Des deux écoles à l’échec scolaire





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Mineure Education et Motricité – L1

CM de G.Veziers

Document d’accompagnement

Histoire et sociologie de l’Ecole

Des deux écoles à l’échec scolaire



1-Introduction : Ecole et éducation.

2-Réussite et échec scolaire.
2.1-Constat : les inégalités de réussite scolaire, reproduction des inégalités sociales.
-Taux de redoublement au CP :

Enfants des classes favorisées

(cadres sup, profs, industriels, gros commerçants, professions intermédiaires)

Enfants des classes défavorisées

(ouvriers, personnels de service, salariés agricoles, inactifs)

3,1%

17,9%



-Taux de redoublement au CP :

Milieu favorisé

Famille de 1 à 2 enfants

Né entre janvier et avril


Taux moyen de redoublement

Tout élèves confondus

Milieu défavorisé

Famille de plus de 2 enfants

Né entre sept. et décembre

Fille

Garçon




Fille

Garçon

1,1%

2,3%

11,3%

27,6%

34,9%



-Taux d’accès aux classes de 4ème et de seconde des enfants de…




Ensei-gnants

Cadres sup.

Cadres moyens

Emplo-yés

Agricul-teurs

Ouvriers qualifiés

Ouvriers non q.

Total

4ème

97,2

96,7

88,8

80,7

76,0

67,6

59,0

74,0

2nde

89,6

85,5

67,1

51,4

41,4

35,3

26,2

45,9



-Type de baccalauréat obtenu par les bacheliers des différentes catégories sociales :




Parmi les enfants de cadres sup obtenant le bac

Parmi les enfants d’ouvriers obtenant le bac

Obtiennent un bac scientifique

49%

18%

Obtiennent un bac de technicien ou du tertiaire

13%

48%

(Ensemble des chiffres : années 80)
2.2-Deux grandes explications possibles.
2.2.1-Un accord sur l’importance des facteurs socio-culturels.
« L’intelligence des enfants n’est pas en cause, mais leur niveau scolaire à la fin de l’école élémentaire est en étroite relation avec le niveau socio-culturel de leur famille »

(Antoine Prost, L’enseignement en France, 1800-1967, 1968)
-A partir des années 70/80 : « l’exclusion n’est plus référée à une norme et à une mesure des ajustements psychomoteurs et des intelligences, elle devient le fait de l’inadaptation sociale »

(P. Therme, L’échec scolaire, l’exclusion et la pratique sportive, PUF, 1995)

2.2.2-L’approche déterministe : l’Ecole inégalitaire et coupable.
-1964 : P.Bourdieu et R.Passeron publient Les héritiers.

-1970 : P.Bourdieu et R.Passeron publient La reproduction.
-« En démocratie, l’aristocratie prend le visage de la méritocratie »

(A.Accardo et P.Corcuff, La sociologie de P.Bourdieu, 1986)
-« L’élève compétent aux yeux de l’enseignant est celui qui répond tout autant à ses exigences explicites concernant le contenu du travail scolaire qu’à ses attentes implicites concernant les formes pertinentes d’expression, de déplacement dans la classe, de savoir-faire institutionnels »

(M. Duru-Bellat et A. Henriot-Van-Zatten, Sociologie de l’Ecole, 1992)
-« l’Effet d’attente » ou « effet Pygmalion » :

« Les représentations et les attentes stéréotypées, (…) participent à la reproduction des régularités statistiques sur lesquelles elles se fondent, puisqu’elles amènent à stimuler plus les élèves déjà « promis » à une meilleure réussite, et réciproquement. Dans cette perspective, la réussite scolaire ne s’explique pas avant tout par les compétences intrinsèques des élèves mais par le jeu des attentes et des multiples jugements des maîtres »

(M. Duru-Bellat, et A. Henriot-Van Zaten, Sociologie de l’Ecole, 1992)

-Education et pratiques familiales :




Cadres sup. du privé

ouvriers

Le mois précédent, la mère a acheté des livres à son enfant (sauf BD)

60%

43%

Le mois précédent, l’enfant a pratiqué deux activités cultuelles ou +

68%

48%

Le parent a offert un jeu stratégique de société

65%

53%

Le parent a offert un jeu explicitement scolaire

53%

47%

(Chiffres tirés de R.Establet, l’Ecole est-elle rentable ? 1987)
-Relation entre « style éducatif » des familles et réussite scolaire : J. Lautrey, Classes sociales, milieu familial, intelligence, 1980.

-l’Ecole « sert » à reproduire les inégalités : E. Baudelot et R. Establet, L’école capitaliste en France,1971 et l’Ecole primaire divise, 1975.
-Pour la suppression de l’Ecole : Ivan Illich, Une société sans école, 1971.

2.2.3-L’approche individualiste : une question de choix individuels.
-R. Boudon, L’inégalité des chances, 1973.
« Le milieu social est un point de référence à partir duquel l’agent s’efforce de mesurer les avantages, les désavantages et les risques qu’il prend en choisissant tel ou tel type d’orientation »

(R. Boudon, L’inégalité des chances, 1973)
-A niveau égal, avec au moins une année de retard en 2nde, choix d’un bac scientifique :

Fils de cadres supérieurs

Fils d’ouvriers

42%

14%



2.2.4-Une synthèse est-elle possible ?

2.3-Une école républicaine égalitaire : plus de deux siècles de luttes et d’espoirs.
-Taux d’illettrisme en 1830 : environ 60% de la population.
-« Je vous demande di, en réalité, dans la société actuelle, il n’y a plus de distinction de classes ? Je dis qu’il en existe encore ; il y en a une qui est fondamentale, et d’autant plus difficile à déraciner que c’est la distinction entre ceux qui ont reçu l’éducation et ceux qui ne l’ont point reçue. Or, messieurs, je vous défie de faire jamais de ces deux classes une nation égalitaire, une nation animée de cet esprit d’ensemble et de cette confraternité d’idées qui font la force des vraies démocraties, si, entre ces deux classes, il n’y a pas eu le premier rapprochement, la première fusion qui résulte du mélange des riches et des pauvres sur les bancs de quelque école »

(J.Ferry, discours sur l’égalité d’éducation, 10 avril 1870).
-1881-1882 : Lois J.Ferry sur l’obligation (13 ans), la gratuité et la laïcité de l’école.
2.3.1-Le temps des deux écoles.
-Les deux écoles : « l’école du peuple » et « l’école des notables », selon l’expression de A.Prost. (A.Prost, Histoire de l’enseignement en France. 1800-1967, 1968).

-Le temps des deux écoles (1880 - années 60) :





Ens. primaire

Ens. technique




Ens. secondaire

-18 ans

Brevet supérieur
Ecoles primaires sup.



Certif. d’Apt. Pro.
Ens. techniques




Baccalauréat
Lycées

-13 ans

Certif. d’Et. prim.








Collèges





Ecoles primaires




-11 ans






-6 ans










Classes élémentaires

des coll. et lycées




2.3.2-Des premières remises en cause à l’Ecole unique.
-« Séparer, dès l’origine, les Français en deux classes et les y fixer pour toujours par une éducation différente, c’est aller à l’encontre du bon sens, de la justice et de l’intérêt national. (…) Les pères ont veillé dans les mêmes tranchées ; partout où cela est réalisable, les fils peuvent bien s’asseoir sur les mêmes bancs »

(Les compagnons, L’université nouvelle, 1918)

-1963 : Réforme Fouchet :

-Création des CES (Collèges d’enseignement secondaires)

-Ecole primaire unique jusqu’au CM2.
-Evolution du nombre d’élèves dans le secondaire :

1950

1960

1970

1990

600.000

800.000

2M

5M



2.3.3-De l’école unique à l’école à deux vitesses.
-Taux d’élèves en retard à l’entrée en 6ème :

Collèges les plus défavorisés

Collèges les plus favorisés

60%

10%


2.4-Réussite et échec scolaire, la place de l’Education physique.
3-Conclusion : Ecole, société et égalité.
-« Dans une société inégale –et ne le sont elles pas toutes ?- l’école ne saurait être égale, si beau qu’en soit le souci. Du moins peut-elle, entre l’inégalité des origines et celle des avenirs, tenter d’instaurer un peu de justice »

(A.Prost, L’enseignement en France, 1800-1967, 1968)


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CM de G.Veziers

Document d’accompagnement

La place de l’Education physique dans le système scolaire français

Histoire et actualité d’une discipline

« à part entière et entièrement à part »




1-Introduction : quelques éléments de la situation actuelle.
-l’Education Physique, discipline « à part entière et entièrement à part »

(A.Hébrard, EPS, réflexions et perspectives, 1986)
2-La naissance de l’Education physique scolaire, entre mépris et nécessité (1880-1914).
-1879 : Environ 1% des élèves font de la gymnastique à l’Ecole.
2.1-L’EP au temps des grandes réformes scolaires des Républicains.
2.1.1-La nécessité de l’EP reconnue par les pouvoirs publics.
-27 janvier 1880 : Loi « Georges » rendant l’EP obligatoire dans le primaire et le secondaire.
2.1.2-Les raisons de la reconnaissance de l’EP par les Républicains.
2.1.2.a-Revanche et préparation militaire.
-1870 : Défaite de la France contre la Prusse (annexion de l’Alsace et de la Lorraine)
-« Il faut mettre partout, à côté de l’instituteur, le gymnaste et le militaire, afin que nos enfants, nos soldats, nos concitoyens, soient tous aptes à tenir une épée, à manier un fusil, à faire de longues marches, à passer les nuits à la belle étoile, à supporter vaillamment toutes les épreuves pour la patrie »

(L.Gambetta, discours à Bordeaux le 26 juin 1871)
-l’EP doit « former l’ouvrier, le soldat »

(Instructions officielles de 1887)
-« Si la gymnastique devient obligatoire pour tous les garçons en 1880 c’est principalement parce que la défaite nationale est devenue l’affaire de tous les citoyens mâles »

(G.Andrieu, La loi du 27 janvier 1880, in revue Spirales n°13-14, 1998)
2.1.2.b-Forger le sentiment national et républicain.
-L’école doit « insuffler un point de vue national dans des consciences régionales »

(E.Weber, La fin des terroirs, la modernisation de la France rurale, 1983)
-« La gymnastique est aux jeux traditionnels ce que la langue française est aux patois »

(P. Arnaud, Le militaire, l’écolier, le gymnaste, 1986)
-«  Le ministère de l’éducation nationale, ne doit pas avoir pour seule pensée de fournir aux intelligences des éléments de culture ; il devrait se préoccuper aussi, avant tout, peut-être par dessus tout, de préparer pour la nation des citoyens dévoués, jusqu’au sacrifice suprême, dans les luttes où peuvent être engagés les intérêts de la Patrie, sa liberté et sa gloire »

(Paul Bert, ministre de l’Instruction Publique, 1882)
-« Vois-tu, rappelle toi le bien : (…) de même que ta famille tout entière te doit être plus chère qu’un seul de ses membres, de même tu dois chérir ta patrie, qui est ta grande famille, plus que ta famille elle-même. Et la loi militaire a raison de t’enlever à ta mère pour te donner à ta Patrie. Ta mère pleure, et nul ne pourrait l’en blâmer, mais elle doit reconnaître que le sacrifice est juste »

(Paul Bert, L’instruction civique à l’Ecole, 1883)

2.1.2.c-La reconnaissance de l’éducation du corps.
-« Lorsque, dans l’éducation de la jeunesse, on s’occupe uniquement de développer l’esprit, on n’a rempli que la moitié de la tâche »

(Rapport sur le projet de loi du Sénateur George sur l’enseignement de la gymnastique, 1879)
2.1.2.d-Santé et hygiène.

2.2-Les dérives militaristes des premières années de l’EP.
2.2.1-l’EP, une application scolaire de la gymnastique militaire.
-de 1880 à 1891 : « Manuel de gymnastique et d’instruction militaire » (Ecole de Joinville)

-de 1891 à la première Guerre : « Manuel de gymnastique et de jeux scolaires »
2.2.2-L’expérience des bataillons scolaires, « la revanche qui passe ! » :
-1881 : Création des premiers bataillons scolaires à Paris.
-« Le régime militaire appliqué aux écoles s’impose de nos jours. Paris a donné l’exemple. Bientôt tous les lycées et écoles de France marcheront militairement »

(L’événement, 8 juillet 1881)

-1882 : Extension des bataillons scolaires à toute la France.


-Evolution du nombre de bataillons scolaires en France de 1882 à 1892.
-1885, 123

-1886, 146

-1887, 131

-1888, 128 146

-1890, 80

102




65




39



1882 1883 1884 1885 1886 1887 1888 1889 1890 1892

-Exemple de chant des bataillons scolaire :
« Nous sommes les petits enfants

de la vieille mère patrie ;

nous lui donnerons dans dix ans

une jeune armée aguerrie.
Nous sommes les petits soldats

Du bataillon de l’espérance ;

Nous exerçons nos petits bras

A venger l’honneur de la France »
-Un poème à la gloire des bataillons scolaires (Le drapeau, 1884)
« France, regarde défiler

ce mâle bataillon imberbe.

Les vieux ont du mal à l’égaler,

Il marche au pas, crâne et superbe.
Regarde le s’amonceler,

Compte les épis de ta gerbe

Et tes grands yeux vont se voiler

Devant tous ces soldats en herbe !
Vers l’Est…vers le Rhin allemand,

Leurs clairons lancent fièrement

De hautains défis dans l’espace…
Ton sol sacré tremble à leurs pas…

Allons, debout et chapeau bas !

Voici la revanche qui passe ! »



-Exemple de propos patriotiques et revanchards (P.Déroulède, Le drapeau, 1884)
« Femme, si l’être en qui tu mets ton espérance,

ne met son espérance et son bonheur qu’en toi,

si, Français, il peut vivre étranger à la France,

ne connaissant partout que son amour pour loi,

si, sans te croire indigne et sans se croire infâme,

quand tout son pays s’arme, il n’accourt pas s’armer,
Ô femme, ta tendresse a déformé cette âme :

S’il ne sait pas mourir, tu ne sais pas aimer !
Mère, si ton enfant grandit sans être un homme,

S’il marche efféminé vers son devoir viril ;

Si, d’un instinct pratique et d’un sang économe,

Sa chair épouvantée a horreur du péril :

Si, quand viendra le jour que notre honneur réclame,

Il n’est pas là, soldat, marchant sans maugréer,
Ô mère, ta tendresse a mal formé cette âme :

S’il ne sait pas mourir, tu n’a pas su créer ! »




-1885 : Le général Boulanger devient ministre de la Guerre.

-1892 : Fin officielle des bataillons scolaires.
2.3-L’Education physique, discipline « paria » de l’Ecole.
-« On ne saurait exiger d’un professeur de gymnastique qu’il dise à ses élèves le nom des muscles, ni même qu’il les connaisse… ce luxe scientifique serait parfaitement stérile. Un homme qui pourrait entrer dans de tels détails sur tous les mouvements du corps aurait quelque chose de mieux à faire que de se constituer moniteur de gymnastique dans un lycée »

(Professeur Léon Bérard, Rapport au ministre de l’Instruction publique, 1854)
-En 1868 : 150 enseignants d’EP dans le secondaire (102 sont militaires, dont 54 retraités)
-1869 : Création du CAEG (Certificat d’Aptitude à l’Enseignement de la Gymnastique)
-« De tous les candidats que j’ai vu se présenter à Limoges, aucun n’a été refusé. Il y avait un adjudant, un sous lieutenant, qui ne savaient rien. On n’a qu’à se présenter. Des enfants de six ans pourraient obtenir le brevet ! ».

(O.Cruciani, congrès de professeurs d’EP, 1889)
-« Le traitement est réduit de 600 francs en dessous de ceux des maîtres de musique et de dessin, valant à peine quelques francs de plus que ceux des concierges, jardiniers et commissionnaires ».

(La gymnastique n°32, 11 août 1889)

3-Des années 20 aux années 60 : la lente progression de l’EP.
-1968 : Création des UEREPS (Unité d’Enseignement et de Recherche en EPS)
-Evolution approximative du nombre d’enseignants d’EP dans le secondaire :

1920

1939

1945

1969

300

800

3000

12000


-En matière d’équipements sportifs, la France a « vingt ans de retard en la matière »

(M. Herzog, Haut commissaire à la Jeunesse et aux sports, déclaration à l’Assemblée nationale, 1961)
-1960-1970 : Lois programmes 1 et 2 pour l’équipement sportif (4500 stades, 1500 gymnases, 1000 piscines)
-1959 : l’EP est rendue obligatoire au Baccalauréat.
-« l’EPS doit retourner au Ministère de l’Education nationale, (…), c’est la revendication majeure des enseignants d’EPS »

(l’Equipe, 1969)

4-Les années 70 : l’EP en crise.
4.1-L’EP qui ressort progressivement de l’Ecole.
-1972 : Création des CAS (Centre d’Animation Sportive)
« Mon idée était d’avoir un professeur d’éducation physique qui dirigeait le CAS et autour de lui des moniteurs assurant l’animation. Ils pouvaient par exemple arbitrer une partie de football, etc. Le professeur surveillait tout cela pour qu’il y ait quand même à la fois un petit contenu pédagogique et une surveillance »

(J.Comiti, Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux sports, créateur des CAS, Témoignage)
-« l’EP reste marginale dans le système scolaire. Elle n’y est pas installé, elle y campe »

(J.Dumazedier, Sport et activités sportives, revue EPS, 1973)
-Pour le syndicat, les CAS mettent en cause « l’obligation, la gratuité et le caractère éducatif de l’EPS que l’on tente de sortir de l’école »

(M.Berge, Bulletin du SNEP, 1972)
-Pour l’Equipe : « L’Etat veut donc se décharger d’un secteur qui lui incombait auparavant »

(l’Equipe, Radiographie du sport français, 1973)

4.2-La grande colère des professeurs d’EP.
4.3-Quelques avancées.
-1975 : Création de la filière universitaire STAPS.
5-1981 : date majeure de l’introduction de l’EP dans l’enseignement.
-« C’est en 1981 que l’EPS et ses acteurs parachèvent leur intégration scolaire en parant l’EP de tous les signes distinctifs d’une authentique discipline d’enseignement ».

(P.Arnaud et JP.Saint-Martin, Ministres et ministères de tutelle de l’EP. XIXème-XXème siècles, in Spirales n°13-14, 1998)
-1981 : Réintégration de l’EP au Ministère de l’Education nationale 
-« Cette  intégration a pour but de placer l’EPS au même rang que les autres disciplines à égalité de droits et de devoirs »

(A.Savary, Ministre de l’Education nationale, Editorial, revue EPS, mai-juin 1981)

6-Les dernières évolutions de fin de siècle.

7-Conclusion : l’EP en danger ?


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CM de G.Veziers

Document d’accompagnement

La place du sport en éducation physique

Débats sur les vertus éducatives du sport



1-Introduction : E.P.S, c'est-à-dire ?
2-Le sport rejeté par l’EP : fin XIXème-1ère Guerre mondiale.
2.1-Le sport, aux antipodes de la gymnastique scolaire.
-« Dix huit livres perdues en une journée ! Aucune maladie même la plus rapidement mortelle n’est capable de produire, en aussi peu de temps, une aussi formidable déchéance organique ».

(Dr G.Bell, Le Figaro, 1893)
-1889 : Création de l’USFSA (Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques)
-Comparaison gymnastique/sport en pratique associative :




1900

1913

Gymnastique

809 associations

900.000 licenciés

Sports

300 associations

300.000 licenciés






Les valeurs…





De la gymnastique

Du Sport

-soumission

-sérieux

-mesure

-entraide

-se fondre dans la masse

-contraintes, dirigisme

-initiative

-plaisir

-excès

-compétition

-individualisme

-liberté




telles qu’on se les représente vers 1890.






-« C’est une véritable révolution éducative que proposent les défenseurs des sports modernes. Ils proposent donc, sans ambiguïté, une révolution culturelle et morale de la société française afin de la faire entrer de plein pied et sans retard dans le système de concurrence internationale que le capitalisme naissant impose ».

(Y. Leziart, Sport et dynamiques sociales, 1989)
2.2-Des promoteurs du sport encore peu écoutés.
2.2.1-P. de Coubertin, le sport pour une nouvelle éducation bourgeoise.
-1889 : P. de Coubertin publie  L’éducation Anglaise en France.
-1887 : P. de Coubertin fonde le Comité pour la propagation des exercices physiques (comité J.Simon)
-« Le sport est considéré comme un rival de l’école. Il prend figure d’ennemi de la discipline et d’obstacles aux succès scolaires »

(J.Thibault, Sport et EP, 1870-1970, Vrin, 1979)
2.2.2-P.Grousset, pour un retour aux racines françaises des sports.
-1888 : P. Grousset fonde la Ligue nationale d’EP.
2.2.3-Quelques médecins à contre courant.
2.2.3.a-Le Dr Fernand Lagrange, pionnier de la physiologie du sport.
-1888 : Le Dr F. Lagrange publie Physiologie des exercices du corps.
-« Il y a dans l’essoufflement, pendant la course, quelque chose qui devrait nous surprendre : quand on court, ce sont les jambes qui travaillent, et c’est le poumon qui se fatigue »

-« On ne trouve nulle part l’exposé méthodique et l’explication rationnelle de l’essoufflement. Cette forme de fatigue n’a été jusqu’à présent l’objet d’aucune monographie ; elle n’est décrite dans aucun des grands dictionnaires de médecine, dans aucun traité de physiologie »
-« L’essoufflement (…) est l’effet de la totalité du travail exécuté par l’ensemble des muscles qui concourent à un exercice ».
-« Trop de travail nerveux et trop peu de travail musculaire ! Voilà le reproche qu’on peut faire à la plupart des exercices qui nécessitent un apprentissage prolongé et sont actuellement le plus en vogue dans tous les établissements d’éducation »

(F.Lagrange, Physiologie des exercices du corps, 1888)
2.2.3.b-Le Dr Bellin du Côteau, pionnier de l’entraînement sportif.
-1913 : Le Dr Bellin du Côteau publie Le sportsman.
-« Le sport en France est considéré comme un passe-temps, comme un « délassement », les entraîneurs ne sont que des bénévoles, des autodidactes »
-« les mensurations thoraciques n’ont aucune valeur…le mètre pour les muscles, le spiromètre pour le poumon » ; « ne jamais pousser à l’entraînement »
-« Raisonnablement pratiqués les sports athlétiques sont capables, par un entraînement convenablement dosé, d’arriver au but que visent toutes les méthodes actuelles ».

(Dr. Bellin du Côteau, Le sportsman, 1913)

3-Le sport, aboutissement puis complément de l’EP : des années 20 aux années 60.
3.1-Le sport, nouveau fait de société incontournable.
-1919 : Explosion de l’USFSA

-1920 : environ 1 million de sportifs licenciés en France
-« Le sport n’est pas un jeu d’enfants »

(P.Arnaud, Les rapports du sport de l’EP, 1989)
3.2-Les progrès relatifs du sport en EP.
3.2.1-la diminution progressive de l’âge minimum pour faire du sport.
-A partir de 18 ans, pour les garçons : « les sports collectifs peuvent être considérés comme le couronnement de l’EP »

(Méthode française d’EP, 1925)

-« Du point de vue moral et intellectuel, la pratique du sport de compétition à l’école primaire présenterait de tels dangers que les instituteurs qui viennent d’accueillir enfin l’EP sur un pied d’égalité avec l’éducation intellectuelle se refuseraient catégoriquement à laisser germer en leurs élèves cette fièvre sportive que l’école ne saurait admettre »

(Eugène Evêque, l’EP, 1938)
3.2.2-Le sport, oui mais…
-« Le sport présente pour la jeunesse moderne un tel attrait que vraiment nous serions coupables si nous n’utilisions pour des fins nationales et humaines une activité dotée d’un tel dynamisme. (…) Le sport bien dirigé, c’est de la morale en action »

(Rapport de E.Loisel à J.Borotra, 15 octobre 1940)
-1942 : M. Baquet publie Education sportive, initiation et entraînement.
-« Le sport a des vertus, mais des vertus qui s’enseignent » et « le sport n’est pas éducatif en lui même, il le devient ».

(M.Baquet, Education sportive, initiation et entraînement, 1942)
3.2.3-Une certaine dénaturation scolaire du sport par « l’initiation sportive ».
-« L’EP, c’est l’A B C, la grammaire du sport »

(M. Baquet, Ibid.)
-«  A la veille des années 60, l’expression EP et sportive désigne bien la juxtaposition de deux conceptions différentes de la formation physique de la jeunesse »

(P.Arnaud, Ibid.)
-l’EP est une « gymnastique poussiéreuse et anachronique ». « L’EP qui devrait en quelque sorte donner aux scolaires un avant-goût du sport, semble au contraire les en détourner »

(L’Equipe, 8 octobre 1958)
4-Le sport, objet et moyen premier de l’EP : des années 60 aux années 2000.
4.1-Le sport, en phase avec une société nouvelle.
-« L’EPS doit se faire l’écho, sur le plan éducatif, de l’importance croissante du sport comme fait de civilisation »

(Instructions Officielles pour l’EPS, 1967)
-« La « France des petits » cesse d’être le modèle valorisé par la propagande officielle et l’opinion, au profit de notions neuves empruntées au vocabulaire « américain » de l’expansion économique. La croissance de la production, la rentabilité, l’investissement, la productivité, la compétitivité deviennent des thèmes majeurs qui font prime dans le discours dominant »

(S.Berstein, La France de l’expansion, T.1 La République gaullienne, 1958-1969, 1989)
-« Notre époque est marquée par la croyance dans le progrès matériel et spirituel, et le sport moderne lui-même participe directement de cette idée, en cherchant non seulement à dégager un type humain dans sa perfection, mais à accroître par la compétition et le travail acharné qu’elle exige, les possibilités de l’homme »

(Instructions officielles pour l’EPS, 1967)
4.2-L’EP mise au service du sport de masse et de haut niveau.
-« Si la France doit briller à l’étranger par ses penseurs, ses savants, ses artistes, elle doit aussi rayonner grâce à ses sportifs…Un pays doit être grand, avant tout par la qualité de sa jeunesse et l’on ne saurait concevoir un telle jeunesse sans idéal sportif, surtout dans la patrie de Coubertin ».

(M.Herzog, Haut commissaire à la Jeunesse et aux sports, déclaration au Haut commissariat, décembre 1959)
-« Le prof de gym est mort, un nouveau prof est né qui découvre, forme et entraîne les futurs champions de demain ».

(Revue France demain, du ministère de la jeunesse et des sports, 1966)
4.3-Le sport, objet et moyen privilégié de l’EP.
-Mon « premier souci » c’est que « le goût du sport soit pris dès l’âge de la table de multiplication »

(P.Mazeaud, Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux sports, Editorial revue EPS, 1973)
-« l’EPS…assure, dans un but d’éducation, l’apprentissage des APS. Ce faisant, elle fonde son enseignement sur des pratiques s’inscrivant dans l’organisation sociale d’activités de compétition, de loisir, d’entretien et d’expression »

(Instructions officielles pour l’EPS, 1986)
-« l’EPS ne se confond pas avec les APS qu’elle propose et organise ».

(Instructions officielles pour l’EPS, 1986)
4.4-Le sport également critiqué et remis en question.
-« La sportivisation a laminé tout ce qui était spécifique et original, il ne reste plus que le modèle Adidas »

(J.M.Brohm, interview dans la revue EPS, 1984)
-«  Le sport ne représente qu’un sous-ensemble restreint de l’ensemble des jeux sportifs dont la richesse et la complexité débordent très largement ce que l’institution en a retenu »

(P.Parlebas, Eléments de sociologie du sport, 1986)
5-Conclusion : à l’EP de faire changer le sport ?


-Pour en savoir plus :

-J.Thibault, Sport et EP, 1870-1970, Vrin, 1977.

-M. Attali et J. St Martin, l’EP de 1945 à nos jours, Armand Colin, 2004.

-T. Terret, (dir.), EP, sport et loisir, 1970-2000, AFRAPS, 2000.

-P.Arnaud, (dir.), Une histoire de l’EP, 1880-2000, revue Spirales n°13-14, 1998.





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