Juin -juillet -août 1991 -n° 52 Éditorial





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Les clowns »> ; les enfants ont inventé « L'alphabet des têtes de clowns ».



« Sur son bicycle d'un autre siècle, rivé, rêvant, l'homme titube, chavire et tombe. On rit. Hourra I »

Guy Béart, Anachroniques

Retour du cirque Médrano :

« Au cirque Médrano, nous avons vu sur la piste des équilibristes en or, l'écuyère



« Ce qui m'attire vers le cirque ? Qu'est-ce qui attire les marins vers la mer, sinon la mer ? Et vers une femme qu'on aime ? Des milliers de raisons ! Mais la vraie c'est l'amour passionné de ce métier. »

Pierre Étaix
et le dompteur de boa, les magiciens avec les épées,

et l'acrobate. Il y avait un très beau décor et des projecteurs. » Les CP

L'équipe de l'école de Verlhaguet : • Christine Moulin-Crohade • Michèle Poulange • Annie Ducros > Bruno Soussirat • Éliane Damian-Franco

La Grande-Motte, mars 1991, nous allons interviewer Manitas de Plata, l'homme aux « petites mains d'argent ».Intimidés : ce n'est pas facile de rencontrer celui dont on dit maintenant qu'il est « une légende vivante ». Légendaire : le guitariste à la vélocité surprenante, l'ami des peintres, des « stars », le gitan à la Rolls, l'homme des fêtes... Vivant : oh combien ! Sa Rolls revendue depuis longtemps, se remettant en question à 70 ans comme il l'a fait toute sa vie, des projets plein la tête et toujours « la musique aux doigts »... L'homme séduit d'emblée avec son regard bleu direct, dans un visage qui s'est adouci. Le corps droit, alerte est celui d'un jeune homme, un grand petit homme.


Manitas de Plata,

LE GITAN LÉGENDAIRE



«I Ricardo Baliardo est né à Sète en 1921. Il a joué de la guitare dès son enfance dans un style d'inspiration flamenco mais très personnel, qui lui permet des libertés avec le jazz, la musique orientale ou un thème classique. Il nous reçoit chez lui, face à la mer...

Manitas a quitté pour nous un baptême. Il nous donne son temps pourtant, d'abord avec un peu de méfiance (qu'est-ce que c'est que ces « journalistes » si timides qui savent à peine faire fonctionner un magnétophone ?). Et puis il voit Créations, comprend son enjeu : un journal avec les enfants ? « Moi, je jouerai volontiers pour les





gosses, j'aime ça ! [...] Vous êtes instituteurs ? Moi, je ne sais pas lire ! » Manitas a pourtant fait un livre avec un magnétophone et l'aide de Jean Boissieu : Musique aux doigts (Éditions Laffont). Un très bon livre que nous aimons et dont à juste titre il est fier. Interviewer Manitas exige qu'on se livre autant qu'il se livre. En courtes phrases, allant à l'essentiel. Ensuite, il prend sa guitare et improvise pour nous avec son doigté fabuleux. Dommage que Créations ne soit pas sonorisé !

Manitas a appris à jouer en regardant son père et son oncle « Moro », le jeune frère de sa mère. « C'est comme ça ! Chez nous, tout le monde sait jouer. » L'oncle Moro disait toujours au père de Manitas : « Le Fond, je te le dis, ce petit, ça sera un grand guitariste. Regarde, écoute ! Petit comme il est, il a déjà une main droite terrible ! » N'empêche qu'à chaque fois qu'il faisait une fausse note, l'oncle lui envoyait un coup et il devait recommencer.


Manitas a bien essayé d'aller à l'école, ses parents y tenaient, mais le premier jour le maître a tonné : « Toi, le Gitan, mets-toi là-bas dans le fond et tâche de te tenir tranquille ! » et en tapant sur le bureau il a exigé le silence. * C'est toujours la même chose avec ces Gitans. Dès qu 'il y en a un dans la classe, le chahut commence... » Alors l'école, Manitas s'en est passé. A onze ans, Ricardo Baliardo joue déjà en concert. Un « Payo » - un non-Gitan - qui habitait tout près de son camp prend l'habitude de l'écouter. En parlant de lui, il dit : « Je crois que ce garçon pourra être un jour l'égal des meilleurs. Il a des mains petites qui sonnent comme de l'argent sur des cordes. Pour cela, je l'appelle Les petites mains d'argent. » En espagnol Manitas de Plata...

A soixante-dix ans, il continue à être ce « vagabond de la guitare ». c< Je ne m'arrêterai jamais de jouer, j'aime mon public et il faudra me porter sur scène le jour où je ne pourrai plus marcher. » Actuellement, on parle sans doute beaucoup plus de ses cousins les« GypsyKings ». Qu'importe,iln'en est pasjaloux,au contraire : « Les Gypsy Kings sont très bons, ils ont du cœur et je les aime. » Il dit de lui qu'il n'est « qu'un tout petit guitariste »... et il improvise, l'air de rien, une variation étonnante.

Manitas joue : il s'amuse. La guitare, c'est la vie et c'est la fête. Jamais il ne jouera deux fois un morceau de la même manière. Ce n'es t pas du « flamenco » traditionnel d'Espagne, mais du « flamenco de Camargue », moins codifié. « Chaque Gitan a son caractère », même si par tradition les plus vieux commandent aux plus jeunes. Le « flamenco de Camargue » qu'il joue désormais sur scène avec son fils Manuelo et son neveu, c'est du Manitas,.. On aime ou on n'aime pas. Qu'importe ! Manitas joue...





Tout commence vraiment pour Manitas en 1960 lorsque le photographe Lucien Ciergue, en exposant ses photographies au Muséum of Modem Art, dont quelques-unes de Gitans, convainc une importante firme de disques de se déplacer en France pour enregistrer Manitas de Plata. A Arles, dans une petite chapelle de la ville, l'équipe enregistre deux festivals nocturnes mémorables qui marqueront le début de la carrière discographique du guitariste. Alors, tout va très vite. Il enchaîne concerts et tournées : New York, le Carnegie Hall, le festival d'Avignon, l'Olympia, l'Espagne, le Japon, le Royal Albert Hall. Manitas devient, selon ses propres termes, un « vagabond de la guitare ». Le succès est colossal, planétaire. En même temps, c'est la rencontre avec les grands noms de l'art et du show business : Picasso, Dali, Chariot, Bardot, Joan Baez, Jeanne Moreau, Brando, Taylor. De ces grands noms émerge surtout la figure de Picasso, cet homme qu'il continue d'appeler « Papa », comme il lui avait demandé. « Pour moi, cet homme c'était Dieu lui-même »...ce qui est un compliment immense quand on connaît la foi de Manitas de Plata, très croyant comme bien des Gitans. Il nous parle aussi de Serge Gainsbourg, un type extraordinaire « qui écrivait comme ça une

chanson sur le bord d'une _

table, et c'était tout de suite ~~ '"'SVVIÉ

unpoeme». '• . •■■■>...^WjftMrMHFL• wÇ®





■ Ariette Laurent-Fahier et Éric Debarbkuï

Par les enfants tsiganes de l'école Léo Lagrange, à Villeurbanne (classe de Marie Cannizzo).






  • C'était le soir. On a fait un feu sur le terrain pour cuire des merguez. Il y avait iMimi, •Michel, mon pire 'F'lit homme., T>anieC, h tonton de Candy.

Houba mettait trop de Bois dans le feu. Alors Us 'est brûlé [e doigt avec une Braise. Après, je me. suis amusé à tourner autour des arbres.

'À[ono, liçtand.

  • Avec mon frère 9dichaë(, on fait (apiote. Ça veut dire qu 'on cherche des métau?cpour les vendre au chiffonnier. Micfxaél a trouvé deu\_ bobines de cuivre. Avec ia hache et (e marteau on aplatit (a ferraille. C'est dur !

Alors, on met des gants pour pas se couper. Le soir, mon petit frère fait des bêtises avec [apiote.

0\[çno

A Villeurbanne, dans le groupe scolaire Léo Lagrange, fonctionne depuis deux ans et demi une classe accueillant prioritairement des enfants tsiganes eî voyageurs. Marie Cannizzo anime sa classe en portant surtout son action sur la prise en compte des cultures d'origine des enfants.


Notre vie



Elle entend susciter chez eux l'expression d'une sensibilité et d'une créativité trop souvent ignorées. En textes et en dessins, les enfants nous racontent leur vie.






On a allumé un feu sur le terrain. On a fait cuire quatre nigCos sur une grille. (Puis on les a mangés. C était bon !

On est allé dans les îles chercher des rameaux- Tuis on est parti à C église. Mon frère a vendu des rameaux, à une dame. T,lte lui a donné dix.francs. J'ai vendu, moi aussi, des rameaux- fai gagné dùc francs. Tuis, quand on a tout vendu, on est revenu sur le terrain. On a fait beaucoup de sous. Sylvia, Jrisquette.

Marie Cannizzo est l'auteur du livre D'où viens-tu Gitan, où vas-tu ? Éditions


Pages nouvelles.

Sur (e terrain, on a fait cuire quatre niglos. Tuis on [es a mangés.




9{énette

r-








'l iMonpapafait de [aferraille pour sefaire dessous. C'est dur pour mon papa. C'est lourd lapiote. Il faut mettre desgants pour pas se couper. Voilà tous les sous de papa.


11 (Mon papa fait de [a ferraille. Il [a vend au chiffonnier pour gagner des sous et pour acheter une.voiture.

frisquette



Syivia






duIIGRAND-PERE



je connais Albert Morel depuis quinze ans. Sans que je le lui demande, il m'avait apporté deux aquarelles représentant les métiers traditionnels des voyageurs (éta- mage, faiseurs de paniers).

D'autres suivront toujours sur le voyage d'autrefois.

Il y a quelques semaines, il m'appelait de la région nantaise pour me dire qu'il m'envoyait quelques cartes qu'il venait de réaliser, toujours sur le même thème. Arrivé à Dijon, il complétait la collection « pour que les enfants colorient » me dit-il. Mais je me rendis vite compte qu'il souhaitait autre chose: que les enfants n'oublient pas ce qu'avait été le voyage autrefois (Albert Morel a plus de quatre-vingts ans).

Invitéen classe, il a présenté son œuvre, et ce que le « Papou » racontait valait toute l'histoire que j'aurais pu enseigner, ce que je m'étais refusé de faire.

A partir de ces cartes, la classede CM de Régis Alviset réalisait un travai I au fusain sous l'œil attentif d'Albert Morel.

joël Grimaud






Miroir fcu«*x>i< w

; INTWT. £> iNTÉ^DIRE.




Sandra Jayat







La pianiste amoureuse




N Sandra Jayat, née de parents tsiganes, quitte l'Italie à l'âge de quinze ans. Elle prend la route avec comme seul bagage un petit ours en peluche et, quelques mois plus tard, se retrouve à Paris.

Partir... La tête fartie de traditions, de coutumes. La nuit « l'âme du mort va revenir », le mulo... Il fallait survivre et continuer.

Le but : quitter l'Italie, passer la frontière, six mois d'un racisme épouvantable... Quelques jours de désespérance... et la pensée souvenir de son grand-père qui lui avait dit et redit dans son enfance : « Un jour, on ira à Paris. Django, il est aimé de tous là-bas. » Ces mots fidèles l'accompagneront jusqu'à Paris. Là, ne parlant pas français, ne sachant ni lire ni écrire, parlant mal l'italien et le manouche, avec ses maîtres, le silence et la volonté, des heures assises devant les affiches publicitaires... une lettre par-ci, une lettre par-là... Sandra Jayat décida d'apprendre à lire et à écrire seule.

A dix-sept ans, elle sait et elle écrit, ou elle peint tout le temps, partout. Grâce aux notions de dessin que lui avait données son père, Sandra dessine sur des abat-jour : premier argent gagné pour un petit loyer.

Autoportrait

UN DESTIN

EXCEPTIONNEL
Sans jamais oublier ce que lui avait dit son père : « Fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais. Toi, ne peins pas la nature, identifie-toi à la nature. » Elle peint et dessine de plus en plus.

Quand tu ne sais plus où tu vas, tu dois savoir au moins d'où tu viens.

La pensée de Sandra Jayat qui illustre sa vie.

Main d'artiste Tes doigts

Comme des yeux grands ouverts Prennent jusqu'à ce que coule la source Les cœurs, les arbres et les choses

Errante main pensante Qui fait du mur un champ D'une femme une mer D'une pierre un oiseau

Sandra Jayat, poète, peintre, écrivain chante l'amour, l'ombre, le vent, la passion, le soleil... dans son œuvre picturale.

Poétesse, peintre et gitane, une merveilleuse combinaison.



L'oasis
André Maurois





SOUS SES DOIGTS D'iNFINI

Guitare

Je te chante

D'un soleil sans rive

Aune rive sans soleil

Avec un bruit de mémoire

A la lumière de ton cœur

Jamais par l'été

Un silence ne s'est abandonné

A l'ombre d'un arbre

Jamais sous la tristesse

Brillante^d 'une étoile

Le vent n 'a soufflé sa fécondité

Guitare Tu me contes L'image du temps J'entends la voix De ses doigts d'infini Et je viens Sous l'aile rapide


Du rêve





L'homme peut vendre les étoiles par les épines de la liberté
Faux pas

J'ai forgé ma silhouette Pour ne pas me salir aux heures Aux coups des nuits des solitaires Des renfermés sous le soleil

Je donne un sourire blindé Vous êtes contents moi je m'angoisse Oui j'ai raté ma mise en terre Les nœuds s'entassent dans mes entrain

Le dieu de la chance est sur mes lèvres Vêtu de rêves festonnés de sommeil Je m'étire sur la vague d'un hier Qui me fait face m'insulte et me dédaign

Je crie au diable les injustices Le feu rampe sur ma destinée La glace attend avant d'agir Les mots doivent avoir une coquille

Il ne faut pas toucher au destin H s'est tracé ce qu 'il voulait J'ai voulu chercher sous son emprise Le temps a fait un faux pas

Je viens de casser un mot en deux Avec ma tête j'ai ressorti Tout ce que contient son ventre Et je me perds en regardant les murs

Les mots n'ont pas inventé Le silence





Rencontres fabuleuses

A Paris, sur la butte Montmartre, place cosmopolite s1 i 1 en es t, Sandra Jayat ne se sentait pas étrangère grâce à une fraternité inespéréequi l'aida beaucoup. Écrire des poèmes, c'est la première idée qui est venue... sans savoir que c'étaient des poèmes. Ces petits textes écrits, Sandra les déchirait en petits morceaux et les jetait, jusqu'au jour ou un grand monsieur froid, glacia 1, ramassa les b outs de papier, rassembla les mots et dit : « Ce que tu viens d'écrire est un poème ». Cet inconnu était Marcel Aymé qui, plus tard, évoqua la « musique intérieure » de Sandra Jayat.

Une autre vie commençait.


Souviens-toi

Sandra Jayat n'allait plus écrire « pour la poubelle » mais« pour la vie ».Cefutle premier recueil de poèmes, Herbes Manouches. Jean Cocteau en dessina la couverture. Le deuxième recueil, Lunes nomades fut préfacé par Marcel Aymé, et la couverture de son troisième livre, Moudravi, où va l'amitié ? est due à Marc Chagall. Son roman pour la jeunesse, La Longue Route d'une Zingarùia, aux Éditions Bordas, invite le lecteur à comprendre le chemin, la vie, l'âme de Sandra Jayat.

Dans son livre Je ne suis pas née pour su ivre, elle choisit des poèmes inédits accompagnés de reproductions de tableaux récents. EJ Romanes, son dernier roman, s'inscrit dans la suite logique de la dynamique créée par La longue Route d'une Zingarina, mais dans une écriture beaucoup plus evocatrice et poétique. «Quand j'écris un livre, ça ressemble à ma peinture... mots... phrases un peu fermées, mais je ne sens pas la claustrophobie », me disait Sandra Jayat. Tout en écrivant, la peinture tient de plus en plus de place dans sa vie. Elle fait ses premières expositions chez des décorateurs, expose en permanence ses aquarelles, ses huiles et ses lithographies pend a nt près de dix ans, à la Galerie Adès à Paris. Entre deux expositions, elle écrit un conte pour enfants, Kourako, ou la Guitare aux cordes d'or, une légende chère à son cœur, Le Roseau d'argent, des comptines chantées par Suzanne Gabriello (Unidisc),

Le temps d'un disque, Sandra Jayat, en surimpression sur les musiques de Django Reinhard t et Stéphane Grapelli, chante l'immortelle et vagabonde âme gitane. Un autre témoignage de son art se trouve dans sa Pastorale des Gitans, un disque 33 tours, aussi bien que dans un décor de quinze mètres de long appelé Vagabondages, qu'elle réalisa pour TF1 en 1983. Voici ce qu'en disait Roger Gicquel :

« Sandra Jayat avec son cheval-guitare a, pour la première fois, fait sortir la télé de la prison d'un studio. »








i 'insomnie

Par toi Moudravi je réponds à la route

J'avance lentement sur l'algue de douleur

J'avance au fond du vent

Qui ne prend pas la vie par l'atroce

J'avance par toi Moudravi

Qui circule sur le vert du jour

Toujours nouveau

Sandra Jayat, écrivain.

  • Herbes Manouches, poèmes, Éditions La Colombe ;

  • Lunes nomades, poèmes, Éditions Pierre Seghers ;

  • Moudravi, où va l'amitié ?, Éditions Philippe Auzou ;

  • Je ne suis pas née pour suivre, poèmes et peintures, Éditions Philippe Auzou ;

  • Kourako, conte, Éditions Castermann ;

  • Les deux Lunes de Savyo, conte, Éditions Castermann ;

  • Le Roseau d'argent, conte, Éditions Castermann ;

  • La Pastorale des Gitans, poèmes chantés, Unidisc ;

  • La longue Route d'une Zingarina, roman, Éditions Bordas ;


  • Le temps s'immobilise dans un rêve qui bouge.

    El Romanes, roman, Editions Magnard.

L'œuvre picturale

Autodidacte, Sandra Jayat n'a que faire des critères ou des règles d'atelier. Ses œuvres prennent corps dans ses rêves où la poésie s'exprime par la couleur, par le rythme des lignes, par l'irréalité du sujet, par le naturel de l'inspiration. Elle est toujours, comme elle le dit elle-même, entre les deux états qui peuvent sembler si contradictoires que sont le rêve et le réel et qui se fusionnent dans le « surréel »,

Sa peinture, par la richesse de ses couleurs, imprime les merveilleux poèmes de sa vie. Dans ses tableaux passent tous les reflets, toutes les ombres, tous les miroitements, tous les fantasmes d'une personnalité en proie à un désir intense de vivre. Comme elle le souligne, « Le bleu c 'est mon enfance, le lac Majeur. » La femme et la fleur, l'espace et le rêve, autant de thèmes qui appellent et suscitent l'amour. Les éléments de la nature : le ciel, la terre, l'eau, le feu, le liquide et le solide s'accompagnent pour suggérer les sujets fantastiques issus d'un rêve où formes et couleurs se mêlent, s'interchangent et nous introduisent dans la cosmogonie du peintre.

L'imaginaire est roi chez Sandra Jayat. Quand la figure humaine, les fleurs et autres thèmes fournis parla nature ne lui suffisent plus, l'artiste en invente d'autres et n'hésite pas à recourir à l'écriture.

Le long chemin de son œuvre a fait une première étape dans le flou, le caché, une deuxième dans une période plus surréaliste et plus graphique et la troisième période est une halte dans l'abstraction.

Son œuvre est un espace, peinture et écriture : la vie.

Ariette Laurent-Fahier

Apparences déguisées
après une rencontre avec Sandra Jayat ■




Ce qu'ils ont dit de Sandra Jayat





Baudelaire nous avait parlé de cette « tribu prophétique aux prunelles ardentes » dont Sandra Jayat possède le charme sombre. Ses poèmes atteignent les contes sensibles, secrètes, dont elle joue comme leventdans lespeupliers des routes.

Pierre Seghers



Lltamonie d'un moment

Il fut un temps

Elle crache le feu, et avec ses pieds elle l'éteint.

Jean Cocteau

Marcel Aymé

En rentrant à Londres après une longue absence, votre livre de poèmes et vos dessins pleins de charme on t rendu ma rentrée à la maison encore plus agréable.

Yehudi Menuhin

Les nomades, je le sens mieux que je ne l'exprime, développent leurs incantations et leurs musiques lourdes de mystères qui est proprement la musique intérieure de Sandra Jayat.







La reconnaissance

Les prix :

  • 1972 : Grand Prix de la littérature enfantine ;

  • en novembre 1976, la Fondation internationale des écrivains, peintres, poètes et journalistes pour la paix dans le monde lui décerne, à Rome, la « Médaille d'or » pour l'ensemble de son oeuvre poétique ;

  • en 1977, Prix International de peinture Toulouse-Lautrec ;

  • en 1978, à Stockholm, eli e reçoit le Grand Prix du livre pour son œuvre littéraire ;

  • en 1980, à Rome, l'Institut supérieur international des Études humanistes lui décerne sa Médaille d'or et le titre de Maître des Arts Honoris Causa ;

  • en 1982, elle est choisie comme membre du Comité de l'encyclopédie monographique des Artistes contemporains, à Rome ;

  • du 6 mai au 30 mai 1985, elle préside la Première mondiale d'art tsigane à la Conciergerie de Paris ;

  • fin 1985-début 1986, vingt-sept de ses œuvres sont exposées au Salon international d'art contemporain d'Anvers ;

  • octobre 1986, exposition à la Galerie Thorigny, à Paris ; -1991, exposition à la Galerie Élizabeth Magnard, à Paris.

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