Interview de Jean Renoir





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Interview de Jean Renoir

  • Choix de réduire à 3 personnages principaux : Vandreuves, Muffat et Nana

  • Acteurs réduits à 3 :

    • Vandreuves > Jean Angelo

    • Le comte Muffat > Werner Krauss

    • Nana > Catherine Hessling

  • Fin de l’article : objectif de Renoir sur le réalisme : peinture du second Empire

PARCOURS DE PERSONNAGE

En quoi le personnage de Nana porte-t-il le projet de son auteur ? en quoi ses aventures sont-elles révélatrices d’une époque ?

Séance 1

  • Objectifs

    • Les héros chez Zola

    • Portrait physique et moral de Nana

  • Choix : Aborder la fin du roman / le corps en putréfaction

  • Problème : qui est NANA ?

    • Extrait roman : la fin à partir de « le froid du cadavre……A Berlin ! A Berlin! » + préface de Zola : réponse à la question problème

    • Ciné miroir n° 100 (la fin du film, selon Renoir) : hypothèses sur la fin du film img_0178.jpg

  • img_0201.jpg

    • Extrait du film : l’adaptation cinématographique : les choix de Renoir et ses objectifs



Séance 2 Toute une ambiance

  • Objectifs

    • Comment par les mots Zola restitue-t-il le réel ?

    • Procédés d’écriture étudiés en CLG

    • Comparer 2 textes

      • Incipit : à partir de : » à neuf heures, la salle du théâtre… promenant un lent regard »

      • Extrait chapitre 1 : « dans la salle, Fauchery et Faloise… braquaient leurs jumelles du bout de leurs doigts gantés »

      • Croquis d’un théâtre à l’italienne

      • Extrait de Emile Zola, manuscrits et dossiers préparatoires, les Rougon Macquart. Nana. Epreuves corrigées Premier volume, 1801-1900 : description du chapitre 1 et intentions de l’auteur.

Séance 3 : l’apparition de Nana

  • Objectifs :

    • Les images sont elles mieux que les mots ?

    • Expliquez de quoi se compose un film muet.

      • Extrait du film : 3’ 06 à 6’17

      • Extrait du roman, chapitre 1 : «  à ca moment, les nuées au fond s’écartèrent….et les applaudissements devinrent furieux »

Lecture analytique, étude comparée avec l’extrait filmique

Etude stylistique du cinéma muet

Séance 4 : un cinéma de reconnaissance.

  • Objectifs :

    • Les attentes des spectateurs dans les années 20

    • Confronter un roman à son adaptation au cinéma.

      • Extrait chapitre 11 «  ce dimanche là, par un ciel orageux…. Parmi un tas de bouquets, des roses blanches et des myosotis bleus, qu’ils disparaissaient jusqu’aux épaules »

      • extrait du film (à partir de 1h0013 à 1h02)



  1. Construction d’un tableau comparatif (lieu, personnages Nana et les autres), décor, rythme, costumes.




Film

roman

Lieu







Eléments du décor







Rythme







Costumes







Nana







Autres personnages







Bilan


Le bilan de l’étude comparative sera la réponse à la question posée

  1. lecture d’un article Ciné Miroir du 25 juin 1926,

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A partir de cette critique, imaginez quelles sont les attentes des spectateurs à l’époque.

Séance 5 : une relecture de Nana

Objectifs

  • Création d’une affiche de Nana au XXI° siècle

  • Ecriture d’une note d’intention du réalisateur

Supports : les affiches du film de 1926, 1956.

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L’interview de Renoir (bonus)

Extraits du roman : portraits de Nana

Extraits de Nana :
Description de Nana :
Chapitre I : p. 2

— Attendez donc ! répondit Fauchery. Il faut bien que je connaisse votre Nana, avant de parler d’elle… Je n’ai rien promis, d’ailleurs.

Puis, pour couper court, il présenta son cousin, M. Hector de la Faloise, un jeune homme qui venait achever son éducation à Paris.

Le directeur pesa le jeune homme d’un coup d’œil. Mais Hector l’examinait avec émotion. C’était donc là ce Bordenave, ce montreur de femmes qui les traitait en garde-chiourme, ce cerveau toujours fumant de quelque réclame, criant, crachant, se tapant sur les cuisses, cynique, et ayant un esprit de gendarme ! Hector crut qu’il devait chercher une phrase aimable.

— Votre théâtre… commença-t-il d’une voix flûtée.

Bordenave l’interrompit tranquillement, d’un mot cru, en homme qui aime les situations franches.

— Dites mon bordel.

Alors, Fauchery eut un rire approbatif, tandis que la Faloise restait avec son compliment étranglé dans la gorge, très choqué, essayant de paraître goûter le mot. Le directeur s’était précipité pour donner une poignée de main à un critique dramatique, dont le feuilleton avait une grande influence. Quand il revint, la Faloise se remettait. Il craignait d’être traité de provincial, s’il se montrait trop interloqué.

— On m’a dit, recommença-t-il, voulant absolument trouver quelque chose, que Nana avait une voix délicieuse.

— Elle ! s’écria le directeur en haussant les épaules, une vraie seringue !

Le jeune homme se hâta d’ajouter :

— Du reste, excellente comédienne.

— Elle !… Un paquet ! Elle ne sait où mettre les pieds et les mains.

La Faloise rougit légèrement. Il ne comprenait plus.

Il balbutia :

— Pour rien au monde, je n’aurais manqué la première de ce soir.

Je savais que votre théâtre…

— Dites mon bordel, interrompit de nouveau Bordenave, avec le froid entêtement d’un homme convaincu.

Cependant, Fauchery, très calme, regardait les femmes qui entraient. Il vint au secours de son cousin, lorsqu’il le vit béant, ne sachant s’il devait rire ou se fâcher.

— Fais donc plaisir à Bordenave, appelle son théâtre comme il te le demande, puisque ça l’amuse… Et vous, mon cher, ne nous faites pas poser. Si votre Nana ne chante ni ne joue, vous aurez un four, voilà tout. C’est ce que je crains, d’ailleurs.

— Un four ! un four ! cria le directeur dont la face s’empourprait. Est-ce qu’une femme a besoin de savoir jouer et chanter ? Ah ! mon petit, tu es trop bête… Nana a autre chose, parbleu ! et quelque chose qui remplace tout. Je l’ai flairée, c’est joliment fort chez elle, ou je n’ai plus que le nez d’un imbécile… Tu verras, tu verras, elle n’a qu’à paraître, toute la salle tirera la langue.

Il avait levé ses grosses mains qui tremblaient d’enthousiasme ; et, soulagé, il baissait la voix, il grognait pour lui seul :

— Oui, elle ira loin, ah ! sacredié ! oui, elle ira loin… Une peau, oh ! une peau !

Chapitre I : p. 6, 7

Une scène, ensuite, sembla interminable. Jupiter n’en finissait pas d’assembler le conseil des dieux, pour lui soumettre la requête des maris trompés.

Et toujours pas de Nana ! On gardait donc Nana pour le baisser du rideau ? Une attente si prolongée avait fini par irriter le public. Les murmures recommençaient.

— Ça va mal, dit Mignon radieux à Steiner. Un joli attrapage, vous allez voir !

À ce moment, les nuées, au fond, s’écartèrent, et Vénus parut. Nana, très grande, très forte pour ses dix-huit ans, dans sa tunique blanche de déesse, ses longs cheveux blonds simplement dénoués sur les épaules, descendit vers la rampe avec un aplomb tranquille, en riant au public. Et elle entama son grand air :

 

Lorsque Vénus rôde le soir…

 

Dès le second vers, on se regardait dans la salle. Était-ce une plaisanterie, quelque gageure de Bordenave ? Jamais on n’avait entendu une voix aussi fausse, menée avec moins de méthode. Son directeur la jugeait bien, elle chantait comme une seringue. Et elle ne savait même pas se tenir en scène, elle jetait les mains en avant, dans un balancement de tout son corps, qu’on trouva peu convenable et disgracieux. Des oh ! oh ! s’élevaient déjà du parterre et des petites places, on sifflotait, lorsqu’une voix de jeune coq en train de muer, aux fauteuils d’orchestre, lança avec conviction :

— Très chic !

Toute la salle regarda. C’était le chérubin, l’échappé de collège, ses beaux yeux écarquillés, sa face blonde enflammée par la vue de Nana. Quand il vit le monde se tourner vers lui, il devint très rouge d’avoir ainsi parlé haut, sans le vouloir.

Daguenet, son voisin, l’examinait avec un sourire, le public riait, comme désarmé et ne songeant plus à siffler ; tandis que les jeunes messieurs en gants blancs, empoignés eux aussi par le galbe de Nana, se pâmaient, applaudissaient.

— C’est ça, très bien ! bravo !

Nana, cependant, en voyant rire la salle, s’était mise à rire. La gaieté redoubla. Elle était drôle tout de même, cette belle fille. Son rire lui creusait un amour de petit trou dans le menton. Elle attendait, pas gênée, familière, entrant tout de suite de plain-pied avec le public, ayant l’air de dire elle-même d’un clignement d’yeux quelle n’avait pas de talent pour deux liards, mais que ça ne faisait rien, quelle avait autre chose. Et, après avoir adressé au chef d’orchestre un geste qui signifiait : « Allons-y, mon bonhomme ! » elle commença le second couplet :

 

À minuit, c’est Vénus qui passe…

 

C’était toujours la même voix vinaigrée, mais à présent elle grattait si bien le public au bon endroit, quelle lui tirait par moments un léger frisson. Nana avait gardé son rire, qui éclairait sa petite bouche rouge et luisait dans ses grands yeux, d’un bleu très clair. À certains vers un peu vifs, une friandise retroussait son nez dont les ailes roses battaient, pendant qu’une flamme passait sur ses joues. Elle continuait à se balancer, ne sachant faire que ça. Et on ne trouvait plus ça vilain du tout, au contraire ; les hommes braquaient leurs jumelles.

Comme elle terminait le couplet, la voix lui manqua complètement, elle comprit quelle n’irait jamais au bout. Alors, sans s’inquiéter, elle donna un coup de hanche qui dessina une rondeur sous la mince tunique, tandis que, la taille pliée, la gorge renversée, elle tendait les bras. Des applaudissements éclatèrent. Tout de suite, elle s’était tournée, remontant, faisant voir sa nuque où des cheveux roux mettaient comme une toison de bête ; et les applaudissements devinrent furieux.

La fin de l’acte fut plus froide. Vulcain voulait gifler Vénus. Les dieux tenaient conseil et décidaient qu’ils iraient procéder à une enquête sur la terre, avant de satisfaire les maris trompés. C’était là que Diane, surprenant des mots tendres entre Vénus et Mars, jurait de ne pas les quitter des yeux pendant le voyage. Il y avait aussi une scène où l’Amour, joué par une gamine de douze ans, répondait à toutes les questions : « Oui, maman… Non, maman », d’un ton pleurnicheur, les doigts dans le nez. Puis, Jupiter, avec la sévérité d’un maître qui se fâche, enfermait l’Amour dans un cabinet noir, en lui donnant à conjuguer vingt fois le verbe « J’aime ». On goûta davantage le finale, un chœur que la troupe et l’orchestre enlevèrent très brillamment. Mais, le rideau baissé, la claque tâcha vainement d’obtenir un rappel, tout le monde, debout, se dirigeait déjà vers les portes.

On piétinait, on se bousculait, serré entre les rangs des fauteuils, échangeant ses impressions. Un même mot courait :

— C’est idiot.

Un critique disait qu’il faudrait joliment couper là-dedans. La pièce importait peu, d’ailleurs ; on causait surtout de Nana.

Fauchery et la Faloise, sortis des premiers, se rencontrèrent dans le couloir de l’orchestre avec Steiner et Mignon. On étouffait dans ce boyau, étroit et écrasé comme une galerie de mine, que des lampes à gaz éclairaient. Ils restèrent un instant au pied de l’escalier de droite, protégés par le retour de la rampe. Les spectateurs des petites places descendaient avec un bruit continu de gros souliers, le flot des habits noirs passait, tandis qu’une ouvreuse faisait tous ses efforts pour protéger contre les poussées une chaise, sur laquelle elle avait empilé des vêtements.

— Mais je la connais ! cria Steiner, dès qu’il aperçut Fauchery. Pour sûr, je l’ai vue quelque part… Au Casino, je crois, et elle s’y est fait ramasser, tant elle était soûle.

— Moi, je ne sais plus au juste, dit le journaliste ; je suis comme vous, je l’ai certainement rencontrée…

Il baissa la voix et ajouta en riant :

— Chez la Tricon, peut-être.

— Parbleu ! dans un sale endroit, déclara Mignon, qui semblait exaspéré. C’est dégoûtant que le public accueille comme ça la première salope venue. Il n’y aura bientôt plus d’honnêtes femmes au théâtre… Oui, je finirai par défendre à Rose de jouer.

Fauchery ne put s’empêcher de sourire. Cependant, la dégringolade des gros souliers sur les marches ne cessait pas, un petit homme en casquette disait d’une voix traînante :

— Oh ! là, là, elle est bien boulotte ! Y a de quoi manger.

Dans le couloir, deux jeunes gens, frisés au petit fer, très corrects avec leurs cols cassés, se querellaient.

L’un répétait le mot : Infecte ! infecte ! sans donner de raison ; l’autre répondait par le mot : Épatante ! épatante ! dédaigneux aussi de tout argument.

La Faloise la trouvait très bien ; il risqua seulement quelle serait mieux, si elle cultivait sa voix.

Chapitre I : p. 8

(Plus loin, au second acte))

Pourtant, l’action marchait, au milieu de ces folies. Vulcain, en garçon chic, tout de jaune habillé, ganté de jaune, un monocle fiché dans l’œil, courait toujours après Vénus, qui arrivait enfin en Poissarde, un mouchoir sur la tête, la gorge débordante, couverte de gros bijoux d’or. Nana était si blanche et si grasse, si nature dans ce personnage fort des hanches et de la gueule, que tout de suite elle gagna la salle entière. On en oublia Rose Mignon, un délicieux Bébé, avec un bourrelet d’osier et une courte robe de mousseline, qui venait de soupirer les plaintes de Diane d’une voix charmante.

L’autre, cette grosse fille qui se tapait sur les cuisses, qui gloussait comme une poule, dégageait autour d’elle une odeur de vie, une toute puissance de femme, dont le public se grisait. Dès ce second acte, tout lui fut permis, se tenir mal en scène, ne pas chanter une note juste, manquer de mémoire ; elle n’avait qu’à se tourner et à rire, pour enlever les bravos. Quand elle donnait son fameux coup de hanche, l’orchestre s’allumait, une chaleur montait de galerie en galerie jusqu’au cintre. Aussi fut-ce un triomphe, lorsqu’elle mena le bastringue. Elle était là chez elle, le poing à la taille, asseyant Vénus dans le ruisseau, au bord du trottoir. Et la musique semblait faite pour sa voix faubourienne, une musique de mirliton, un retour de foire de Saint-Cloud, avec des éternuements de clarinette et des gambades de petite flûte.
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