Claude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002





télécharger 0.88 Mb.
titreClaude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002
page7/22
date de publication28.10.2017
taille0.88 Mb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   ...   22

CHAPITRE IV : L’EVANGILE DE LA TRINITE DIVINE

1.Relance


Les six jours de la première création ont préparé l’apparition de l’homme sur la terre, ils ont permis la difficile fabrication147 d’un prototype humain réalisé à l’Image de Dieu, qui pourra, un jour, lui ressembler. Selon un scénario comparable, les six trompettes de la première création ont soufflé l’amour dans un environnement hostile. En effet, la tradition juive laisse entendre que le Créateur fut obligé de recommencer plusieurs fois le lancement de sa création tant l’entreprise était difficile. D’un côté, les anges étaient réticents, jaloux semble-t-il, de leur prééminence spirituelle. De l’autre, la nature d’en bas – nous le savons bien - ressemble plus à la jungle qu’à l’amour. Heureusement que le Créateur est têtu car l’amour, par essence, l’est forcément.

Le sixième jour de la première semaine se passa en deux temps : ce fut d’abord la fabrication des animaux terrestres qui se termina par celle de l’homme « mâle et femelle », en clair : de l’homme « animal ». Cette première étape fut complétée par un acte de création. L’Adam sexué « mâle et femelle » fut créé à l’Image de Dieu. Un « plus » divin a donc été ajouté à la simple fabrication.

Nous avons vu que Dieu a agi de la même façon à l’ouverture du sixième sceau comme si le chiffre « six » demandait toujours un « plus ». L’étape complémentaire fut le don inouï du septième sceau divin. De la même façon, le souffle de la sixième trompette (encore le chiffre « six » !) sera prolongé par ce que nous allons maintenant entendre et voir. Un nouvel acte de Dieu, aussi imprévisible que le précédent, va accomplir la re-création parvenue à sa sixième étape. Il s’agit d’une création et non de la simple fabrication que l’on aurait pu attendre.

Nous verrons que cette dernière initiative divine consiste en l’introduction d’un petit livre ouvert qui serait bien l’histoire de Jésus écrite en termes bibliques, à savoir « l’évangile ».148 La vie de Jésus ressemble en effet à un livre ouvert proposé à qui veut le lire, qui veut la lire. Le don divin de ce petit ouvrage ouvre une série d’événements qu’il nous faudra comprendre. Le pauvre Jean va d’abord être contraint de manger cet ouvrage indigeste pour être intronisé « évangélisateur universel ». La voix d’en haut lui ordonne en effet d’aller prophétiser contre une foule de nations, de peuples et de rois (Ap 10,11). Apparaissent ensuite deux mystérieux témoins qui semblent collés l’un à l’autre. Les commentateurs ont toujours été embarrassés par ces deux personnages au destin étrangement lié. Qui peuvent-ils être ? Certainement des gens importants puisque leur mort, leur résurrection et leur ascension au ciel va marquer un tournant capital dans l’histoire apocalyptique de l’humanité. Dans la foi mais sans aucune certitude, nous proposerons l’hypothèse que nous suggère la théologie trinitaire de l’évangéliste Jean. Comme tout acte de foi, cet éclairage n’a évidemment aucune prétention scientifique.

2.La descente de l’Ange


L’Apocalypse a, par deux fois déjà, mis en scène des êtres célestes supérieurs. Celui qui va maintenant entrer en scène ressemble à ceux-là, un personnage vraiment hors du commun.

Je vis ensuite un "autre ange" puissant, descendre du ciel, enveloppé d’une nuée, un arc-en-ciel au-dessus de sa tête, le visage comme le soleil, et les pieds comme des colonnes de feu (Ap 10,1).

Cet "autre ange", puissant personnage, descend droit du ciel, tout rempli de la force et de la puissance d’en haut. Il vient manifestement accomplir une importante mission, qui a été préparée par le souffle des six premières trompettes. Tout comme le Dieu biblique, son corps est enveloppé d’une nuée. Pour se remettre l’image en tête, revoyons la théophanie mise en scène dans le psaume 18 : Le Seigneur inclina les cieux et descendit, une sombre nuée sous les pieds (Ap 18,10)… Il fit des ténèbres son voile, sa tente : ténèbres d’eau, nuée sur nuée… (Ap 18,12). Voilà comment Dieu descend sur terre. Notre Ange lui ressemble. L’évêque Victorin de Poetovio l’écrivait déjà : « L’ange puissant qui est descendu du ciel avec une nuée pour vêtement… qui a posé les pieds sur la mer et sur la terre, désigne Notre Seigneur ».149

Un arc-en-ciel est au-dessus de sa tête. En amont de sa vision, Jean avait remarqué qu’un arc-en-ciel entourait le trône du grand Roi (Ap 4,3). Notre hypothèse semble se confirmer : l’Ange serait bien le Roi divin lui-même.

D’ailleurs, son visage est comme le soleil. Là encore, l’image proposée n’est pas nouvelle; nous l’avons rencontrée lors de la vision inaugurale du céleste « Fils de l’homme » (Ap 1,16)150.

Ses pieds sont comme des colonnes de feu ! On peut sourire de l’audace de cette nouvelle image, et même l’atténuer en traduisant « pieds » par « jambes ». Pourtant l’image est éloquente : les « pieds » de Dieu ne sont-ils pas lourds du poids brûlant de la charité ? Les six descentes du feu qui précèdent ne prouvent-elles pas cela ? D’ailleurs, ce grand amour aura un avenir. L’augustinien Césaire d’Arles, reprenant l’interprétation biblique déjà reprise par Paul, écrit : « Les pieds signifient les apôtres151 par lesquels la doctrine se répand par tout l’univers. »152 L’Ange qui descend va lancer une nouvelle évangélisation.

Pour saint Augustin que suit fidèlement Césaire, les pieds semblent désigner la prédication apostolique qui suit l'Incarnation de Dieu, et « l’Ange revêtu d’une nuée, c’est le Seigneur revêtu de l’Eglise. »153

Il tenait en sa main un petit livre ouvert (Ap 10,2) qui serait bien l’Evangile parce que la Bonne Nouvelle de la Résurrection de la chair, dynamisée par le don d’en haut, dévoile le sens de notre existence mortelle.

Ayant posé le pied droit sur la mer et le gauche sur la terre, (l’Ange) poussa une puissante clameur pareille au rugissement du lion (Ap 10,3).154 Jésus-Christ, vainqueur de la mort, a été appelé le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David (Ap 5,5). L’Agneau égorgé est également un lion puissant, puissant parce que victorieux de la mort155.

Quant aux images bibliques de la « mer » et de la « terre », les deux matières principales de notre « en bas » en gestation, elles sont associées depuis le second jour de la création. En effet Dieu dit : Que les eaux qui sont sous le ciel se rassemblent en un lieu UN et qu’apparaisse le sec ! (Gn 1,9). Nous avons déjà évoqué cette curieuse transformation des eaux en cette étrange terre sèche que qualifie le chiffre UN, le chiffre de l’unicité divine. On peut comprendre qu’en s’unissant, qu’en communiant ensemble, les « eaux » humaines156 prennent petit à petit la solidité de la tendresse infinie de Dieu qui façonne toute communion. La terre ferme pourrait donc symboliser la solidarité humaine qui existe déjà, et la mer évoquerait l’humanité qui reste à convertir à cet Agapè dont l’amour humain n’est qu’un pâle reflet. L’Ange a son pied gauche posé sur la terre ferme, et le droit sur la mer vers laquelle il oriente déjà la marche de l’Evangile.

Après quoi, les sept tonnerres firent retentir leur voix. Quand ils eurent parlé, je m’apprêtais à écrire lorsque, une voix du ciel me dit : Tiens secrètes les paroles des sept tonnerres et ne les écris pas ! (Ap 10, 3 4)

Jean ne doit rien écrire d’abord parce que le petit livre est déjà tout écrit, déjà vécu. Il lui sera donc seulement pour donné pour être transmis. Ensuite parce que les « tonnerres » divins doivent rester ce qu’ils sont : cette voix fulgurante de Dieu, cette voix de foudre, qui se fit entendre au Sinaï. Quand Moïse parlait, Dieu lui répondait par des coups de tonnerre157 (Cf. Ex 19,19). A la Pentecôte, les Apôtres ont refait l’expérience de Moïse. Ce qui fait dire à Victorin de Poetovio : « Les sept tonnerres, c’est l’Esprit à la septuple puissance. » La Tradition a suivi cette lecture.

L’expérience de Moïse doit devenir la nôtre, car la « montagne » de la Loi doit être transportée dans le cœur des croyants.158

L’Eternel parlait avant que l’homme ne fut créé, et il donna la possibilité inouïe d’une parole vraie – le don de sa Parole – à sa créature. L’homme est donc invité à s’entraîner à parler vrai de toute son âme, de tout son esprit, et bien sûr de tout son corps rempli d'émotions, de tout lui-même, afin de ressembler à ce Dieu dont la tendresse immense unit les « personnes » entre elles. C’est par sa parole biblique, par la foi dite et donc confessée, que la vie divine du petit livre s’inscrit dans les cœurs. Ni la Bible ni l’Evangile ne doivent se réduire à de simples textes destinés à être lus et regardés de l’extérieur. Pour être entendus, les sept tonnerres de Dieu doivent être parlés et vécus du fond de l'être. L’Ancien Testament est inspiré par l’Esprit saint159, et l’Evangile montre comment l’être humain doit le vivre comme Jésus l’a vécu. Ces deux Ecritures (qui n’en font qu’une) expriment à elles-deux la Vie parlante de Dieu, dans l’esprit et dans la chair. Ainsi la Bible n’est-elle pas scellée mais s’ouvre à l’intériorité de la foi, touche le cœur, convertit l’âme. Ainsi la « montagne de Dieu », la montagne de feu, est transportée en notre humanité. Grâce à ce déménagement du dehors au dedans, grâce à cet exode de toute la Bible en l’homme, l’homme nouveau s’unit à l’ancien Adam dont la chair est, nous le savons d’expérience, contaminée par le péché d’extériorité.160

Voici pourquoi Jean reçoit l’ordre de ne rien mettre par écrit : pour que la vie divine soit cherchée et reçue au-delà des textes. C’est l’effort de méditation essentielle à la prière biblique, qui nourrit la foi, et fait grandir l’Eglise en justice et en charité.

A travers son commentaire, Césaire confirme la nécessité d’une parole personnelle pour entrer dans les Ecritures, tradition pédagogique ancestrale qui nous vient des Juifs. Celui qui ne désire pas creuser en lui le champ des Ecritures, reste libre mais il se condamne à la « surdité » spirituelle, au « mutisme » d’une religion fermée sur elle-même, et à l’errance d’une foi impie. Pour ponctuer son propos, l’évêque d’Arles anticipe la finale de l’Apocalypse : Qui voudra continuer à mal agir, qu’il fasse le mal, et qui est dans les souillures qu’il se souille encore (Ap 22,11). Voilà ceux pour lesquels la parole de Dieu est scellée ». Rappelant ensuite une phrase du Seigneur, l’évêque ajoute : « C’est pour cela que je leur parle en paraboles (Mt 13,13), afin que celui qui est juste agisse avec plus de justice, et celui qui est saint agisse plus saintement (Ap 22,11). Tels sont ceux pour qui la parole n’est pas scellée. » 161

Alors l’Ange debout sur la terre et sur la mer… jura par Dieu que l’Ecriture s’accomplira. Dès que la septième trompette sonnera sur la terre, le mystère de Dieu sera consommé, selon la Bonne Nouvelle qu’il a donné à ses serviteurs les prophètes (Ap 10,7). L’Evangélisation, confiée aux prophètes qui ont reçu le don de catéchèse, est bien lancée; elle ira jusqu’à son terme, jusqu’à la réalisation complète de la re-création entreprise par le « Dieu crucifié ».

3.Le petit livre et la douleur au ventre


Puis la voix du ciel que j’avais entendue me parla de nouveau : Va prendre le petit livre ouvert dans la main de l’Ange debout sur la mer et sur la terre (Ap 10,8). Jean n’est plus seulement visionnaire, il doit maintenant se déplacer, il devient acteur. Je m’en fus alors prier l’Ange de me remettre le petit livre. Il me dit : « Mange-le; il te remplira les entrailles de fiel, mais en ta bouche, il aura la douceur du miel » (Ap 10, 9-10).

L’Evangile est confié à Jean qui doit le faire descendre en lui,162 mais la digestion est difficile, et le goût merveilleux du Livre « intérieur » devient douleur au ventre.

Ezéchiel semble avoir fait une expérience semblable, le prophète ne paraît pas cependant avoir connu la souffrance physique qui suit la manducation de la Parole (Ez 2,9 à 3,3). Pour le prophète, le texte du Livre tel qu’il apparaissait était « immangeable » avant même qu’il ne s’en nourrisse, il n’y lisait en effet que lamentations, gémissements et plaintes. Aujourd’hui encore, la Bible reste difficile à accepter : invraisemblances, immoralité des hommes et même vengeance de Dieu ! Pourtant, dès qu’elle fut mâchée par le prophète, l’Ecriture prit dans sa bouche un délicieux goût de miel. Les mots lus de l’extérieur étaient horribles mais, aussitôt intériorisés163, ils ont pris cette saveur exquise. L’expérience très personnelle de la Parole semble s’arrêter à cette joie immense ressentie du dedans.

La Tradition nous a transmis l’expérience d’Ezéchiel, celle de la Parole de Dieu qui rend les Ecritures digestes, nourrissantes et agréables. Le message est clair : il est indispensable au croyant de se mettre les Ecritures en bouche, de les changer en prières et en paroles de sens pour qu’elles deviennent son « pain quotidien ». La lecture spirituelle de la Bible se fait de l’intérieur et non du dehors, mais l’extériorité du texte religieux est, encore aujourd’hui, et aujourd’hui plus qu’hier, l’obstacle majeur à la manducation de la Parole. Cette expérience stupéfiante étonnait déjà le prophète Ezéchiel il y a plus de 2500 ans sur le bord de l’Euphrate.

Que la parole personnelle soit nécessaire à la bonne réception des Ecritures, la chose était donc acquise depuis des siècles. L’expérience que Jean fait du petit livre semble aller au delà. N’y aurait-il pas du nouveau dans la méditation biblique ? Certes, la tension existe toujours entre une écriture sainte aplatie sur son texte, et la saveur délicieuse du Livre saint qui transfigure l’amertume visible en paroles intimes. L’Evangile de Jésus-Christ paraît apporter un « plus » à l’ancienne méditation biblique : cette douleur intestine que Jésus connut à sa Passion et qui prend toute la mesure du péché dans le « corps » du monde. Ezéchiel ignorait le paroxysme du don de soi, la Croix du Fils de Dieu parce que l’Agneau n’avait pas encore vécu, affronté puis vaincu la mort du corps. Dans l’Ancien Testament, la Bonne Nouvelle était seulement en préparation, l’Evangile n’était pas encore écrit dans la chair et dans le sang. Le Créateur n'avait pas révélé l’infinie largesse de sa tendresse, l'immensité de son cœur, il ne s'était pas encore "fait" créature, incluant désormais « le corps » et la mort dans sa grande œuvre de salut.

Saint Augustin164 propose une interprétation curieuse, tout au moins à première lecture. « La prédication de la Parole de Dieu, dit-il, est douce pour les hommes spirituels mais, pour les hommes charnels qui, selon l’Apôtre, font leur Dieu de leur ventre165, elle paraît amère et dure. » Le chantre de la grâce se situe dans l’horizon de l’évangélisation, il sait d’expérience que la prédication évangélique produit des effets inverses : une grande joie ou au contraire une opposition violente. Tant que la foi ne réclame que des actes religieux charitables et humanitaires, l’Evangile est acceptable et même bien accepté. Mais si la communion humaine exige plus, si elle réclame ce que Jésus disait au jeune homme riche166 : vends ce que tu as, donne-le aux pauvres…, le « vase » alors déborde et le refus s’affirme au point de créer division et violence dans les familles intéressées.167 N’est-ce pas cela : la brûlure intestine, le mal de ventre ? N’est-ce pas cela aussi la douleur encore inconnue des sages d’Israël, semblable à celle d’une femme qui accouche ?

Alors on me dit : il te faut de nouveau prophétiser contre une foule de peuples, de nations et de roi (Ap 10,11). Voilà Jean intronisé, tout comme Paul et bien d’autres. N’est-il pas lui-aussi un « apôtre des nations » et donc forcément un semeur contesté de l’Evangile.

Le vieil homme exilé à Pathmos, affaibli par des tortures, va devoir repartir pour vivre la Croix jusqu’à l’extrémité de sa très longue existence. Comme Paul avant lui, il a dû se dire en son fors interne : « Malheur à moi si je ne prêchais pas l’Evangile qui m’est commandé » (1 Cor 9,16).168 L’Incarnation impose cette exigence : l’Evangile s’écrit avec des mots de chair, et même parfois de sang, ainsi que toute histoire chrétienne qu’il faut mener jusqu’à la Croix. Voilà comment le temps de tout être humain s’accomplit en Jésus-Christ même si, par ailleurs, le monde ignore la consistance biblique du Corps du Christ, la réalité mystique de l’Eglise des baptisés.

4.Le Temple d’en bas mesuré


Six trompettes ont sonné. L’amour de feu est descendu, il sera mesuré par la conscience universelle quand celle-ci sera toute imprégnée d’amour. Puisque l’amour est désormais incarné, les cœurs changent mystérieusement de l’intérieur, et le jugement de tous commence à se modifier en un monde où l’information va à la vitesse de l’éclair.

Puis on me remit une mesure, un roseau semblable à un bâton, en me disant : « Lève-toi pour mesurer le temple de Dieu, l’autel et les adorateurs qui s’y trouvent. Quant à son parvis extérieur, laisse-le, ne le mesure pas, car on l’a donné aux païens : ils fouleront la Ville Sainte durant 42 mois169, mais j’enverrai mes deux témoins prophétiser… » (Ap 11, 1-2).

Pour la seconde fois, Jean doit agir, il lui faut mesurer le Sanctuaire de Jérusalem avec une sorte de bois, apparemment une règle très ordinaire, terrestre mais pourtant donnée d’en haut et qui évoque en grec le sceptre d’un roi170. Ce « bois » serait-il une évocation de la Croix ? On peut l’imaginer. En tout cas, La fin de l’Apocalypse révèle qu’une mesure humaine est devenue une mesure divine, un roseau d’or avec lequel l’ange mesure l’éternelle Jérusalem céleste171.

Il s’agit de prendre la mesure de ce temple de Dieu, de l’autel et de ses adorateurs, donc d’apprécier la valeur religieuse de ces hommes de la Bible; ils bénéficient de la Révélation mais sont pourtant ennemis du Christ. Certaines lettres de Jean aux Eglises ont déjà évoqué avec des mots très durs, le rejet que le pouvoir juif faisait subir aux jeunes communautés chrétiennes172.

L’homme de Pathmos doit estimer la valeur de ces fils d’Hébreux à l’aune exigeante de la charité divine qui est venue s’incarner dans le monde, et dont les conséquences douloureuses se révèlent dans la manducation du petit livre. Jean ne doit pas condamner mais seulement mesurer. Estimer une valeur est le contraire d’une condamnation. Et s’il y a valeur, c’est qu’il y a aussi avenir.

Quant aux Romains et à leurs alliés de toutes les nations, ils sont à Jérusalem pour longtemps173. Jean voit ces foules massées sur le parvis « extérieur » du Temple de Jérusalem. Le visionnaire semble regarder un lieu de culte détruit par la guerre, disparu depuis une bonne vingtaine d’années 174. Nous voilà étonnés et sans doute invités à chercher un sens spirituel au-delà de la simple description de l’ancien Temple. Quel est ce « parvis extérieur » où sont massées toutes les nations du monde ? Sans doute une réalité invisible dont le sanctuaire est l’image. Ne serait-ce pas la religion extérieure, naturelle et commune à toute une humanité massée à la porte du ciel et de la Vie divine ?

Les païens ne sont pas responsables du péché d’extériorité175 qui leur interdit l’écoute intérieure de la Parole de Dieu, bloquant la réception du don de Dieu. Les nations, pourtant toutes très religieuses, n’ont en effet reçu ni la grosse Bible, ni le petit livre évangélique. Enfermées dans une extériorité naturelle, comment pourraient-elles imaginer la résonance intime de la Parole de Dieu et les choix de vie qui en découlent ? D’ailleurs, si Dieu a poussé tous ces gens à Jérusalem, n’est-ce pas pour qu’ils puissent bénéficier eux-aussi de toute la Révélation divine que l’Apocalypse dévoile ?

5.Les deux étranges témoins


Les deux témoins sont envoyés d’en haut pour que « l’apocalypse » devienne effective. C’est ce que dit la voix du ciel : Je vais envoyer mes deux témoins prophétiser pendant 1260 jours176, revêtus de sacs. Ce sont les deux oliviers, les deux flambeaux qui se tiennent devant le Maître de la terre…(Ap 11,4).

Deux témoins apparaissent sur l’avant-scène de la vision céleste. Leur action va être déterminante pour combattre Satan. Qui sont-ils ? Quatre hypothèses sont avancées.

Les deux inconnus pourraient être le patriarche Hénoch et le prophète Elie tous deux montés au ciel177. En effet les deux témoins termineront leur vie par une ascension. Cette hypothèse, qui utilise le langage apocalyptique, est théologique.

La seconde hypothèse est catéchétique. Les deux inconnus pourraient être Moïse et Elie, les deux piliers de la liturgie de la Parole : Moïse est l’homme de la Torah (première lecture juive), et le prophète Elie celui de la seconde lecture178.

Si ces deux premières propositions peuvent venir du monde judéo-chrétien, les deux suivantes sont historiques et modernes. Certains savants, très « littéralistes » et tournés vers le passé, imaginent que les deux inconnus pourraient être « Ananos » et « Jésus », deux grands prêtres égorgés à Jérusalem par les Iduméens. Leurs corps furent en effet laissés sans sépulture dans la ville sainte comme celui de nos deux témoins179. Avec cette troisième interprétation, nous ne sommes plus ici dans la catéchèse chrétienne : théologie et liturgie ont disparu au bénéfice du passé.

Enfin, certains autres commentateurs aussi historicisants que les précédents, n’hésitent pas à identifier les deux témoins aux deux grands apôtres Pierre et Paul qui ont lancé l’Eglise. Leur martyre à Rome était en effet connu de tous, mais ils sont morts à Rome et non à Jérusalem180. Ce ne peut donc pas être eux. Comme la science est trop courte, revenons dans la catéchèse et essayons de comprendre le lien qui pourrait exister entre les deux Témoins et la proclamation de l’Evangile sur toute la terre.

6.Une ébauche de la Trinité divine


Le texte nous donne une première indication : les deux témoins sont les deux oliviers, les deux flambeaux qui se tiennent devant le Maître de la terre. Revêtus sur terre d’un sac de misère, ce sont de grands personnages célestes, restant toujours en présence de Dieu.181

D’autre part, ces deux personnages sont à la fois « olivier » pour l’huile et « flambeau » pour la lumière. Tous les deux donnent la Vie invisible de l’esprit et la Lumière rendue visible par le corps. L’action des deux est commune, mais ils sont pourtant deux personnes différentes qui n’agissent pas isolément.

Pour avancer, relisons l’étrange vision du prophète Zacharie, qui inspira Jean, son successeur182. L’ancien prophète apercevait au ciel un chandelier d’or massif qui se ramifiait en sept branches comme la grande menora du Temple de Jérusalem. De part et d’autre de cet immense chandelier d’or sur lequel brûlent sept flammes, Zacharie avait aperçu deux oliviers dont l’huile alimentait les sept réservoirs du candélabre. La vision avait tellement intrigué le prophète qu’il interrogea l’ange. Celui-ci répondit : Les sept becs sont les yeux du Seigneur : ils vont par toute la terre (Za 4,10)183. Les deux branches d’olivier qui, par les deux tuyaux d’or, dispensent l’huile… ce sont les deux « Messie » qui se tiennent devant le Seigneur de toute la terre (Za 4, 12-14).

Deux pourvoyeurs d’huile, deux « oints », deux Christ dispensateurs d’huile, alimentent ensemble l’unique chandelier. Jean dépend bien de Zacharie mais semble aller plus loin.

Il existe pourtant une différence de taille entre l’Apocalypse et l’Ancien Testament. Pour Jean, les deux mystérieux témoins sont l’un et l’autre « olivier » et « flambeau », ils sont conjoints à la fois pour l’huile et pour la lumière. D’après Zacharie, il n’y a bien deux oliviers mais un seul chandelier, un unique corps pour supporter et faire briller la lumière invisible qui jaillit du cœur de Dieu.

Mais cette différence n’est pas si tranchée que cela car l’Apocalypse insiste par deux fois sur un détail étrange : les deux témoins sont ensemble un seul corps étendu sur la place, ils sont un seul cadavre regardé par le monde entier (!) (Ap 11, 8-9). Le cadavre d’eux demeurera étendu sur la place de la grande ville… Des peuples, des tribus, des nations, viendront regarder le cadavre d’eux184 pendant trois jours et demi, et les cadavres d’eux ne purent être mis au tombeau.

Ils ont un seul corps mais ils sont deux. Cette étonnante affirmation était prise très au sérieux par nos anciens toujours respectueux du texte sacré, surtout quand celui-ci était énigmatique. Ainsi Augustin185 commente-t-il ce passage : Leur corps demeurera étendu sur la place de la grande ville. Jean ne parle que d’un corps alors qu’il y en a deux. Quelquefois cependant il fait mention expresse de deux corps… »186 Il y aurait donc anguille sous roche.

Devant ce mystère, devant le Mystère caché depuis les origines (Col 1,26), ni Victorin187, ni Augustin, ni Césaire n’en disent plus aux gens simples qui les écoutent.

Résumons-nous : Deux grands personnages célestes188, qui demeurent en permanence devant Dieu, sont descendus témoigner sur terre du pardon d’en haut. Par une action conjointe, ils répandent partout la vie divine (l’huile), ce qui a des conséquences bien visibles dans l’humanité concrète (la ‘lumière’ du don de soi). Ainsi la logique de mort est-elle contrée au profit du feu de Dieu.

Jean nous a habitué dans son évangile, à voir en Jésus le Témoin du Père par excellence, le Témoin fidèle (Ap 1,5 et Ap 3,14). Mais Jésus n’est pas seul à témoigner, et il l’explique lui-même à ses disciples : Je prierai le Père, il vous donnera un autre Paraclet pour être avec vous à jamais, l’Esprit de vérité (Jn 14,16). Dans le monde grec antique, un paraclet est un témoin dont le témoignage est recevable par la justice. Une seconde Personne divine a mission d’éclairer les cœurs de l’intérieur sur les actions et les paroles de Jésus. Le Paraclet, l’Esprit saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout, il vous rappellera tout ce que je vous ai dit (Jn 14,26). Les deux « personnes » divines ne sont-elles pas nos deux Témoins, à la fois « huile » et « flambeau »189, et aussi un seul « corps », le Corps du Christ mort et ressuscité ?

On comprend maintenant pourquoi Dieu avait donné à ces deux personnages un statut unique et exceptionnel en les appelant : mes deux Témoins (Ap 11,3), les deux uniques Témoins de Dieu. Il n’y en a pas d’autres ! Dieu est Dieu !190

7.Jean approfondit la vision de Zacharie


Jean voit les deux Témoins en présence du Seigneur de toute la terre. Ils se tiennent, dit-il devant le Maître de la terre… Ce Maître d’en bas n’est pas Dieu qui est le Roi du ciel et de la terre. Le monarque ici désigné dirige seulement la terre, et il se serait bien attribué la place de Dieu pour régner sur « l’en-bas ». C’est Satan, n’en doutons pas. Le diable s’en était d’ailleurs vanté à Jésus dans le désert : Tous les royaumes du monde avec leur gloire m’appartiennent.191

On comprend maintenant pourquoi les deux Témoins semblent être en position d’accusés, ils doivent répondre de leur action au tribunal de Satan. Cette situation n’est pas celle de la vision de Zacharie qui contemplait uniquement le ciel… le ciel avant l’Incarnation.

A cette barre agressive, les deux Personnes divines font merveille, elles se défendent avec acharnement car leur puissance est grande. Elles parlent en vérité, et détruisent de ce fait les accusations mensongères avancées dans la bataille judiciaire qui les oppose au Prince de ce monde.192 A la barre de Satan, les deux Témoins divins combattent l’absence de pardon, le manque de générosité, ils redressent conjointement les dérives de la foi, et leur parole fait merveille.

Un feu jaillit de leur bouche et dévore leurs ennemis…Ils ont le pouvoir de fermer le ciel pour que nulle pluie ne tombe… de changer les eaux en sang, et de frapper la terre de mille fléaux aussi souvent qu’il leur plaira…(Ap 11, 5-6).

Ce texte est au présent, le tribunal est donc actuel. Où siège Satan ? N’en doutons pas : dans les cœurs des croyants qui luttent quotidiennement contre les incitations du Tentateur. Cette joute judiciaire s’appelle « le combat spirituel » ou plutôt « le combat de la foi » car le corps y est engagé. Bien sûr, les images violentes employées par Jean sont des métaphores de la vie intérieure, et ne sont pas à prendre à la lettre. Les « personnes » divines mènent la bataille dans le jardin intime des baptisés qui ont été marqués du sceau du Saint-Chrême et qui cherchent à faire de leur « corps » une « lumière » pour le monde, comme l’écrit Matthieu.193 Le feu qui jaillit de leur bouche unique : c’est la miséricorde soufflée par les trompettes d’en haut, le vent de Pentecôte. Le ciel s’ouvre ou se ferme : ce sont nos fertilités et nos stérilités. Les fléaux tapent : ce sont les frappes intérieures de la Parole de feu, fortes et plus durables que la violence physique Du lieu spirituel où ils sont, les deux Témoins luttent avec puissance. L’enjeu de cette immense bataille est la Résurrection de la chair engagée par le Verbe qui a uni son Corps à nos corps et qui, par l’Esprit-saint, s’unit à nos esprits. Ainsi, par ces "deux mains du Père", nous dit Irénée194, l’humanité tout entière est-elle en route vers le Père.195

Quand le Fils s’est incarné et fut crucifié, l’Esprit était toujours avec Lui, le « sang » que pulse le cœur de Dieu, n’a jamais cessé de couler dans le corps de Jésus. L’Esprit chevillé au corps, participa à la Résurrection et à l’Ascension du Seigneur. Ils étaient deux en UN, trois en UN. Grâce à cet Esprit envoyé en même temps que le Fils par le Père, le « corps du Christ » est rené au ciel, il grandit là-haut. C’est la foule en blanc, c’est « l’assemblée des saints » qui est unie à l’Agneau égorgé. Ainsi, grâce à l’action concertée des deux inséparables Témoins, le monde d’en bas prend peu à peu l’éclat de lumière qu’il n’aurait jamais dû perdre, la couleur du cheval blanc.

8.La fin des deux témoins


Jésus-Christ fut crucifié, et l’autre Témoin, présent et bien vivant dans la chair de Jésus, était là à la Croix comme à toute la Passion. Le corps de Jésus ressuscita le troisième jour, après être resté enfermé dans le tombeau du Golgotha. Grâce à l’Esprit, c’est-à-dire à l’amour, le Seigneur sortit de ce tombeau retrouvé vide, puis monta au ciel pour y régner avec le Père dans l’Esprit qui les unit, dans l’Esprit qui nous unit.

Cette foi trinitaire est celle de l’Eglise. Est-elle conforme à la suite du récit que fait l’Apocalypse ?

Quand les deux Témoins auront fini de rendre témoignage, la « bête » qui surgit de l’abîme, viendra guerroyer contre eux, les vaincre et les tuer (Ap 11,7). Le combat de la foi où le corps est engagé, aura une fin. C’est sûr ! Pour tout mortel, la mort du corps est forcément la fin de l’affrontement avec Satan exclu du ciel, jeté en bas. Vue du dehors, la mort tout comme la Croix de Jésus, peut être considérée comme une victoire de Satan.

C’est sur la place de la grande Cité que l’on appelle spirituellement Sodome et l’Egypte, là aussi où leur Seigneur fut crucifié (Ap 11,8). C’est là que leur cadavre, celui qui n’a pas de sépulture, le mort imaginé par tous, est exposé au regard du monde entier.

Aujourd’hui, les deux Témoins continuent d’agir à la barre de Satan. La mort des mortels se poursuit à l’infini, et chaque mort semble être une victoire de Satan, une offense à la charité exemplaire de la Trinité. Le temps poursuit son vol sur ce monde que symbolisent l’image de l’Egypte pharaonique et celle de Sodome. Le monde entier est plongé dans ce lieu désespérant où l’instinct de la « bête » et la mort paraissent victorieuses. De mort en mort, la mort reste visible, le « cadavre » de Dieu demeure exposé près de celui de chaque défunt. C’est sur ce lieu spirituel que le Seigneur fut crucifié et, là, il mourut, là où la Croix reste toujours plantée. Tout le monde voit ce triste spectacle, peuples et tribus, langues et nations (Ap 11,9). Nous tous, mortels mortifiés, sommes baignés dans l’horreur de la mort, et on ne voit que cela quand manquent les yeux de l’amour, quand les clartés de la foi sont absentes ici-bas. Non, l’Apocalypse ne décrit pas un passé révolu, mais l’aveuglement du péché d’extériorité qui considère la mort comme une preuve irréfutable que la foi est mensonge, que le pardon est bêtise, que l’espérance est illusion.

Le profiteur se réjouit, le prédateur se frotte les mains, l’assassin tue : « Balayons ces balivernes et vivons à notre guise ! », disent-ils tous.

Pire encore : partout dans ce monde, l’on se réjouit: Les habitants de la terre se réjouissent à cause des deux Témoins divins assassinés dans la mort des justes, et qui semblent ainsi perdre la bataille. Les habitants de la terre explosent de joie, et ils s’enverront mutuellement des cadeaux, car les deux Prophètes ont torturé les habitants de la terre (Ap 11,10).

La planète entière est bien concernée car la guerre sévit partout entre le ciel et la malheureuse terre prisonnière du Prince de ce monde. Ce qui étonne, c’est la joie des habitants de la terre. Comment ont-ils été torturés par les Témoins auxquels ils ne croient pas ? Toutes ces âmes auraient été, un jour ou l’autre, « torturées » par des cas de conscience jusqu’au jour où elles auraient rejeté toutes contraintes morales ? La mort de Dieu serait alors pour eux une aubaine qui justifierait leur joie et l’envoi de cadeaux.

Mais remarquons aussi que les adversaires des Témoins se réjouissent au présent, que leur ressentiment contre Dieu est actuel, et que le texte bascule soudain dans un futur pas sûr, dans un avenir incertain : les deux personnes ont en effet tracé une voie royale vers le ciel, une voie étroite que chacun peut ouvrir en son cœur. Grâce à Dieu, le futur est à faire !

De fait, après les trois jours et demi pendant lesquels les Témoins sont exposés (présent), un souffle de vie sortit de Dieu et entra en eux. Alors ils se tinrent debout196 sur leurs pieds, et une énorme peur tomba sur ceux qui les regardaient La sixième trompette a sonné, l’Esprit a soufflé et recréé, Christ est ressuscité, le petit livre est mangé, et les deux Témoins divins sont activement unis dans la Résurrection de l’Homme et associés à son Ascension dans la nuée. Voilà ce qui rend plus qu’incertain le moment prévu par les insensés pour leur futur échange de cadeaux.

Puis ils entendirent une voix formidable venant du ciel qui leur disait : « Montez ici ! » Ils montèrent au ciel dans la nuée, et leurs ennemis les regardèrent (Ap 11,12).

Les Témoins entendent la voix du ciel alors que leurs adversaires « voient » seulement du dehors le spectacle muet d’une étonnante résurrection et d’une stupéfiante ascension dont la réalité leur échappe. Ils reçoivent, ils perçoivent les images diffusées par l’Eglise mais sont incapables d’être saisis par elles tant leur esprit reste esclave de cette autre logique fondée sur l’évidence superficielle de la mort universelle. Voilà pourquoi les ennemis de Dieu observent des choses mais n’entendent rien, entendent les mots de la foi mais ne les comprennent pas. Ils sont enfermés dans une logique de mort qu’ils cultivent quotidiennement. Comment saisiraient-ils le chemin d’amitié qui leur est proposé puisque leur intériorité, leurs pensées et leurs paroles, tournent à l’extérieur d’eux-mêmes. Comment l’Esprit-saint pourrait-il rejoindre leur esprit absorbé par les choses d’en bas ? Comment le rayon de soleil de l’autre raison d’être pourrait-il entrer en eux, elle qui exige l’échange inimaginable du corps mortel contre une chair immortelle ? Comment pourraient-ils imaginer ce tout autre échange de cadeaux ? Hommes du « dehors » au « dedans » encombré, ils voient Jésus crucifié mais oublient l’Esprit, ils ne voient qu’un témoin humain, mais pas la seconde Personne qui lui est associée. Ils voient l’homme mais n’entendent aucune Parole de Dieu.

Voilà l’événement extraordinaire qu’a produit, un jour de Pâques et de Pentecôte, le souffle de Vie qui sortit de Dieu. Cette nouvelle création n’est rien moins que l’ouverture du ciel à toute l’humanité d’en bas, mais aussi le début d’une gigantesque bataille sur la terre où l’homme extérieur (2 Cor 4,16) est appelé à s’ouvrir à l’intériorité chaleureuse de la Parole de Dieu.

A cette « heure » même, un immense séisme197 fit écrouler le dixième de la Cité et sept mille noms d’hommes disparurent. Les autres, effrayés, rendirent gloire à Dieu (Ap 11,13). La terre d'Adam tremble toujours sous les effets brûlants du souffle puissant qui sort de la bouche unique des deux Témoins divins. Un dixième de la Cité d’en bas que l’on appelle spirituellement Sodome et l’Egypte est détruit, et sept mille noms d’hommes sont effacés de la mémoire universelle. Les autres, très nombreux, semblent quand même se tourner vers Dieu plus par peur que par amour. C’est un début : La crainte de Dieu est le début de la sagesse (Pr 9,10)

Tel est le second malheur annoncé par l’Aigle198 aux habitants de la planète, qui va être aussitôt suivi par la troisième catastrophe. Pourtant, ce malheur comporte une face cachée : le bonheur du ciel. En effet, la joie est complète en un ciel qui attend avec impatience la sonnerie de la septième et dernière trompette. Le « ciel » biblique, c’est-à-dire l’esprit des innombrables êtres humains associés à l’Agneau, et revêtus intérieurement du « blanc » de l’Esprit-saint.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   ...   22

similaire:

Claude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002 iconCommuniqué de presse paris, 16/12/2002 L’aepdm* récompense la «success story» HiTechPros
«place de marché verticale» au salon e-commerce b to B, qui s’est tenu les 27 et 28 novembre 2002 au cnit – Paris La Défense

Claude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002 iconRisques Majeurs et Environnement – le site Internet de l’Académie de Rouen
«Aléas et Enjeux» supplément gratuit de tdc (joint à l’abonnement de novembre 2002 à juillet 2003)

Claude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002 iconRencontres du cinéma italien à Toulouse 5ème Anniversaire 27 Novembre – 6 Décembre 2009
«Il compleanno» et de la productrice Agnès Trincal et suivie d’un débat animé par Jean-Claude Mirabella (*)

Claude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002 iconDiscours de Christine lagarde, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi

Claude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002 iconAtelier de travail plu salle du Conseil 11 novembre, 11 h Commémorations...

Claude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002 icon2002 «Je te cherche dès l’aube» journal 2001-2002 Un document produit...

Claude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002 iconUne première culture littéraire
«comment utiliser les albums en classe» ? C. Poslaniec, C. Houyel et H. Lagarde

Claude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002 iconThèse de doctorat à Sciences-Po Paris : Programme "Sociologie Politique-Politiques...
«Circulation des savoirs et des pratiques culturelles : le triangle Amérique latine – Europe – Amérique du Nord»

Claude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002 iconHommage de Madame Jacqueline Sbalchiero jeudi 11 avril 2013
«Aujourd’hui maman est morte» écrivait Albert Camus au début de son roman L’Étranger

Claude et Jacqueline Lagarde Novembre 2002 iconCours : 12h. 00; Td : 12h00
«Musées de France» : La loi n° 2002-5 du 4 janvier 2002 relative aux musées de France. Pourquoi cette loi ? quels en sont les grands...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com