Leçon introductive : L’historien et les mémoires de la Guerre d’Algérie





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Document 9 : la tragédie des harkis




La blessure : la tragédie des Harkis.

camp de harkis de Rivesaltes en 1962.



Document 10 : Le coup de sirocco. 1979. Alexandre Arcady

Séquence sur le quai de la gare à Marseille. Le retour difficile des Pieds noirs


L'indépendance de l'Algérie précipite les Narboni loin de leur petite épicerie familiale. A Marseille, puis à Paris, ils connaissent les débuts peu triomphants des rapatriés. Mais, Albert, le père trouve du travail, le fils, Paul, se remet de ses déboires sentimentaux et la famille démasque les véritables escrocs déguisés en faux amis. Peu à peu, le clan se reconstitue et les Narboni s'acclimatent à leur nouvelle patrie...

Absence de la figure de l’Algérien : la question des Harkis.

II- Crise de mémoires autour de la guerre d’Algérie de la fin des années 90 à nos jours : un défi pour l’historien.
Problématique : comment est-on passé de l’absence de mémoires à une hypermnésie ?


  1. « La fin de l’amnésie » à partir de la fin des années 90




Doc. 1 : Reportage du 16 octobre 1997

Le rôle joué par le procès de Maurice Papon

Ina.

http://www.decitre.fr/gi/91/9782213610191fs.gif

Doc.2 : Le procès que Maurice Papon attente à l’historien Jean Luc Einaudi en février 1999. La répression de la manifestation du 17 octobre 1961.

  1. Ina.



  1. Commentaire autour du procès et de la question de la mémoire février 1999


Document. 3 : Les archives bâillonnées de la guerre d’Algérie

MÉMOIRE OCCULTÉE. La France n’aime guère se retourner sur les pages sombres de son passé lorsque celles-ci, mettant au jour des comportements odieux, jettent une ombre sur la « grandeur nationale ». Ainsi a-t-il fallu attendre le 2 avril 1998 pour que M. Maurice Papon, ancien secrétaire général de la préfecture de la Gironde, mis en cause dans l’organisation de convois de déportés juifs, soit condamné à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l’humanité - condamnation pour laquelle il s’est pourvu devant la Cour de cassation, demeurant ainsi en liberté. Alors que le président de la République a reconnu la responsabilité de l’Etat dans les persécutions des juifs sous Vichy, alors que les « fusillés pour l’exemple » de 1917 réintègrent enfin la mémoire collective, des pans entiers de l’histoire contemporaine de la France n’en restent pas moins dans l’oubli. Ainsi du silence officiel concernant la guerre d’Algérie, qui interdit, entre autres, de connaître la vérité sur le massacre perpétré le 17 octobre 1961 à Paris. Ce jour-là, une manifestation des Algériens de France, principal soutien financier du Front de libération nationale (FLN), fut brutalement réprimée, la police allant jusqu’à jeter des manifestants à la Seine. Le chiffre des victimes demeure sujet à débat – de plusieurs dizaines à deux cents ou plus, selon les estimations –, la loi de 1979 sur la consultation des archives ayant constitué, jusqu’à présent, un obstacle quasiment infranchissable au travail des historiens. C’est cette même amnésie organisée qui permet au même Maurice Papon, préfet de police de Paris à l’époque, et donc responsable des forces de l’ordre, d’intenter un procès – il a lieu courant février – contre l’historien Jean-Luc Einaudi qui l’a mis en cause pour sa responsabilité dans ces tragiques événements.

  1. D’après Claude Liauzu, février 1999, Le monde-diplomatique


Une Guerre qui prend enfin son nom
Document 4 : la loi du 18 octobre 1999 Loi du L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté, Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit : TITRE Ier MODIFICATION DU CODE DES PENSIONS MILITAIRES D'INVALIDITE ET DES VICTIMES DE LA GUERRE Article 1er L'article L. 1er bis du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre est ainsi rédigé : « Art. L. 1er bis. - La République française reconnaît, dans des conditions de stricte égalité avec les combattants des conflits antérieurs, les services rendus par les personnes qui ont participé sous son autorité à la guerre d'Algérie ou aux combats en Tunisie et au Maroc entre le 1er janvier 1952 et le 2 juillet 1962. « Elle leur accorde vocation à la qualité de combattant et au bénéfice des dispositions du présent code. » Article 2 Le deuxième alinéa de l'article L. 243 du même code est ainsi rédigé : « Ces dispositions sont également applicables aux membres des forces supplétives françaises ayant participé à la guerre d'Algérie ou aux combats en Tunisie et au Maroc entre le 1er janvier 1952 et le 2 juillet 1962 ainsi qu'à leurs ayants droit lorsque les intéressés possèdent la nationalité française à la date de présentation de leur demande ou sont domiciliés en France à la même date. » Article 3 Dans le premier alinéa de l'article L. 253 bis du même code, après les mots : « caractère spécifique », les mots : « des opérations effectuées en Afrique du Nord » sont remplacés par les mots : « de la guerre d'Algérie ou des combats en Tunisie et au Maroc ». Article 4 Dans le premier alinéa de l'article L. 401 bis du même code, après les mots : « ayant participé », les mots : « aux opérations effectuées en Afrique du Nord » sont remplacés par les mots : « à la guerre d'Algérie ou aux combats en Tunisie et au Maroc ».[…]

2- la torture au cœur des témoignages

2001 : le travail des historiens : de nouveaux documents, une nouvelle génération


  • Documents 5 et 6 : Les thèses de Raphaëlle Branche sur la torture pratiquée par l’armée française et de Sylvie Thenault sur la justice en Algérie.





Le rôle du cinéma dans l’émergence de la figure de l’Algérien et exutoire de mémoires
Document 7 : « L’ennemi intime » Documentaire de Patrick Rotman – 2002


En Algérie dans les montagnes de Kabylie, en 1959, suite à une escarmouche entre deux patrouilles françaises épaulées par des harkis s'étant mutuellement pris pour des combattants indépendantistes de l'ALN, un lieutenant est tué. Le lieutenant Terrien, idéaliste et volontaire se retrouve affecté pour le remplacer. Lors d'une première descente au village de Teida, il refuse la torture d'un prisonnier, l'arrestation d'un enfant et la méthode des interrogatoires que les harkis et les soldats français souhaitaient réaliser. Lors de la deuxième descente, la patrouille trouve tous les habitants du village massacrés par le FLN qui les a probablement soupçonnés d'avoir livré des informations aux Français, seul un enfant réfugié dans un puits a eu la vie sauve. Terrien descend dans le puits, le remonte et l’enrôle comme supplétif dans son groupe. En patrouille dans une zone interdite, il refuse de tirer sur des femmes transportant des jarres d'eau mais le sergent Dougnac qui l'accompagne ouvre le feu. Le sergent, plus expérimenté, lui montre que les jarres contenaient des armes et que sous les habits des femmes se trouvaient en réalité des hommes armés du FLN. Vers la fin du film, au cours d'une embuscade, un soldat français est tué et le soldat Lefranc blessé. Dougnac demande donc une évacuation au capitaine Berthaut. Celui-ci arrive en jeep, charge le cadavre et le blessé puis repart. Mais à peine parti, le convoi est pris dans une embuscade sous les yeux de Terrien et de ses hommes qui sont trop loin pour lui venir en aide. À leur arrivée, ils découvrent que les cadavres de Berthaut, Lefranc et du soldat français tué dans la précédente embuscade ont été mutilés par les fellaghas. Le commandant Vesoul, qui arrive sur les lieux en hélicoptère, en profite pour donner une leçon aux soldats français et au lieutenant.

Avec ces opérations, Terrien se rend compte de la dure réalité du terrain et au fil des semaines, le lieutenant, désormais témoin et acteur de la guerre, va lentement changer jusqu'à prendre part aux mêmes exactions auxquelles au départ il s'opposait avec force.


Document 8 : « Hors la loi »


Chassés de leur terre algérienne, trois frères et leur mère sont séparés. Messaoud s’engage en Indochine. à Paris, Abdelkader prend la tête du mouvement pour l’Indépendance de l’Algérie et Saïd fait fortune dans les bouges et les clubs de boxe de Pigalle. Leur destin, scellé autour de l’amour d’une mère, se mêlera inexorablement à celui d’une nation en lutte pour sa liberté
Film de Rachid Bouchareb – 2007



Document 9 : « Harkis » Téléfilm d’Alain Tasm – 2006


Synopsis : En 1962, alors que la guerre d'Algérie se termine, la famille Benamar arrive dans le Sud de la France avec ses maigres bagages. Saïd, harki, a quitté son pays pour échapper à la mort et se retrouve en pleine forêt avec les siens, dans un camp spécial où ils vont vivre désormais. Malgré le paternalisme affiché par le responsable du camp, les conditions de vie sont dures et la liberté quasiment nulle pour les harkis. Une vie de misère sous la tutelle des autorités françaises que refuse Leila, la fille aînée de Saïd. Pour cette adolescente révoltée, son père ne doit rien aux Français, qui ne les ont pas protégés en Algérie. Elle voudrait qu'il cesse de courber l'échine...

Document 10 : « Un balcon sur la mer »

Film de Nicole Garcia – 2010


Dans le sud de la France, Marc, marié et père de famille, mène une vie confortable d'agent immobilier. Au hasard d'une vente, il rencontre une femme au charme envoûtant dont le visage lui est familier. Il pense reconnaître Cathy, l'amour de ses 12 ans dans une Algérie violente, à la fin de la guerre d'indépendance. Peu après, la jeune femme disparaît. Au fil des jours un doute s'empare de Marc: qui est vraiment celle qui prétend s'appeler Cathy ? Une enquête commence.
Les Pieds noirs




  1. La torture au coeur des témoignages 40 ans après la guerre


Mémoire des victimes, mémoire des tortionnaires (Aussaresse) : défi pour la société française et l’historien.

La mémoire des victimes : le témoignage choc de Louisette Ighilahriz
Document 11 : le témoignage de Louisette Ighilahriz

« J'étais allongée nue, toujours nue. Ils pouvaient venir une, deux ou trois fois par jour. Dès que j'entendais le bruit de leurs bottes dans le couloir, je me mettais à trembler. Ensuite, le temps devenait interminable. Les minutes me paraissaient des heures, et les heures des jours. Le plus dur, c'est de tenir les premiers jours, de s'habituer à la douleur. Après, on se détache mentalement, un peu comme si le corps se mettait à flotter. »

Quarante ans plus tard, elle en parle avec la voix blanche. Elle n'a jamais eu la force d'évoquer avec sa famille ces trois mois qui l'ont marquée à vie, physiquement et psychologiquement. Elle avait vingt ans. C'était en 1957, à Alger. Capturée par l'armée française le 28 septembre, après être tombée dans une embuscade avec son commando, elle avait été transférée, grièvement blessée, à l'état-major de la 10e division parachutiste de Massu, au Paradou Hydra.

« Massu était brutal, infect. Bigeard n'était pas mieux, mais, le pire, c'était Graziani. Lui était innommable, c'était un pervers qui prenait plaisir à torturer. Ce n'était pas des êtres humains. J'ai souvent hurlé à Bigeard : » Vous n'êtes pas un homme si vous ne m'achevez pas ! « Et lui me répondait en ricanant : »Pas encore, pas encore ! « Pendant ces trois mois, je n'ai eu qu'un but : me suicider, mais, la pire des souffrances, c'est de vouloir à tout prix se supprimer et de ne pas en trouver les moyens. » Elle a tenu bon, de septembre à décembre 1957. Sa famille payait cher le prix de ses actes de « terrorisme ». « Ils ont arrêté mes parents et presque tous mes frères et soeurs. Maman a subi le supplice de la baignoire pendant trois semaines de suite. Un jour, ils ont amené devant elle le plus jeune de ses neuf enfants, mon petit frère de trois ans, et ils l'ont pendu... » L'enfant, ranimé in extremis, s'en est sorti. La mère, aujourd'hui une vieille dame charmante et douce, n'avait pas parlé.

Sa fille aurait fini par mourir, dans un flot d'urine, de sang et d'excréments, si un événement imprévu n'était intervenu. « Un soir où je me balançais la tête de droite à gauche, comme d'habitude, pour tenter de calmer mes souffrances, quelqu'un s'est approché de mon lit. Il était grand et devait avoir environ quarante-cinq ans. Il a soulevé ma couverture, et s'est écrié d'une voix horrifiée : » Mais, mon petit, on vous a torturée ! Qui a fait cela ? Qui ? « Je n'ai rien répondu. D'habitude, on ne me vouvoyait pas. J'étais sûre que cette phrase cachait un piège. » Ce n'était pas un piège. L'inconnu la fera transporter dans un hôpital d'Alger, soigner, puis transférer en prison. Ainsi, elle échappera aux griffes de Massu, Bigeard et Graziani. Louisette Ighilahriz, « Lila » de son nom de guerre, retrouvera la liberté cinq ans plus tard, avec l'indépendance de l'Algérie.

Extrait d'un article de Florence Beaugé - Le Monde du 20 juin 2001


La mémoire des tortionnaires
Document 12 : La réaction du général Massu au témoignage de Louisette Ighilahriz

La torture est-elle indispensable en temps de guerre ? Non, répond le général Massu, qui aujourd’hui n’hésite pas à affirmer : " Quand je repense à l’Algérie, cela me désole, on aurait pu faire les choses différemment. " Ce qui provoque cette suprenante confidence du général Massu, c’est la publication, en première page du Monde du 20 juin, du témoignage d’une ancienne " fellagha ", Louisette Ighilaghiz. Capturée par l’armée française, le 28 septembre 1957, à Chebli, à environ 30 kilomètres d’Alger, seule femme présente au sein du commando de neuf personnes avec lequel elle opérait, cette jeune kabyle, âgée de vingt ans à l’époque des faits, expliquait qu’elle avait été transférée, grièvement blessée, à l’état-major de la 10e division parachutiste de Massu, au Paradou Hydra, un quartier de la capitale. […]

Commentaire Témoignage du Général Massu, 21 juin 2001, Journal « Le monde ». Document 13 : la réaction du Général Bigeard Comment réagissez-vous au témoignage de Louisette Ighilahriz, publié par Le Monde ? Ce papier est malvenu. Bigeard reste un modèle pour la France. Vous faites mal à un type qui vit pour son pays.5…[…] Je n’étais pas au PC de Massu, mon régiment était ailleurs dans Alger, et le capitaine Graziani n’était pas chez moi. Il était chez Massu. Graziani était un excellent combattant. Le témoignage de cette femme est un tissu de mensonges. Il n’y a jamais eu de femme prise à mon PC. Il s’agit de démolir tout ce qu’il y a de propre en France. Bigeard en train de pratiquement violer une femme avec Massu, c’est inimaginable ! Massu, qui est un type très croyant, doit en être malade de lire ça. […] Louisette Ighilahriz dit que vous faisiez des allers et retours, pendant les trois mois de sa détention, et que vous vous rendiez régulièrement au PC de Massu. Je n’étais pas là. Après la première et la deuxième batailles d’Alger, je suis parti, et jamais revenu. […]Elle dit que cet homme qui l’a libérée est venu, un jour, a soulevé sa couverture et l’a sauvée ! Comme si un homme pouvait, comme ça, entrer, sortir et la faire évacuer de cet endroit. Ça ne ressemble à rien. De même, comme si on ne pouvait pas retrouver un médecin militaire commandant au bout de quarante-trois ans ! Donc, le nom du commandant Richaud ne vous dit rien ? Non, ça ne me dit rien du tout. Et s’il existait vraiment, on aurait pu le retrouver. Surtout pendant quarante-trois ans. Mais bousiller un homme comme Bigeard ! Le général Massu déclare au Monde qu’il vous a vu pratiquer personnellement la gégène. Ah non ! Non ! Je n’aurais même pas pu regarder ça.[…] D’après les propos recueillis par Florence Beaugé, 21 juin 2001, Le Monde
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