Rapport introductif d’Olivier muñoz rodea





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Assemblée de section du 9 décembre 2016

Rapport introductif d’Olivier MUÑOZ RODEA

Bonjour à tous,
A moins de 6 mois des présidentielles, nous sommes dans une période politique très active avec une actualité fournie. Je ferai donc un rapport assez court pour laisser le temps à la discussion et permettre un maximum d’échange de points de vue.
En premier lieu, je tiens à souligner les décès de Fidel Castro et Marcos Ana, deux camarades internationalement reconnus, qui ont lutté sans répit, chacun à leur manière, pour un monde plus digne et émancipé des injustices du capitalisme.

Soyons en conscients et soyons fiers de leurs parcours ; honorer leurs mémoires, au-delà de respecter des minutes de silence, c’est aussi et surtout poursuivre leur lutte et leurs combats et se battre, au quotidien dans notre société, pour atteindre un idéal comparable. C’est donc avant tout un appel fort à notre action !
Nous sommes entrés dans une période où semble s'appliquer à merveille la phrase de Gramsci, le fondateur du Parti communiste italien : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. »

A l'image de ce qui se passe dans plusieurs pays développés, la colère provoquée par les recettes libérales et les trahisons répétées des espérances de changements par les gouvernements socio-démocrates débouchent en France sur une situation dangereuse. Légitimées par un pouvoir élu pour s'attaquer à la finance, mais qui s'y est vite rallié, les thèses patronales et réactionnaires occupent l'espace politique. Dans la confusion idéologique qui règne sur les causes des problèmes et encore plus sur les solutions, l'extrême-droite est en embuscade, en cherchant à se faire le porte-parole de la colère populaire, dans un schéma où Fillon serait le candidat des élites et Le Pen la candidate du peuple, anti-système et anti-élite, à l’instar de Trump aux USA.

Ce face-à-face droite-FN qu'on nous promet pour 2017 est lourd de très graves dangers sur le plan social et démocratique. Nous voulons tout faire pour l'éviter et ouvrir une issue à gauche.
J’en parlais en introduction, le calendrier de l’élection présidentielle imprime son allure et prend le pas sur tous les autres : l’actualité est rythmée, avant tout, par les candidatures de gauche et de droite, par les choix de candidats et autres primaires.
Ces dernières semaines, la primaire de la droite a occupé l’espace médiatique et plusieurs faits marquants sont à souligner :

  • Une compétition marquée par une surenchère libérale entre candidats.

  • Une très forte participation au vote qui s’explique pour une part par une mobilisation de citoyens de gauche qui ont cherché à influer sur les résultats de cette primaire, mais aussi et surtout par une forte mobilisation de l’électorat de droite, qui sont donc déjà pleinement engagés dans la bataille présidentielle.

  • La large victoire de Fillon qui, bénéficiant du rejet d’un Sarkozy discrédité, a rassemblé sur une ligne très à droite, notamment dans l’électorat catholique traditionnaliste. Son programme est en effet ultra-régressif du point de vue sociétal (anti-IVG, LGBT-phobe et soutenu par les collectifs de la Manif pour tous), comme du point de vue économique et social : 100 milliards de coupes budgétaires, suppression de 500 000 fonctionnaires, casse des statuts et des régimes spéciaux, alignement de la durée du travail sur la limité européenne des 48h, retraite à 65 ans, fin de la Sécu, etc…). Il s’agit d’un retour en grâce des idées les plus dangereuses pour le pays, avec une nouvelle étape dans l’austérité, des privatisations, la casse des statuts et des services publics, etc…, et donc une explosion de la précarité et du chômage en perspective. A tel point que sa désignation a aussitôt suscité des questionnements sur sa capacité à résister à la pression des syndicats de salariés qui ne manqueraient pas de réagir s’il devait être élu.


Les mêmes thèses ultra-capitalistes sont également portées par la candidature de Macron, un homme issu directement du monde des banques et qui n’est membre d’aucun parti.

Comme d’autres, il se présente comme un « candidat anti-système », mais il en est en réalité l’image parfaite : un jeune cadre dynamique, qui « ne fait pas de politique » mais est un « expert de la finance ». Un personnage qui colle parfaitement à cette période où l’on nous explique qu’il n’y a pas de place pour les utopies et les programmes de gauche, qu’il faut être « réaliste » et donc appliquer sans discuter les solutions des experts libéraux. Pour certains électeurs de gauche déboussolés et effrayés par Fillon et Le Pen, il peut apparaître comme un recours.
Côté PS, le discrédit de Hollande traduit par des enquêtes d’opinion le plaçant à un niveau toujours plus bas l’ont conduit à renoncer. C’est un événement sans précédent dans l’histoire de la Vème République. Valls a donc repris le flambeau. Il va affronter dans la primaire du PS des candidats comme Montebourg ou Hamon marqués plus à gauche. On en connaîtra le résultat en janvier. Si c’est Valls qui est choisi, il est loin d’être assuré d’arriver en tête de la gauche au soir du 1er tour. Mais, en tout état de cause, un point important doit nous alerter : c’est l’extrême désarroi qui marque actuellement la grande masse des électeurs socialistes, très nombreux dans notre entreprise. Il y a là un espace pour le débat qu’il nous faut investir.
Contrairement à ce qu'on cherche à nous faire croire, beaucoup de choses peuvent encore bouger. Nous sommes dans une situation marquée par des attentes très fortes, mais qui peinent à trouver une expression dans le champ politique. Dans ce climat politique complexe et avec des électeurs perdus, les algorithmes habituels ne marchent plus et les surprises se multiplient. Alors que les sondages nous promettaient un second tour Sarkozy ou Juppé face à Le Pen, aucun des 2 candidats « sûrs » de l’UMP ne sera présent au premier tour. Les mêmes instituts nous prédisaient une Ecosse sortant de la Grande-Bretagne, une Grande-Bretagne restant dans l’UE, une large victoire de Hillary Clinton, une élection présidentielle dans un mouchoir de poche en Autriche. Ils ont à chaque fois été démentis. Il en va de même pour le scénario d'un second tour droite/extrême droite : il y a une probabilité non négligeable que ça ne se passe pas comme ça.

Tout est possible : des candidatures « surprises » encore non déclarées et qui peuvent chambouler complétement la donne, des événements externes qui peuvent changer également les choses, la réaction des électeurs qui peut ne pas être ce que les instituts de sondage prédisent, ou même le simple fait qu’avoir autant de candidats et qu’aucun ne soit assuré de dépasser les 25% implique, de fait, que pour 4-5 points de plus ou de moins entre le 2nd et le 3ème candidat, le second tour soit totalement différent. Pour la première fois depuis bien longtemps, il existe donc une opportunité, peut-être faible mais réelle, pour une autre gauche que le PS d’atteindre le second tour.
J'en viens donc à nous et à nos campagnes, présidentielle et législatives.

Dans la récente consultation des adhérents du parti, il y avait deux questions posées :

  • La première portait sur la résolution adoptée par la Conférence nationale. Une résolution fixant comme objectif pour 2017 et au-delà le rassemblement le plus large sur un contenu rompant avec le libéralisme pour ouvrir une perspective et éviter à notre peuple d'être enfermé entre la droite et le FN. Les adhérents ont très largement plébiscité ce choix, à 94%.

  • La deuxième question portait sur la meilleure façon de décliner cette orientation en ce qui concerne la candidature à la présidentielle. Deux options s'offraient à nous : l’une étant de construire une candidature d’unité autour de Jean-Luc Mélenchon, l’autre de construire une candidature d’unité autour d’un candidat communiste.

Il faut noter que les adhérents se sont largement mobilisés lors de cette consultation interne. Le choix sur la deuxième question posée a été compliqué et parfois passionné, car chaque option avait ses avantages et ses inconvénients. De nombreux camarades étaient partagés et ont longuement hésité, avec une incertitude sur leur vote jusqu’au dernier moment.

Au final, c'est l'option 1 qui l'a emporté, de peu. Je rappelle que cette option comprend trois décisions :

  • Le choix d’appeler à voter Mélenchon,

  • Mais aussi de faire une campagne active du parti, autonome et indépendante, hors du cadre jugé trop étroit de la France Insoumise,

  • Et la volonté de poursuivre nos efforts de rassemblement.

C'est donc cette option qui est devenue celle de tout le parti. Il nous faut donc maintenant voir comment on le met en œuvre, y compris à l'échelle de notre section. C'est l'objet principal de notre AG d'aujourd'hui.
Certains camarades avaient, dès le début, proposé d’esquiver le problème et « d’enjamber » les élections présidentielles en ne présentant pas de candidat. D’autres, qui ne se retrouvent pas dans l’option sortie du vote, disent également qu’ils se concentreront sur les législatives et l’élection de députés communistes pour ne pas avoir à « faire la pub » d’un JLM souvent arrogant envers nous et aux tendances populistes.

Ne nous voilons pas la face, si Mélenchon veut à tout prix prendre tant de place, c’est parce que l’enjeu n’est pas seulement celui de 2017 ; au-delà, il s’agit de reconstruire une gauche digne de ce nom et, pour l’instant, seul le PCF porte cet objectif. Et notre stratégie de rassemblement, à l’encontre de celle de Mélenchon, peut justement permettre de réunir, dans le respect des diversités et des parcours historiques, toutes les « familles » de la vraie gauche. L’enjeu est là et notre présence dans ces élections est, à ce niveau déjà, plus que fondamentale.

Bien sûr, le choix d'appeler à voter Mélenchon pose évidemment de nombreuses questions concrètes qui ont été discutées lors de nos débats internes, sur le financement de la campagne, la visibilité des communistes, notre place dans les élections législatives, etc…. Ces questions se régleront d’une manière ou d’une autre, mais elles se régleront d’autant mieux et plus facilement pour nous si la place et la position des communistes sont légitimes et bien comprises.

Comment faire avancer notre projet de société et nos propositions si nous n'étions pas présents dans la campagne présidentielle, qui est l’élection la plus importante dans les institutions de la Vème République et dans la tête des populations ? Et si nous n’imprimons pas nos idées dans les mois à venir, comment arriver ensuite à parler au « peuple de gauche » que nous voulons rassembler, si nous nous sommes mis en veille pendant 6 mois ?

Et puis, il faut penser aux législatives qui sont une élection capitale. Il ne s’agit pas, contrairement à une ritournelle que nous connaissons bien, de sauver les sièges du PCF, mais de se donner des députés utiles au combat politique et aux gens. Or, nous le savons bien, le résultat des législatives est largement conditionné par celui de l’élection présidentielle. Il ne faut donc pas laisser la candidature de Mélenchon entre les mains des seuls « insoumis » qui, pour beaucoup, défendent une vision keynésienne, en matière sociale et économique. Ne pas identifier la candidature Mélenchon à un projet radicalement de gauche et de progrès social pour la France, ce serait prendre le risque que les votants de JLM à la présidentielle choisissent ensuite un autre député qu’un candidat issu du rassemblement et qui ne mènera pas pleinement les batailles comme ont pu le faire nos élus dans les mandats précédents.

Tout nous conduit donc à investir le débat électoral sans attendre et avec notre projet en mains.
Pour cela, il nous faut d'abord un support qui mette en avant notre vision. C’est le rôle du Pacte d’Engagements Communs pour la France présenté par notre Parti à la Conférence nationale et qui devrait être rapidement disponible sous forme de brochure dans les sections. Pour l’instant, vous pouvez le retrouver sur le site de notre section en tapant « Pacte d’engagements PCF » par exemple dans un moteur de recherche. Ce Pacte d’Engagements Communs décline, sur une quinzaine de pages, toutes nos propositions dans cette campagne sur 7 thèmes clés :

  • Prendre le pouvoir sur la finance et partager les richesses,

  • De la nouvelle République au renouveau de la politique,

  • Investir pour Demain,

  • L’égalité Femmes-Hommes maintenant !,

  • Une France protectrice et solidaire,

  • Produire autrement et protéger la planète,

  • À l’offensive pour changer l’Europe.

Ça va être le principal outil de la campagne, dans la reprise et le prolongement de ce qu’avait été « L’Humain d’abord » il y a 5 ans. Ce sera un matériel qui nous accompagnera tout le long de la campagne puisqu’il récapitule ce que nous voulons pour la France.
Un autre matériel national est prévu : un 4-pages qui présente nos principales propositions et démonte les théories économiques, sociales et de politiques générale et extérieure de la droite et de l’extrême droite. Ce matériel pourrait être massivement distribué dans nos attachements, pour faire reculer ces idées et montrer leur danger.

Une autre brochure sur les questions de mobilité et de transports en Ile-de-France est en cours de rédaction par le collectif régional du parti auquel 5 camarades de notre section participent. Le distribuer et le faire connaitre peut aussi être un point d'appui pour populariser nos idées et notre programme à la RATP, alors que l'avenir de celle-ci, de son double caractère d'entreprise publique et intégrée, est clairement posé.

Une autre proposition qui semble se dessiner au niveau fédéral est de réunir un maximum de syndicalistes qui ont pu se retrouver contre la loi Travail et qui sont proches de nous, pour discuter des propositions du PCF et de ce que portent les programmes de droite/extrême droite. Cette proposition, née de camarades de notre section, a séduit la plupart des sections d’entreprises comme la direction fédérale et pourrait être réalisée fin janvier. Ce serait l’occasion de parler clairement politique à des syndicalistes qui réalisent la dangerosité du PS lorsqu’il est aux affaires sans pression sociale forte, et qui craignent de plus en plus la montée des droites et les menaces qu’elles portent.
Mais il faut aussi réfléchir à des matériels et initiatives propres à notre section. Plusieurs propositions à ce titre :

  • Il y a d'abord le nouveau numéro du « Ça Roule » qui a été décalé à janvier. Le Comité de rédaction se réunira ce lundi pour voir comment on l'adapte en fonction des évolutions de la situation politique.

  • A Championnet, où l'avenir de l'outil industriel est posé par le plan de productivité, un matériel de la section vient d'être édité donnant l'avis et les propositions du parti et faisant le lien entre les questions locales d'une part et les enjeux nationaux et ceux des élections de 2017 d'autre part. C'est la première étape d'une campagne qui est appelée à durer jusqu'en avril, avec d'autres initiatives sur ce site. Cette forme d'intervention locale peut évidemment nous inspirer ailleurs.

  • Dans certains autres grands attachements (certains centres bus notamment), on peut envisager d'autres initiatives, par exemple des débats ou des points de rencontre avec nos élus.

  • La fête de la section, qui suivra notre prochaine AG le 27 janvier au restaurant d'entreprise de Choisy, nous offre l'occasion d'inviter des collègues proches de nous, de leur faire mieux connaître notre démarche et notre projet, de leur proposer de mener avec nous la campagne et même de rejoindre notre parti.

  • Il faut également qu'on discute de l'opportunité de lancer un appel à voter.



D’autres propositions surgiront sûrement aussi dans la discussion. Bref, les possibilités existent, à nous de voir lesquelles sont les plus utiles et les mieux adaptées, les plus réalisables en tout cas, pour pouvoir mener cette campagne pleinement et sans s’excuser d’être communistes !
J’ai déjà beaucoup parlé, je vous laisse donc la parole et je vous invite, au-delà des analyses, contre-analyses et réactions politiques que vous allez faire, à vous prononcer également sur ces quelques propositions militantes ou toutes celles que vous trouverez bonnes pour faire avancer nos idées et avec elles notre projet de transformation sociale.



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