourd’hui est pourvue…
Peu importe, je l’aime et je la chante à perte,

Je l’aime aveuglément pour elle et sans compter.

De ma plume embrasée j’exige une encre experte

Et je m’use le sang jusqu’à la découverte

Qu’à moins d’une exception timide inespérée,

A peine écrits mes vers sont déjà périmés.
C’est pourquoi l’on, me dit « mal aimé », « trop aimant ».

Je suis d’accord pour l’un mais l’autre me révolte ;

Au moyen du plus beau de tous les sentiments

Qui peut dire avoir vu qu’on peut tuer les gens ?

La seule victime est mon âme désinvolte

Dont la solitude est la nocive récolte.

6


Car qu’on ne se méprise à lire mes aveux !

Lorsque je parle de cœur polynucléaire,

Ou multiple, ou gâté par je ne sais quel jeu ;

Il n’aurait pas, mon cœur, ce profit onduleux

Au facile penchant d’artichaut débonnaire,

S’il était chéri par une âme sédentaire.
Des malheurs meurtriers, vois-tu, ma lycéenne,

Je place en premier plan la carence d’amour.

C’est elle qui ce soir calligraphie la peine

Que tu liras tantôt. Tu es, je crois, la reine

D’un autre qui aura sans doute un de ces jours,

En plus de tes égards, ton corps et ses atours.
Moi je serai le chien savant tout résigné

A qui l’on jettera des miettes sous la table.

Un poète, après tout, ça fait très distingué,

Mais c’est quand il est mort qu’on se prend à l’aimer.

Le poète, ce roi ciselant des retables,

Qui pleure sa princesse et couche dans l’étable.

Avril 1981

7


c:\users\ordi\pictures\pdp1982.jpg


8



I -
1979

« Le Météore »
___


9
Chère lectrice et cher lecteur,

1979 – Un couple d’instituteurs d’Ecole primaire dans le Jura, me prête « Le Roman Inachevé » de Louis Aragon. Je n’avais jamais entendu parler de ce joyau ciselé par « Le Fou d’Elsa » et, à ma honte intégrale de plumitif novice des emblavures, je ne connaissais pas le moindre vers de lui. Explosion de mots, d’images, d’idées et de suggestions ! Sans omettre le souffle symphonique enlevant des longues pages d’alexandrins, tel celui animant la « Prose du Bonheur et d’Elsa »…Je fus sidéré de me retrouver con sidérant aux champs bâclés de mes nubiles prosettes régionalistico-chauvines. Cul par-dessus terre je me retournai vers les ciels de vie rimés tendus par un immense auteur qui demeurera toujours pour moi le roi inégalé des poètes – comme celui des innovateuurs géniaux en matière de résurgence de l’écriture poétique. Je me brouillai avec les bardes proséeux du cru et m’engageai volontaire, sans limite d’âge, dans une écriture que j’appelai « aragonienne », c’est-à-dire de facture classique et néo-classique sans ponctuation. Je me hâtai donc, avec un activisme de stakhanoviste forcené, de tracer des centaines et des centaines de pages – la plupart perdues aujourd’hui et dont certaines me reviennent cyclothymiquement sans crier gare, par l’entremise de telle bibliothèque conservatrice-ultra ou bien par une fane longue durée. Je vous avoue, lectrice accorte et lecteur amical, que la première mission que j’allouai à la poésie fut la provocation – au point de jouer parfois les Gainsbourg des emblavures avec,


10


pour donner dans le vraisemblable, le verre levé entre les vers… Je n’en étais donc qu’à mes débuts de puceau de la rime, n’envisageant pas encore d’autres utilités plus salvatrices pour l’humanité, à cette poésie qui venait de me sauter dessus, dedans, par-devant, par-derrière et qui ne me lâchait plus. Merci à Michel et Marie-Claire Bouveret de m‘avoir joué un tel tour lettré en m’offrant le chef d’œuvre majeur de Louis Aragon !
Aragon écrivit un jour : « je me perds dans les schismes… ». Plus modestement j’avoue jongler avec les paradoxes, et valide au fil des ans les écrits et les actes invalides remontant à quelques décennies. Nonobsant ce trait de plume caractériel premier, je reproduirai ci-après quatre poèmes, dont trois inspirés par des jeunes filles. Je parierais d’ailleurs un quintal d’alexandrins tout frais que les premiers vers écrits par un jeune poète s’adressent à des femmes…
Le sommaire de ce sixième e-book a été conçu pour tempérer la poésie – j’entends par-là : ne pas lui adresser toute la parole – vous y surprendrez donc des proses ainsi que des illustrations, des photographies et des notes didactiques multicolores. Le tout architecturé en sept chapitres. Au long desquels il est probable que vous vous posiez l’inattendue question : le poète ne serait-il pas également prophète ?
Enfin, ma « raison sociale affichée sur Facebook est la suivante : «Aide relationnel et Conseiller littéraire bénévole au profit des Pays francophones ». Bien que ne communiquant pas publiquement ma nouvelle adresse, préservant ainsi ma vie « d’ermite extraverti » (extraverti par la grâce d’Internet) je puis la dévoiler à qui me la demandera par e-mail ou par téléphone. Car, en effet, j’ai communié récemment au souhait de bien des correspondantes de
11

retrouver ces bonnes vieilles lettres postées affranchies, de préférence, avec de beaux timbres de collection. Ainsi donc, en plus de mon idée de CAMN (Cercle des Architectes du Monde Nouveau) j’ai suggéré celle du CEMN (Cercle des Epistolier(e)s du Monde Nouveau). Teresinka Pereira, par exemple, me compose des enveloppes made in USA avec un rang de belles vignettes. Parfois avons-nous besoin de nous désintoxiquer de tous ces e-mails, pourriels et, hélas « e-merdes » qui nous sucent quotidiennement la rétine ? Alors, une bonne lettre en papier de bois d’arbre, colorée et quelquefois finement parfumée : quelle joie postale !
Agréable lecture, chères Ami(e)s et, selon ma formule baroque de souhaits généraux : bonne continuation dans la poursuite de la durée !


Dimanche 2 Février 2014.

___________

12
FILLE-FLEUR

Une jupe pastel usée un chandail à points outre-mer ;

Elle était fille issue de plantes.

Doucettement un peu chiffon, un peu chafouin son petit air

Moiré de moues si ondoyantes.

Des cheveux terre labourée bordés d’une frange d’automne.

Sylvains et Sylphes des forêts,

Dans la noisette de ses yeux, ancraient un vif de sauvageonne

Respirant au cœur des futaies.
Tout en lisière du Pochon je l’aperçus contre son chêne,

Près du lieu-dit « Les Éguilleuses ».

Inconsciente et les yeux clos, d’une légèreté d’haleine.

Saisi je dévisageai l’yeuse.

La tige d’un lierre noueux s’insinuait dans son écorce

-reptile de bois de patience-

Assaillait la branche maîtresse et dessinait des veines torses,

Prenait d’assaut sa houppe dense.
L’odeur de l’humus exalté avait des relents de marais,

Et lorsqu’elle entrouvrit les yeux

Le gris acide du brouillard linceulait toute la futaie.

Au fond de l’automne fangeux,

Je la vis onduler parmi les flous cotonneux des grands chênes,

Puis s’enliser et se dissoudre.

Au loin, l’appel d’un chien errant, dans mon cœur un spasme de peine

Enfin le désir qui vint sourdre.
13


Spontanément les arbres noirs venaient de se désincarner.

In-qui-é-tan-te forestière ;

Quel dieu la parrainait pour que les bois soudain d’elle privés

Se transmuent en un cimetière ?

Qui était-elle ? D’où venait-elle ? Peut-être de Saint-Symphorien ?

De Maison-Dieu ? De Samerey ?

Un mince livre abandonné au pied de son chêne un matin

M’en fit découvrir quelques traits.
Parfois la page jaunissante de ce classique Larousse

Qu’elle étudiait à dix-sept ans ;

La feuille presque végétale exhalant des odeurs de mousse,

Portait des marques rouge sang.

Ici un passage biffé, là, des maximes soulignées,

Plus bas quelque crayon vengeur

Zébrait le félon paragraphe où elle n’était pas louée

Et ne retrouvait pas son cœur.
Elle lisait Chateaubriand, rêvait aux murs froids de Combourg,

Prônait l’amour de la retraite,

Nouvelle Lucile obsédée par le temps qui soufflait ses jours.

Envoûtante muse fluette,

Anémone némorosa, tour à tour sauvage et mutine,

Son nom enfantait tant de fleurs :

Silène, Yucca, Listéra, Véronique, Iris, Églantine

Qui avait enlacé mon cœur.


___________


14

BALLADE

Tout à la fois jouteur, archer, jus-ti-ci-er,

Hal-le-bar-dier, bretteur et madré franc-tireur ;

J’éperonne mes mots vers de vastes curées.

Qu’importe si le sage honnit ma folle ardeur !

Je brûle mon chemin jusqu’au bout de mes heures.

Mais voici que paraît bel-le ré-mis-si-on,

Tendrement révérée au creux de ma douceur :

Capiteuse Joanne, incendie ma raison !
Je ne découvre pas la vérité ce soir ;

J’enlumine et polis ma romance d’hier.

Je n’ai pas toujours eu l’or de mon écritoire

Ni mon audace, ni mes dou-ces ma-ni-ères.

Timide et maladroit je vivais en hiver,

Mon esprit dut ainsi rechercher sa saison

Pour louer noblement sa pas-si-on première :

Capiteuse Joanne, incendie ma raison !
15


Ta main ouverte est la corolle de l’espoir.

Tu as des yeux avec lesquels je m’entends bien.

Ta lèvre est la fontaine où j’aimerais tant boire,

Elle est toute moirée de si troublants dessins.

Mes fleurs préférées sont les œillets de tes seins.

Demain je t’écrirai encor d’autres blasons.

Un sourire de toi me ferait magicien :

Capiteuse Joanne, incendie ma raison !
Princesse désormais, souvent vous m’entendrez

Fougeuseument chanter, clamer sur tous les tons

Cet air de troubadour, non de hal-le-bardier :

Capiteuse Joanne, incendie ma raison !
___________

16


UN CRI D’OISEAU

Dans mes bras je t’ai serrée,

Mais serrée à te briser,

Autour de nous la forêt

Figée se cristallisait.

C’était un après-midi

De Janvier endolori.

Le soleil vers les quinze heures

Etait vide et sans couleur.

Des corbeaux trouaient le ciel,

Pour qui étaient leurs appels

Tranchants comme des cisailles ?

Je couvais sous ton chandail

L’arrogance de tes seins.
17

Tes bras croisés sur mes mains

Tu soufflais « Oh ! Non j’ai froid »

Dans un plus cruel émoi

Je te serrais de nouveau

A te brise, mais l’étau

De mon corps s’amollissait

Chaque fois que je sondais

Tes yeux qui chauffaient mes yeux,

Tes yeux d’un lancinant bleu.

Des squelettes d’arbres noirs

Tout près appelait le soir.

In-qui-é-tant-tes questions

Toutes bardées de glaçons.

Présage de l’avenir

Elles nous faisaient frémir.
Un cri d’oiseau qui a faim

Se brisa dans le lointain.
___________

18

RONDEAU

Mais c’était écrit

Là, dans le grand Livre.

A quoi bon tes cris ?

Mais c’était écrit.
Outré, tu t’écries,

Danses le bransle, ivre ;

Mais c’était écrit

Là, dans le grand Livre.


19

  1   2   3   4   5   6   7   8   9   10

similaire:

Proses diverses et Poésies iconProses diverses et Poésies
«Le Poète, ce roi» n’a pas de thème particulier, IL est en fait une anthologie, en sept parties, de pages – souvent revues et corrigées...

Proses diverses et Poésies iconPoésies, proses & 33 photographies
«La Forêt française» parue chez Denoël et d’encyclopédies. Catholique pratiquant, IL s’intéressait également à la vie érémitique...

Proses diverses et Poésies iconPoésies, proses & 33 photographies
«La Forêt française» parue chez Denoël et d’encyclopédies. Catholique pratiquant, IL s’intéressait également à la vie érémitique...

Proses diverses et Poésies iconBaour lormian (P. M. L.). Ossian, barde du iiie siècle. Poésies galliques en vers français

Proses diverses et Poésies iconQuestions diverses et généralités

Proses diverses et Poésies iconProvenant de diverses successions et suite a depart

Proses diverses et Poésies iconBibliographie albums, documentaires poésies chants…
«Ne pars pas seul !» Petit Lapin entend : «Saute dans les feuilles !» Petit Lapin entend tout de travers et pourtant, IL ne s'est...

Proses diverses et Poésies iconVentes aux enchères publiques
«cyclistes», cartes Taride … de diverses régions de France, Europe, Moyen-Orient…

Proses diverses et Poésies iconCours de Micro-Economie et Gestion
«vedette Nike», exhibait les nouvelles chaussures de la marque lors de ses diverses courses

Proses diverses et Poésies iconNombreux livres hors catalogue à l’unité et en lots provenant de...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com