Envoyé par Agnès. Histoire de la langue introduction





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LE XVIIème SIECLE




Il y a eu peu de règles au XVIme siècle, on notait des prononciations diverses. Au XVIIme, ces règles vont se fixer progressivement et au XVIIIme, les choses ne bougent presque plus.
Aspect historique
C’est une époque où le pays est fort : l’état impose une centralisation accrue, le roi a un pouvoir plus étendu et gouverne de façon plus technique grâce au ministre. Le pays est très peuplé par rapport au XVIme (20 millions hab.) ; de nouvelles provinces agrandissent le territoire ainsi que des colonies (Amérique, Antilles, Canada ).

Les rois sont :

  • Henri IV : 1594 – 1610 (Sully)

  • Louis XIII : 1670 – 1643 (Richelieu)

  • Minorité de Louis XIV qui voit la France gouvernée par Mazarin : 1643 – 1661

  • Louis XIV : 1661 – 1715 (Louvois, Colbert)


La noblesse va être maîtrisée dans ses élans par le roi qui l’invite à Versailles pour s’assurer de son concours. Le roi augmente ainsi son hégémonie sur l’ensemble du territoire.

Le clergé est important ; le catholicisme est religion d’état mais conserve une relative liberté par rapport au pape. Le roi défend cette religion gallicane contre les déviations, les schismes.

La bourgeoisie est riche et influente ; le peuple quant à lui ne change pas.
La langue
Le français ne s’est pas imposé dans toutes les provinces, notamment :

  • en Bretagne

  • en Lorraine, dans les Flandres, dans l’est de la France où Strasbourg est dispensé d’appliquer l’Edit de Villers Cotterêts

  • dans le midi ou langue d’oc est toujours parlée (NB : peu de témoignages écrits car les gens parlent plus qu’ils n’écrivent)

  • dans les colonies : mélange de frs et de langue indigène : le créole


NB : la veine littéraire s’éteint dans ces provinces (sauf région du midi) en raison de l’extension du frs.

Le frs se répand grâce à l’expansion économique et car de nombreux protestants se sont expatriés après la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, en Hollande notamment (possède l’imprimerie, pays libre ou bcp de livres seront publiés). Cette période marque le début de l’expansion du frs jusqu’à l’âge d’or atteint au XVIIIme dans toute l’Europe.



  • On assiste à un mouvement en faveur du français et au détriment du latin


- Latin toujours utilisé à l’école mais réformes en faveur du français :

  • 1624 : autorisation de soutenir des thèses en frs

  • 1636 : Théophraste Renaudot donne des conférences en frs

  • Colbert impose l’enseignement du droit en frs

  • Richelieu fait ouvrir un collège moderne en frs où on enseigne aussi les langues étrangères

  • De 1638 à 1670, les jansénistes ouvrent des écoles très en faveur du frs (+ traduction de la Bible)

  • Louis XIV ordonne la création d’écoles en frs ou patois (réservées aux protestants, avec l’idée de les convertir => échec)

  • 1680 : les frères de l’école chrétienne enseignent en frs


- Dans les sciences :

  • Le recul du latin se confirme, notamment en 1637 avec la publication du Discours de la méthode, Descartes

  • La litt. latine diminue, les imprimeurs ne veulent plus les publier, même milieux précieux s’en détachent

  • Les productions latines restent réservées aux citations et aux monuments


- Dans la société :

  • La société est favorable à l’expansion du frs : sociétés de cour, de lettrés, de bourgeois enrichis ont très envie de briller, de mieux se servir de la langue

  • La cour devient de + en + raffinée, il faut bien parler pour gommer son origine sociale

  • Mvmt identique à la ville : salons et académies litt. A Paris et en Province : la langue devient un sujet de conversation, jeux sur les mots…

  • Le climat est favorable à un travail sur la langue frse : en 1640, Richelieu va élever à une certaine dignité le salon de Mr Courart, qu’il érige en Académie Frse. Elle met au point des programmes (gr, dico…) Mais le salon, peu favorable, laisse traîner les projets (sauf « Les sentiments de l’Académie sur le Cid »)

  • On a plutôt des gens précieux qui fournissent plutôt des remarques des réflexions qu’un travail sérieux. La seule gr est celle de Port Royal ; il s’agit de qqch de très nveau dans le siècle



Les principaux grammairiens de l’époque
- Malherbe : poète et 1er auteur à s’exprimer sur la langue frse. Pour lui, c’est une langue luxuriante du XVI, à orthographe et prononciations variées. Il s’efforce de classer, d’éliminer (les mots provinciaux, pédants au profit de mots simples, compris de tous) plutôt que d’enrichir. Il est contre un certain maniérisme.

Melle de Gournay s’y oppose : fille spirituelle de Montaigne, elle est pour la langue du XVI.

- La Motte le Vayer : en 1637, Réflexions sur la langue frse (« sur l’éloquence de ce temps »). Il est contre une liberté totale du langage : le modèle du langage doit être celui de la cour. NB : il appartenait à l’Académie Française.

- Vaugelas : 1647, Remarques sur la langue frse. C’est un provincial élevé en Savoie dans un milieu où on parlait frs : il s’ingénie à adopter le parler parisien. Il est attentif à tous les écarts de langage, marques de l’excellence de la langue frse. Il répertorie les expressions utilisées dans les salons, classe les mots selon leur pureté : il a des critères de goût plus que de bonne logique. Il sera largement commenté

- Arnauld et Nicole, jansénistes de Port Royal : 1660, Grammaire générale et raisonnée de la langue frse. 1ère vraie grammaire de la langue frse. Traité qui vise à proposer le même travail que pour la langue latine : ils vont sémantiser la grammaire, systématiser les mots en fonction du sens qu’ils apportent à la phrase. Toutes les gr. suivantes découlent de celle-ci.

- Grammaire de Chiflet : 1664, gr. normative publiée par des flamands (en vers) pour l’étude du frs à l’étranger.

- Remarques nouvelles sur la langue française de Bouhurs, 1685

- Ménage : Observations sur la langue française, 1676. Travail sur l’étymologie, ouvrage un peu fantaisiste.
Qqs dictionnaires :

  • Dictionnaire de Nicot, 1606, « Le thrésor de la langue frse »

  • Dictionnaire de Richelet, 1680, publié à Genève (beau langage)

  • Dictionnaire de Thomas Corneille, « Des arts et des sciences », 1er à parler d’autre chose que du beau langage. Il prépare aussi un dico universel géographique et historique, paraît début XVIIIme

  • Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle, 1696, biographies et textes considérés comme subversifs


L’évolution de la langue du XVIme au XVIIme


  • La préciosité


- Véritable mvmt : les précieux cherchent la singularité, les bons mots…Nbreux néologismes dans le voc : « s’encanailler, félicoter, enthousiasmer, bravoure, anonyme, débrutaliser, importament, soupireur… ». On prône l’exagération avec de nbreux adverbes en –ment : « terriblement, effroyablement… », des adjectifs comme « admirable, horrible, , ravissant… », expressions diverses….

- Recherche de la pureté : ne pas évoquer les réalités basses et éviter mots qui choquent (balai, poitrine étaient considérés comme choquants). Il fallait aussi repousser les mots populaires : besogne, … ; les termes techniques et spécialisés (notamment juridiques car pas clairs et les termes techniques ne représentant pas la réalité du salon). Il fallait donc parler de tout et de rien, jamais de manière approfondie.

- La propriété des termes : interrogation sur le mot propre (aimer une dame, goûter un melon…) Il faut préciser le sens de chaque mot, employer les mots à bon escient : une prude n’est pas une précieuse. Les adjectifs sont désémantisés : le bel air, ma chère…

- Usage du style figuré : ingéniosité des tours, périphrases pour éviter un mot malpropre (chandelle = supplément du soleil, cheminée = empire de Vulcain, main = belle mouvante, dents = ameublement de la bouche, nez = écluses du cerveau…) Multiplication des métaphores, figées aujourd’hui (lèvres ourlées, billet doux, travestir sa pensée…). La carte de tendre montre les subtilités de l’amour.

Il faut être ingénieux pour ménager la surprise, avoir un style piquant : alliance de mots (douce cruauté…), hyperboles, abstraction, voc esthétique ou psychologique.

- Mvmt difficile à dater : début XVIIme, mais il s’étend et dépasse les siècles, mvmt fat qui a une influence sur la langue. Avec Malherbe, ce mvmt contribue à l’épuration de la langue : peu de mots nveaux crées mais distinctions sémantiques et locutions nouvelles.


  • Le mouvement burlesque


- Mvmt en réaction à la préciosité (milieu et fin de siècle) dont le maître est Scarron : courant littéraire qui s’inscrit dans l’antiphrase, la discordance (héroico – comique). Emploi fréquent de mots réalistes et bas, archaïsmes, néologismes, condamnés par les précieuses : charogne, ulcère, dégobiller, rendre gorge…Archaïsmes comme complainte, noise, gardonner, giboyer, s’encanarder…

- Il va rester de ce courant l’idée de la langue comme mélange et l’idée de niveaux de langue qui correspondent à des réalités différentes. Ces niveaux existaient déjà au XVIme avec l’opposition satire / poésie élevée ; au XVIIme, ces deux styles se dissocient bien et l’écart se creuse : tragédie / comédie / burlesque. Ces niveaux s’estomperont au XIXme, avec Baudelaire par exple.


  • Le bon usage


Entre ces deux extrémités, on trouve la langue des salons, de la Cour, sorte de frs épuré, clair et compréhensible. C’est le dénominateur commun de tous les courtisans. C’est le frs de Malherbe, le résultat de l’œuvre des précieux


  • La prononciation


Il y a peu de choses car les évolutions se sont faites avant :

  • Le –r final n’est pas rétabli dans tous les mots : mouchoi(r), couri(r), …Svt les cs finales ne seront pas rétablies : coup, petit, sauf en cas de liaison

  • Le –e muet « mol et imbécile » au XVIme tombe, il devient muet. Les voyelles sont allongées par la chute du e muet. Exple : « qu’elle a chantée » : on appuie sur le e, presque diphtongué.

  • Dans « ée, ie, ue » des part. passés ou substantifs, la voyelle est allongée à la suite du e muet

  • Lorsque le e muet est accentué, il passe à [e] : premier, ensevelir (prononciation différente aujourd’hui). On peut trouver registre ou régistre, péril ou peril => pas de véritable règle pour l’intérieur des mots (tombent parfois, se renforcent…)

  • Le digramme –oi a trois prononciations : [e] imparfait ou conditionnel, [we] pour les autres mots à la cour, [wa] dans le parler populaire

  • Les nasales connaissent une évolution avec 3 cas :

1> Nasale finale : « bien » : s’écrit avec un g à la fin du XVIme ; au XVIIme il tombe et reste graphique.
2> Suivie d’une nasale finale : la dénasalisation atteint les voyelles nasales dont une nasale restée prononcée. Cf : femme au XVIIme [f m] puis dénasalisation [fam], sans doute par amuïssement du e muet. On a également 2 formes différentes au masc / fem : bon / bonne avec dénasalisation. Les 2 formes presque semblables vont se distinguer nasale / orale : la ressemblance n’est plus que graphique.
3> Nasale non finale : voyelles nasales devant une autre nasale dans les mots longs, lorsque la nasale n’est pas finale. Par exple, grand mère et grammaire sont confondus au XVIIme. La nasalisation reste jusqu’à aujourd’hui en Aquitaine. Evolution différente selon les régions et les nasales.


  • Le r était apical au XVIme : courant XVIIme, il devient un r grasseyé, dorso-vélaire. Devient plus doux, comme aujourd’hui. R apical reste cpdt dans certaines régions

  • Le h perdure mais perd de l’importance

  • Le l mouillé devient / j /

  • Le s final s’amuit complètement à la pause, ressort devant voyelle si cas de liaison. Csq en morphologie : le sg et le pl ne sont marqués que de façon graphique. Les terminaisons des verbes, surtout P1, P2, P3, P6 ont tendance à se confondre, d’où l’importance du rôle des articles et déterminants qui indiquent les genres et les nbres (+ emploi de plus en plus fréquent des pronoms personnels)


CCl : la langue réagit pour faciliter la distinction et la compréhension.


  • La morphosyntaxe


- Les accord du part. passé datent de Marot (XVIme). Ils se généralisent au XVIIme. Ils sont de + en + rattachés à l’auxiliaire et forment un tout.

- Le groupe verbal va perdre de la cohésion : on parle d’aspects verbaux, de temps composés du verbe (cf. PS / PC). Au XVIIme la distinction est difficile : PC qd l’action s’est passée dans la journée, PS au moins hier (loi des 24 h).

- Fin XVIIme, on admet que le PC est un aspect verbal pour indiquer un pst accompli.

- On a 2 types de phrases :

  • calquée sur le latin, assez longue

  • très courte (Pascal, La Fontaine, La Bruyère), style discontinu, que l’on retrouve abondamment au XVIIme




  • Le vocabulaire


Niveaux de langue plus clairs qu’au XVIme siècle. Au XVIIme, préciosité et burlesque sont 2 extrêmes. Apparition de romans populaires. On assiste aussi à une épuration : on cherche à affiner et nuancer les mots (on ne cherche pas à augmenter la masse du voc.). On évite les néologismes et on tolère qques emprunts, à l’Espagne notamment.


  • L’orthographe


Bcp d’idées dans les travaux du XVI me mais peu seront conservées :

> suppression des lettres étymologiques comme signes diacritiques (-l, fai©t)

> augmentation de l’usage du v et du j, mais rien d’officiel avant la fin du siècle

> usages de l’accent, cédille et apostrophe sont bien répandus (+ d’accents aigus que graves)

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