Voyage en cochinchine 1872





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Chapitre IV

Les troupes annamites. Linhtaps et Matas. Le vieillard annamite.
Amour du cheval. La femme annamite ou Congaï. Costume. Coiffure.
Caractère. Le bétel et le tabac. La langue et l'écriture.

Un certain nombre d'Annamites ont été enrôlés par notre gouvernement; les uns, les Linhtaps, portent absolument le même costume que nos soldats d'infanterie de marine et sont armés du chassepot. Ils sont commandés par des officiers français et forment ce qu'on appelle les compagnies indigènes. Il est comique de voir avec quelle fierté et quel embarras à la fois ces petits hommes portent un costume qui les gêne terriblement. Les souliers surtout leur semblent une vraie torture, et ils les quittent toutes les fois qu'ils le peuvent. Cependant, comme ils ont beaucoup d'amour-propre, ils tiennent à ne point trop se laisser primer par les Européens et forment en somme d'assez bons soldats, mais un peu mauvaises têtes. Ce qui les a contrariés le plus, c'est d'avoir été forcés de couper leur luxuriante chevelure.

Le second corps d'indigènes que nous avons organisé est celui des Matas. Ce sont les soldats des administrateurs. Pantalon de calicot blanc, pieds nus, large ceinture rouge sur laquelle est la blague à tabac et à bétel, veste bleue à parements jaunes et marquée à gauche du chiffre de l'inspection à laquelle ils appartiennent, petit salaco en miniature à points de cuivre et sous lequel on retrouve le chignon traditionnel: tel est le costume de ces soldats lilliputiens, parmi lesquels on trouve de très bons sujets, mais aussi de véritables coquins. Ils sont armés de lances indigènes et de mousquetons. Ils montent la garde dans les inspections et se renvoient, en le dénaturant le plus possible, le cri de garde habituel : « Sentinelles, veillez ! » ou «Sentinelles, prenez garde à vous ! » Ils ont surtout une façon horriblement gutturale de prononcer le qui-vive annamite : Ai ? (Qui ?). On choisit parmi eux des sous-officiers indigènes : les cais, caporaux, les dois, sergents, et les tholaï, fourriers. Ces sous-officiers ne sont pas peu fiers de leurs galons et poussent souvent le respect de leurs nobles personnes jusqu'à porter des souliers.

Enfin d'autres Annamites servent sur les canonnières de l'État, où ils deviennent souvent de bons matelots.

Mais c'est en vieillissant que l'Annamite prend une tête toute particulière et bien différente de celle de sa jeunesse. On dirait vraiment un autre peuple. La barbe ne leur vient que très tard et ils n'en ont jamais beaucoup; une grêle moustache et une mouche peu fournie, voilà tout ce que la nature leur a octroyé; ils n'ont pas de favoris. Cette barbe blanchit vite. Père de famille le plus souvent, l'Annamite songe à remplacer par une gravité noble les joies qui ne sont plus de son âge. Il se promène majestueusement, vêtu de sa longue lévite, coiffé de son maigre turban noir et armé d'un parasol et de l'inévitable éventail. Une éternelle cigarette pend sur sa lèvre inférieure, et il ne s'arrache un instant aux douceurs du tabac que pour lancer loin de lui un jet de salive rougeâtre ou pour remplacer sa chique trop usée. Il a l'air sérieux, défiant et par instants farouche. Ce n'est pas qu'il ait rompu cependant avec toutes les joies terrestres : l'alcool, dont il a goûté étant jeune, est alors fort prisé de lui, et il a encore un sourire épanoui lorsque quelque Européen familier l'invite à prendre un verre d'absinthe ou de vermout, ou même encore un mélange des deux. Mais c'est surtout sur la question d'argent qu'il est devenu intéressé et retors; il aime alors la piastre pour la piastre et non pour ce qu'elle peut donner.

Si sa fortune ou son rang lui permet d'avoir un cheval, son orgueil ne connaît plus de bornes. Coiffé de son chapeau de paille à forme conique et à gland de soie, le pied nu dans l'étrier de son cheval, dont la course agite les nombreux grelots, tandis que le soleil fait reluire la selle en cuir rouge, il passe dédaigneux de ce bas monde et sans jamais se déranger, excepté pourtant pour l'Européen. L'écueil de sa vanité est précisément de rencontrer un inspecteur, car la politesse annamite exige qu'il descende un instant et fasse le lay ou salut traditionnel.

Ce cheval, qui fait son orgueil, ne reçoit de lui aucun des soins que l'homme devrait toujours donner à ce noble serviteur. Un mors hérissé de pointes lui meurtrit cruellement la bouche, qui finit par n'être presque plus sensible, et quand d'une haleine il vient de fournir une traite fatigante, il est abandonné sans qu'on l'essuie, sans qu'on le panse; enfin le plus convent il doit trouver sa nourriture lui-même. Malgré cet abandon, ce courageux animal rend des services considérables, et tandis que les chevaux transportés par nous tombent assez vite malades, le cheval indigène résiste au climat énervant de la basse Cochinchine. Sa taille est petite : à peine est-il plus grand qu'un poney d'Islande; il est ordinairement bai et il a presque toujours une raie noire ou brune sur le milieu du dos. Son allure habituelle est l'amble, allure douce et sûre. Mais on voit qu'il n'est pas fait pour l'homme grand et fort de nos pays, et il ne s'adapte bien qu'au petit Annamite.

Si l'homme de la Cochinchine est loin d'être un type de beauté, que dire de la femme ? Il est vrai qu'il serait assez difficile d'en parler d'une manière générale. A côté d'une immense majorité malheureusement très laide, se trouvent quelques exceptions dignes d'être admirées. L'influence du milieu. et du bien-être est ici toute-puissante. Les femmes des notables ont les traits plus délicats, la peau plus blanche, les formes plus harmonieuses et les extrémités plus fines que les femmes des cultivateurs et des pêcheurs.

Chez la plupart le visage est véritablement laid : le nez est épaté, la peau assez souvent marquée de la petite vérole, les lèvres sont tuméfiées et rougies par l'usage du bétel. Ce que la Congaï annamite, comme on dit dans la colonie, a de mieux, c'est sa chevelure, habituellement longue, noire et assez belle, bien qu'un peu rude; aussi en a-t-elle un soin tout particulier, la tressant amoureusement, y ajoutant un faux chignon ou tap, pour peu qu'elle ne lui paraisse pas assez abondante, et l'oignant – malheureusement ! - d'huile de coco. Les effluves de cette huile, qui rappelle assez l'huile de lampe, sont redoutables, et il est bien fâcheux que l'Annamite n'ait pas d'autre pommade à sa disposition. Les attaches des membres sont très fines : les petits bracelets d'or filigrané ou d'argent uni dont la Congaï fait usage peuvent donner une idée de la délicatesse du poignet ou de la cheville qu'ils entourent. Les bouches sont en général bien dessinées; les épaules sont trop sou vent larges et carrées.

Il est peu agréable de voir marcher une femme annamite; elle s'avance d'habitude en balançant les bras le long de son corps et en oscillant fortement à droite et à gauche. Quant à l'habillement, il consiste en une longue robe montante et fermée, servant à la fois d'habit et de chemise (cette robe est blanche si la femme est en grand deuil, et alors elle y ajoute un turban blanc); en un pantalon blanc ou noir, en calicot ou en soie, et parfois en une ceinture rouge ou bleue; les pieds sont nus ou plus rarement ornés de babouches recourbées. Tel est l'appareil dans lequel se présente la Congaï. Comme ornement, elle porte des boucles d'oreilles d'ambre jaune ou d' or, ayant la forme d'un clou à grosse tête et passées dans le lobe d'une oreille ordinairement petite et bien faite. Au bras, des bracelets en or, en jais simple ou couvert d'une feuille d'or, en argent, en ambre ou en verre jaune, quelquefois un anneau en argent au cou-de-pied, enfin souvent un collier. La femme du peuple va nu-tête ou met un simple mouchoir; la femme des classes élevées porte un chapeau sphérique en paille jaune rappelant le salaco, mais à larges bords recourbés et à fond plat; une épaisse tresse de soie jaune terminée par un gland assez lourd pend de ce chapeau jusqu'à la ceinture.

Leur caractère est frivole et très intéressé; elles ont un penchant irrésistible pour le jeu et même parfois pour le vol.

Parmi les habitudes qui caractérisent la race annamite, il en est deux dont j'ai parlé chemin faisant, mais qui méritent une mention toute particulière : je veux dire le bétel et le tabac. Les deux tiers peut-être de la population de l'Asie et de l'Océanie mâchent le bétel. Toute l'Inde, toute l'Indo-Chine, tous les habitants des îles de la Sonde, qu'ils soient adorateurs de Brahmâ, de Bouddha, d'Allah ou de Jésus, qu'ils soient de race caucasique ou de race mongolique, enfin quels que soient l'âge ou le sexe, font un usage quotidien de cette préparation compliquée.

La chique de bétel se compose des ingrédients suivants : une feuille du poivrier bétel, un morceau de la noix d’arec (ou tout le fruit de l'aréquier sauvage pour certaines populations), enfin un peu de chaux de coquillages, blanche pour les pauvres, rose pour les riches. La chaux est étendue sur la feuille qui enveloppe la noix; on n'a plus qu'à mâcher. La chaux rose est l'objet d'un commerce important entre Siam et la Cochinchine , commerce qui se fait surtout à Hatien ; il paraît que c'est avec du curcuma que les fabricants lui donnent sa belle couleur. A ces trois ingrédients quelque raffinés, surtout les Hindous, ajoutent un peu de tabac. Il est aussi difficile de trouver un Annamite qui ne chique pas, qu'un Annamite qui ne mente pas.

Cette habitude, qui a peut-être quelques côtés utiles, comme de diminuer la soif et de purifier l'haleine de ces populations ichthyophages, a ce très grand inconvénient de pourrir les dents, de les carier, de les déchausser, de colorer la muqueuse de la bouche en rouge vif, et de condamner à un crachotement continuel de couleur brique et tout à fait répugnant. C'est surtout à la chaux qu'il faut rapporter ces conséquences fâcheuses et aussi au peu de soin que les Annamites prennent de leur bouche. Les Hindous, qui chiquent tout autant, ont le plus souvent de, très belles dents blanches. Les Annamites d'un certain rang, surtout ceux de la jeune génération, sont un peu moins fanatiques de celte rumination perpétuelle. Quant au tabac, tandis que le Chinois le fume presque exclusivement sous forme de cigare et de pipe, l'Annamite le préfère sous forme de cigarette; son papier est excessivement épais, et le tabac lui-même a une odeur toute spéciale qui le fait immédiatement reconnaître. Le meilleur est celui de Long-tanh; on prétend qu'un des modes de la préparation consiste à l'arroser d'urine de buffle : je donne ceci sous toutes réserves; ce qu'il y a de certain, c'est que peu d'Européens le fument.

La langue de ce peuple, monosyllabique, est enrichie de maints emprunts faits à la langue chinoise, mais le fond du vocabulaire est absolument différent. Son mécanisme est d'une grande simplicité. La difficulté principale consiste dans la prononciation. On comprendra bien vite de quel intérêt est la juste intonation d'un mot quand on saura que la plupart ont cinq ou six sens différents. On pourrait, si l'on n'y prenait garde, commettre fréquemment des calembours dont se rirait sans pitié l'esprit annamite, toujours prêt à saisir le côté ridicule des choses.

Depuis longtemps les prêtres portugais ont accompli une révolution qui peut avoir les suites les plus heureuses pour la civilisation et le progrès annamite. Ils ont substitué dans l'écriture les caractères latins aux caractères chinois; et grâce aux soins de notre administration, il y a, dans tous les centres de quelque importance, des écoles gratuites où les enfants sont forcés de venir apprendre à lire et à écrire en caractères latins.

À Saigon, il s'imprime en ces caractères un journal indigène, le Gia-dinh-bao ou la Feuille saigonnaise, et il n'est peut-être pas un enfant de dix ans qui ne sache très correctement le lire. Si l'on faisait une révolution semblable en Chine, ce serait le meilleur moyen d'arracher cet immense empire à son sommeil séculaire dans l'admiration du passé. Les caractères chinois, modifiés un peu à cause des nécessités de la langue annamite, ont été cependant conservés pour beaucoup de transactions commerciales, pour les procès et les pièces diplomatiques. Mais leur usage se restreint de jour en jour, et c'est un progrès que nous pouvons enregistrer avec satisfaction.

Chapitre V

Le Jardin botanique. La Plaine des Tombeaux. Un enterrement annamite. L'évêque d'Adran. Les geckos. Le Margouillat.

Parmi les créations nouvelles et intéressantes, il faut citer le très beau Jardin botanique, situé à l'est de Saigon. On y arrive par une rue où se dresse, à côté de la Sainte-Enfance, un gigantesque banian. Ce jardin botanique, grâce aux soin de son directeur, M. Pierre, est devenu digne d'orner une de nos grandes cités d'Europe. C'est un des lieux de promenade les plus aimés des Saigonnais; nos officiers et nos commerçants ont l'habitude de venir y respirer la brise plus fraîche du soir.

Une immense plaine, coupée de rizières nombreuses et appelée la Plaine des Tombeaux, s'étend jusqu'au près de ce jardin. C'est là surtout que se livrèrent ces batailles qui donnèrent il y a un siècle à peine la basse Cochinchine aux Annamites, et plus tard aux Français. Le nom de cette plaine lui vient des nombreux tumuli qui rompent çà et là l'uniformité de son étendue immense; modestes ou riches, ces tombeaux sont très intéressants à étudier. Bâtis en terre ou en briques, ils sont recouverts d'une espèce de plâtras ou de béton sur lequel sont peints en couleurs vives des animaux et des plantes fantastiques, ainsi que les noms et titres des défunts.

Dans cette plaine je vis un jour un enterrement annamite; ces enterrements se font toujours avec un certain luxe et le défunt est accompagné d'un nombreux cortège. Le cercueil est placé au centre d'une petite maison portative en papier, peint des plus vives couleurs, découpé en formes étranges. Une vingtaine de porteurs faisaient marcher ce temple en miniature, en appuyant sur leurs épaules les bambous qui soutenaient l'édifice. Des porteurs de torches et de papiers dorés et argentés semaient sur la route des prières à Bouddha et y mettaient le feu. Derrière le cadavre marchait le cortège des parents et des amis; quelques-uns poussaient les lamentations obligées, tout en riant sous cape, car ce peuple n'est pas susceptible de sentir assez profondément pour ne pas céder à une plaisanterie, à une circonstance quelconque dont son esprit saisit immédiatement le côté comique.

Un tombeau d'un style analogue à celui des tumuli de la Plaine des Tombeaux, mais bien plus intéressant à visiter, est celui de l'évêque d'Adran, qui a laissé en Cochinchine des souvenirs impérissables. Il se trouve non loin de Saigon, près de la route de Goviap. Ce monument, car il mérite ce nom, est entouré d'une enceinte qu'ouvre aux visiteurs un gardien préposé à sa conservation. Les fresques les plus étranges, dues aux artistes annamites, décorent ses murailles; je me rappelle encore un énorme tigre au corps jaune vif, zébré de bandes noires, qui regarde d'un air menaçant avec deux gros yeux de verre émaillé. Une immense inscription, en caractères chinois, indique les titres et les hauts faits de l'évêque endormi sous cette terre qui lui doit tant.

J'y vis aussi quelques geckos, qui semblaient les génies du lieu. Habitant des forêts et des décombres aussi bien que des cases annamites et des maisons françaises, ce grand lézard, commun dans la Cochinchine, est un des animaux qui donnent à la faune de ce pays son caractère particulier. Figurez-vous une gigantesque salamandre terrestre; sur sa peau, d'un gris bleuâtre, s'élèvent une quantité de petits tubercules sortant du milieu d'une tache orangée; ses gros yeux ont un large iris jaune doré, et grâce aux lamelles dont le dessous de ses pattes est garni et qui agissent comme des ventouses, il peut marcher sur les surfaces les plus lisses et au mépris des lois de la pesanteur; son cri, qui lui a fait donner son nom dans toutes les langues, est d'une sonorité étrange; la première fois qu'on l'entend, on est presque effrayé. Un grognement chevrotant sert de prélude; puis à cinq, six ou huit reprises différentes, en baissant régulièrement la voix d'un demi-ton à chaque fois, le grand lézard jette son cri, qu'on peut écrire tantôt gecko, tantôt tacké; un autre grognement de satisfaction termine la phrase. Cet animal nous rend de véritables services, car sa gueule immense engloutit bon nombre de ces odieux rats musqués qui gâtent notre vin et nos provisions; il mange aussi les cancrelats, affreux insectes trop communs dans toutes les colonies. Le gecko est très casanier de sa nature, il ne s'écarte jamais beaucoup du gîte qu'il s'est choisi. N'étaient sa laideur et son cri qui finit par gêner réellement, quand on en a dans sa case une dizaine se répondant chaque nuit, ce serait un allié involontaire de l'homme, et à ce titre il mériterait d'être respecté.

Un autre animal du même groupe, mais beaucoup plus petit, et ressemblant fort à la tarente dont les Toulonnais ont si peur, est le Margouillat (con-tan-lan des Annamites). Ces animaux habitent aussi les arbres et les maisons. Chaque soir, à la clarté des bougies, on les voit se promener sur le plafond, où ils guettent les insectes, en poussant de temps en temps leur petit cri de satisfaction, qu'on peut traduire par la syllabe toc dix fois répétée. Ils aiment aussi le sucre, et lorsque je m'étendais dans ma chaise longue après le repas du soir, je voyais assez souvent des margouillas venir lécher le rebord de la cuiller ou le fond de la tasse à café. Ennemis acharnés des moustiques, ces animaux sont respectés de tous.
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