Echos de la guerre de 100 ans





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Mais un parti de Lorrains, avisé sans doute de cet exploit, vint surprendre cette troupe en marche. Il avait à sa tête le capitaine de Darney, c'est à dire le Bâtard de Vergy et le châtelain de Monthureux sur Saône, Vautrin de Thuillières. Les gens de Robert de Sarrebruck, qui ne s'attendaient guère à cette attaque, dont le lieu n'est pas rapporté, ni l'heure, furent passés au fil de l'épée, les prisonniers repris et le bétail enlevé. Les excès du Damoiseau eurent pour effet d'attirer sur lui la colère des seigneurs lorrains, surtout de ses voisins, qui vinrent assiéger Commercy, sous la conduite de Louis d'Anjou, marquis de Pont-à-Mousson, fils du duc René. Selon toute probabilité, Vautrin de Thuillières fut de cette expédition entreprise en février 1444, qui ne put aboutir à la prise du haut-château de Commercy où Robert s'était retranché, mais qui eut néanmoins pour effet, après l'acquisition, sur une autre branche de la famille, du château bas, de tenir en respect l'incorrigible Damoiseau. Peu de temps après cet événement, l'imprévoyance du duc René attira en Lorraine le roi de France Charles VII, qui ne cherchait que l'occasion d'étendre de ce côté son domaine. C'est en ami et en protecteur qu'il fit son entrée, avec René, du côté de Darney, disent les historiens, pendant qu'une autre armée, sous Pierre de Brézé (Pierre de Brézé avait des attaches dans la région. D'abord il est très probable, sinon certain, qu'il possédait le château et la seigneurie de Passavant. Ce qui est indubitable, c'est que par contrat du 2 février 1438, sa fille Françoise de Brézé avait épousé Bertrand de Beauvau, à la fois conseiller et chambellan du roi de France et en même temps, grand maître d'hôtel duc René I. Or il est bien avéré que ce Bertrand de Beauvau fut le premier de sa famille qui fut qualifié seigneur de Passavant.), sénéchal du Poitou, devait travailler à la conquête des trois èvêché. Mais l'habile souverain faisait sortir de France, du même coup, les troupes de routiers dont il était embarrassé. Ce n'était pas à l'avantage de nos pays. S'il y en eut 25 à 30000 qui, réunis à Langres sous le commandement du Dauphin, futur Louis XI, furent dirigés sur Bâle, le 28 juillet 1444, par la voie de Bourbonne, Jonvelle, Luxeuil, Lure et Montbéliard, cet exode ne put se faire en simple défilé, et le flot des soudards à nourrir dut s'étendre en largeur. Il est difficile de croire qu'il ne couvrit pas Monthureux au passage, car nous savons qu'un détachement se présenta devant Darney et que le Bâtard de Vergy dut se prêter à un accord équivalant à la reddition de cette petite place. Durant cette expédition et immédiatement après, les faits et gestes de Vautrin de Thuillières se dérobent à notre connaissance. Mais nous pouvons affirmer que la carrière aventureuse du châtelain de Monthureux aboutit au plus triste et au plus tragique dénouement. Nous en avions d'abord douté, malgré une indication consignée dans l'Histoire des évêques de Metz, par le Père Meurisse, à l'occasion du récit de l'attentat perpétré contre l'évêque Conrad Bayer de Boppart. Ce passage ne laissait pourtant pas d'être précis, comme le lecteur peut en juger par la citation textuelle: « Nos historiens remarquent qu'un nommé Guillaume de Dampmartin et un appelé Watrin de Thuillieres, auteurs de ceste perfidie, finirent leurs jours misérablement, le premier estant mort enragé et l'autre ayant esté pendu et estranglé à un gibet. » Mais nous n'étions pas sans nous défier d'un certain esprit de vindicte, d'ailleurs légitime qui aurait porté l'historien à recueillir un on-dit plus ou moins légendaire. Les documents donnent raison au Père Meurisse. Siméon Luce, dans les preuves de son monumental ouvrage sur Jeanne d'Arc, cite les lettres d'abolition ou d'amnistie accordées par le roi Charles VII en juin 1443, à Antoine de Vaudémont, pour tout ce qui aurait pu le rendre responsable vis à vis de la France dans les hostilités auxquelles il avait pris part. A cette occasion, le savant historien mentionne et analyse des lettres analogues concédées par le même souverain en 1446 au bâtard Jean de Vergy, pour tous ses méfaits envers les Français. Cette amnistie toutefois ne coûta pas moins de 4000 florins d'or à l'aventureux capitaine. D'après cette pièce, Louis d'Amoncourt, Mathieu de Saint Loup, Gillet d'Aubenton, Loyset Johannès et Jean de Wassy furent compris dans l'amnistie, ayant à répondre sur les faits où ils avaient été les plus compromis, parmi les complices du Bâtard, notamment dans le meurtre de Waulterin de Thuillières, du pays de Lorraine. Ce n'était là qu'un résumé. Le document authentique se trouvait, dans toute son étendue, aux Archives nationales. Le simple regret, bien discrètement formulé, de ne pas en avoir plus ample connaissance, fut accueilli non moins discrètement par cet excellent Eugène Girod, qui se rendait à Paris pour la soutenance de sa thèse. Dans l'état précaire de sa santé et en présence de l'effort excessif qui allait lui être imposé, nous n'aurions eu garde de lui suggérer le moindre travail de surcroît. Cela n'eût pas fait le compte de son affectueux dévouement. Il revint avec la copie intégrale de la pièce intéressante. Ce fut, hélas sans doute sa dernière visite au Dépôt national et sa dernière joie de chercheur intrépide! Avions nous raison de dire que le Bulletin avait perdu en lui « l'un de ses amis les plus compétents et des plus dévoués »? Et se pourrait-il qu'aucun de nos lecteurs s'impatientât de voir encore passer sous notre plume, le récit de ces détails inspiré par la reconnaissance endeuillée? Le décret d'amnistie est daté de juillet 1446. Les faits qu'il rapporte se sont passés, selon toute apparence, vu les longueurs d'instance et de procédure, plus d'une année auparavant. Il ne s'écoula donc pas un bien long temps entre les faits militaires de 1444 et l'exécution de Vautrin de Thuillières, dont nous avons à dire les circonstances révélées par le document. Révélée par celui-ci, l'occasion forte peu édifiante d'où est sorti la perte du châtelain de Monthureux, reste néanmoins enveloppée, dans ses conséquences premières, d'un mystère impénétrable. Le seigneur de Fouvent (Fouvent-le-Haut, canton de Champlitte 70, Jean IV de Vergy, dont il est question, était le petit neveu du Bâtard, son homonyme.) qui s'appelait Jean de Vergy par droit légitime de naissance, à la différence du Bâtard du même nom, avait épousé en 1437 Marguerite de la Roche-Guyon. Cette alliance régulière qui, d'ailleurs ne lui procura aucune postérité, ne l'empêchait pas d'hospitaliser, en marge du Code de ses devoirs, une autre Marguerite dans sa maison de Langres. Pour une raison qui nous échappe, les gens de guerre du Bâtard de Vergy, et « par son consentement » se saisirent de cette malheureuse et en firent la justice sommaire encore trop pratiquée en ce temps: elle fut entraînée hors de la ville et noyée. Nous ne savons pas d'avantage le motif qui fit intervenir à ce sujet Vautrin de Thuillières et sa bande. Mais ils tirèrent prétexte de cet attentat pour surprendre, battre et détrousser les exécuteurs de l'infortunée Marguerite. La revanche acharnée ne tarda pas. Vautrin tomba bientôt entre les mains de ses ennemis du moment. Il n'eut point l'alternative habituelle de se racheter par une forte rançon. Le duc de Bourgogne dont le Bâtard de Vergy était le vassal, fut informé de cette prise. Il n'ignorait pas tous les sujets de plainte que lui avait donnés Vautrin dans les guerres précédentes et même après la constitution du tribunal des Conservateurs. Ses officiers ne manquèrent pas de constituer au seigneur de Monthureux, un dossier plus que suffisant pour lui attirer les dernières rigueurs de la justice. Le Bâtard fut requis de lui livre son prisonnier et ne s'y refusa aucunement, quoique l'entente actuelle, vraie ou affectée, de la France et de la Lorraine pût rendre cette tradition justiciable du roi de France et nécessiter, de ce chef, abolition ou amnistie. On trouverait peut-être aux archives départementales de Dijon, quelque document relatif au procès qui s'en suivit. Mais on comprendra que nous ne poussions pas nos recherches jusqu'à ces détails minutieux. La pièce rédigée au nom de Charles VII nous donne cette indication dont nous saurons nous contenter que « ait esté rencontré ledit Vaultrin et prins par les gens d'icellui bastard et par lui baillé ès mains de nostre très cher et très amé frère et cousin le duc de Bourgogne, qui icellui avait requis et par son ordonnance ait été exécuté et mis à mort »... Le Père Meurisse n'était donc pas mal renseigné. Ainsi finit à la potence, pour de réels méfaits, celui qui par d'autres côtés où sa valeurs aventureuse s'était plus légitimement employée, avait bien mérité de son prince et de sa patrie lorraine. Ce sera le dernier des multiples échos de la guerre de Cent ans, que nous avons voulu consigner dans ce long chapitre. Par la confiscation, suite au procès capital ou par déshérence, les « chastel, terre et chastellerie de Monstereul sur Soone » retournèrent au duc René, et nous verrons comment il en disposa sans participation aucune de l'abbé de Luxeuil. Depuis la mort d'Etienne Pierrecey de l'Isle arrivée en 1424, la crosse abbatiale qui avait pour dépendance le prieuré de Monthureux avec sa seigneurerie temporelle, avait été tenue par Guy Pierrecey de l'isle (1424-1427), Jean d'Ungelles (1427-1431 et dans les années où nous sommes parvenus, elle était entre les mains de Guy Briffaul (1431-1449).
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