Francois I et la guerre





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titreFrancois I et la guerre
date de publication29.10.2017
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FRANCOIS I ET LA GUERRE



par Michel Fustier

(toutes les pièces de M.F. sur : http://theatre.enfant.free.fr )

PERSONNAGES

François I, roi de France, un ministre

la sœur du roi et sa très proche confidente, Marguerite d'Alençon,

leur mère, Louise de Savoie, qui exerce sur son fils

une profonde influence, un ministre.


L'HISTORIEN DE SERVICE - François I arrive au pouvoir à vingt ans, en 1515. Il a toute l'impétuosité de la jeunesse et, reprenant le vieux rêve de ses prédécesseurs éblouis par l'Italie, il se précipite dans la guerre, où par bonheur il est victorieux à Marignan, en 1515. Persuadé de ses dons de stratège, il reviendra en Italie dix ans après, mais il y sera battu à Pavie en 1524 et fait prisonnier par Charles Quint, son grand ennemi. Lequel ensuite gardera quelques années ses enfants en otages. Mais nous n'en sommes pas encore là et pour le moment l'impétueux François va succéder joyeusement à son cousin Louis XII...
1 – LE MINISTRE - Le roi est mort, vive le roi!

FRANCOIS I - Tudieu, qu'on m'expédie ça en vitesse…

LE MINISTRE - Votre Majesté, le rituel prévoit qu'à la mort des rois… et le corps de votre prédécesseur n'est pas encore refroidi...

FRANCOIS I - Si vous croyez que je vais attendre quarante jours que vous ayez fait vos momeries… Allons, allons, enterrez-moi ça, que ça ne traîne pas… Et maintenant que je suis vraiment le roi, à nous la vie, la vraie vie: des châteaux, des chevaux, des femmes, des chiens, des armures et des épées… Qu'on s'amuse!

LE MINISTRE - Mais, sire…

FRANCOIS I - Palsambleu, c'est moi le roi maintenant. Je suis jeune, je suis beau, je suis fort…

LE MINISTRE - Ca va coûter cher! Vous allez épuiser votre peuple…

FRANCOIS I - Vous ne vous imaginez pas que je vais me serrer la ceinture! Et puis aussi les tournois, la chasse! La chasse, c'est toute ma vie…

LE MINISTRE - Ménagez-vous quand même un peu.

FRANCOIS I - Me ménager, vous n'y songez pas! Et tenez, assez de tournois empanachés, assez de chasses gagnées d'avance, on va faire une vraie guerre! Pour le coup, une vraie guerre…

LE MINISTRE - Une vraie guerre, mais contre qui: personne ne nous menace!

FRANCOIS I - Pas besoin de menace: nous allons nous emparer de Milan, comme ça!

LE MINISTRE - Mais, votre majesté…

FRANCOIS I - Vous trouverez bien un prétexte. L'Italie, j'en rêve, j'en ai toujours rêvé… Et tenez, ça y est, nous sommes partis, nous passons les Alpes… Et c'est fait: Marignan, 1515! On a gagné! On entre dans Milan. Dieu tout-puissant, quelle belle partie nous avons jouée! Est-ce que je n'avais pas raison?

LE MINISTRE - Monseigneur, pouviez-vous avoir tort?
2 – L'HISTORIEN DE SERVICE – Et voici que le roi, tout glorieux de sa victoire revient à Paris, à sa cour, où il se fait vertement réprimander par sa sœur, Marguerite de Navarre.

MARGUERITE - Sire, mon frère, cela ne va plus…

FRANCOIS I - Ah oui! Pourtant, madame ma sœur Marguerite, c'était une belle victoire! Si vous aviez vu comme ça a chauffé!

MARGUERITE – Une trop belle victoire! Tous les princes européens sont furieux contre vous, vous les avez humiliés avec votre chance insolente…

FRANCOIS I - Je n'avais pas de mauvaises intentions!

MARGUERITE – Ça n'est pas une excuse! Et maintenant ils forment contre vous une sorte d'entente. L'empereur Charles Quint, d'abord, que vous avez exaspéré, Henry VIII, le roi d'Angleterre, qui a peur pour ses possessions en France, le Pape aussi, qui se dit votre ami, mais qui est un fourbe et traite avec l'Empereur….

FRANCOIS I - Bah! Je suis assez fort pour leur faire la guerre à tous en même temps. Ne vous faites pas de souci. Est-ce qu'ils ne savent pas à quel grand capitaine ils ont affaire?

MARGUERITE - Ne faites pas le matamore. En tout cas, nos coffres sont vides, Marignan nous a coûté très cher et de plus, avec votre générosité habituelle, vos largesses… François, vous êtes bien trop magnifique! Vous allez nous ruiner.

FRANCOIS I - Je dirai à mes ministres de bien serrer la vis du pressoir et vous verrez que nous pourrons encore tirer beaucoup de jus du peuple français. Et puis, je ne vais pas non plus me gêner pour confisquer quelques-unes de ces impertinentes fortunes que je vois fleurir ici ou là. Je suis le roi!

MARGUERITE – Et quand je pense que pendant ce temps vous continuez à faire la guerre! Nous avons beau nous battre un peu partout, les choses vont de mal en pis.

FRANCOIS I - Ne vous faites pas de souci. Puisqu'ils insistent, je vais leur refaire le coup de Marignan. C'est tellement plaisant, l'Italie. Les victoires y sont faciles! Cela mettra tout le monde au pas... Et j'adore les Italiennes! (il sort)
3 – L'HISTORIEN DE SERVICE – Cette fois-ci, François le matamore a été battu. A la cour de France, sa sœur et sa mère se désespèrent, et il y a de quoi...

MARGUERITE - Ma mère, ma mère, votre fils est dans le malheur. La bataille qu'il vient de livrer à Pavie en Italie, il l'a perdue et comble de malchance, il a été fait prisonnier.

LA REINE MERE – Prisonnier, lui, mon Dieu, le roi de France!

MARGUERITE - Oui, prisonnier des armées de Charles Quint. Et voici la lettre qu'il vient de vous envoyer.

LA REINE MERE - Montrez-moi… "Tout est perdu, fors l'honneur"! Toujours aussi glorieux, mon fils, aussi fier que s'il avait remporté une autre grande victoire. Prisonnier! Au contraire, tout est perdu, y compris notre honneur. Où est-il?

MARGUERITE - Toujours en Italie, où on le transporte de place en place. Mais il ne veut pas signer un traité qui dépouillerait la France de toutes ses conquêtes.

LA REINE MERE - Qu'il tienne bon seulement, qu'il tienne bon… Qu'il ne cède pas un pouce du territoire, dût-il passer ses jours en prison!

MARGUERITE - Justement, devant cet entêtement, Charles Quint l'a fait transférer en Espagne où il le laisse moisir dans un haut donjon sans même s'occuper de lui!

LA REINE MERE - Quelle honte! Je sens qu'en tout cas cela va se terminer par une énorme rançon, dont évidemment nous n'avons pas le premier sou: il a vidé nos coffres pour payer ses soldats!

MARGUERITE - La rançon, oui, nous n'y couperons pas. Mais en attendant, et pour donner à François le loisir de la réunir, Charles nous offre de le libérer en échange de ses deux fils aînés.

LA REINE MERE - Mon Dieu, envoyer des enfants en prison à la place de leur père… sept ans, huit ans et demi. Pauvres petits! Mais ça ne peut pas être possible…

MARGUERITE – C'est pourtant ce qu'il a décidé…
4 - L'HISTORIEN DE SERVICE – Ca y est, l'échange a été fait dans une île de la Bidassoa, ce fleuve qui sépare la France de L'Espagne. Après avoir mariné deux ans dans sa prison, François, le grand capitaine, s'en revient l'oreille basse et la queue entre les pattes.

MARGUERITE - Eh bien, mon frère, comment vous sentez-vous après vos mésaventures?

FRANCOIS I - Je me sens… Maintenant que je suis libre, j'irai bien chasser.

LA REINE MERE – Quelle inconscience! Il vous faut vous occuper de la rançon de vos enfants… Vous n'allez pas les laisser moisir indéfiniment là-bas. Ils n'y sont pas bien traités, vous savez.

FRANCOIS I - Je sais, je sais… J'ai beaucoup de tendresse pour eux. Mais comment faire autrement? Laissez-moi à mes chasses. Taïaut, Taïaut….

LA REINE MERE - Et il faut aussi vous occuper de tenir vos promesses envers Charles Quint…

FRANCOIS I - Vous m'ennuyez, vous m'ennuyez fortement avec cette histoire. Je romps ma promesse: je ne lui cèderai pas la Bourgogne.

MARGUERITE - Vous avez raison de garder la Bourgogne. Mais rompre votre promesse, une promesse de chevalier… Vous allez vous déshonorer!

FRANCOIS I - Toute promesse arrachée par la peur est sans valeur. Or, je n'étais pas libre et j'avais peur… Et puis la Bourgogne n'a pas envie d'être rattachée à l'Espagne… A cela je ne peux rien, moi!

MARGUERITE - Essayez au moins de traiter avec Charles, au lieu de lui faire encore la guerre en Italie. Ça se passe très mal là-bas…

FRANCOIS I – Cela suffit, je repars chasser. J'oublie tout quand je chasse.

LA REINE MERE - Mais vos enfants, à la fin, ne vous en occuperez-vous pas?

FRANCOIS I - Oui, vous avez raison: ces enfants prisonniers, cela fait mauvaise impression. Mais quoi, payer 1 200 000 livres! Employez-vous donc à solliciter les bonnes villes, les nobles, les couvents, les évêques, faites la quête… Que diable, vous y arriverez bien. Expliquez-leur qu'on ne peut pas laisser les fils de France dans les geôles d'Espagne!

LA REINE MERE - Vous auriez dû y penser plus tôt… Moi qui suis leur grand-mère… Ca y est, je m'en suis occupée. Traité de Cambrai… Après quatre ans ils reviennent enfin…

MARGUERITE - Mon Dieu, les malheureux, dans quel état, pâles et amaigris! Et ils ne savent même plus parler le français.

FRANCOIS I - Allons, allons, cela n'est rien, ils sont jeunes, que la vie reprenne! Demain j'irai chasser. Et ensuite, avant le bal, nous ferons une bonne partie de jeu de paume… En attendant une nouvelle guerre!


RAPPEL HISTORIQUE
François Ier (1494 - 1547) est sacré roi de France en 1515, dans la cathédrale de Reims et règne jusqu'à sa mort en 1547. Il est un monarque superbe. Il est grand, il est beau, il est d'une exceptionnelle vitalité, il est riche, il jouit d'un pouvoir absolu. Qui serait capable de résister à de telles bonnes fortunes? Il veut tout et saisit le monde à pleines mains.

La période où il vient au pouvoir, la Renaissance, est précisément une période dans laquelle tout est possible. Le mouvement de rénovation a commencé au treizième siècle en Italie, puis s'est propagé lentement dans toute l'Europe. L'imprimerie (Gutenberg), la découverte de l'Amérique (Christophe Colomb), l'héliocentrisme: une terre ronde qui tourne autour du soleil! (Copernic, Kepler, Galilée), des lois scientifiques (Galilée encore et Bacon), la politique (Machiavel), de nouvelles stratégies (Vinci et Pescara), un art renouvelé (Donatello, Vinci encore, Michel-Ange, Raphaël), le protestantisme (Luther et Calvin), l'humanisme (Erasme, Guillaume Budé), le sens critique (Rabelais)… Le monde se repense au contact de l'antiquité gréco-romaine retrouvée et se reconstruit sur un nouveau modèle.

Ils sont trois principaux princes dans l'arène de l'Europe durant la première moitié du seizième siècle: François I, donc, le roi de France, Henry VIII, le roi d'Angleterre et Charles Quint, le roi d'Espagne et l'empereur romain germanique… Sans parler du pape, de plusieurs papes plutôt, dont les plus célèbres sont Alexandre VI Borgia et Jules II. Epoque troublée, superbe et violente. Tous ces princes riches et cultivés protègent les arts et se font la guerre, autant pour essayer d'arrondir leurs possessions que pour le plaisir d se battre.

François I avait hérité de son prédécesseur, Louis XII, un royaume prospère et pacifique. S'il avait consenti à régner tranquillement sur ses terres, il aurait probablement vécu plus heureux… Mais, avec autant d'enthousiasme qu'il aima les femmes, il tomba amoureux de l'Italie et voulut la conquérir. Il avait Milan dans la peau… Il a vingt ans, il vient d'être couronné, il réunit une armée de quarante mille mercenaires, ce qui n'est pas une petite affaire, il passe les Alpes avec ses troupes (un peu comme un capitaine qui emmène son équipe de foot: on les aura!) et il remporte un peu par hasard la bataille de Marignan (1515). De là découlent toutes les mésaventures de son règne, toutes marquées par sa lutte contre Charles Quint, qui veut lui aussi avoir l'Italie. Pour ne pas parler de l'illusion que sa victoire lui donne, d'être un grand capitaine.

L'Italie devient en effet le lieu où se heurtent toutes les ambitions. Après Marignan, François y reviendra se faire battre et capturer à Pavie (1525). Puis, après sa longue captivité et des alliances audacieuses avec les Ottomans, il entre de nouveau en Italie en 1535. Il conquiert le duché de Savoie, cependant que Charles Quint envahit la Provence, d'où il est repoussé par le maréchal de France, Anne de Montmorency. Le roi et l'empereur signent à Nice en 1538 une trêve de 10 ans qui ne sera pas respectée. Puis, Charles Quint ayant refusé, malgré ses engagements, l'investiture du duché de Milan à un des fils de François, une quatrième guerre éclate en 1542. Enfin, François Ier consent à une paix définitive en 1544. Le traité signé à Crespy assure le Milanais au duc d'Orléans, deuxième fils du roi

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